Communiqué intersyndical - Nous dénonçons la complaisance de la direction de l’info à l’égard de l’extrême droite
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Nous dénonçons la complaisance de la direction de l’info
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Préavis de grève CGT et SUD - Prenons collectivement conscience de la situation
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Préavis de grève CGT et SUD
PRENONS COLLECTIVEMENT CONSCIENCE DE LA SITUATION
Les organisations syndicales alertent depuis des années sur la crise sociale et démocratique qui traverse notre pays. Les politiques qui tournent le dos au social et qui créent du déclassement, l’abandon de nos industries et de nos services publics, le passage en force malgré la mobilisation historique contre la réforme des retraites, l'absence de perspectives de progrès et la banalisation des thèses racistes, constituent le terreau sur lequel l'extrême droite prospère. En décidant de dissoudre l'Assemblée nationale, et d'organiser des élections législatives en trois semaines, après les premiers départs en vacances et à la veille des Jeux Olympiques, le président de la République prend une lourde responsabilité. Il faut un sursaut démocratique et social. A défaut, l'extrême droite arrivera au pouvoir. Dans ce contexte les syndicats CGT et SUD ont réagi en déposant un préavis de grève pour les 20, 22, 27 et 29 juin 2024. La direction est-elle vraiment consciente de la situation ? Elle est en tout cas venue les mains vides comme seule réponse aux nombreuses exigences des salarié·es alors que dans le même temps elle conclut de mirobolants contrats avec la production privée. « Augmentation immédiate des salaires avec indexation sur les prix » La direction ne prévoit aucune enveloppe supplémentaire, elle attend les derniers arbitrages dans le cadre des PARSI et argue de l’incertitude du moment qui pèse à la fois sur le financement et la pérennité de l’entreprise. Elle oublie soigneusement d’évoquer les accords conclus avec les syndicats de producteurs privés signés les 17 mai et 17 juin. France Télévisions va donc poursuivre son biberonnage historique en donnant 500 millions d’euros chaque année pendant 5 ans ! La direction a donc des priorités mais ce n’est pas la rémunération des salarié·es. « Mesures concrètes pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes » La direction renvoie sur l’accord égalité professionnelle qui vient d’être prorogé de 2 ans. Nous pourrions nous en féliciter si la direction respectait sa signature. Dernier exemple en date : l’aménagement unilatéral de la composition des comités salaires dans la plus totale opacité et déloyauté, arguant que le texte n’était pas clair. « Le financement des objectifs d’antenne (y compris les législatives) sans empiéter sur les autres activités et en préservant les conditions de travail des salarié·es » La direction explique que tout se fera à moyens constants, il faudra donc faire des économies au 2nd semestre. Nous avons surtout le sentiment qu’elle n’a aucune conscience de la charge de travail que va induire cette campagne express avant le tunnel des JO. Pour la CGT et SUD il est hors de question d’accepter un nouveau tour de vis à la rentrée. La révision de la voilure du projet Tempo, non financé, est une nécessité. « Des créations de postes sur de nouvelles missions afin de lutter efficacement contre les fake news et pour répondre massivement présent sur le numérique, les plateformes et les réseaux sociaux » La direction est persuadée qu’on peut se débrouiller avec l’existant donc sans création de postes. La PDG a annoncé une nouvelle organisation du numérique pour la fin de l’année. Le renforcement du numérique est claironné depuis des années par la direction. Pour quel résultat ? Concrètement aucun, les services web régionaux sont toujours à l’os. Il est vrai que pour la PDG le renforcement passe par des fusions… « Retour à la retraite à 60 ans et départs anticipés pour les métiers pénibles » La direction souhaite négocier un accord sur les fins de carrière. Annoncé depuis 1 an, il était prévu fin 2024. Aujourd’hui tout est remis en question. Surtout, la direction attendra sagement la publication de l’intégralité des décrets qui pourraient être pris sur le sujet, pour ne surtout pas être mieux-disante que la loi. Autant dire que la perspective d’un accord s’éloigne donc encore un peu plus. En conséquence, les syndicats CGT et SUD appellent tous les salarié·es de France Télévisions à cesser le travail les 20, 22, 27 et 29 juin 2024, à partir de 00h et pour une durée de 24h pour chacune de ces 4 journées de mobilisation, et à rejoindre toutes les manifestations, rassemblements et actions organisées partout sur le territoire le 20 juin 2024. Ces journées, soulignons-le, ne sont pas des jours de débats sur nos antennes, débats essentiels dans ce contexte.
Pour les droits sociaux des citoyens, le respect de notre démocratie et la restauration de la justice sociale, nous appelons les salarié·es à ne pas donner une seule voix à l’extrême droite lors des élections législatives et à voter pour celles et ceux qui portent des mesures de progrès social.
Paris, le 19 juin 2024 |
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TOUTES ET TOUS MOBILISE·ES POUR LA CULTURE ET CONTRE L'EXTREME DROITE ! LE 20 JUIN DOIT ETRE MASSIF !
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TOUTES ET TOUS MOBILISE·ES POUR LA CULTURE ET CONTRE L'EXTREME DROITE !
LE 20 JUIN DOIT ETRE MASSIF !
L’extrême droite étant aux portes du pouvoir, nos organisations mesurent leurs responsabilités dans ce moment déterminant pour la démocratie, pour toutes les travailleuses et travailleurs que nous représentons, pour nos secteurs et pour la France. Face au danger extrême qui nous guette, nos organisations appellent l'ensemble des acteurs culturels à se constituer en collectif, à systématiser les assemblées générales sur les lieux de travail ou ailleurs, dans toutes les villes de France et à participer aux manifestations unitaires contre l'extrême droite et organiser la mobilisation. Nous appelons l’ensemble du secteur à se mobiliser le jeudi 20 juin prochain et les jours suivants, à Paris et dans toute la France, pour défendre le service public et ses moyens, lutter contre la réforme d’assurance chômage, pour la prise en compte de notre accord du 27 octobre 2023, et pour lutter contre l’extrême droite et ses idées ! Nous appelons tous les salarié·es à investir massivement nos lieux de travail : organisation d'agoras, discussion autour de nos revendications pour inciter nos collègues à rejoindre la mobilisation et à aller voter les 30 juin et 7 juillet !
A PARIS RDV LE 20 JUIN A 14H DEVANT LA CINEMATHEQUE DE BERCY - 51,rue de Bercy Paris 12
Signataires : CGT Spectacle - Fédération Nationale des Syndicats du Spectacle, du Cinéma, de l’Audiovisuel et de l’Action Culturelle CGT ; SFA CGT – Syndicat Français des Artistes interprètes ; SFR CGT - Syndicat Français des Réalisateurs ; SNAM CGT – Union Nationale des Syndicats d’Artistes Musicien·nes (Enseignant·es et Interprètes) de France ; SNAP CGT - Syndicat National des Artistes Plasticien·nes ; SNJ- CGT - Syndicat National des Journalistes ; SNMS CGT – Syndicat National des Metteuses et Metteurs en Scène ; SNRT CGT Audiovisuel - Syndicat National de la Radiodiffusion, de la Télévision et de l'Audiovisuel ; SPIAC CGT - Le Syndicat des Professionnel·les des Industries de l'Audiovisuel et du Cinéma ; SYNPTAC CGT – Syndicat National des Professionnel·les du Théâtre et des Activités Culturelles ; CGT France Télévisions ; CGT France Médias Monde ; CGT INA ; CGT Radio France ; la CGT Culture - Union Nationale des syndicats CGT du Ministère de la Culture ; F3C CFDT – Communication Conseil Culture CFDT ; SNAPAC -CFDT – Syndicat national des Artistes et des Professionnels de l’animation, du Sport et de la Culture ; CFDT-CULTURE ; SUD – Culture – Syndicat « Solidaires, Unitaires et Démocratiques » de la Culture ; FNAR – Fédération nationale des Arts de la rue ; PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique ; SCC – Syndicat des cirques et compagnies de création ; SNSP – Syndicat national des scènes publiques ; SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants ; SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles. Paris, le 18 juin 2024 |
JO Paris 2024 - Trêve ou Grève ? La direction a les cartes en main
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JO Paris 2024
Trêve ou Grève ? La direction a les cartes en main
Les élus ont été informés tout récemment, lors des différents CSE, du dispositif mis en place par France Télévisons pour l’évènement du siècle, les jeux Olympiques de Paris 2024. Le constat est simple, c’est l’impréparation à tous les étages. Paris a été désignée « Ville Olympique » en septembre 2017, et qu’a fait FTV depuis cette nomination ? Plan social sur plan social, 1500 salariés en moins en 10 ans, casse des collectifs de travail, réduction des éditions, restructurations, déménagements, externalisation des programmes… Les maigres revalorisations salariales, obtenues après d’âpres négociations, ont fait perdre aux salariés 10% de pouvoir d’achat en 3 ans. Donc après toutes ces années de démolitions menées au pas de charge, la direction compte sur l’engagement total des salariés pour donner le meilleur d’eux-mêmes durant cette période Olympique ? Comment s’enthousiasmer sur un tas de ruines ? Surtout qu’il n’est pas difficile d’imaginer qu’après cette période d’euphorie collective, l’entreprise de démolition dirigée par la PDG et son orchestre va reprendre de plus belle. Pourquoi s’arrêter là, c’est vrai, puisque les salariés n’ont pas d’autres choix que de s’adapter ? Madame la présidente sachez-le, ces Jeux seront assurés par des salariés épuisés, éreintés, accablés par des années de mauvais traitement, mais nous sommes des professionnels et nous aussi, par sens du devoir et du service public, nous ne souhaitons pas que le téléspectateur soit victime de votre gestion calamiteuse. Les contraintes, nombreuses, vont rendre la mission des salariés concernés particulièrement difficile. Des difficultés liées aux transports et la multiplication des mesures de sécurité vont obliger la majorité des salariés à anticiper des temps de déplacement largement supérieurs à la normale, sur des routes surchargées et dans des transports en commun qui sont déjà en temps normal au bord de la saturation. Surtout que notre antenne sera quasiment consacrée au direct, donc la conjugaison des deux va engendrer un stress permanent chez les salariés. Par conséquent, nous vous demandons dans les plus brefs délais de donner une suite à nos revendications pour que ce moment historique pour France Télévisions et pour notre pays se passe le mieux possible, et que nous ne soyons pas contraints d’écrire : « Trêve Olympique » avec un G majuscule ! Les organisations syndicales signataires de ce tract demandent que l’intégralité des mesures ci-dessous soient mises en place dans les plus brefs délais et que les salariés concernés en soient informés le plus tôt possible :
Et ce pour éviter un conflit qui n’aura d’égale que l’ampleur de l’événement ! Paris, le 18 juin 2024 |
Agression d’une journaliste à Caen
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Agression d’une journaliste à Caen |
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Juste après l’annonce des résultats des élections européennes, le dimanche 9 juin, une journaliste du BRI de Caen a été prise violemment à partie lors d’une manifestation spontanée et non encadrée alors qu’elle réalisait quelques plans avec son téléphone. Les manifestants se sont montrés hostiles à la présence des médias. Notre consœur a eu son sac à main et son téléphone arrachés. En tentant de les retenir, elle s’est blessée au poignet. Elle a pu récupérer ses affaires un peu plus tard. La CGT apporte son soutien à notre consœur actuellement en arrêt maladie. La direction de France 3 Normandie a souhaité porter plainte. Sa démarche a été refusée par la police qui ne retient que la plainte des personnes concernées. La CGT rappelle les préconisations qui s’appliquent lors des manifestations. Les reportages doivent se réaliser à deux, des EPI sont mis à disposition enfin le droit de retrait des salariés peut aussi s’exercer dans des circonstances de tournage qui peuvent sembler difficiles. La CGT condamne les attaques à l’encontre des journalistes dans l’exercice de leur travail. La liberté de la presse est un droit constitutionnel, dans ces temps troublés il ne peut être remis en cause par qui que ce soit. Caen, le 17 juin 2024 |
Préavis de grève - 20, 22, 27 & 29 juin 2024
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Préavis de grève
20, 22, 27 & 29 juin 2024 |
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Face à l’extrême droite, le front populaire ! Les élections européennes ont amplifié la crise démocratique avec près de la moitié des citoyen·nes qui ne se sont pas déplacé́·es pour voter et plus d’un tiers des voix qui sont portées sur l’extrême droite. En choisissant la dissolution, Macron ouvre les portes du pouvoir à la famille Le Pen en espérant se poser une nouvelle fois en recours face au pire, alors qu’il n’a cessé́ de lui faire la courte échelle, en appliquant non seulement au pays une violence sociale sans précédent mais également en reprenant à son compte certaines de leurs idées, notamment avec son ignoble loi « asile et immigration ». Cette manipulation des institutions pour son seul profit politique est inacceptable ! Nouvelle Assemblée Nationale : nous voulons du changement dans nos vies ! Une victoire de l’extrême droite serait une catastrophe pour les salariés·es actif·ves et retraité·es. Cela serait également catastrophique pour la démocratie pour les libertés publiques et pour l’Audiovisuel Public que le RN veut privatiser, et vite ! Le danger n’a jamais été aussi grand pour notre entreprise et ses salariés, il faut en prendre bien conscience. La poursuite de la politique néolibérale qui est menée depuis vingt ans a été marquée ces dernières années par les reculs de nos salaires ou des droits au travail, des régressions très importantes dont Emmanuel Macron a été le champion sourd et violent. Cette politique a nourri l’extrême droite et sapé en profondeur la confiance envers le système politique. La liste de ses méfaits est longue : attaques sur les retraites et le chômage ; baisse de nos salaires face à l’inflation ; budgets d’austérité́ sur les services publics ; cadeaux fiscaux aux milliardaires et aux entreprises ; Nous avons besoin de trouver et de mettre en œuvre des réponses aux problèmes quotidiens qui pourrissent nos vies, à commencer par la question des salaires ! La dissolution de l’Assemblée Nationale doit nous permettre d’élire des député́·es qui portent ces réponses. La mobilisation populaire a poussé́ la gauche à s’unir et à reprendre de nombreuses propositions du mouvement social comme celle d’un audiovisuel public indépendant et bien financé. La CGT propose aux salarié·es de s’organiser dans tous les lieux de travail pour gagner sur nos revendications :
Personne ne nous fera de cadeaux En plus de la pression populaire pour les élections législatives, les solutions reposent également largement sur notre implication en commençant par nous syndiquer. Pour arracher ces progrès sociaux, nous devons nous organiser avec nos syndicats pour porter nos revendications et n’exclure aucun mode d’action pour gagner – y compris par la grève.
