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La recette du succès !

 

À France Télévisions, en réunion avec la direction, on va de découverte en découverte. Le directeur de l’information, passé par BFM, nous l’assure. Il connaît la recette du succès pour remonter les audiences de franceinfo TV. Selon lui, il suffit de déployer sur le terrain le même dispositif que BFM TV. La recette magique c’est : trois équipes envoyées sur un événement, pour assurer 18 heures d’antenne. En tout, neuf personnes se relaient sur le point de duplex et c’est gagné !

Consternation : on apprend, toujours selon la direction, que franceinfo TV n’a pas les moyens de déployer un tel dispositif !

À la CGT, nous n’avons pas du tout la même lecture de la réalité.

Comme chacun sait, nous comptons parmi nos collègues d’excellents professionnels, des journalistes et des techniciens capables de monter des duplex, d’assurer des directs, de faire vivre l’actu.

Pourtant ces salariés se font de plus en plus rares sur nos antennes. Certains sont même écartés, placardisés. Quand ils proposent des rubriques, demandent à faire des directs, à assurer des chroniques, à suivre un événement politique, scientifique, culturel, sociétal, ils se heurtent à un mur. La direction décourage les vocations et préfère miser sur un petit nombre de « visages », toujours les mêmes, comme si notre rédaction ne comptait qu’une poignée de salariés.

Pourtant, un exemple de succès récent rapporté par le directeur de l’information pourrait peut-être nourrir la réflexion de nos directrices et directeurs, et leur faire changer de méthode de management. Pour la finale PSG / Arsenal, France Télévisions a décidé de miser sur l’ensemble de ses rédactions. Le week-end des 30-31 mai les équipes du service des sports, de France 3 Paris Ile-de-France, de la rédaction nationale et de franceinfo TV ont travaillé main dans la main. Résultat : le succès était au rendez-vous. Le directeur de l’info n’en revient pas !

Pour nous, ce n’est pas une surprise. C’est ce qu’on appelle dans le jargon de France Télévisions : la force du réseau !

La force du réseau, pour ceux qui découvrent ce concept, c’est quoi ? C’est un savoir-faire maison en voie de disparition. C’est pour conserver cette expertise que la CGT ne cesse de s’opposer à la fermeture des JT, que nous demandons le recrutement de nouveaux jeunes talents, la fin des castings, et que nous mobilisons les salariés contre les fusions. Notre combat est pertinent.

Une bonne nouvelle pour conclure : à l’heure où l’audience des JT baisse, dans ce paysage audiovisuel en profonde mutation, nous avons appris que les reportages des JT diffusés sur les réseaux sociaux font un carton.

Le sujet sur la traque des homosexuels au Sénégal a fait plusieurs millions de vues sur TikTok, 700 000 likes, et ça grimpe encore !

Alors si notre public déserte nos chaînes, pas de quoi s’inquiéter puisque les jeunes eux sont sur TikTok !

 

Ce mois-ci dans la Gazette :

      • Les coulisses des audiences du 20h
      • Place du directeur de l’information dans le Comité de Direction
      • Augmentation de salaire : le grand flou
      • Le PC Info en danger
      • Montage : encore une vacation supprimée
      • Plan d’action Cedaet : le néant !

Bonne lecture !

 

Instance de proximité INFO/SPORT du lundi 1er juin 2026

Membres de la DRH : Frédéric Debains, Aurore Gauvain, Thibault-Alexander Collonniers

Membres de la Direction de l’information : Philippe Corbé, Julien Duperray

Membres de la Direction des Reportages et des Moyens de l’info : Olivier Martinez, Muriel Bajard

Représentante de proximité CGT : Cécile Laronce

 

Rédaction nationale

  • Casting de « L’Heure de vérité »?

Le mois dernier la réponse de la direction était un peu courte. Les élus ont donc choisi de reposer la question.

