cse f3

Le CSE en bref

Tempo in the night
Annoncé début juillet, à la surprise générale, le projet Tempo ne vise rien moins qu’à supprimer les éditions nationales de la 3 sous couvert de renforcement de la proximité et de franceinfo. Après avoir lâché sa bombinette, la direction n’a aucune info à donner aux élus, sur le mode : il faut qu’on travaille, le projet reste à bâtir, et tutti quanti.

Déménagement d’Antibes : opacité et surdité
Le rapport rendu par l’expert du CSE épingle une gestion opaque du projet de déménagement de la station et des manquements entrainant la défiance des salariés et une potentielle dégradation de leurs conditions de travail sur fond d’ardoise salée.

Alerte à Nantes : la direction éreintée par un rapport
Le rapport diligenté par le CSE auprès de l’expert Cedaet égrène des manquements à répétition des directions successives de France 3 Pays de la Loire dans la gestion du service des IMG. Il préconise en outre une évolution des procédures de lutte contre le harcèlement au sein de France Télévisions, dont il déplore les limites et l’absence de nuance.

Santé au travail : l’heure des bilans
Au menu de la dernière commission santé, les bilans annuels de la médecine du travail, des psy et des assistantes sociales, mais aussi un vif débat autour des rayonnements électromagnétiques.

Jeu de chaises musicales à la DRH du Réseau
6 mois après sa mise en place, la nouvelle organisation de la DRH du Réseau a enfin été présentée aux élus. Mieux vaut tard que jamais, sans doute… L’occasion d’essayer de comprendre qui fait quoi.

Médailles et rubans

En ouverture, le patron du Réseau a tenu à remercier et féliciter les équipes qui se sont mobilisées autour des épisodes climatiques de l’été (gigantesques incendies ou épisode orageux meurtrier en Corse).

Coups de barre stratégiques

En réponse aux liminaires très critiques sur les perspectives du réseau régional, Philippe Martinetti réaffirme « l’ambition éditoriale » de la direction, tout en imaginant à voix haute que ses membres n’ont « peut-être pas été assez explicites sur [leurs] intentions ». Et de faire le propre bilan de sa direction : plus d’autonomie pour les antennes, « qui maitrisent l’intégralité de leurs cases de diff », confortement de la production interne sur le magazine quotidien, développement des retransmissions sportives, mise à l’antenne de nouvelles matinales filmées de France bleu, coopérations sur des événements ou sur l’appli ICI…

Interpellé sur le projet Tempo, sorti du chapeau à la surprise générale début juillet, le directeur du Réseau répète les éléments de langage définis par Delphine Ernotte : il ne s’agit à ce stade que d’orientations stratégiques et d’intentions éditoriales. Une petite précaution juridique pour justifier que les CSE ne soient pas, à ce stade, consultés et que la direction ne fournisse aucun document un tant soit peu étayé sur le sujet. Les simples intentions éditoriales prévoient malgré-tout la suppression des éditions nationales d’info de France 3, là en revanche l’intention est tout à fait précise…

Si la direction a ainsi semé des bombes à l’orée de l’été, elle ne s’est en revanche pas donné la peine d’assumer ses obligations, en particulier en termes de prévention des risques sur la santé des salariés. On peut imaginer l’effet dévastateur d’une telle annonce sur nos collègues des éditions de la 3. D’ailleurs le CSE du Siège entend poursuivre la direction pour entrave et on le comprend bien.

Pour notre part, on aimerait déjà avoir un semblant d’information claire sur le sujet, tant les interventions de la direction sont vaseuses voire contradictoires.

Y aura-t-il des moyens pour les régions ? Quid de l’identité à terme de ces futures éditions, de l’autonomie des rédactions par rapport à Paris ? Silence touffu.

Histoire de gagner du temps, la direction annonce une méthode, des ateliers… On connaît tout cela et on a vu ce que ça avait pu produire dans l’entreprise.

Du temps, justement, il n’y en a pas beaucoup : moins de 9 mois pour opérer une petite révolution, convaincre les salariés et surmonter un nombre conséquent de difficultés.

