NoA•3 - La fabrique de la désillusion

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Un projet ambitieux et novateur

NoA, c’était LE projet de Laurence Mayerfeld alors directrice régionale de Nouvelle-Aquitaine. Son postulat ?  Créer une chaîne de plein exercice à moyens constants grâce à un outil, l’IPhone, et à une nouvelle organisation du travail censée dégager des marges de manœuvre en ressources humaines. Par la suite, NoA est devenu un prototype pour les chaînes régionales de plein exercice. À charge pour elle d’inventer un nouveau modèle notamment économique et duplicable.

Un projet ambitieux, stimulant mais aussi générateur de risques. La CGT a signé l’accord d’expérimentation pour en éprouver les limites, y apporter les éventuelles corrections. Dans ses conclusions, la CGT avait dénoncé des moyens insuffisants, une formation a minima et un problème de gouvernance du projet.

L’IPhone, outil miracle ?

L’IPhone, encapsulé dans un kit UTS (Unité de Tournage avec Smartphone) n’est pas un outil magique surtout quand l’entreprise n’écoute pas les JRI ou OPV qui demandent un logiciel plus adapté à leur métier de professionnel de l’image. Même chose lorsque l’IPhone est utilisé par des contributeurs non JRI et non OPV qui ont reçu une formation low cost et qui n’ont pas pu pratiquer avec régularité. Raison pour laquelle la CGT a signé l’accord UTS qui circonscrit son utilisation aux seuls JRI et OPV sur France 3 et aux Chargés de Conception et de Fabrication de Contenus sur NoA. 

Cette nouvelle organisation d’activité n’a jamais été soutenue par une évaluation de la charge de travail induite des volontaires et non volontaires ni pendant ni après l’expérimentation.

La chasse aux ETP et ses effets

Fatigue, épuisement professionnel, stress, burn out… des salariés ont déclenché des troubles psychosociaux. Trois alertes sur la santé de ces salariés ont été votées par les RP d’Aquitaine afin d’apporter en urgence des mesures correctives pour protéger la santé des salariés. Ce sont ajoutés ensuite le 18h30, le Covid… avec une autre ambition, faire plus avec moins !

NoA vient de fêter ses trois ans et elle n’a pas démontré son efficience en termes de modèle structurant ou d’ambition éditoriale.

Aujourd’hui, les rédactions sont exsangues, et suite à la demande appuyée des élus d’Aquitaine, une étude sur l’absentéisme vient enfin d’être lancée auprès des journalistes aquitains. Des alertes ont aussi été faites en instances de proximité en Poitou-Charentes ces derniers mois.

Deux nouveaux métiers, et après ?

L’expérimentation NoA a accouché de deux nouveaux métiers. Les Responsables de Suivi et de Conduite d’Antenne sur lesquels 4 recrutements (par redéploiement de poste de gestionnaire d’antenne) ont été opérés.

Pour le second métier de Chargé de Conception et de Fabrication de Contenu, la direction régionale n’a été capable de créer qu’un seul poste (par redéploiement) alors que 68 volontaires pratiquaient l’activité à la fin de l’expérimentation. Un échec complet qui place les volontaires à cette évolution professionnelle dans une grande frustration. Quel projet peut à ce point laisser autant de volontaires sur le bas-côté, qui plus est, sans aucun accompagnement spécifique ?

Un développement en berne

L’enthousiasme du lancement est retombé. Le changement à la tête de la région n’a rien amélioré, la carence de DRH pendant neuf mois non plus, alors que les économies d’ETP ont absorbé toutes les marges de manœuvre.

Cela pose clairement la question du lancement de projets de développement sans y allouer les ressources nécessaires. Les ambitions de NoA sont à l’arrêt, le terrain largement déserté. Place aux rediffusions, au « reboutiquage » de programmes, à l’achat de droits. Dès lors, quel sens donné à cette nouvelle chaîne sinon « tout ça pour ça » ?

Vouloir créer une chaîne de plein exercice sans les moyens nécessaires est une hérésie et un leurre dangereux pour la santé des salariés. La direction générale devrait en prendre conscience. Il est plus que temps que la direction sorte de ce déni et mette en adéquation les moyens et les ambitions.

 pdf  Paris, le 25 octobre 2021

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