La CGT appelle donc les salariés de France Télévisions à cesser le travail les 20, 22, 27 et 29 juin 2024, à partir de 00h et pour une durée de 24h pour chacune de ses 4 journées de mobilisation, et à rejoindre toutes les manifestations, rassemblements et actions organisées partout sur le territoire. La CGT appelle les salarié·es à ne pas donner une seule voix à l’extrême droite lors des élections législatives ! Paris, le 14 juin 2024 |
France TV et l’Audiovisuel public en danger de mort
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France TV et l’Audiovisuel public en danger de mort |
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La perspective catastrophique des extrêmes droites au pouvoir
Alors que la mobilisation des salarié.es concerné.es a envoyé un message d’opposition sans ambigüité au projet de fusion voulu par le gouvernement moribond (projet mécaniquement suspendu par la dissolution), l’extrême droite veut purement et simplement la mort de ce qui apparait comme un contre-pouvoir potentiel à sa politique nauséabonde. L’audiovisuel public : un bien commun qui fonctionne Né du projet d’ériger un maximum de barrières au retour au pouvoir de l’extrême droite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Audiovisuel public a été pensé dès l’origine comme un outil d’information, d’éducation et de divertissement populaire à destination de l’ensemble du corps social. Dans un paysage médiatique toujours plus concentré aux mains de quelques grands groupes servant des intérêts privés, il constitue incontestablement aujourd’hui aux yeux de la population un pôle de confiance, dans un contexte fortement marqué par une défiance généralisée. Au fil des années, l’audience et l’influence du service public de l’audiovisuel comme les enquêtes de confiance ont fait la démonstration sans appel de son utilité publique. Et c’est ce bien commun, nécessaire au fonctionnement démocratique et à disposition de tous les citoyens, que le RN souhaite détruire ! Au-delà des 16300 emplois des entreprises de l’audiovisuel public (plus de 20000 personnes concernées) c’est également l’utilité sociale et démocratique de leurs missions qu’il faut défendre sans concession. Mobilisation ! D’autre part, les extrêmes droites constituent une véritable imposture sociale et démocratique. En effet, malgré des préoccupations sociales de façade, leurs élus se sont systématiquement opposés par leur vote, à l’Assemblée comme au Parlement européen, à toutes les dispositions visant à améliorer les conditions de vie matérielles des plus pauvres, les conditions de travail, les conditions d’égalité femmes/hommes, la défense des libertés publiques ou des droits fondamentaux à commencer par l’augmentation du SMIC. La CGT de FTV alerte donc l’ensemble des salarié.es sur la menace que constituerait l’accession des extrêmes droites au pouvoir, qu’il s’agisse de leur liberté éditoriale, de leur emploi ou de la disparition d’un bien commun au service de la démocratie. La CGT les appelle également à se mobiliser dès à présent, et à participer, partout où ils le peuvent, à toutes les initiatives visant à empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir !
Paris, le 13 juin 2024
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Austérité salariale Comment bien gérer son budget ?
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Austérité salariale
Comment bien gérer son budget ? |
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Le 31 mai 2024 la direction s’est fendue d’un communiqué pour le moins étonnant et provocateur. En effet alors que les salariés ont vu leur pouvoir d’achat baisser de 10% en trois ans, alors que la CGT demande depuis des années des mesures générales dignes de ce nom, alors que les élus, lors des comités salaire, pointent sans grand succès les problèmes des salariés, la direction pense utile de proposer un webinaire intitulé : « vers un meilleur équilibre financier ». Quel sens de l’à-propos ! Comme le disait l’humoriste Coluche : « Écrivez-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer. » Nul doute, qu’en matière de budget et d’économies, la direction a plein de conseils à donner, elle qui lance des tas de projets (restructurations diverses et variées, fusion, holding, etc.) sans en avoir les moyens, en réduisant ses charges (essentiellement en s’attaquant aux effectifs en interne), tout en garantissant 5 ans de financement sur à la production privée (2,5Md€), sans tirer les leçons des surcoûts liés aux contentieux ni à la dégradation de la santé des salariés, etc. La CGT met en garde la direction sur les effets de sa communication. Il ne faudrait pas que le décalage soit trop criant avec la réalité du quotidien, à l’heure où les efforts importants des salariés sont insuffisamment et inéquitablement récompensés. Pour que les salariés puissent aller « vers un meilleur équilibre financier » nous proposons une augmentation générale des salaires de 10% effective au 1er janvier 2024, et l’élimination des disparités salariales, notamment en ce qui concerne l’égalité hommes/femmes. Nos élus sont à la disposition de la direction pour discuter du calendrier de mise en place de ces mesures qu’elle semble presque appeler de ses vœux à travers son communiqué. Les salariés ont besoin d’un salaire digne, pas de savoir comment gérer leur appauvrissement. Comme elle l’a fait jusqu’ici, la CGT continuera à défendre coûte que coûte une mesure générale digne de ce nom au moment de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires. Paris, le 4 juin 2024 |
En Macronie, on laisse faire les hommes !
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En Macronie, on laisse faire les hommes ! |
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Sexisme et misogynie font partie intégrante de la Macronie. Depuis 2017, de multiples exemples ont montré que les hommes du Président savent mieux faire. Le summum a été atteint hier matin avec l’intrusion du Premier Ministre sur un plateau télé, pour prendre la parole à la place de la tête de liste Renaissance aux élections européennes. Invitée du grand oral organisé à la Maison de la Radio et diffusé sur franceinfo, radio et télé, Valérie Hayer s’est vue privée de parole par son chef, qui a saisi le micro sans vergogne. Il s’est impunément accaparé son temps de parole. Mais on est où là !?! Gabriel Attal fait comme chez lui à la Maison de la Radio. En direct sur franceinfo quelques minutes plus tôt, il déambule d’un studio à l’autre pour diffuser sa bonne parole. Car lui, il sait ce qu’il faut dire aux électeurs, contrairement à sa candidate. Cette séquence de mansplaining décomplexé est scandaleuse à plusieurs égards. Elle donne une image passéiste et insultante de la femme en politique. Gabriel Attal agit en homme de pouvoir qui considère les femmes politiques comme des potiches. Pour lui, elles sont incapables de faire campagne, de gagner une élection, donc d’exister en politique. Elle démontre la vision passéiste qu’a un Premier Ministre sur l’Audiovisuel Public, où il se permet de prendre l’antenne sans qu’il y soit convié. Même Charles de Gaulle ou Alain Peyrefitte ne faisaient pas ça du temps de l’ORTF ! Cette situation rend encore plus détestable le projet de fusion de l’Audiovisuel public que veut faire voter ce gouvernement. Les médias publics ne sont pas les organes officiels du gouvernement. Si Attal veut agir comme Poutine, il s’est trompé de pays. Par ailleurs, on attend la réaction de la direction de l’information de FTV sur la prise de parole sauvage d’un homme politique au cours d’une émission diffusée sur ses antennes. Comment peut-elle rester silencieuse après une telle intrusion ! Après l’organisation de l’injustifiable débat bipolaire entre Attal et Bardella la semaine dernière, elle continue dans sa vassalisation devant le gouvernement. Sur injonction du Premier Ministre, elle avait fait du président du RN l’opposant numéro 1 du gouvernement. Cette direction ignore-t-elle qu’il y a plus de deux candidats dans les élections européennes ? La CGT dénonce ces pratiques insolente et dégradante. En France, le Premier Ministre n’a aucun passe-droit pour intervenir dans les médias, publics ou privés. Ça parait incroyable de devoir le spécifier en 2024.
Paris, le 4 juin 2024
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NON à la fusion - Signez la pétition
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NON à la fusion |
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Un collectif de salariés a lancé une pétition en ligne pour la sauvegarde de l’indépendance de l’Audiovisuel Public : https://change.org/petition_avp Plus de 10.000 signatures en moins de 48h de nombreuses personnalités et de salariés. L’enjeu est de taille. Un large soutien citoyen est nécessaire pour contrecarrer une réforme aussi bâclée que nocive sur le fond : - Remise en cause de l’indépendance éditoriale et risque de mutualisations éditoriales entre les rédactions. On a vu ce qu’il est advenu à FTV des éditions Nationales de France 3. - Menaces sur l'emploi avec les inévitables doublons dans de nombreuses directions (RH, finance, paye, informatique, communication, etc…) et sur l’encadrement. Aucune garantie de redéploiement de ces ressources sur d’autres missions de créations de contenus, et très fort risque d’une nouvelle purge sur les effectifs. - Remise en cause de tous les accords collectifs avec la négociation d’un nouvel accord collectif France Médias sans aucune garantie de maintien des éléments salariaux, des organisations du travail, des métiers, des conditions de travail, du niveau d’indemnités de licenciement en cas de plan social, etc. Nous faisons face à l’incohérence du gouvernement qui, il y a à peine 6 mois, portait un projet de coopérations des différentes entreprises. Et puis changement de ministre, nouvelle argumentation pour justifier une fusion au pas de charge. Dati nous attaque à la hache, opposons-lui le rempart du refus des salariés avec le soutien des citoyens. Et faites-la signer massivement autour de vous. « Un audiovisuel public rassemblé pour être plus fort ». Ce slogan creux ne cesse d’être martelé par les quelques défenseurs du projet sans être capable d’apporter la moindre précision concrète. Nous exigeons du gouvernement et des directions de France Télévisions, Radio France, l’Ina et France Médias Monde de dire publiquement quelles seront les conséquences de ce projet sur l’emploi, l’organisation du travail et nos accords collectifs. Paris, le 31 mai 2024
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Comité des salaires 2024 de France 3 Bretagne
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Les représentants du personnel refusent de siéger
Les représentants du personnel et représentants syndicaux de France 3 Bretagne ont décidé ce jour, de ne pas siéger au comité des salaires. Au vu du peu d’informations figurant dans les documents transmis par la direction, les représentants ne sont pas en mesure de jouer leur rôle, d’identifier d’éventuelles situations de disparités salariales et de faire des contre-propositions. Depuis 2021, les organisations syndicales avaient obtenu de pouvoir aborder les cas des salariés n’ayant pas été augmentés depuis 3 ans, se sentant en disparité, ou ayant souhaité que leur situation soit examinée. Las, dans un revirement rétrograde, la DRH nationale a décidé d’en revenir au simple examen des salariés n’ayant pas eu d’évolution depuis 4 ans et ayant donné leur accord, ce qui en Bretagne représente seulement 4 situations. Les élus et représentants syndicaux déplorent le peu d’informations exploitables contenues dans les documents.