Les élus ont hâte d’entendre ce qu’a à dire de sa nouvelle mission, la directrice du projet Sophie Guillin, un pur produit du réseau régional, qui quitte pour l’occasion la direction de la chaine Franceinfo.

Côte d’Azur : un projet immobilier sous haute suspicion

Rappel des épisodes précédents : Depuis près de 10 ans, les directions de France Télévisions rêvent de déplacer le siège de la station de France 3 Côte d’Azur, actuellement installée en bord de mer à Antibes.

Après plusieurs projets avortés, France Télévisions a répondu à un appel à projets de la municipalité de Nice, dans le cadre de la réhabilitation des anciens studios de la Victorine, situés sur une butte juste derrière l’aéroport de la ville (le 3e aéroport français avant la crise sanitaire).

Les représentants du personnel ont appris le projet par des conseillers municipaux ; depuis le départ, la direction de France Télévisions a opté pour l’opacité la plus complète.

Afin d’être informés et consultés en amont du projet comme le prévoit la loi, les élus du CSE ont assigné France Télévisions devant le tribunal judiciaire de Paris. Bon gré, mal gré, la direction a bien été forcée de lancer la consultation du CSE.

Dans son rapport, l’expert mandaté par le CSE, confirme l’ensemble des reproches faits par les élus à la direction : conduite de projet « opaque voire défaillante », manque de lisibilité, réponses fluctuantes, absence de communication et d’accompagnement, opacité, insuffisance de méthode… N’en jetez plus.

Le projet a entrainé l’incompréhension des salariés, leur défiance, la suspicion sur la finalité réelle du projet, leur insécurité socio-économique.

A ce stade, pour tous les salariés et leurs représentants, il est évident qu’il y a derrière des enjeux politiques non-dits avec la municipalité de Nice, dirigée par Christian Estrosi.

L’argument de la vulnérabilité du site d’Antibes au risque d’inondations n’a jamais été clairement objectivé par la direction. D’ailleurs le projet est antérieur aux grandes inondations de 2015. La direction a toujours refusé d’estimer le coût d’une rénovation de la station, ni même de réaliser un diagnostic de vulnérabilité du site, pourtant financé par la collectivité locale. Depuis le départ, elle souhaite installer la station à Nice et ce, malgré l’allongement des temps de trajet domicile travail pour plus de la moitié des salariés, des difficultés que cela va entrainer sur la couverture de l’actualité dans l’ouest de la région, etc.

Le projet à la Victorine est dispendieux. Il coûtera à France Télévisions au moins 19 M€ pour un bâtiment dont elle ne sera pas propriétaire mais simple utilisatrice pendant 55 ans. Elle ne pourra pas se rattraper sur la vente du terrain actuel, car il ne pourra au mieux être revendu à perte. Bel affichage en période de réductions budgétaires tous azimuts !

En outre, la future station répondra à un « schéma fonctionnel » élaboré en chambre par des technos de la direction selon des critères uniquement économiques, bien loin des réalités du terrain : open spaces, salles de montage de taille réduite, un seul plateau au lieu de deux actuellement sur le site d’Antibes et absence de cantine.

A toutes ces critiques, la direction répond pêle-mêle que la couverture du territoire sera assurée par des RER (reporteurs en résidence, façon France Bleu, dont la négociation n’a pas même commencé), elle parle plan de déplacement d’entreprise (alors que le projet va renforcer l’usage de la voiture et donc la pollution et les risques routiers), nouveaux outils.

Quant à la cantine, alors que l’expert souligne qu’il s’agit d’un lieu de régulation sociale, la direction répond que ce n’est plus dans les projets des entreprises et évoque plutôt les foodtrucks ou livraisons de repas. Ça en dit long de l’intérêt pour l’équilibre des salariés.

La perle du jour, c’est le risque de tsunami, brandi en dernier recours par le directeur régional Samuel Peltier, comme argument-choc censé confondre les élus du CSE…

Ces derniers ont rendu un avis très étayé et demandé qu’il soit transmis au conseil d’administration de France Télévisions, seul à même à ce stade, de remettre en cause le projet.