Les salariés de France Télévisions ont appris dans la presse qu’Eugénie Bastié fera partie du casting de l’émission politique « L’Heure de vérité ». La journaliste du « Figaro », chroniqueuse à « Europe 1 » et intervenante régulière sur « CNews », rejoint France 2 pour interviewer les candidats à la présidentielle 2027 avec Marc-Olivier Fogiel et Benjamin Duhamel.

Après cette annonce, les Représentants de Proximité souhaitent savoir si Eugénie Bastié fait partie de la rédaction ? Son ancrage à l’antenne estampillé droite extrême catholique sera-t-il contrebalancé par l’arrivée d’intervieweurs issus par exemple du journal « L’Humanité », pour avoir un panel d’opinion dans les émissions ? La direction peut-elle nous expliquer son choix ?

Le directeur de l’information déclare qu’il n’a pas confirmé le retour de « L’Heure de vérité ». Il réfléchit à faire venir des journalistes extérieurs et a rencontré à deux reprises Eugenie Bastié. Il dit avoir consulté des historiques de « L’Heure de vérité », Alain Duhamel et Albert Duroy. Le principe c’est un présentateur de France Télévisions. Dans les années 1980, François-Henri de Virieux avaient à ses côtés des journalistes venus de l’extérieur, y compris de TF1. Ces journalistes extérieurs ne seraient pas embauchés par FTV. Ils participeraient à l’émission au nom d’une rédaction extérieure. Pour l’instant, le retour de l’émission n’est pas confirmé. Et il y aurait d’autres journalistes de FTV dans le panel de l’émission. Le directeur de l’information de France télévisions promet que la ligne de l’émission ce ne sera pas celle du Figaro.

 

  • Bureaux à l’étranger : et les heureux élus sont…

Peut-on connaître la liste des nouveaux correspondants à l’étranger ? Qui reste et qui est nommé ? Des changements sont-ils prévus à court terme dans d’autres bureaux ?

La direction rappelle ses choix :

      • Londres : Benjamin Delombre
      • Rome : Paul-Luc Monnier
      • Moscou : recrutement d’Angélique Forget.

C’est tout pour cette fin de saison. Pour les autres bureaux, rien ne change :

      • Jérusalem : Arnaud Miguet
      • Washington : Franck Genauzeau, Diane Schlienger.
      • Allemagne : Lionel Feurstein
      • Chine : Arnaud Boutet
      • Bruxelles : Valerie Astruc
      • Dakar : Nicolas Bertrand
      • New Delhi : Alexandre Portes, Valéria Ghiri, Hippolyte Riou du Cosquer

Les RP font remarquer que les portes de ces bureaux sont la plupart du temps fermées aux journalistes ex France 3 et de franceinfo.

La direction assume : « On choisit toujours le ou la meilleur(e) pour le poste ».

Les RP constatent qu’aucun chemin n’est initié pour tester plus de gens. Certains journalistes ont le profil, ils postulent et la direction ne pend même pas la peine de les recevoir. Ce système de casting estampillé France 2 ne donne pas à tous les journalistes les mêmes opportunités d’évolution de carrière.

 

  • Place du directeur de l’information dans le Comité de Direction

Dans la forêt de mails de nominations et d’articles de presse, difficile de s’y retrouver. Les RP souhaitent savoir si le directeur de l’information siège est toujours au comité de direction. Dépend-il directement ou non de Delphine Ernotte ? Quels sont ses supérieurs hiérarchiques ? Quelles sont ses marges de manœuvre ?

Le directeur nous assure qu’il siège au conseil de direction de la présidence. Il est bien membre du codir (ex-comex) et au comité de gestion pour évoquer les questions budgétaires. Il siège aussi au Conseil d’Administration avec la PDG. Selon lui, l’information n’est pas mise de côté. Il note que la direction de l’information n’est pas la plus mise à contribution dans l’effort budgétaire.

Une nouvelle organisation a été mise en place avec deux directeurs généraux adjoints : Marie Villette a récupéré les fonctions de Christian Vion, et Stéphane Sitbon-Gomez à la direction générale aux antennes et au contenu. Au sein de cette direction générale il y a un pôle actualité qui est coordonné par Philippe Martinetti. 