La direction de France télévisions aurait très bien pu prolonger les conditions antérieures de partage d’informations de façon unilatérale, comme cela a été le cas l’année dernière. Ce n’est pas l’option qu’elle a choisie. Cette politique vise clairement à entraver le mandat des représentants du personnels et syndicaux et à maintenir dans l’opacité la plus large la politique salariale de France Télévisions. Vos représentants bretons dénoncent cette politique, qui se fait au détriment de l’intérêt du plus grand nombre.
Rennes, le 27 mai 2024
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LES SALARIES BRETONS MOBILISES POUR L’AUDIOVISUEL PUBLIC
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LES SALARIES BRETONS MOBILISES POURL’AUDIOVISUEL PUBLIC
Les salariés de l’antenne de Bretagne se sont bien mobilisés jeudi et vendredi dernier contre le projet de la fusion de France Télévisions, Radio France, l’INA et – peut-être – France Médias Monde, à la hauteur de la mobilisation nationale. Jeudi 23 mai, environ 600 manifestants étaient réunis devant le ministère de la culture. Nous n’avons pas eu de journaux télévisés midi et soir pendant ces 2 jours. Pas plus d’ATL,ni de locale d’Iroise. A la locale, près de la totalité des journalistes étaient en grève sur toute la durée de ces deux journées. Relayés également par les personnels techniques et administratifs. A titre de comparaison, jeudi, le niveau de mobilisation des salariés pour défendre le pluralisme, la démocratie, leurs droits conventionnels en s’opposant au projet de fusion était à la hauteur de ce que nous avons connu à France 3 Bretagne, lors des premières journées de grève contre la réforme des retraites, l'année dernière. Au cours de ces journées de grève, nous avons tracté devant la station de Rennes avec des banderoles (photos ci-dessous) pour sensibiliser nos concitoyens au risque démocratique que ce projet fait peser. Nous les avons invités à solliciter les députés bretons. Certains d’entre eux nous font déjà part de leur intention de s’opposer au vote de cette proposition de loi et nous témoignent leur soutien. D’autres nous invitent à échanger avec eux.
Le gouvernement et la représentation nationale ne peuvent être sourds aux forces vives de l’entreprise. Le combat pour la défense du service public commence maintenant. Le débat sur ce projet de loi à l’Assemblée nationale a été reporté au 24 juin du fait d’un embouteillage législatif. Faisons- nous entendre autrement d’ici là.
A Rennes & Brest, le 27 mai 2024
BRAVO POUR VOTRE MOBILISATION !
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TOUS EN GRÈVE POUR DÉFENDRE L’AUDIOVISUEL PUBLIC !
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TOUS EN GRÈVE POUR DÉFENDRE L’AUDIOVISUEL PUBLIC ! En coordination avec les intersyndicales de l’INA, Radio France et France Médias Monde, l’intersyndicale de France Télévisions appelle tous les salariés à se mobiliser contre les projets de restructuration de l’audiovisuel public, dès jeudi 23 et vendredi 24 mai. Ne laissons pas le gouvernement imposer une fusion inefficace et dangereuse. Cessons le travail massivement pour nous faire entendre ! Rejoignons les rassemblements revendicatifs organisés jeudi ! Deux ans après avoir supprimé la contribution à l’audiovisuel public (la CAP, la « redevance »), le gouvernement envisage à nouveau de déstabiliser le secteur public. Il affirme vouloir imposer, en quelques semaines, et sans concertation avec les salariés des entreprises concernées, une restructuration hyper-rapide de l’audiovisuel public pouvant déboucher sur une fusion de plusieurs sociétés (probablement France Télévisions, Radio France et l’INA). Un tel empressement venant d’un pouvoir exécutif qui n’a cessé depuis sept ans de souffler le chaud (les promesses) et le froid (les coupes budgétaires et dans les effectifs) sur les services publics inspire, au minimum, de la méfiance. À France Télévisions, les salariés sont lassés de subir des fusions d’entreprises ou de services. Et les restructurations récentes, notamment celles des rédactions nationales ou de la Fabrique, sont autant de blessures mal cicatrisées voire de plaies ouvertes. Lancées par la direction sur l’air connu de « se regrouper, c’est se renforcer », ces fusions ont été rythmées par des promesses, puis des mensonges, et enfin des suppressions de postes, de services, d’activités, et d’éditions d’information. Ce scénario, nous n’en voulons pas, nous n’en voulons plus ! Au moment où l’audiovisuel public joue pleinement son rôle face à des médias privés contrôlés par une poignée de milliardaires, pourquoi l’engager dans une fusion qui s’annonce longue, complexe, anxiogène pour les salariés, et sans réel objectif éditorial ? L’urgence est plutôt à la lutte contre la désinformation, au développement de l’offre numérique et des programmes pour la jeunesse. Et si une loi nous semble indispensable, c’est plutôt celle qui doit garantir l’indépendance et les moyens du service public, via un financement solide et adapté. Les amendements visant à plafonner la publicité voire la faire disparaître de nos antennes, issus des lobbys du privé, sont une nouvelle attaque contre l’équilibre financier de l’Audiovisuel Public qui prouve bien une volonté d’affaiblissement en plus d’une entrave au développement. L’urgence est aussi à un « new deal » social dans nos entreprises, gangrénées depuis des années par une précarité injustifiable qui touche des milliers de collègues, en particulier les plus jeunes. Notre pays a besoin d’un audiovisuel public renforcé, indépendant et multiple ! Se regrouper, ce n’est pas toujours se renforcer : on ne fusionne pas les équipes de France de football et de rugby. Les organisations syndicales signataires exigent donc : – le retrait de tout projet de holding et/ou de fusion concernant les sociétés de l’audiovisuel public ; – la mise en place rapide, au plus tard à l’automne 2024, d’un dispositif de financement pérenne et dynamique du service public audiovisuel, garantissant à la fois son indépendance à l’égard du pouvoir exécutif et les moyens nécessaires à la réalisation de ses nombreuses missions ; – une garantie de maintien de la couverture conventionnelle des salariés des entreprises concernées, quelles que soient les restructurations à venir ; – un plan de résorption de la précarité au sein des différentes sociétés de l’audiovisuel public, où des milliers de contrats CDD, cachets ou piges doivent être remplacés d’ici fin 2025 par des postes permanents, à temps plein. Afin de faire entendre ces revendications, les organisations syndicales signataires appellent tous les salariés de France Télévisions à cesser le travail le jeudi 23 mai à 00h01, et ce pour une durée de 48 h, et à rejoindre les rassemblements revendicatifs organisés partout en France. À Paris, les intersyndicales des différentes entreprises de l’audiovisuel public appellent à un rassemblement jeudi 23 mai à 13h30, place Colette, dans le 1er arrondissement, devant le ministère de la Culture. Paris, le mercredi 22 mai 2024 |
PRÉAVIS DE GRÈVE INTERSYNDICAL Audiovisuel public en danger
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PRÉAVIS DE GRÈVE INTERSYNDICALAudiovisuel public
Deux ans après avoir supprimé la contribution à l'audiovisuel public (la CAP, la « redevance »), le gouvernement envisage à nouveau de déstabiliser le secteur public. Il affirme vouloir imposer, en quelques semaines, et sans concertation avec les salariés des entreprises concernées, une restructuration hyper-rapide de l'audiovisuel public pouvant déboucher sur une fusion de plusieurs sociétés (probablement France Télévisions, Radio France et l'INA). Un tel empressement venant d'un pouvoir exécutif qui n'a cessé depuis sept ans de souffler le chaud (les promesses) et le froid (les coupes budgétaires et dans les effectifs) sur les services publics inspire, au minimum, de la méfiance. À France Télévisions, les salariés sont lassés de subir des fusions d'entreprises ou de services. Et les restructurations récentes, notamment celles des rédactions nationales ou de la Fabrique, sont autant de blessures mal cicatrisées voire de plaies ouvertes. Lancées par la direction sur l'air connu de "se regrouper, c'est se renforcer", ces fusions ont été rythmées par des promesses, puis des mensonges, et enfin des suppressions de postes, de services, d'activités, et d'éditions d'information. Ce scénario, nous n'en voulons pas, nous n'en voulons plus ! Au moment où l'audiovisuel public joue pleinement son rôle face à des médias privés contrôlés par une poignée de milliardaires, pourquoi l'engager dans une fusion qui s'annonce longue, c9mplexe, anxiogène pour les salariés, et sans réel objectif éditorial? L'urgence est plutôt à la lutte contre la désinformation, au développement de l'offre numérique et des programmes pour la jeunesse. Et si une loi nous semble indispensable, c'est plutôt celle qui doit garantir l'indépendance et des moyens du service public, via un finàncement solide et adapté. L'urgence est aussi à un "new deal" social dans nos entreprises, gangrénées depuis des années par une précarité injustifiable qui touche des milliers de collègues, en partlculier les plus jeunes. Notre pays a besoin d'un audiovisuel public renforcé, indépendant et multiple ! Se regrouper, ce n'est pas toujours se renforcer: on ne fusionne pas les équipes de France de football et de rugby. Les organisations syndicales signataires exigent donc :
Afin de faire entendre ces revendications, les organisations syndicales signataires appellent tous les salariés de France Télévisions à oèsser le travail le jeudi 23 mai à 00h01, et ce pour une durée de 48h. Paris, le mercredi 15 mai 2024
Pour la CFDT : Yvonne ROEHRIG, DSC Pour la CGT : Pierre MOUCHEL, DSC Pour FO : Bertrand CHAPEAU, DSC Pour le SNJ : Antoine CHUZEVILLE, DSC Pour la direction : |
Liminaire CGT du CSE central d’avril 2024
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Liminaire CGTdu CSE central d’avril 2024 |
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L’avenir de l’audiovisuel public est toujours aussi incertain. Des réformes de structure se trament dans l’ombre, les déclarations politiques se succèdent mais qui se soucie réellement des salariés de nos entreprises ? La ministre de la Culture souhaite s’appuyer sur un volet de la proposition de loi Lafon adoptée au Sénat en 2023, en l’occurrence ce qui concerne la gouvernance au travers d’une holding. Mais le sénateur UDI, auteur de cette proposition ne l’entend pas ainsi. Quelle sera l’issue des débats à l’Assemblée Nationale ? Le gouvernement a-t-il vraiment la main sur le sujet ? Aura-t-il les moyens d’imposer ses vues ? L’adoption d’amendements divers et variés dont ceux des lobbies du privé relayés par certains députés pourrait avoir des conséquences budgétaires très importantes. La CGT a récemment été reçue à la DGMIC, l’administration qui gère le volet médias du ministère de la Culture. Si la perspective d’une holding malgré sa vocation principale qui est, avec l’unité de direction, le contrôle capitalistique et financier de ses filiales, n’est pas forcément incompatible avec l’objectif d’un audiovisuel public fort, rassemblé et puissant, nous doutons de la capacité du ministère de la Culture à peser réellement sur ce dossier sensible face à Bercy. Car au-delà de l’aspect organisationnel, la question du mode de financement n’est pas réglée et celle de la trajectoire budgétaire pluriannuelle, pourtant actée à l’automne, semble désormais hypothétique. Elle a d’ailleurs déjà été remise en cause, dès cette année par le ministère des finances qui nous a imposé un gel budgétaire de 13 M€. Et on ne parle pas de la nécessaire – mais difficile – étape de la modification de la loi de finance organique, seule à même d’autoriser la pérennisation du financement de l’audiovisuel public sur une fraction de la TVA. Ce serait pourtant à date, en l’absence de redevance, notre seule garantie contre les velléités de gels budgétaires infra-annuels et contre les incertitudes du débat annuel sur la loi de finances. C’est dans ce contexte à hauts risques que nous abordons les orientations stratégiques de l’entreprise après des mois de tergiversations. Un exercice a minima, juste pour l’année 2024, alors que nous sommes déjà en avril. Bon nombre de ces orientations ne sont que la poursuite des objectifs précédent. Seront-ils encore d’actualité l’an prochain ? A date et en se basant sur la trajectoire pluriannuelle des ressources, telle qu’elle avait été présentée par l’ancienne ministre de la Culture, la direction envisage de faire des économies considérables, en remettant notamment en cause des dispositions sociales majeures de notre accord collectif. Pour atteindre les 100 M€ d’économies sur la masse salariale évoquées, combien de suppressions de postes seront-elles nécessaires ? Après 12 ans de plan social, l’entreprise peut-elle encore