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À franceinfo TV, les nouvelles pour la rentrée de septembre 2026 inquiètent les salarié·es et au-delà. En apparence, la direction avait pourtant fait les choses en grand pour entrer de pied ferme dans l’année électorale déterminante qui s’annonce : nouveau plateau, nouvelle régie, nouvelle direction, et donc nouvelle orientation éditoriale. Cependant, dans les faits, la situation est beaucoup plus problématique. Une (nouvelle) extension du temps de direct franceinfo TV est née il y a 10 ans d’une nécessité : face à l’émergence des chaînes d’info en continue privées, il fallait doter le pays d’une chaîne publique qui constituerait un contre-modèle éditorial exigeant. Cependant, faute de moyens suffisants et de stabilité, les salarié·es ont fait de leur mieux mais la chaîne n’a jamais été en mesure d’incarner avec force cette ambition. Plutôt que de construire une vraie réflexion stratégique, la nouvelle direction de franceinfo TV, qui a pris ses fonctions il y a deux mois, s’est lancée comme les précédentes dans une chasse à l’augmentation du temps d’écoute. Pour ce faire, elle mise essentiellement sur le direct. D’abord en étendant les plages de breaking news et autres éditions spéciales, qui débordent régulièrement sur les diffusions prévues de programmes enregistrés (une stratégie déjà adoptée par le passé puis abandonnée devant ses conséquences calamiteuses sur l’antenne et les équipes). Mais aussi, selon nos collègues de Radio France, Francetv met la pression à Radio France pour créer de nouveaux créneaux disponibles pour le direct, via l’abandon ou le raccourcissement des émissions produites au sein de la Maison ronde pour l’antenne de franceinfo TV. Des moyens toujours largement insuffisants Il y a juste un petit problème : l’intendance ne suit pas (et ne pourra pas suivre). En effet, selon les propos mêmes du directeur de l’information lors du CSE Siège du mois de juin, franceinfo TV est déjà en excès de consommation d’ETP pour assurer l’antenne actuelle au regard de ce qui lui est théoriquement attribué. Il a par ailleurs confirmé que la rentrée de la saison 2026-2027 se ferait avec des effectifs contraints. Traduction : les salarié·es de franceinfo TV, déjà habitués à faire beaucoup avec peu, devront selon toute vraisemblance désormais faire encore plus avec moins d’ETP à la rentrée ! Un message dont chacun peut juger du caractère mobilisateur à la veille d’une année électorale cruciale… Le spectre de la souffrance professionnelle Comment assurer plus d’heures de direct avec des effectifs en baisse ? Selon les premières annonces faites aux équipes, la réponse est simple : la durée des tranches, aujourd’hui majoritairement de 2h, va être étendue à 3h. Lumineux, non ? Malheureusement, comme les salarié·es ne le savent que trop bien, il ne suffit pas de décréter que nécessité (d’économies d’ETP) fait loi pour faire tourner un collectif de travail sans casse et produire une antenne de qualité. Une émission a déjà connu récemment un tel traitement à franceinfo TV. Malheureusement, cette expérience grandeur nature est très loin d’être une réussite puisqu’elle a déjà généré beaucoup de fatigue et de stress. Plus généralement, l’orientation vers la couverture à chaud de l’actualité a considérablement fait monter le niveau de tension parmi les équipes sous-dimensionnées des différentes tranches. Au sein d’une rédaction qui tient depuis 10 ans uniquement par la motivation et l’engagement des salarié·es, les visages sont de plus en plus fermés depuis quelques semaines et il est même arrivé récemment de croiser certain.es collègues en larmes. Il existe d’autre part des secteurs en très grande difficulté à franceinfo TV. C’est singulièrement le cas des chargé·es d’édition, dont les titulaires sont majoritairement en arrêt de travail parfois de (très) longue durée, ou ont fui à la première occasion aussi loin que possible. L’activité n’est assurée depuis des années qu’au moyen d’un recours aussi massif qu’illégal au travail précaire. Or, la direction souhaite également imposer à cette population un alourdissement des rythmes professionnels, dont les quelques rescapé·es ne tiennent pourtant déjà le rythme que grâce à des horaires aménagés. Enfin, il ne faudrait surtout pas oublier les équipes techniques qui, faute d’ETP supplémentaires pour assurer le surcroît d’activité, n’ont d’autre choix que de se réorganiser autour de vacations plus longues, qui augmentent la fréquence d’exposition aux horaires atypiques. À quel prix ? L’ombre menaçante de la faute déontologique Même quand on le chasse par la porte (du déni), le réel revient immanquablement par la fenêtre… et même parfois violemment. Il y a seulement un an, le précédent directeur de la chaîne a été prié d’aller voir ailleurs pour l’avoir ignoré. Il a en effet été contraint au départ par une motion de défiance, après avoir créé les conditions organisationnelles et la pression sur les salarié·es qui ont, entre autres brillantes réussites, poussé la chaîne dans le scandale « Gaza riviera ». Indéniablement spectaculaire, ce crash éditorial n’est malheureusement pas un fait isolé. On ne compte plus le nombre de petites et grandes erreurs qui passent quotidiennement à l’antenne (interventions approximatives, sujets mal mixés, illustrations mal montées, synthés, bandeaux ou titres erronés, …) faute de temps nécessaire accordé aux équipes pour remplir correctement leur mission. Dans ce contexte, la nouvelle donne éditoriale, orientée vers le direct au moyen de breakings à répétition, trop souvent sans disposer des éléments factuels ou d’analyses indispensables, est porteuse de vrais dangers, en plus de constituer un véritable reniement de l’ambition éditoriale de la chaîne. La CGT tire la sonnette d’alarme et exige de la direction qu’elle dote enfin franceinfo TV des moyens adaptés aux contraintes opérationnelles qu’elle impose à ses équipes. La grille de rentrée n’a pas encore été communiquée, il est encore temps de corriger la trajectoire afin d’éviter une catastrophe humaine et éditoriale. Paris, le 7 juillet 2026
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