Le directeur de l’information précise que ses supérieurs hiérarchiques sont P. Martinetti et S. Sitbon-Gomez. Il affirme qu’il n’a pas de discussion d’ordre éditorial avec S. Sitbon-Gomez et P. Martinetti. Ce dernier joue un rôle de coordination dans ce pôle actualité. C’est P. Martinetti qui fait le lien avec les entités pour faire travailler l’ensemble des rédactions.

 

  • Place de l’ancienne directrice de la rédaction nationale dans l’organigramme

Les salariés de la rédaction nationale ont appris dans « La Lettre » que l’ancienne directrice de la rédaction nationale est nommée adjointe de Philippe Martinetti, le directeur délégué du pôle « actualités ». Elle sera chargée de la coordination de trois pôles « régions », « information et sports » et « événements nationaux ».

Les salariés de la rédaction nationale, y compris le directeur de l’information, sont-ils de facto placés sous sa gouvernance ?

Les RP souhaitent rappeler qu’une enquête pour risque grave a été diligentée par le CSE en 2025 pour dénoncer le comportement de cette directrice envers les salariés de la rédaction nationale. Faut-il rappeler que l’ancienne directrice des ressources humaines de l’information a déclaré un accident du travail après un violent échange téléphonique avec l’ancienne directrice de l’information ?

Les comportements toxiques sont-ils récompensés à France Télévisions ?

Lire ici 📎 le tract de la CGT

La direction de l’information déclare que la directrice vient d’être nommée. Elle travaille auprès de Philippe Martinetti dans un rôle de coordination, elle n’est pas dans la direction de l’information. Il n’y a pas de rapports hiérarchiques. Le directeur de l’information ajoute qu’il a décidé de suspendre l’abonnement à « La Lettre ». Il précise que partout où il passe il fait résilier l’abonnement à « La Lettre ».

 

  • Plan d’action Cedaet : le néant

Comme les RP s’y attendaient, le plan d’action qui devait être mis en œuvre par la direction après la publication du rapport Cedaet pour risque grave à la rédaction nationale est inexistant : le casting des éditions perdure, des journalistes sont écartés de l’antenne. Parfois les chefs de service leur font tourner ou monter des sujets qui ne sont jamais diffusés. Ces journalistes écartés des éditions du 13h et du 20h sont aussi gardés à distance des opérations spéciales et des magazines. La direction ne fait appel à eux que pour faire la petite main. Pour eux aucune évolution de carrière, aucune augmentation. La déqualification perdure, pour eux aucune perspective d’évolution.

La direction de l’info a changé de tête mais le changement n’est pas au rendez-vous. Les sous-directeurs et directrices sont toujours les mêmes garants d’un système verrouillé qui ne favorise que la cooptation.

Les RP dénoncent cet immobilisme et annoncent aux salariés qu’ils sont prêts à les accompagner pour faire respecter les droits et l’équité entre les salariés.

La direction a-t-elle des mesures à annoncer pour gommer ces inégalités ?

La Direction de l’information assure avoir présenté au CSE d’avril un plan d’action mis en place progressivement.

Les RP ne voient là qu’un discours de façade. Trop de collègues à la rédaction nationale se retrouvent aujourd’hui mis en position d’échec. Où sont les mesures de rattrape, les opportunités de postes, d’évolution ? La CGT n’abandonnera pas ces salariés s’ils souhaitent faire respecter leurs droits.

 

  • Les coulisses des audiences du 20h

Les salariés entendent dans leurs services respectifs qu’ils ne peuvent plus proposer de sujets qui traitent de politique, d’éducation et de culture, car ces reportages ne font pas d’audience au 20h.

Les RP souhaitent savoir quelles sont les cinq pages thématiques qui font le plus d’audience dans le 20h hors interview ?