supporter 200 M€ d’économies internes ? La purge au sein de notre entreprise va-t-elle se poursuivre de manière structurelle ? On voit pourtant déjà les effets délétères sur le terrain. Plusieurs antennes du réseau régional sont sommées, dès ce printemps, de serrer la vis pour revenir dans les clous budgétaires. Mais à qui la faute ? On le voit bien depuis 6 mois, les projets ne sont pas financés, le lancement des éditions Ici n’a pu se faire sans les moyens adéquats et au final, c’est la proximité qui en pâtit puisque, restrictions oblige, on va multiplier les JT mutualisés dans plusieurs régions. On est aux antipodes des déclarations publiques et des orientations stratégiques. C’est sur ce terreau instable et dégradé que des rapprochements structurels entre France 3 et France Bleu sont annoncés avec tambours et trompettes et ce, pour dans 5 mois. Le chef de projet désigné pour mener ces chantiers est intervenu en CSE du Réseau France 3. Il a donné l’image d’un homme bien seul à la tâche, évoquant des réflexions à mener et laissant penser que rien de structurant ne pourrait se mettre en place en septembre, dans un calendrier aussi serré. Rien de tel non plus dans les orientations stratégiques de l’entreprise, alors que se murmure une possible disparition des directrices et directeurs régionaux au profit de directions territoriales uniques France 3-France Bleu au périmètre des antennes. Les salariés des régions vont-ils vivre une énième réorganisation ? Depuis 14 ans, le Réseau a été balloté d’une réforme à l’autre : le modèle historique à 13 régions de FR3 a laissé place en 2010 aux 4 pôles de gouvernance pour revenir en 2016 à 13 directions régionales calquées sur le découpage de la réforme Hollande. Va-t-on une nouvelle fois rebalayer tout cela en 2025, laissant des équipes désorientées ? Tout cela alors qu’il faudra dans le même temps économiser des dizaines de millions d’euros : au moins 60 M€ estimés en 2025 qui viendront s’ajouter aux 73 M€ déjà économisés cette année. Plus largement, se dirige-t-on vers une filialisation par domaines d’activités découpés à l’encan qui détruirait notre modèle social ? Pour la CGT, ces objectifs sont intenables. Les salariés ont déjà fait des efforts considérables, la direction le reconnaît elle-même publiquement. Aucun pacte social ne pourra être conclu sur cette base et la direction serait bien inspirée de revoir ses objectifs économiques. Cette trajectoire doit être révisée, elle n’est pas soutenable. Nous n’avons pas les moyens des ambitions affichée. Paris, le 25 avril 2024 |
Déclaration CGT CSE Réseau France 3 20 mai 2026
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La situation est particulièrement préoccupante pour les salariés du Réseau France 3 et l'avenir du service public auquel ils consacrent leur vie professionnelle. Le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public adopté in extremis le 27 avril 2026 ne peut être ignoré dans notre CSE, tant ses recommandations sont brutales et caricaturales, en particulier pour France 3 qu’Alloncle, comme bon nombre d’autres parlementaires, considère comme une charge qu’il faut réduire. Il reprend à son compte le fait de « Fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l'information et de la vie locale, en mutualisant l'immobilier, les fonctions supports et les 650 personnels aux compétences communes identifiés par l’inspection générale des finances. » Rien que ça ! Alors qu’il ne s’agit finalement que de la reprise d’un projet soutenu par la PDG de FTV, celle-ci se réfugie désormais derrière la nécessité d’une loi pour pouvoir opérer cette transformation. De son côté, la CGT a lu attentivement la recommandation n°25 appelant à « réinternaliser un tiers de la production via France TV Studio et pour un autre un tiers de le réserver à des producteurs indépendants relevant du tissu des PME et TPE, avec une priorité donnée aux sociétés établies en régions ». Étrangement, la direction de France Télévisions répond que cela n’est pas possible et que cette proposition méconnaît les modalités de fonctionnement du secteur audiovisuel. Au point où on en est, on imagine que ce serait, là encore, du ressort de la loi. Certes justement, toutes ces recommandations n'ont pas de valeur législative contraignante, mais par leur caractère radical, par le débat public et politique qu’elles génèrent, cela va décomplexer maintes propositions de loi, futures réformes ou arbitrages budgétaires bien plus brutaux que ce que nous avons pu connaître jusqu’ici. Le rapporteur de la commission a d’ailleurs annoncé le dépôt d’une proposition de loi pour le 25 juin, la menace se profile donc à court terme. Le contexte financier aggrave encore la situation de l’entreprise et fragilise son corps social. 140 M€ d’économies en une seule année et comme si cela ne suffisait pas, les perspectives publicitaires sont mauvaises avec un retard estimé à 20 M€ qu’il faudra lui aussi absorber dès cette année. Pour maintenir l'équilibre, les leviers envisagés sont toujours plus radicaux et de moins en moins stratégiques : baisse du coût de grille, hausse des rediffusions, arrêt de certaines émissions, cessions immobilières et nouvelle réduction d'effectifs avec un non-remplacement sur deux. Ce n'est pas une transformation : c'est une addition de renoncements. À la fin de l’année, que restera-t-il de l’activité du réseau régional, dont on observe la paupérisation des grilles et des tranches d’information. Comment continuer à accomplir nos missions alors que depuis deux ans France Télévisions navigue à vue, sans Contrat d'Objectifs et de Moyens conclu avec l’État ? L'absence de COM n'est pas un détail : c'est une absence de cap pluriannuel, d’engagement de financement sur la durée, qui expose les salariés à des arbitrages permanents et imprévisibles. Dans ce contexte défavorable, dans le réseau régional, l’expérimentation sur la chaîne de fabrication de vidéos pour les plateformes numériques suit son cours. Une réunion bilan est prévue le 27 mai. C’est bientôt, et nous avons des doutes sur la qualité de ce que la direction sera en mesure de nous présenter. Cette expérimentation a été conduite dans des conditions objectivement dégradées : perturbée par les élections municipales, freinée par des formations dont la durée insuffisante a été reconnue par la direction elle-même et handicapée par un déploiement matériel encore incomplet. De plus, la plupart des monteurs et des OPS n'ont pas pu y participer dans plusieurs antennes. Les directions locales ont-elles corrigé le tir ? La charge de travail supplémentaire absorbée par les rédacteurs en chef adjoints au numérique et les chargés d’édition numérique n'a pas fait l'objet à ce jour d'une évaluation documentée, et les DUERP (Documents Uniques d’Évaluation des Risques Professionnels) présentés étaient de notre point de vue encore incomplets. Nous n’attendons pas un bilan de façade destiné à valider une extension déjà décidée dans la tête de nos dirigeants, mais un état des lieux honnête, objectivé et circonstancié. Nous serons particulièrement attentifs à la capacité de la direction à proposer une organisation cible structurée, cohérente, soutenable et déclinable de manière homogène d'une antenne à l'autre. Pas juste une juxtaposition d'organisations bricolées localement par des équipes en recherche d’économies et livrées à elles-mêmes, mais une ligne éditoriale claire respectant les principes professionnels, un volume d'activité précis et une architecture de workflow définie au niveau du réseau. Les postes actuellement gelés doivent pouvoir être mis à profit pour ce projet si « streaming first » a un sens dans le réseau régional. Ensuite, quelle sera la place des monteurs dans le projet ? Ils ont été les grands absents de cette première phase dans plusieurs antennes. Leur expertise et leur rôle dans la qualité éditoriale ne peuvent pas être marginalisés au profit d'une logique de débrouillardise numérique. Toute extension qui ne répondrait pas clairement à cette question sera inacceptable. La CGT a alerté la direction à plusieurs reprises suite aux annonces d’une bascule du numérique régional sur la plateforme ICI au 15 septembre 2026. Interpelée en CSE Central, la Présidente de France Télévisions a concédé qu’effectivement cela ne serait pas sans impact sur les personnels et qu’une consultation des instances était nécessaire. Évidemment cela devra être assorti d’un projet. Et ce dernier ne pourra pas faire l’impasse sur la régression que cette bascule pourrait entraîner, sur nos audiences numériques, sur la qualité de nos outils mais surtout sur notre ligne éditoriale et sur les conditions de travail des salariés concernés. Il est grand temps que la direction arrête de sauter dans le vide sans harnais et qu’elle se donne les moyens de sécuriser l’avenir du réseau régional et de ses salariés. Paris, le 20 mai 2026
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Déclaration CGT CSE Réseau France 3 22 avril 2026
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Nous sommes en avril 2026 et nous ne connaissons toujours pas la répartition des économies d’ETP dans le réseau régional pour l’année en cours. La direction a été condamnée en justice l’année dernière à ce sujet. Dans la plupart des antennes régionales des postes sont gelés, depuis des mois voire des années alors que les besoins sont criants. Le central n’est pas en reste, nous sommes toujours en attente des prévisions de l’emploi pour 2026, 2027 et 2028, engagement pris par la Présidente. A quoi joue la direction ? Devons-nous saisir à nouveau le juge pour faire respecter nos prérogatives ? Ces emplois potentiels pourraient être très utiles pour renforcer le numérique où la demande est croissante avec certains personnels au bord de la rupture. Une fois de plus nous rappelons que la direction est responsable de l’état de santé des salarié·es dans l’exécution de leur travail. Cette situation pénalise l’expérimentation vidéos numériques en cours dans certaines régions du réseau régional. Le moins que l‘on puisse dire c’est que le bilan est très loin d’être positif à ce stade. Les monteurs sont globalement exclus de l’expérimentation et le vivent très mal, hormis à Montpellier où ils ont été associés. Beaucoup de CEN et RCA sont en surmenage. Que fait la direction de la prévention ? Où sont les renforts ? Il faut que la direction se rende compte de la dégradation des conditions de travail pour ces personnels. Il faut avoir les moyens de ses ambitions et sécuriser avec une bosse d’ETP toute expérimentation. Nous manquons par ailleurs de recul, certaines régions concernées ayant à peine commencé à produire après avoir sélectionné puis formé les salarié·es volontaires. Il y a nécessité à prolonger la démarche, pour pouvoir établir un bilan sérieux et envisager la suite. Mais quelle suite ? La direction doit être consciente que si aucun accord n’est trouvé d’ici fin avril, les choses s’arrêteront-là. Car sans avenant à l’accord collectif, sans avenant à l’accord UTS, pas d’évolution des pratiques professionnelles. Et arrêt total des pratiques dérogatoires sur tout le réseau régional. La direction veut-elle vraiment en arriver à cette extrémité ? Nous l’assumerons, même si nous devons endurer une stigmatisation de plus de soi-disant opposant aux changements. Par ailleurs, si d’un côté la direction en appelle à la bonne volonté des syndicats sur le numérique, dans le même temps, elle multiplie les entraves contre les élus, dans le réseau régional (contestation des 7 membres de la CSSCT, refus de la présence des élus santé suppléants en séance) et au niveau de la direction du dialogue social (sur les crédits d’heures des élus et du bureau du CSEC). Nous faisons face également à une attitude déplorable de la direction de France Télévisions dans la négociation de l’accord collectif sur les indemnités de licenciement qui ne cherche qu’à raboter les droits de salarié·es. Il est temps que la direction nous donne des gages, faute de quoi nous ne pourrons négocier quoi que ce soit et il faudra attendre l’expiration du délai de survie de l’accord collectif en mai 2028 pour toute évolution des pratiques professionnelles. Autre sujet de divergences et de tensions : le traitement du harcèlement sexuel et des agissements sexistes dans le réseau régional. Nous tenons à rappeler ici la position exprimée par la Présidente de France Télévisions devant la commission d’enquête sur l’Audiovisuel Public : tolérance zéro ! Il serait temps que cela devienne une réalité sur le terrain, quelles que soient les compétences – et surtout le niveau hiérarchique – des personnes mises en cause. Cela n’est pas négociable. La CGT restera totalement mobilisée contre ces choix politiques de la direction. Si cette dernière persiste dans cette voie, cela aboutira à une dégradation préjudiciable du climat social et à un coup d’arrêt aux évolutions voulues par nos dirigeants.