Officiellement, l’équipe projet est ainsi constituée : Samuel Peltier (chef de projet), Maryline Camacho (RRH), Gilles Lefevre (rédacteur en chef Côte d’Azur), Séverine Meignan (chef de centre), Rozenn Ménard (responsable de portefeuilles immobilier, direction centrale IMG), Bruno Gense (responsable IMG du Réseau), Rafaele Bourgier (pôle conseil et accompagnement de la DRH), Delphine Touzin (ergonome de la DSQVT), Christelle Cotillard (DSQVT) et Bérénice Bury (communication PACA).

Vu le niveau où semblent se tirer les ficelles, tout cela ressemble à un envoi au front manu militari pour la direction régionale érigée en chef de projet. Sans faire illusion.

Voir trombone paragr grisavis des élus.

Alerte pour risque grave à Nantes : une fessée pour la direction

Cette alerte avait été déclenchée par les représentants de proximité de France 3 Pays de la Loire et le CSE suite à de graves tensions au sein du service IMG de la station et alors qu’un salarié du service faisait l’objet d’une sanction, suite à une procédure pour harcèlement déclenchée à son encontre par son chef de service.

Mandaté par les élus du CSE, le cabinet d’expertise Cedaet a rendu un rapport à la fois exemplaire et accablant pour la direction.

Il fait état de nombreux manquements managériaux depuis plusieurs années dans l’organisation du service et l’absence de gestion des difficultés qui en ont découlé, sur fond de fort turnover de l’encadrement. Parmi ces manquements, le fait que la RRH locale et la direction en fonction à l’époque ont délibérément ignoré les alertes répétées des élus, y compris les menaces suicidaires dont elle aurait été informée. L’actuel directeur régional et la nouvelle RRH, beaucoup plus ouverts sur le sujet, héritent malheureusement d’une situation désastreuse et enkystée.

Le rapport critique en outre le dispositif de traitement des signalements pour harcèlement et des processus d’investigation ne prenant pas suffisamment en compte le contexte et la nuance.

L’expert fait un distinguo entre le harcèlement moral qui révèle souvent des problèmes organisationnels et l’impossibilité de débattre du cadre du travail en amont, et le harcèlement sexuel et les agissements sexistes qui sont souvent des causes plus individuelles qu’organisationnelles.

Dans les deux cas, selon l’expert, la procédure gagnerait en crédibilité et en transparence, si elle associait paritairement les représentants du personnel.

Interrogé sur le sujet, le directeur du Réseau, Philippe Martinetti a admis, reconnaissant qu’il s’agissait d’un « cas d’école », qu’« on a un problème structurel de la prise en compte de la parole des élus dans le temps. C’est un chantier colossal. ».

Les élus rappellent que ce chantier aurait déjà pu être en grande partie traité, si la direction avait écouté leurs préconisations, réitérées depuis 3 ans. Les propositions d’actions du rapport sont quasiment les mêmes. L’incompétence de la direction de cette entreprise en matière de gestion des risques psychosociaux éclate ici dans tous ses aspects.

Dans une résolution unanime, les élus ont fait un certain nombre de préconisations. Voir trombone paragr grisrésolution.

Santé au travail

La dernière réunion de la commission santé, sécurité et conditions de travail a eu lieu fin juin. Au menu : la protection contre les ondes électromagnétiques, les bilans 2021 des assistantes sociales (Responsage), des psychologues du travail (JLO), des médecins du travail et l’élaboration du plan de prévention autour de l’expérimentation de la future régie de Strasbourg.

Voir trombone paragr grisle compte-rendu de la CSSCT du 24 juin.

La prochaine réunion de la CSSCT a lieu le 14 septembre.

Réorganisation de la DRH du Réseau France 3

En poste depuis le mois de janvier 2021, le DRH du Réseau, Samuel Bignon a souhaité réorganiser sa direction à la faveur d’un certain nombre de départs et de postes vacants.

L’occasion de faire un point sur le qui fait quoi dans cette direction pas toujours très lisible pour les salariés et leurs représentants.