La direction assure n’avoir aucune idée de ce qui marche ou non. Un constat : la page sur l’Afrique a fait un carton d’audience. « On ne fait pas les choix en fonction de l’audience. On peut avoir des surprises. » Elle ajoute qu’il n’a jamais été dit que les sujets politique ne font pas d’audience, mais c’est vrai que les interviews de politiques ne font pas des audiences extraordinaires. Sur France 5, dans « C’est à vous » Gabriel Attal venu présenter son livre a réalisé la plus mauvaise audience. La direction constate que les Français ne s’intéresse pas encore à la campagne électorale.

 

  • Pourquoi la politique n’a-t-elle plus sa place dans nos JT?

Au service politique, l’heure n’est plus à la politique. La cheffe de service a annoncé que les téléspectateurs zappent les sujets politique, alors cap sur le patrimoine et les nécrologies.

Les RP CGT s’interrogent : à un an de la Présidentielle est-ce le rôle du service public de l’information d’abandonner le terrain politique aux réseaux sociaux et aux chroniqueurs partisans des chaînes d’info en continu ? Au moment où il faut réconcilier les Français, les RP CGT en sont persuadés, les sujets politique peuvent se réinviter et se décliner à travers des sujets sociétaux, économiques ou culturels. Encore faut-il faire confiance aux équipes de terrain, et être ouverts à différentes formes de récits moins formatés. N'est-il pas temps de changer le casting des rédacteurs en chef du 20h qui visiblement manquent d’imagination et remplissent leurs journaux de recettes de cuisine ou de sujets stupéfiants-police-justice en mode « la France a peur » ?

La direction de l’information le martèle, la politique a sa place dans nos JT, vu le foisonnement de propositions qu’on a sur la table. Ces dernières semaines on a reçu Edouard Philippe et Marine Tondelier. Aux 4 V : Fabien Roussel et David Lisnard qui est venu présenter sa candidature. Pour le meeting de Jean-Luc Mélenchon un dispositif a été mis en place. La direction a demandé aux services de réfléchir à des formats. Pour la campagne présidentielle, dès la rentrée le directeur de l’information nous présentera des nouveautés.

Les RP CGT insistent : on peut traiter des sujets politique en faisant parler par exemple des étudiants. Une interrogation collective serait la bienvenue. Il est temps d’aborder des sujets de fond, car le sujet sur le papier toilette collé au plafond dans un collège des Bouches-du-Rhône dans le 13h du 1er juin, ça ne vole pas haut.

 

  • « Succession » : le magazine politique bien mystérieux

« Succession » le magazine politique est de retour. Il devrait bientôt apparaître sur France 2, c’est en tout cas ce qui se murmure dans les couloirs. Au moment où les journalistes du service politique sont occupés à tourner des sujets patrimoine et à monter des nécros, on apprend, toujours dans les couloirs, que les journalistes du service politique seraient écartés de ce format.

Les RP souhaitent savoir si ce magazine existe bel et bien ? Qui en est le rédacteur en chef ? Est-il produit et réalisé par les salariés de France Télévisions ? Qui parmi les rédacteurs, JRI et OPS de la rédaction nationale est détaché sur ce nouveau format et pour combien de temps ?

La direction assure que ce magazine s’inscrit dans le 13h15 le dimanche et accompagne chaque élection présidentielle. Une journaliste du service politique est détachée. Le premier épisode sera diffusé courant juin. Dans le cadre de la campagne présidentielle, la direction réfléchit à une nouvelle émission politique qui doit être diffusée sur le réseau France 3.

 

  • Des marbres aux oubliettes

Depuis plusieurs mois, les éditions ont pris la fâcheuse habitude de faire tourner des reportages souvent dans l’urgence, et qui ne sont ensuite jamais diffusés. Pour le 13h, une cinquantaine de reportages attendent dans le dossier « marbres » de Dalet. Au 20h semaine, 70 reportages. Au 20h week-end une vingtaine. En tout, près de 150 sujets complètement oubliés par les éditions dorment dans Dalet. Le plus ancien date de mai 2025 ! Pour chaque reportage, les journalistes ont dérangé une multitude d’intervenants. Des femmes et des hommes qui se sont rendus disponibles, qui nous ont ouvert leur porte poliment, pour quel résultat ?