Paris, le 22 avril 2026
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Compte rendu du CSE du réseau France 3 de février et mars 2026
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Bras de fer et suspensions de séances, un début d’année musclé !
La réunion de février a bien failli ne pas se tenir, la direction refusant la présence d’un élu du CSE qu’elle considérait en surnombre. Il faut dire que depuis quelques mois, sur les injonctions de la mal nommée Direction du Dialogue Social (DDS), tout ce qui touche aux droits des élus et aux usages en vigueur depuis 2018 est remis en cause, sans aucune discussion. Face aux élus déterminés à ne rien lâcher, la direction a remballé son pistolet à eau. Mettre à mal le droit et mépriser les représentants des salariés est une stratégie qui ne peut mener qu’au désordre social. Et dans le contexte de renégociation de l’accord collectif, on se demande bien à quoi pense cette direction. Quant au CSE de mars, il s’est déroulé dans l’entre-deux tours des Municipales, en pleine crise sociale chez nos collègues de France 3 Paris Ile de France, maltraités par une direction centrale qui n’a aucun égard vis-à-vis des salariés du réseau France 3 (lire notre liminaire). Pour marquer leur solidarité et affirmer leur soutien, les élus du CSE ont suspendu la séance, le temps de rejoindre leurs collègues en Assemblée générale. Une délégation d’élus du CSE s’est ensuite rendue au Centre de diffusion et des échanges (CDE) pour vérifier les conditions de travail dans lesquelles les journalistes de PIDF sont censés présenter leurs JT durant les trois prochains mois, dans un contexte de réorganisation des plateaux et régies du Siège. À l’autre bout du bâtiment, à deux étages de distance des bureaux de PIDF, dans un bunker ultra sécurisé, on découvre un plateau de secours, aménagé pour assurer une continuité d’activité en cas de grève notamment : douze mètres carrés au sol, une hauteur de plafond qui ne permet pas d’être filmé debout, un espace si réduit que deux invités se touchent des épaules. Ce cagibi est la goutte de trop pour un collectif déjà très éprouvé depuis son transfert de Vanves au Siège. Le directeur du réseau France 3, qui a profité de la visite pour découvrir ce qui aurait dû éveiller son attention plus tôt, ne semblait pas avoir pris la mesure du problème jusque-là, considérant la veille encore que « certains salariés travaillent bien dans des Algeco pendant plusieurs mois ». Seule la DRH de France 3 a tenu à s’excuser auprès du collectif de PIDF venu se joindre plus tard à notre CSE de ne pas avoir pu agir suffisamment en amont pour l’accompagner dans ce projet. On comprend entre les lignes qu’elle a été négligemment mise à l’écart de ce projet par la direction centrale.
Externalisation du maquillage dans le réseau France 3 : un dumping social totalement décomplexé
La direction du réseau confirme et assume le choix de recourir à des prestataires extérieurs pour le maquillage, au lieu d’embaucher directement des maquilleuses en CDD ou CDI. Il faut bien « faire des économies partout où c’est possible », c’est son leitmotiv, qu’elle répète à l’envi, sans sourciller. Pour rappel, l’été dernier, deux appels d’offres ont été lancés, l’un sur les prestations de maquillage, l’autre sur les produits utilisés par les maquilleuses de France 3. En guise de document, les élus ont eu droit à un tableau caviardé, sans détails ni explications. Ce n’est pas la première fois qu’un point sur le maquillage est mis à l’ordre du jour du CSE tant il fait débat, mais cette fois, entre l’indigence du document et les réponses du Directeur de l’exploitation et des moyens du réseau France 3, un nouveau pas est franchi. Le mépris est total envers cette profession indispensable dans nos antennes et qui touche presque exclusivement des femmes à bas revenus. Que les restrictions budgétaires se fassent sur le dos des salariées – que l’on va davantage précariser en les jetant dans les griffes de prestataires voyous – ce n’est pas son problème, du moment que « c’est dans les clous juridiquement ». La direction n’ignore pas que la patronne d’Unichord, société dont les statuts ont été modifiés juste avant la date limite de l’appel d’offres pour y intégrer la prestation de maquillage, n’est autre que la femme du patron de la fameuse société Métamorphose, prestataire pour France 3 actuellement en dépôt de bilan et connu de longue date pour s’engraisser sur le dos de ses CDD. Mais puisque le service des achats et le service juridique de FTV ont validé, ne nous embarrassons pas d’une quelconque considération morale…
« HUB Info ICI Régions » à Lyon, le coup de grâce pour la rédaction nationale de France 3
Dernière trouvaille qui fait suite au funeste projet Tempo, la création d’un « hub » d’information régionale à Lyon (Vaise), intégrant les missions d’IV3 et du service des éditions ICI (info nationale à destination des régions) en supprimant ces deux entités distinctes. L’idée, selon la direction, est de fluidifier les échanges entre les éditions nationales et régionales, dans les deux sens. En réalité il s’agit surtout de permettre à France 2 et à Franceinfo de se servir plus facilement dans les contenus tournés en région. Passons sur le document transmis aux élus pour étudier le sujet, pur bullshit, truffé de fautes. Il y est question de « convergence éditoriale », « amélioration de la circulation des contenus », « mutualisation des expertises », « renforcement de la visibilité des productions issues des territoires… ». Une fois le vernis gratté, on passe aux questions gênantes : pourquoi les sujets de France Info sont diffusés sur nos antennes alors qu’ils sont fabriqués de manière dérogatoire à l’accord collectif, par des deskeurs-monteurs et ne devraient être diffusés que sur France Info ? Antoine Armand, Directeur adjoint de l’information des régions, renvoie au choix de l’ex-directeur de l’information Alexandre Kara. Fermez le ban. Quant aux bobines secours fabriquées quotidiennement à Vaise, il reconnait que c’est une manière de répondre à « un problème technique, un problème social ou un problème d’émetteur » … Autrement dit, un moyen de contourner un mouvement de grève. Les choses sont dites. Les élus du CSE de France 3 n’apprendront finalement pas grand-chose sur les conditions dans lesquelles les collègues de Vaise travaillent actuellement pour fabriquer les sujets que nous diffusons. Leurs représentants, les élus du CSE du Siège, ont été consultés en automne dernier sur ce projet de réorganisation et ont voté un avis négatif, s’appuyant sur le rapport de l’expert qui pointe l’impossibilité pour les salariés de se projeter dans leurs futures missions. On ne sait pas qui va faire quoi, avec quels moyens, selon quelle répartition du travail, pour quels types de production, avec quels investissements, dans quel rythme de travail et selon quel calendrier précis de déploiement… Considérant le risque de ces conditions de travail sur la qualité de fabrication et par effet domino sur les salariés du réseau France 3, les élus du CSE du réseau ont adopté une résolution demandant qu’une information-consultation soit initiée au niveau du CSE Central. Au final, on n’a toujours pas compris en quoi ce projet permettait d’améliorer et de fluidifier quoi que ce soit. Cela semble même plutôt être le contraire.
Risques Graves : le jeu de massacre s’arrêtera-t-il un jour ?
Le rapport d’expertise concernant un risque grave sur l’unité d’organisation (UO) de Nantes met notamment en lumière des facteurs d’organisation propres à l’antenne de Nantes, mais également des problèmes à l’échelle du Réseau. L’UO des Pays de la Loire enregistre un absentéisme important, des remplacements partiels qui ont occasionné des transferts de charge de travail, des périodes de vacances du poste d’organisateur d’activité, des absences non remplacées d’une chargée de gestion administrative ayant un mandat de représentante du personnel… Sur ce point, la DRH du Réseau reconnaît que pour quelqu’un qui a un mandat et qui est issu de la filière administrative « c’est effectivement compliqué aujourd’hui. Il faut essayer de trouver des solutions. On essaiera de creuser ce point, mais on a besoin de temps. En tout cas, on sera obligé de revenir vers vous." Le rapport de l’expert soulève également la question de la reconnaissance, notamment financière, des assistantes les plus anciennes qui ont assuré la continuité du service. Cette absence de reconnaissance serait en cause dans les tensions existantes. La direction a dans un premier temps refusé de passer les salarié.es en 5S dans le cadre du plan d’action, précisant que « la reconnaissance peut aussi passer par des félicitations ». Les élus ont pointé que dans 21 antennes sur 23, des salarié.e.s des UO sont en 5S, alors que ce n’est pas le cas en Pays de la Loire, ce qui pourrait s’apparenter à une discrimination. La direction de l’antenne de Nantes est favorable à la médiation préconisée par l’expertise. Elle reconnaît également que le problème est d’abord organisationnel et ne se limite pas à un conflit interpersonnel.
L’antenne d’Auvergne vit depuis plusieurs années avec le poids d’une enquête sur des faits de sexisme, de harcèlement moral et sexuel diligentée par la direction suite à plusieurs témoignages de salariées. Le choix de faire appel à un cabinet d’avocats plutôt que déclencher une enquête paritaire a provoqué plus de troubles qu’il n’a permis de protéger les salariées. À commencer par un changement de cabinet d’avocats décidé par la direction au bout de quelques semaines pour des raisons inconnues, sans prévenir les victimes qui avaient pour la plupart déjà témoigné auprès du premier cabinet. Durant tout le temps de la procédure qui a duré 9 mois, ni les victimes, ni les représentants du personnel, ni les référentes harcèlement de l’entreprise n’ont reçu d’informations sur l’avancée de l’enquête. Et aucun accompagnement, aucune protection n’ont été proposés aux victimes qui sont restées tout ce temps en situation de subordination avec leurs agresseurs présumés. D’autres faits graves durant cette période et jusqu’à aujourd’hui montrent tous les signes d’une défaillance managériale au sein de cette station. Les élus ont donc voté à l’unanimité une résolution pour mandater un cabinet d’expert qui aura pour mission d’établir un diagnostic complet des situations de travail à France 3 Auvergne, surtout en ce qui concerne les femmes.
Les représentants de proximité Francs-Comtois ont alerté les élus du CSE sur la dégradation constante de situations de travail au sein de l’encadrement technique, caractérisée par la multiplication d’arrêts maladie. Malgré la mise en place d’une enquête paritaire à la suite d’un premier accident du travail survenu en début 2024, la situation a continué de se dégrader jusqu’à aujourd’hui, touchant plus largement le collectif avec de nouveaux arrêts de travail et des aménagements de postes. L’inspecteur du travail a été saisi à plusieurs reprises par les représentants du personnel de l’antenne. Dans son dernier courrier de février 2026, l’inspecteur constate l’existence d’un risque grave, et identifie 3 facteurs de risques psychosociaux. Il invite par conséquent les représentants de proximité à saisir le CSE pour demander le recours à un expert. Constatant l’incapacité de la direction à réguler la situation au sein de ce collectif, les élus du CSE ont décidé de mandater un cabinet d’expert afin de faire un état des lieux de ces situations de travail, d’identifier les facteurs de risques et de les aider à formuler des propositions d’amélioration des conditions de travail, de prévention et de sécurité.
Matinales filmées, le dernier souffle ?
