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Cette rentrée s’annonçait pourtant calme. Pas la révolution éditoriale, pas de déploiement de nouveaux outils, seules quelques nouveautés à coût zéro, voire génératrices d’économies : un élément de 7 minutes made in FTR à diffuser à la suite des JT du soir, un changement de case pour Destins lorrains, une nouvelle mouture de l’édition de la Locale de Metz, et une couverture du Livre sur la Place réduite à sa plus simple expression, une page dans le JT. On vous balade ici Jour 1 de la rentrée, en conférence de rédaction, les scriptes s’inquiètent de n’avoir reçu aucune information sur la mise en place de cette nouvelle séquence de 7 minutes savamment intitulée On vous emmène ici. Tous les rédacteurs en chef ont été informés du projet début juillet, nombre d’antennes ont fait des essais préalables. Mais à Nancy, le 1er septembre au matin, aucune info n’a encore été transmise aux équipes. Des essais, pour quoi faire ? Face à ce manque de considération notoire, le ton monte. Des essais finissent par se faire à la hâte dans le courant de l’après-midi. Destins lorrains, ou l’éloge du travail dissimulé Ici aussi, la fluidité des informations laisse largement à désirer. Les bruits de couloir laissaient entendre que la rentrée démarrerait par des rediffusions de la saison passée, retaillées pour une nouvelle case à midi. Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est bien ce qui s’est produit. Quid du travail de montage ? Sous le regard du responsable de l’émission, sans planification et sans que ses collègues n’aient été prévenus, un monteur va préparer le travail sur ses heures de montage JT, mettant à mal le reste de l’équipe du journal. Quel est le problème ? Pour l’adjoint responsable de cette émission, les monteurs ont bien le temps, entre deux sujets d’actu, de lui rendre ce service ! Invisibilisation du travail et haute considération des « petites mains ». Ce programme à pas cher, coûterait-il encore trop cher ? La Locale de Metz définitivement enterrée ? La rédactrice en chef avait annoncé qu’elle reprendrait la main sur l’édition mosellane. Quelques réunions plus tard, le verdict tombe : finie l’actu locale, place à deux longs formats de 3 minutes, un « dans la thématique actu pour être au cœur des sujets dans l’air du temps », et l’autre autour d’initiatives « feel good et journalisme de solution », selon les termes de la direction. Plus sérieusement, pour tenir la cadence de 10 sujets de 3 minutes par semaine, ce chantier nécessite une organisation du travail bien huilée. D’autant plus que des plateaux de lancement sont envisagés, enregistrés à Nancy sur fond vert et en décor virtuel, ce qui nécessite une coordination au cordeau… Dans un monde normal, un responsable aurait été désigné pour détailler le projet, organiser sa mise en œuvre, coordonner et veiller au bon déroulement de chaque étape. Mais ici encore, à part une journée de tests techniques sur la mise en image des plateaux, rien de tout ça. Aucune réunion de travail avec les équipes concernées ; aucune information sur les fabrications en cours ou sur un calendrier anticipé ; aucune formation pour l’assistante de Metz à qui des nouvelles tâches sont confiées ; aucune adaptation des horaires de travail des monteurs ; aucune évaluation de la charge de travail des salariés impactés. Conséquence de cette absence totale d’organisation du travail, les plateaux tests ont été diffusé tels quels, avec des problèmes d’incrustations majeurs et quatre sujets ont déjà été rediffusés dès la 2ème semaine… Faute professionnelle ou accident industriel ? Un effondrement organisationnel assurément qui nécessite a minima un retour d’expérience. Le Livre sur la Place, le naufrage de trop Le plus grand rendez-vous littéraire de la rentrée en France, qui a longtemps fait l’objet de prises d’antenne exceptionnelles (PAE) en collaboration avec France Bleu, devait être traité à travers une simple page dans le JT cette année. C’est en tout cas ce que l’encadrement technique comme le délégué antenne et contenu et les représentants de proximité avaient compris. Mais au retour de congés fin août, tout ce beau monde s’entend dire que pas du tout, ils avaient mal entendu, c’est un JT spécial de 50 minutes qu’il faut mettre en musique ! Trop tard pour envisager l’utilisation du CCR et planifier les personnels ad hoc. Solution de secours, c’est le Rack 400 qui sera utilisé, un dispositif de transmission type Aviwest dépendant du réseau téléphonique, c’est à dire à fort risque de dégradation du signal et de décrochage en direct. Le résultat est à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre : absence de décor, absence d’éclairage, réglages des voies de caméra impossible, réseau d’ordres restreint, débit de transmission insuffisant entrainant une dégradation notoire de la qualité des images… Jamais un événement aussi prévisible n’avait été à ce point gâché. Les salariés qui se demandent bien comment on a pu en arriver à ce point d’amateurisme sont dépités. Face à cette désorganisation du travail pathogène, la CGT tire la sonnette d’alarme et demande à la direction du Grand Est d’intervenir rapidement pour mettre un terme à ces manquements à répétition de la part de la rédaction en chef lorraine. Il en va de la santé psychique des salariés et de la crédibilité de notre antenne.
Nancy, le 17 septembre 2025
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