Les RP rappellent aux rédacteurs en chef que les journalistes qui sont allés tourner sur le terrain se retrouvent dans une position très inconfortable. Comment expliquer à des hommes et des femmes qu’ils ont participé à un reportage qui peut-être ne passera jamais ?

La direction de l’information peut-elle rappeler aux rédacteurs en chef que nos interlocuteurs méritent le respect ? Ce comportement désinvolte qui tend à prendre les gens pour des kleenex, est indigne du service public de l’information.

La direction reconnaît que c’est une vraie question qui n’est pas nouvelle. Quand on met chaque soir au 20h une page thématique, il faut pouvoir tenir le rythme. Il faut 15 jours de pages d’avance. Plus généralement les éditions ont besoin d’un « matelas ». Des mails ont été envoyés aux éditions pour que ces sujets puisent passer.

Les RP réaffirment que cette situation est préoccupante. Les journalistes n’en finissent plus d’échanger avec les interlocuteurs qui ne comprennent pas pourquoi le reportage auquel ils ont participé ne passe pas à l’antenne. La rédaction perd en crédibilité. Comment se faire respecter quand on ne respecte pas les personnes qui nous ont fait confiance ?

 

  • Streaming first

La PDG de FTV a mis l’accent sur le streaming first. Pour cela elle a nommé plusieurs personnes. MM. Corbé et Martinetti pourraient-ils nous expliquer leur vision de ce streaming first et l’impact à court et moyen termes sur la rédaction nationale tant sur les éditions que sur les magazines ?

Le directeur de l’information explique que cette réorganisation voulue par Delphine Ernotte a été annoncée lors de la reconduction de son mandat. Son but : réorganiser l’entreprise au moment où une bascule s’opère pour la consommation de la télé en général. De plus en plus de Français n’attendent plus la diffusion sur une chaîne pour aller voir sur internet le documentaire ou la série qui les intéresse. Il n’existe plus de direction des programmes du numérique, de la culture. Il y a une nouvelle direction avec une direction de la vie quotidienne, une direction des savoirs et une direction de la jeunesse. L’information de la rédaction nationale est moins directement concernée car les JT sont en direct. Selon la direction, l’audience des 20h reste solide mais baisse. Mais dans le détail des chiffres, il y a une augmentation significative de l’audience de sujets du 20h sur les réseaux sociaux. Exemple : le quart d’heure sur l’Afrique dans le 20h a attiré 4 millions de téléspectateurs. Dans cette page de Nicolas Bertrand, un sujet sur les homosexuels au Sénégal avec des témoignages très forts en visages masqués a été vu 11 millions de fois sur TikTok en 3 jours. Et le nombre de vues ne cesse d’augmenter.

Le directeur de l’information constate qu’on arrive à toucher via les réseaux sociaux des gens qui ne regardent plus un JT à la télévision. Tous les jours, il y a des sujets du 20h davantage vus sur les réseaux sociaux que sur France 2.

Les RP soulignent qu’il existe une expérimentation sur le réseau France 3 sur les vidéo à destination des plateformes numériques. L’expérimentation a pour seul et unique but de tester le travail polyvalent du journaliste. Aujourd’hui il faut une équipe pour tourner et monter (JRR, JRI et monteur). L’expérimentation permet à un journaliste de tout faire seul. L’accord collectif en vigueur n’interdit en rien de faire, en équipe, des sujets pour le numérique.

Est-ce qu’on pourrait envisager ce type de processus de fabrication à la rédaction nationale, avec des temps de fabrication spécifiques ?

La direction dit réfléchir à des formats spécifiques notamment pour la Présidentielle. Un constat : ce qui marche le plus sur les réseaux sociaux ce sont les sujets d’actu chaude fabriqués pour le 20h ou franceinfo TV. Des sujets reformatés, découpés, verticalisés. Donc on ne va pas demander à ceux qui font les sujets et directs de fabriquer en plus des sujets pour les réseaux sociaux. On réfléchit à des formats, à des encadrés sur des thématiques nourris par des expériences de terrain, de sujets de complément.