France Télévisions a décidé de réduire drastiquement le financement qu’elle attribue à Radio France pour produire le signal des matinales filmées. Un coup de rabot de 2 M€ par an, sur les 9 M€ précédemment budgétés. En réaction, Radio France a décidé d’arrêter le recours à la cinquantaine d’éditeurs visuels qui mettent en images ces matinales dans tout le réseau. Tous sont journalistes et travaillent sous contrat à durée déterminée d’usage (CDDU), pour le prestataire EdenPress. Notons au passage que ce type de contrat est illégal pour embaucher un journaliste, mais nos directions ne s’en sont jamais vraiment soucié. Pour protester contre la mise au chômage programmée de leurs collègues, les salariés de la radio ont décidé de retirer leur droit à l’image. Depuis plusieurs semaines c’est donc un carton « Ici » qui apparait sur nombre de nos antennes pendant deux heures et demie… L’avenir des Matinales est-il en péril ? Pas du tout, à en croire le Directeur du réseau France 3 : « le déploiement va d’ailleurs se poursuivre jusqu’à son terme ». Il reste Nîmes, Metz et Clermont-Ferrand pour arriver à la totalité des 44 stations locales d’Ici-ex France Bleu. Mais comment faire sans éditeur visuel ? Qui va mettre en image ? « Radio-France s’est engagée à fournir un signal en septembre avec ses propres moyens », assure Xavier Riboulet, directeur du rapprochement France 3 - France Bleu. Comment ? Avec quels moyens ? Aucune réponse à cette heure. Mais qu’on se rassure, « malgré la baisse de financement, la durée des Matinales passera de 2h30 à 3h, sur 42 semaines au lieu de 36, et sera de meilleure qualité ! ». S’il réussit cette équation impossible, Monsieur Riboulet a un grand avenir au Ministère des Finances… À moins d’un miracle, on ne voit pas non plus comment l’augmentation de la durée de la tranche combinée à une telle réduction de moyens pourrait redonner de l’intérêt à ces émissions et faire remonter leurs audiences moribondes. Même devant l’évidence (67.000 spectateurs en moyenne sur tout le territoire et un temps moyen d’attention de 14 minutes sur 2h30), la direction ne veut pas reconnaitre qu’elle fait fausse route. À l’heure des économies à tout va, on se demande bien pourquoi elle met autant de vigueur et de zèle à poursuivre ce rapprochement funeste avec la radio. Plus globalement, comme si de rien n’était et au plus grand mépris de notre identité, elle force les équipes de France 3 à habiller leurs micros de bonnettes bleu ciel et d’avancer un peu plus dans l’effacement de notre nom historique. Comment peut-on être autant à contre-courant alors que le projet de Holding est arrêté ?
Couverture des Municipales
Cette présentation un peu tardive du dispositif, faite entre les 2 tours, se transforme en un auto-satisfecit du directeur du Réseau et de ses invités, Delphine Vialanet (Directrice déléguée des programmes de proximité, du numérique et des antennes locales), Michel Dumoret (Directeur de l’information des régions) et Stéphanie Lafuente (Rédactrice en chef à la direction de l’info des régions). Quelques chiffres : La direction recense une centaine de débats sur le linéaire avant le 1er tour, en précisant que chaque antenne avait la liberté d’en choisir la durée. Côté audiences, ces débats ont regroupé entre 500 000 et 600 000 téléspectateurs en moyenne nationale, un bon résultat selon la direction. La soirée consacrée aux résultats du 1er tour a enregistré 2,7 millions de téléspectateurs pour 15,3 % de PDA (part d’audience), avec une forte affluence sur la première tranche et une forte baisse sur la dernière. C’est un peu mieux qu’en 2020 (2,4 millions), en pleine période de crise sanitaire du Covid, mais moins bien qu’en 2014 (3,5 millions). Sur le numérique, cette même soirée de résultats a enregistré 7,7 millions de pages vues sur l’application ICI, avec un pic à 21h30. Par ailleurs, durant toute la campagne, le numérique et les réseaux sociaux ont permis de diffuser de nombreux entretiens politiques et d’extraits d’entretiens. La direction du Réseau regrette l’absence de soirée électorale sur PIDF et pour cause, on en parlait plus haut, les salariés sont en grève depuis 3 semaines car la direction leur a imposé la réalisation de leurs JT dans des conditions très dégradées sur un plateau secours au CDE pendant trois mois. Enfin, Michel Dumoret dénonce le manque d’égards de France 2 vis-à-vis des antennes régionales, regrettant que la chaine phare n’annonce jamais le dispositif des soirées électorales du réseau France 3. Le Directeur de l’info des régions semble découvrir le nombrilisme des présentateurs du 13h et du 20h de France 2 et souhaite que l'autopromotion fonctionne dans les deux sens.
Formation : budgets en baisse
La commission Emploi Formation a étudié et questionné la direction sur le Plan de développement des compétences à l’occasion d’une réunion qui s’est tenue fin janvier. Dans les grandes lignes, on note que le budget consacré à la formation n’échappe pas aux coupes, avec une baisse de 7% pour le réseau en 2026. Cela se traduit par une baisse de 28% des actions de formation, mais on ne sait pas vraiment quels métiers seront réellement impactés. Les élus regrettent que France Télévisions qui est en transformation permanente ne soit pas plus proactive sur la formation de ses salariés, compte tenu de la moyenne d’âge et des enjeux sur les pratiques, les outils et la santé notamment.
Retour sur le compte rendu de la Commission Nouvelles Technologies de février
C’est un « avant-projet » qui est présenté aux élus, bien pratique pour éviter d’info-consulter trop tôt le CSE et d’anticiper les impacts de cette mutation technologique sur l’organisation et les conditions de travail, l’emploi et la santé. Car il ne s’agit pas d’une simple évolution mais bien d’une modification majeure de nos procédés de fabrication, qui repose sur l’utilisation de la technologie IP (réseau internet) et l’hébergement centralisé des médias dans des Data Center. Ce bond technologique va changer la nature même des régies qui, outre leur automatisation intégrée, deviendront des pupitres de contrôle, pilotables à distance, interconnectés et gérant des flux audio et vidéo dont les médias d’origine seront stockés physiquement à des centaines de kilomètres du lieu de fabrication. Qui va contrôler et s’occuper de la maintenance des serveurs ? Comment garantir notre souveraineté sur ces données sensibles ? Comment va-t-on mutualiser les régies et surtout dans quel objectif ? Ces questions ont l’air d’échapper à Michaël Friederich, le directeur de l’Exploitation et des Moyens du réseau France 3. Tous ces sujets font pourtant partie intégrante du programme Cap Editions concocté par la Direction de la Performance Opérationnelle (DPO), « un programme global d’évolution des modes de production des éditions d’information à l’horizon 2030 ». Les élus demandent à la direction que leur soit présenté ce programme lors d’une prochaine réunion du CSE. La direction nous assure qu’une info-consultation aura lieu sur le périmètre de France 3, avant le déploiement de ces nouvelles COSMA qui est prévu entre 2027 et 2031. En attendant, Marseille a été choisi comme « site de qualification », à l’image de Strasbourg pour les régies MOSAR.
Les membres de la commission avaient demandé un point sur le nombre de fonds verts dans le réseau France 3. Bilan, on compte actuellement 5 studios 3D (Aximmetry) et 9 studios 2D (Ultimate HD). La 2D Ultimate est la solution la plus simple et la moins coûteuse, avec des mouvements de caméra limités. La 3D Aximmetry permet de suivre des mouvements de caméra, une technique plus avancée mais plus coûteuse. La direction précise que la stratégie ne consiste pas à installer ces outils partout, c’est le projet éditorial des antennes qui détermine le besoin. Un budget d’environ 100 000 euros par an est prévu pour ces déploiements.
24 sites sont désormais équipés en drones, avec 40 télépilotes et 35 drones en activité. Une nouvelle législation applicable depuis janvier 2026 a contraint les télépilotes à repasser leur licence. La direction refuse toujours la prise en charge des frais afférents. On apprend en séance que l’archivage de toutes ces belles images va enfin être possible via Imédia.
Une réduction de 10% des investissements est prévue, mais le maintien des conditions opérationnelles (MCO) est préservé pour assurer la continuité des activités, selon la direction.
Paris, le 2 avril 2026
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Déclaration du CSE du Réseau France 3 du 18 mars 2026 - ICI, c’est au Siège. ICI, on maltraite.
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La régionalisation, ou ce qu’il en reste, vient de subir de nouveaux mauvais coups à cause de la centralisation. Tous les EDR (Enquêtes de région) de mars sont restés invisibles. La programmation automatique des treize diffusions devait être assurée par le CDE, qui centralise tout au Siège. Mais rien n’est parti, à cause d’une erreur d’encodage des décrochages. Et tous ceux qui ont découvert, en direct, dès la première minute, qu’il y avait un problème, n’avaient que leurs yeux pour pleurer. Il était alors impossible de rectifier en direct. Et à l’heure actuelle, ces EDR n’ont toujours pas été diffusés à leur horaire normal. Tant pis pour ceux qui collaient à l’actualité des Municipales. Et une nouvelle erreur de codage s’est reproduite lundi 16 mars au CDE pour le 12/13, avec pour conséquence la non-diffusion de certains JT régionaux par les box. Au lendemain du 1er tour, c’est ballot. Ne pas diffuser, c’est maltraiter. Centralisation toujours, et mauvais coup encore ! L’antenne régionale de Paris Ile-de-France n’en finit plus d’accumuler les mauvais coups. Après le déménagement forcé au Siège, après la réorganisation forcée dans le cadre de Campus, voilà l’expulsion du Studio D. Et la proposition d’occuper le mini-studio de 12 m² du fameux CDE ajoute une couche à la maltraitance infligée à nos collègues. Ils se sont d’ailleurs tous mis en grève pour refuser cette petite mort, quitte à supprimer la soirée électorale du 1er tour. En réponse, la direction ne s’est pas gênée pour diffuser franceinfo, sans aucune explication sur la grève donnée aux téléspectateurs. Invisibiliser, c’est maltraiter. La couverture des Municipales a permis de montrer que France Télévisions et Radio France refusent de se coordonner nationalement. Quelle bonne nouvelle ! Dans plusieurs régions, les collègues de la radio ont préféré s’associer à des médias privés pour leurs débats, quitte à refuser les propositions de partenariats avec France 3. Eux ont rapidement assimilé que la holding ne se fera pas. Pour eux, « Ici », c’est chacun pour soi, et chacun chez soi. Dommage que la direction du Réseau n’ait pas compris qu’il faut arrêter avec « Ici ». Elle vient de déployer tous azimuts les bonnettes bleu ciel utilisées par la radio, pour dénaturer encore plus notre antenne, en supprimant les derniers « 3 » de nos écrans. Débaptiser, c’est maltraiter. Pour finir, revenons sur la réunion qui devait fluidifier les relations sociales entre élus et direction. Cette dernière avait oublié son bidon d’huile, mais pas son sac de sable. En clair, les tensions et les chicaneries vont donc continuer à obstruer le travail des élus. Entraver, c’est maltraiter. Et cela doit cesser.
Paris, le 18 mars 2026
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Déclaration au CSE du réseau France 3 de février 2026
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Monsieur le Président, lors de la 1ère réunion de ce nouveau mandat de CSE, le 9 décembre dernier, vous avez insisté sur la nécessité que les élus et la direction puissent « travailler dans une certaine confiance » car c’est selon vous « le cœur même du dialogue social ». Lors de la réunion de janvier, vous avez appelé de vos vœux que « nous puissions travailler dans la plus grande sérénité possible et surtout dans le respect des uns et des autres » afin d’« essayer de faire avancer les choses de manière positive ». Derrière ce discours d’intention, la réalité est malheureusement assez différente. Depuis plusieurs semaines, les élus à tous les niveaux font l’objet d’une forme de harcèlement administratif et d’un serrage de vis. Restrictions sur les crédits d’heures, réinterprétation unilatérale des accords et des usages remis en cause au mépris de toutes les règles. Ces agissements de la direction, au local comme au national, mobilisent inutilement l’énergie des RP, des élus du CSE, des délégués syndicaux, ils crispent d’emblée le dialogue social et sapent la confiance. Ils donnent le sentiment que la direction veut surtout faire des économies sur ce qu’elle appelle le dialogue social… Si la direction s’engage dans ces attaques tatillonnes, sachez que nous en aurons autant à son endroit. Cela ne ressemble pas aux ingrédients d’un dialogue serein et la CGT n’entend pas laisser faire. Vu l’importance des sujets qui nous attendent dans les mois à venir, France Télévisions a tout intérêt à pouvoir s’appuyer sur des élus efficaces et opérationnels. Faute de ces amortisseurs sociaux, elle prendra de plein fouet la réalité de la dégradation de l’état des salariés de cette entreprise et, compte-tenu du fait qu’elle aura été prévenue à maintes reprises par les élus du personnel et les organisations syndicales, c’est la responsabilité pénale de toute la chaine hiérarchique qui pourrait être engagée.