La précédente réorganisation, en 2017, datait d’avant la création du CSE. Le DRH de l’époque, Olivier Godard, avait un adjoint (Fabien Amet) qui avait lui-même sous sa responsabilité les responsables des études et de la paye régionaux, ainsi que la politique des rémunérations du Réseau. En parallèle, Nathalie Dené était chargée du développement managérial et de la politique santé qualité de vie au travail (SQVT) et Laetitia Naciri était en charge du développement RH de France 3 (formation, diversité, handicap).

Selon M. Bignon, cette nouvelle organisation de l’échelon central vise à assurer une continuité de la décision, à répartir une charge qui reposait largement sur le seul DRH et améliorer la coordination des dossiers et la prise en compte de la dimension SQVT.

Dans la nouvelle organisation, Nathalie Dené devient DRH adjointe du Réseau France 3. Elle chapeautera notamment la coordinatrice RH des projets transverses, Séverine Thirel.

Les responsables études et paye sont directement rattachés à Samuel Bignon, au même niveau que les 3 DRH et 12 RRH du Réseau (un DRH + un RRH dans les grandes régions AURA, Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine ; un RRH dans les autres régions).

La responsable du développement RH, Florence Folléa aura sous sa responsabilité, outre les responsables régionales de la formation, la politique des rémunérations.

Jusqu’ici rattachée à la RH de Normandie, Sophie Chouireb qui gérait déjà depuis de nombreuses années les relations avec le CE du pôle Nord-Ouest puis avec le CSE est directement rattachée à Samuel Bignon. Il n’y avait jusqu’à ce jour, officiellement, plus d’assistante RH en titre à la direction du Réseau.

Si on se résume sur les rôles de chacun :

Nathalie Dené est adjointe avec un rôle fléché vers la santé et qualité de vie au travail. Elle a sous ses ordres l’IRH de la direction du Réseau (Pascale Couet) et Séverine Thirel qui est chargée de la coordination des projets transverses du Réseau, ainsi que d’une partie du dialogue social (CSSCT et autres commissions du CSE).

En tant que responsable du développement RH, Florence Folléa gère la formation, la diversité, le handicap, les Coca. Elle a sous ses ordres, les 4 responsables du développement RH régionales (Fabienne Liquet – Nord-Ouest, Claire Joumier – Nord-Est, Isabelle Ginet – Sud-Est et Evelyne Esquerdo – Sud-Ouest). Elle a également sous ses ordres une chargée de développement RH (Anne-Charlotte Geffroy), qui travaille notamment sur la préparation des Coca ou sur les guides de quoi ?) et une chef de projet RH rémunérations (Véronique Filipovics), qui réalise les études sur les rémunérations, consolide les mesures individuelles, travaille sur les rapports sociaux…

Le réseau régional est la seule entité de l’entreprise à gérer ses payes en propre. Celles du siège ou du réseau ultramarin sont gérées par le GARH (service de gestion administrative RH) au siège. Les responsables études et paye du Réseau sont Guillaume Dessoliaire – Nord-Ouest, Cécile Bey – Nord-Est, Julien Paquet – Sud-Est et Gaëlle Romain-Luck – Sud-Ouest.

Suite à cette réorganisation de la tête, Samuel Bignon évoque une redéfinition des rôles de chacun dans les régions, et notamment celui des IRH que la direction souhaiterait plus réorienter vers l’accompagnement des salariés, voire la validation des contrats de CDD.

Les élus souhaitent être informés, voire consultés, en amont de ces évolutions au plus près du terrain.

Vie du CSE

Instance de proximité de la Fabrique Sud. Les élus ont désigné Jean-François Giordano comme RP titulaire, en remplacement d’Hervé Didier, démissionnaire.
Instance de proximité de France 3 Pays de la Loire. Maryse Lamy a été élue RP suppléante, suite à la démission de Marie-Christine Dupé.

A noter

Prochaine réunion du CSE : 20 et 21 septembre
Prochaine CSSCT : 14 septembre

elus cse reseau 2022

 

 
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Paris, le 7 septembre 2022

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