Les RP constatent qu’aujourd’hui ça repose sur les bonnes volontés, et qu’il faut un cadre pour protéger les équipes.

On n’est plus dans les demandes sauvages aux équipes de tourner en plus des éléments pour les RS.

 

franceinfo TV

  • La recette du succès

Lors de la visite de Donald Trump à Pékin, le correspondant de France Télévisions n’a pas assuré de direct, ni de plateau enregistré pour les éditions du soir de franceinfo. Il s’agissait d’une visite cruciale en pleine guerre en Iran. Le bureau de Pékin a indiqué qu’il ne pouvait faire ni direct, ni plateau car il réalisait un reportage pour le 20h. Si en pleine actualité chaude, un bureau n’assure ni direct, ni plateau pour les éditions du soir, comment s’assurer que la chaîne d’information en continu du service public puisse couvrir l’actualité chaude ?

La direction confirme que l’envoyé spécial a assuré un plateau la veille de l’arrivée de Trump. A Pékin ne pas avoir la présence du correspondant sur place était un problème. La direction admet que sur franceinfo TV les actualités chaudes ne sont pas couvertes de la même façon qu’on peut le voir ailleurs.

Les RP constatent qu’on a moins de présence sur le terrain et questionnent le directeur de l’info.

P. Corbé nous donne la recette du succès de BFM : 18 heures d’antenne avec 3 équipes envoyées sur chaque événement qui ne font que cela. C’est une répartition du temps de travail. Ce modèle coûte très cher (des millions d’euros par mois), car il mobilise 9 personnes sur une journée.

LCI préfère payer très cher des experts en plateau.

Toujours selon le directeur de l’information, à franceinfo TV on n’a pas les moyens de concurrencer. Si le directeur du budget nous donnait 3 millions de plus, on mettrait plus de monde sur le terrain. Sur franceinfo TV le secret du succès ce sont des reporters qui partent sur le terrain. Mais il n’y a pas de nouveaux recrutements en vue.

Pour la finale PSG / Arsenal, France Télévisions a décidé de miser sur l’ensemble de ses rédactions. Le week-end des 30-31 mai les équipes du service des sports, de France 3 Paris Ile-de-France, de la rédaction nationale et de franceinfo TV ont travaillé main dans la main. Résultat : le succès était au rendez-vous. Le directeur de l’info découvre cette force et n’en revient pas !

Les RP constatent qu’à force de démanteler ce réseau performant tant décrié par la direction financière, il ne restera bientôt plus rien de ces rédactions performantes qui ont toujours su travailler main dans la main. Les RP le répètent : la fusion-disparition n’est pas la solution. On l’a bien compris, plus la PDG de France Télévisions continue de fusionner des rédactions, de supprimer des JT, de ne pas remplacer les départs à la retraite, de ne pas recruter de nouveaux talents, de ne pas accepter de mutation, plus elle condamne franceinfo TV à faire la course en queue de peloton, bien loin derrière BFM.

 

DRM

  • PC Info en danger

Lors des entretiens individuels en début d'année, les techniciens du PC info ont appris que le service des sports basculera sur i.fab en septembre 2026. Ce projet est noté dans leurs objectifs de l'année en cours (Rubrique "réalisations attendues"). C’est donc une charge de travail à priori conséquente pour l’Espace Vidéo Transfert, un service qui s'occupe de l'enregistrement des événement sportifs pour le service des sports, et qui vient s’ajouter à celle du PC info pourtant déjà bien grande, pour ne pas dire démesurée.

Pour rappel, ce service est en sous-effectif notoire depuis des années, il manque au moins 4 ETP (comblés par des CDD-U).