Paris, le 18 février 2026
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Compte rendu du CSE réseau France 3 de janvier 2026
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Le CSE en bref
Bilan social 2024
Chaque année les élus d’une entreprise de taille importante sont censés donner un avis sur la politique sociale de l’employeur qui se décline en plusieurs thèmes. Le bilan social en est un des éléments. Il représente une photographie assez large des principales données sur la formation, l’absentéisme, l’emploi, la santé, etc. Le problème à France Télévisions, c’est qu’il est fourni aux élus avec un an de retard et des indicateurs obsolètes.
Absentéisme : Après une nette amélioration en 2023, le taux d'absentéisme repart à la hausse, il progresse de 0.6 point chez les PTA et de 0.5 point chez les journalistes. L’année 2024 se distingue également par une forte augmentation des jours d’absence liés aux accidents du travail et de trajet, une évolution particulièrement préoccupante au sein des journalistes (+59 %)
Emploi : Alors que 2023 avait été marquée par une hausse globale des effectifs totaux (+3 %) et une progression notable du nombre de non-permanents au sein du Réseau France 3 (+29.5 %), l'année 2024 se traduit déjà par une baisse et un fort recul des non permanents (-25,6%), au plus bas niveau depuis 2019. Malgré la RCC (rupture conventionnelle collective) et les recrutements de salariés de moins de 30 ans ces dernières années, la tendance reste au vieillissement de la population : 38 % des salariés ont désormais 55 ans et plus, contre 33 % en 2019.
DUERP 2025
Les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP) sont aussi des documents essentiels de la politique sociale d’une entreprise. Ils sont, eux, dédiés à la prévention des risques tout comme le Papripact (Programme annuel des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail), qui est censé, après l’évaluation des risques, planifier des actions pour les supprimer ou les limiter. Le souci à France 3, c’est que les directeurs régionaux, responsables de ces documents, les considèrent plus comme des obligations administratives que comme de véritables outils de prévention.
Voir l’avis de vos élus au CSE.
Opération Overdrive, objectif : -1 TEVA, tout ça pour ça…
Après la mort lente des éclairagistes, des opérateurs de prise de vue, c’est le tour des techniciens vidéos. Les élus du CSE ont exprimé de vives inquiétudes sur l’impact humain du déploiement de « l’assistant de fabrication » Overdrive, notamment en termes de charge de travail, de transformation des métiers et de risques psychosociaux (stress, surcharge cognitive, perte de repères). L’expert mandaté par le CSE met en avant deux types de scenarii : Un « scénario haut », visant une transformation maîtrisée : amélioration qualité/quantité, maintien des identités régionales, coopération éditorial/technique. Mais il nécessite un pilotage très rigoureux, un accompagnement humain fort, une adhésion des équipes et un soutien massif de la direction, difficilement compatible avec le contexte budgétaire. Un « scénario bas » reposant sur une exploitation maximale de l’automatisation : standardisation, accélération de la production et réduction significative des effectifs, avec un risque élevé d’uniformisation, d’affaiblissement des identités régionales et de baisse de la qualité éditoriale et technique. Aujourd’hui la technique est au service de l’éditorial, demain ce serait l’inverse ! L’éditorial serait contraint par les possibilités de l’automate. Et l’avenir des TEVA dans tout ça ? Chaque antenne du Réseau a évalué les conséquences du déploiement sur l’emploi. Pour certaines, l’outil pousserait à la porte de nombreux CDD et pour d’autres, les TEVA seraient en surnombre et sans avenir professionnel, comme à Reims où le déploiement est prévu dans 6 mois…
BIP d'Arles : Il est urgent d'attendre...
En novembre dernier la direction du Réseau consultait les élus du CSE sur un projet de réouverture du Bureau de proximité d'Arles, fermé depuis 2019. Le projet consistait à redéployer deux postes de deux rédactions différentes et à transformer Arles en un bureau mutualisé, supervisé par les rédactions de France 3 Provence Alpes et de France 3 Languedoc-Roussillon. Les élus ayant estimé nécessaire d’évaluer les impacts de ce projet, ils ont décidé de recourir à un expert habilité. Refroidie par la décision des élus, la direction du réseau régional a décidé de retirer le projet de la consultation. Principales raisons évoquées ; le coût de l'expertise et la période des Municipales qui n’est pas propice à cette réouverture dans les mois qui viennent. Aujourd'hui, la direction évoque trois options pour ce projet qui est « arrêté mais pas abandonné » :
En attendant, le loyer continue d’être payé pour des locaux inoccupés depuis plus de 5 ans. Affaire à suivre.
Tendances budgétaires
Le conseil d’administration de France Télévisions a adopté un budget à l’équilibre, ce qui implique un objectif de 140 M€ d’économie. Comme c’est le cas régulièrement et dans des proportions considérables depuis la mise en place de ce CSE, le Réseau va participer à cet effort. Les détails et les arbitrages entre les régions ne sont pas encore définitifs. Ils seront présentés à la Commission économie et structure du CSE le 20 mars. En attendant, le directeur du Réseau a évoqué les tendances de ce budget pour l’année 2026. Il annonce 13,7 M€ en moins pour le réseau régional par rapport à l’an dernier et 45 ETP en moins sur les effectifs. Toutes les régions seront touchées, plus ou moins selon leur situation et leur potentiel actuel. Sans craindre la contradiction, Christophe Poullain annonce à la fois une sanctuarisation de l’info et des JT, et une augmentation des mutualisations de ces derniers. Les émissions « Enquêtes de régions » et « Dimanche en politique » seront touchées par ces mesures d’économies, mais les PAE et les retransmissions sportives devraient en être épargnées. Pour les locales, une réflexion est en cours, en relation avec la diffusion en TNT, jugée trop chère par rapport au nombre de téléspectateurs touchés. Le directeur confirme qu’un certain nombre d’émetteurs doivent disparaitre, et seront remplacés par une diffusion satellite, mais pas pour 2026. Pour la CGT, la diffusion par TNT, gratuite, moins polluante, et accessible partout sur le territoire doit perdurer pour la diffusion de France Télévisions. Autre mesure d’économie, l’étalement des congés sera plus surveillé, dans l’objectif de faire baisser le taux de remplacement et donc la masse salariale. Il faudra batailler encore plus pour obtenir le remplacement de postes vacants. La direction compte gratter ailleurs pour trouver l’argent. Elle annonce une diminution des émissions fabriquées en externe, une baisse de deux documentaires par région, une volonté de baisser les coûts de production des matinales radio. Pour rappel, la captation vidéo d’une matinale coûte en moyenne 200.000 € par an à France Télévisions, elle est déjà fabriquée en mode low cost, avec des outils automatisés pilotés par un « éditeur visuel », au statut hybride, sous-traité par Radio-France auprès une boite de prod. Delphine Ernotte aurait voulu supprimer ces diffusions à l’audience infime, mais le gouvernement s’y est opposé. Sur l’emploi, la diminution de 45 ETP se traduira par une baisse des contrats pour les non-permanents et les alternants, et des remplacements de postes vacants plus rares. Pour un Réseau déjà à l’os, cette solution n’est pas viable. Moins on fabriquera, plus France 3 se fragilisera. C’est sans doute le projet inavoué de la grande direction pour notre chaine. Nous le combattrons pied à pied, jour après jour.
Immobilier : Présentation du schéma immobilier du réseau régional
A la surprise générale, la direction a souhaité présenter aux nouveaux élus le schéma immobilier du réseau régional, ce schéma que la direction avait longtemps gardé secret et qui avait fini par être dévoilé en 2024. Quoi de neuf depuis ? Dans l’ensemble pas grand-chose. Un simple rappel de l’état des lieux du patrimoine (état des bâtiments, qualités énergétiques, surfaces, localisation, etc.), des grandes orientations immobilières pour le moyen et le long terme, et une mise à jour de l’avancée des projets (rénovations, reconstructions ou relocalisations). De cette présentation « en toute transparence » aux nouveaux élus, ces derniers retiennent que les décisions sur l’aménagement-type d’une station régionale continuent à être prises en haut lieu, c’est-à-dire sans les salariés ni ceux qui les représentent : de l’environnement de travail calqué sur le modèle de Campus (flex office, bureaux partagés, quartiers d’équipes) à la « restauration alternative » (exit les cantines), à la limitation des dimensions de plateau et du nombre des places de stationnement. Quant aux rapprochements avec Radio France, c’est au point mort. On apprend d’ailleurs au détour d’une phrase que le bail du BIP de Mende où devait s’installer un reporter en résidence (RER) a été résilié. Quid de l’annonce de Delphine Ernotte sur la cession d’un actif parisien et un en région (comprendre : la vente d’immeubles) ? L’actif du Réseau n’est pas encore défini selon le directeur des IMG, qui précise la démarche : il s’agit de « sale and leaseback », un principe de vente et relocation, un simple changement de portage financier sans incidence sur le bâtiment donc sur les salariés (mais qui génère une diminution du patrimoine et une charge de loyer à l’avenir pour l’entreprise). Les sites de Nantes et de Lille sont à l’étude pour voir si on peut en tirer du cash dans l’immédiat. « Sur le long terme ce n’est pas forcément intéressant mais on a besoin de cette plus-value rapidement… » reconnait Olivier Guyon-Sangnier… Paris, le 5 février 2026
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Liminaire CGT au CSE Réseau France 3 du 14 janvier 2026
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Une nouvelle année commence avec comme seule perspective un plan d’économies d’une ampleur inégalée à France Télévisions. Le Réseau régional ne sera pas épargné. La direction a envisagé la suppression des matinales qui consomment une grande partie de la capacité d’investissement dans les programmes du Réseau régional, pour un résultat qui reste pour le moins confidentiel. Mais l’État s’y est opposé. Normal, l’idée vient de lui… Alors il va falloir taper ailleurs. Il y aura toujours plus de JT mutualisés, toujours moins d’ETP, des suppressions d’émissions et aucun budget pour les municipales. Beaucoup prient déjà pour que des élections législatives ne tombent pas en même temps que les municipales, car nous n’aurions tout simplement pas les moyens d’assurer notre mission. La suppression potentielle d’émetteurs de proximité pour faire des économies sur la diffusion pourrait impacter la diffusion de nos éditions locales. Le budget dédié aux documentaires baisserait de 10%, la vente de certains de nos bâtiments régionaux serait à l’étude pour renflouer la trésorerie, ce qui aurait pour conséquences de nous appauvrir et d’accentuer nos charges annuelles via le paiement de loyers. C’est dans ce contexte – le plus grand plan d’économies sur une année de l’histoire de France Télévisions – que la direction a décidé d’accélérer le lancement des projets d’entreprise. Réorganisation des directions Antennes-Programmes et Numérique, réorganisations sans préavis du travail à la Fabrique, lancement de Cap Éditions, un projet de grande envergure visant à alléger les modes de fabrication de l’information à France Télévisions, ce qui inclut notamment l’automatisation des régies dans le Réseau régional (Overdrive). Ajoutons à cela le transfert de la fabrication des sujets nationaux et internationaux pour nos éditions régionales à FTR (Vaise), avec un risque de déstabilisation de la fabrication de nos éditions régionales après le fâcheux précédent vécu avec Tempo en 2023. Les salariés de FTR sont en tout cas très inquiets. Qu’il est loin le temps des ambitions de développement des chaines régionales ! Cerise sur le gâteau de ce mirifique tableau, l’appel d’offre sur le maquillage avec la scandaleuse reconduction de Métamorphose, devenue Unichord après un dépôt de bilan calamiteux, une société qui ne respecte pas l’accord collectif des salariées qu’elle exploite, en particulier sur les niveaux de salaire. Un dumping social inacceptable qui pousse certaines postulantes à contester l’appel d’offre. La CGT dénonce le cynisme de la direction qui n’hésite pas, pour grappiller quelques euros, à encourager ces pratiques délictuelles, à écarter des groupements de salariées intermittentes qui ont eu le courage, pour sauver leur emploi, de tenter l’aventure. Alors que la direction a dénoncé notre accord collectif, dernier repère de stabilité pour les salariés dans l’entreprise, une seule chose est sûre pour 2026 : les salariés vont devoir se battre pour sauver leur peau. La CGT sera à leurs côtés sur tous les fronts pour empêcher le naufrage de notre entreprise. Nous en sommes là, à France Télévisions. Bonne année à toutes et tous...