Les RP s’interrogent donc sur plusieurs points :

  • Une info-consultation du CSE est-elle prévue pour ce projet ?
  • Une mise en place pour septembre est-elle maintenue ? Si non, à quelle date est-ce prévu ?
  • La charge de travail a-t-elle été évaluée (quantité moyenne de mails à traiter, captations via PC multimédia, réceptions FTP, enregistrements de flux streaming, réception de TVU, etc.) ?
  • Comment la communication avec le service des sports va-t-elle s’établir ? Via les « ordres », le téléphone ?
  • Comment les techniciens vont-ils gérer les priorités ? Priorité à l’actualité ou aux sports ?
  • Des moyens techniques sont-ils prévus pour absorber la charge de travail sans perturber celle de l’actualité déjà en place ?
  • Un agrandissement du PC info est-il prévu pour absorber, une fois de plus, une rédaction supplémentaire ?
  • Une réorganisation du temps de travail du PC info est-elle prévue ?
  • Quelles actions sont prévues pour préserver la santé des salariés, suite à cette augmentation de la charge de travail ?
  • De nouveaux ETP (ou le basculement d’ETP des EVT vers le PC info) sont-ils prévus ? Si oui, combien ?

La direction des reportages et des moyens se veut rassurante : c’est une intention qui a une dizaine d’années et il n’y aura pas de basculement en septembre 2026. Juste une étude technique au niveau ingénierie pour comprendre les conséquences. Le serveur côté sports est vieillissant. Il y a un système i.fab qui pourrait accueillir les sports. Les documentalistes des sports archivent déjà dans i.fab. L’idée est de décider si on achète un serveur de post prod aux sports ou est-ce qu’on bascule les sports dans i.fab. On se préoccupera de l’organisation du PC info quand ce projet sera un projet. C’est une intention et pas un projet. A la DRM on a déjà accueilli différentes rédactions : pour l’Outre-mer le PC info a été renforcé.

 

  • JRI : quelle règle pour faire voler son drone ?

Pour les JRI (et rédacteurs), faire voler un drone dans le cadre d’un reportage est officiellement interdit. Dans les faits, chacun semble pourtant agir comme bon lui semble, avec la complicité de certains rédacteurs en chef qui ferment les yeux sur cette économie « tombée du ciel », car elle permet d’éviter le recours à des prestataires extérieurs coûteux.

Au sein du réseau France 3, depuis 2 ans, une cinquantaine de journalistes et OPV sont télépilotes. Ils réalisent des images avec les drones de France Télévisions. Une organisation similaire est-elle envisagée au siège ? La direction peut-elle rappeler clairement les règles actuelles : dans quels cas un rédacteur peut-il faire appel à un prestataire droniste ?

Enfin, dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, ne serait-il pas plus pertinent d’équiper la rédaction nationale de quelques drones coûtant quelques milliers d’euros afin de générer, à terme, plusieurs dizaines de milliers d’euros d’économies annuelles ? À titre d’exemple, un drone peut coûter environ 1 000 €, alors qu’une seule prestation extérieure d’une demi-journée peut être facturée autour de 500 €.

La direction de la DRM a demandé l’année dernière un budget pour lancer une expérimentation au siège avec 10 ou 15 drones. Les contraintes budgétaires ont empêché le projet de voir le jour. Le Medialab avait acheté des drones pour faire des vols en intérieur pour des interviews avec des JRI ou la vidéo mobile.

Pour utiliser un drone il y a une demande de prestation à établir auprès du rédacteur en chef. Il est strictement interdit de faire un vol avec son matériel personnel sur un reportage. 

En 2027 une ligne budgétaire sera à nouveau demandée.

 

  • Vidéothèque : merci de ne pas prendre la presse destinée aux documentalistes

Pourquoi n'y a-t-il plus de feuillard (ficelle plastique) autour de la pile de journaux dédiée au service de la documentation presse écrite ? Cette absence permet à certaines personnes de se servir et prive les documentalistes d'une partie de leur outil de travail. Ces journaux sont déposés sur un meuble peut-être trop accessible à tous ?

La direction de la DRM assure qu’elle cherchera une solution avec les documentalistes pour contourner le problème.

 

  • Montage : encore une vacation supprimée

Une vacation montage 15H/0H a été supprimée sans consultation des instances. De plus, pendant la coupe du monde de foot, une vacation sera supprimée chaque jour sur les journaux de France 2, pourquoi ? Comment la direction justifie ces disparitions qui ont un impact très lourd sur la planification des monteurs ? 

La direction de la DRM assure que c’est la direction de franceinfo qui l’a informée qu’elle n’avait plus besoin de cette vacation du soir, donc on supprime la vacation pour ne pas planifier un monteur pour rien. La direction reconnaît qu’il va falloir répartir les vacations pour maintenir les éléments variables de salaire.

Les RP CGT notent que le journaliste sportif concerné par cette suppression sur franceinfo TV a été mis devant le fait accompli. Pour les monteurs, c’est une perte d’éléments variables. Et cela se rajoute à la fermeture des éditions ICI France 3 sans avoir négocié avec les monteurs. Des pigistes réguliers se retrouvent sans travail. Bref, une situation compliquée pour l’ensemble du service.

La direction ne se gêne pas pour supprimer ces vacations de montage sans passer par le CSE. Nous souhaitons une négociation pour la perte des éléments variables acquis depuis plus de 30 ans.

 

DRH

  • Fontaine à eau au 4ème HS

La fontaine à eau du 4ème étage côté passerelle ne fonctionne plus depuis des mois. Elle dessert une centaine de salariés. Quelle est la solution proposée par l’entreprise pour permettre aux salariés de s’hydrater en l’absence prolongée de cette fontaine ? Les températures fin mai particulièrement élevées font de cette absence de fontaine en état de fonctionnement une question de santé au travail.

La direction conseille de faire une demande via Atlas. Il y a un QR code à côté de la fontaine. En attendant d’autres fontaines à eau sont disponibles dans le bâtiment.

 

  • Augmentation de salaire : le grand flou

Plusieurs salariés saisissent les syndicats concernant la politique de l’entreprise en matière de salaire où règne le grand flou.

La direction explique que les mesures individuelles ont été annoncées en mai aux encadrants et c’est aux encadrants de relayer les annonces.

Pour les journalistes il n’y a pas d’augmentation automatique. Des chefs de service font des propositions par ordre de priorité. En fonction du budget ce sont les premières mesures qui sont prises en considération. La direction dit prendre en considération des salariés très en dessous des courbes de tendance. Selon la direction, chez les journalistes les mesures de revalorisation s’échelonnent entre 3,5 % et 5 % pour un palier, 6,5 % pour une promotion fonctionnelle.

Il y a des mesures d’automatisme pour les PTA : au moins 2,5 % tous les 5 ans. Et si au bout de 4 ans il n’a pas de mesure, le chef de service doit expliquer au salarié les raisons professionnelles l’ayant conduit à cette décision, sinon la mesure est automatique.

Les RP le répètent, le Comité salaire ne sert à rien. Les augmentations conséquentes vont toujours aux mêmes. Il y a un dispositif de primes exceptionnelles distribuées à la tête du client. Les RP demandent que l’enveloppe prévue pour les primes exceptionnelles serve à financier les mesures salariales.

 

  • Procès-verbaux du CSE Siège invisibles

Mais où sont passés les PV du CSE Siège ? Ils sont introuvables sur l’intranet alors que ceux du CSE Central sont consultables. Et sur le site du CSE Siège ils ne figurent plus à partir d’octobre 2025.

Parmi ces PV introuvables figure celui du 16 avril 2026 au cours duquel un plan d’action de la direction a été présenté pour répondre à l’expertise Cedaet pour risque grave dans la rédaction. Des salariés de la rédaction nationale y ont pris la parole pour témoigner des inégalités et des comportements toxiques qui perdurent au sein de la rédaction. Il est regrettable que leurs collègues ne puissent pas consulter ce document.

Lire ici 📎 le compte-rendu de la CGT du CSE d’avril 2026

Les RP souhaitent savoir comment consulter les procès-verbaux du CSE.

Réponse de la direction : ces documents sont de la responsabilité du secrétaire du CSE. Il faut les chercher sur le site intranet du CSE siège.

 

rp siege 2026

 

Paris, le 09 juin 2026

 

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Bandeau fin 2026