Paris, le 14 janvier 2026
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CSE réseau France 3 des 15 et 16 octobre
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L’opacité, la marque de fabrique de… la Fabrique A l’occasion de l’examen du bilan de l’emploi à la Fabrique, les élus du CSE ont appris, médusés, au détour d'une question, que l’organisation de la DMF avait été modifiée il y a quelques mois, en catimini, sans la moindre consultation des instances. Ainsi, la direction déléguée à la planification, la performance et la régulation de l’activité (DDPPRA), la colonne vertébrale de la réforme de 2017 aurait disparu le 1er mai. Il s’agit, une nouvelle fois, d’une entrave manifeste aux prérogatives des CSE. Quels ont été les impacts de cette réorganisation sur les salariés, sur leurs conditions de travail et sur l’activité ? Personne ne le sait, aucune analyse et étude n’a été présentée aux élus.
Bilan social : peut (encore et toujours) mieux faire Cette année encore, le bilan social n’est présenté aux élus qu’à l’automne, alors que la loi prévoit que les CSE rendent leur avis avant la fin avril. France Télévisions est encore et toujours hors des clous. En outre, les débats ont révélé que bon nombre de données sont fausses car les chiffres sont lacunaires depuis de nombreuses années, ou n’ont pas été remontés. On est en plein amateurisme. Le CSE central a diligenté une expertise sur la politique sociale de France Télévisions, avec un focus sur le réseau régional. Les élus demandent à bénéficier de la restitution du travail de l’expert avant de rendre leur avis. Ils souhaitent également un focus sur la situation de la Fabrique qui n’apparait nulle part dans le document, écartelée entre le Siège et le Réseau.
Compression des effectifs : le goutte à goutte permanent et sournois Depuis de nombreuses années, la direction supprime les effectifs d’année en année, sans jamais en mesurer les conséquences, en évaluer les impacts sur l’organisation, les conditions de travail, la charge de travail et au final sur l’activité. Alors que la situation est devenue extrêmement tendue dans les antennes, que l’activité s’est appauvrie, les élus ont tapé du poing sur la table et ont saisi au 1er semestre la justice, qui leur a donné raison : France Télévisions a obligation de consulter les instances sur la compression des effectifs. L’experte mandatée par le CSE a relevé l’absence de débat sur la question du travail au sein des antennes, l’absence de politique de gestion des parcours professionnels, l’absence de vision explicitée de l’avenir et de projet organisationnel, le sentiment de dissimulation sur les intentions, largement partagé par de nombreux salariés. Elle estime indispensable de sécuriser les collectifs en leur donnant une vision claire de l’avenir. Là encore ses préconisations sont passées au-dessus d’un directeur du Réseau qui répète que la contrainte des ETP s’impose à la direction. Un peu court.
Situation financière : c’est encore le Réseau qui fait les économies Les années se succèdent et se ressemblent. Cette année encore, c’est le Réseau qui a largement contribué aux économies drastiques imposées à France Télévisions, suite aux coupes de ses financements. A fin juin, le Réseau avait déjà économisé 14 M€, en réduisant l’activité notamment. Cela permet à France Télévisions de complaire à sa malveillante tutelle, en affichant un déficit moins important que prévu.
Santé au travail : triste tableau Bilan annuel des psychologues du travail, bilan des assistantes sociales, bilan des médecins du travail, bilan de l’absentéisme… Tout concorde à dessiner une dégradation globale de la santé psychique des salariés au sein du réseau régional. L’entreprise se montre incapable d’inverser la tendance.
Site internet ici.fr : du flou et des risques C’est désormais présenté comme une issue incontournable : à moyen terme, les contenus régionaux de France 3 seront publiés sur le futur site internet ici.fr. La direction estime que cela devrait aboutir à peu près dans un an, précisant que le plan de gouvernance éditorial reste à construire, les premières réunions démarrant seulement. Entre temps, Radio France devra avoir basculé de l’URL francebleu vers l’URL ici, fin avril 2026, après les municipales. Ce projet est une menace pour l’audience du site franceinfo.fr car les contenus régionaux en représentent 40%. Le basculement de ces contenus provoquera mécaniquement un effondrement vertigineux. Pourquoi prendre un tel risque ? « Avoir un site pour l’info nationale/internationale avec franceinfo d’un côté et un site de la proximité avec Ici de l’autre, c’est pas déconnant » répond Delphine Vialanet, la directrice de la proximité. Pour prévenir cette chute brutale d’audience, la directrice évoque vaseusement l’hypothèse d’une passerelle entre ici et franceinfo ou encore le renforcement des contenus nationaux et internationaux. En attendant l’existence réelle d’un site commun, depuis un an les coordinateurs numériques centraux publient sur le site de francebleu.fr des papiers issus de sujets des locales de France 3. Dix papiers en semaine, 5 le week-end ou les jours fériés, qui sont la retranscription de reportages télé, avec la vidéo d’origine intégrée dans l’article. Depuis le 5 octobre, ce travail est censé être réparti entre les contributeurs web des différentes antennes, mais pour des raisons techniques liées à l’utilisation de logiciels différents entre France 3 (PIC) et Radio France (Atlas) ce n’est toujours pas le cas. Cette initiative pose pas mal de questions en termes de responsabilité éditoriale et légale (on demande à des journalistes de FTV d’aller publier sur le site de France Bleu dont la directrice de publication est Sibyle Veil), en termes de ligne éditoriale, de coordination éditoriale, de droits d’auteurs, de propriété intellectuelle, etc. Là encore, les réponses de Delphine Vialanet, la directrice de la proximité, ont été creuses et approximatives. Elle renvoie à un retour d’expérience qui doit être fait par les équipes impliquées dans les antennes. Une fois encore on met en place des process sans en avoir évalué les impacts. Le logiciel Atlas est peu adapté à la publication de la vidéo mais de toutes façons, la visite des pages web régionales de france 3 montre que la promesse du renforcement de la vidéo sur nos sites n’est pas une réalité. Nos publications, y compris sur les réseaux sociaux, relèvent essentiellement de l’écrit et ne valorisent pas nos savoir-faire en termes d’image animée. Par ailleurs, on n’a pas progressé sur l’identification de la nature des contenus (info/hors info) et de la qualité des producteurs de contenu. France télévisions refuse obstinément d’indiquer si l’auteur est journaliste, éditeur web, travaillant pour la com ou pour les programmes, entretenant une confusion dans l’optique, sans doute, de tout faire faire à tout le monde, au détriment des principes professionnels.
Prudente, Delphine Vialanet ne semble pas pleinement au courant de la situation. Elle évoque simplement les dispositifs à l’œuvre actuellement. La modération globale est confiée à un sous-traitant, la société Netino, qui assure une veille 24h/24 mais qu’il faut, apparemment, alerter quand on publie un contenu qu’on juge « sensible » afin qu’il y ait un suivi renforcé. Delphine Vialanet évoque également ponctuellement la responsabilité de l’auteur du post dans la modération de sa publication, ce qui n’apparait pas sérieusement soutenable en termes d’organisation et de charge de travail.
Documentalistes : la mise sous tutelle L’inquiétude grandit dans la profession des documentalistes, dans le contexte de déploiement de l’intelligence artificielle. Déjà à l’Ina, l’introduction de cette nouvelle technologie susceptible de menacer la profession provoque de forts remous en interne. A France 3, des directions ont eu des propos inquiétants, en annonçant qu’elles ne remplaçaient pas certains postes de doc prétendument devenus obsolètes. En central, la direction a beau nier, le mal est fait. En outre, la direction du Réseau a chargé un responsable d’édition, Emmanuel Kauffmann, d’une mission d’état des lieux sur les documentalistes en région. Une approche pour le moins inopportune, où l’on charge le client (la rédaction) de parler au nom de la profession des documentalistes. Auparavant, les documentalistes avaient une coordinatrice nationale, Marie-Laure Piron. Elles réclament la nomination d’un ou une remplaçant-e, parmi leurs pairs, pour les représenter.
Sur le sujet des élections, deux documentalistes ont été désignés – par la direction là encore – pour rejoindre comme référents la cellule élection à la direction de l’info des régions, en vue des élections municipales. Il s’agit de Julien Leroy (Toulouse) et de Stéphanie Maréchal (Amiens). BIP d’Auch : la plus grande escroquerie de l’annéeDepuis plusieurs mois, la direction de France 3 Occitanie travaille à l’ouverture, par redéploiement de journalistes, d’un nouveau BIP (bureau d’information de proximité) à Auch, dans le Gers. Sur le fond, le projet a du sens : il permettra une meilleure couverture de cette vaste zone rurale, éloignée de Toulouse. Sur la forme, le projet présenté en juin aux élus a recueilli leur aval. Voilà une affaire rondement menée. C’était sans compter sur la direction de l’immobilier de France Télévisions qui a retoqué le projet après coup, au motif que le local serait trop grand, que ça ne correspondrait ni aux ratios de mètres carrés par salarié, ni au « schéma directeur immobilier » élaboré en chambre et hors-sol par ces mêmes « éminences ». On a bien compris que l’enjeu était avant tout de gratter un peu de loyer sur le dos des salariés. Du coup, la direction du Réseau est revenue devant le CSE avec une nouvelle copie. Là où le projet approuvé par les élus prévoyait une superficie de 77 m2 (dont un plateau de 50 m2 à l’étage et un espace douche au rez-de-chaussée), la nouvelle version caviardée ne prévoit plus que 35 m2 aménagés en openspace avec faux coin cuisine/détente donnant sur les bureaux et le point d’ingest. Bonjour la détente... Exit la douche, « ça n’est pas une obligation du schéma directeur », ânonne comme une IA le directeur de l’exploitation du Réseau Mickael Friederich, toujours dans les bons coups. En fait, la direction de l’immobilier n’a aucun scrupule à dégrader le cadre de travail des équipes de terrain (dont elle ignore tout) pour économiser 150 malheureux euros de loyer mensuel. Les élus se sont permis de comparer cela à ce que coûtent bon nombre de privilèges en haut-lieu… La morale de l’histoire, c’est le message adressé aux directions régionales : elles n’ont aucune autonomie, aucun pouvoir, elles sont juste là pour exécuter sans moufter les instructions venues d’en haut. Voilà qui va doper l’initiative et les projets...
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Vos élus au CSE
Karine Cévaër (Rennes), Jean-Hervé Guilcher, secrétaire du CSE (Brest), Claire Lacroix (Marseille), Laurent Maas (Nancy), Pierre Mouchel (Bordeaux), Thierry Pujo (Limoges), Anne-Sophie Saboureau (Lyon) et Élisabeth Theuil (Clermont-Ferrand).
Rabéa Chakir-Trébosc (Bordeaux), Delphine Collin (Limoges), Danilo Commodi (Le Havre), Annette Despretz (Marseille), Laurent Faure (La Fabrique, Toulouse), Chantal Frémy (Toulouse), William Maunier (Metz), Pascal Percie du Sert (La Fabrique, Lyon) et Sylvie Samson (Orléans).
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Liminaire CGT au CSE Réseau France 3 du 9 décembre
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Aucun compromis face à l’extrême droite
L’ouverture de cette mandature se tient dans un contexte inédit et particulièrement grave :
Face à de tels enjeux, La CGT est déterminée à jouer son rôle dans cette instance qui a plus que jamais besoin de clarté vis-à-vis des ennemis de l’Audiovisuel Public en général, et plus précisément face au risque de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Les propositions qui seront faites ce jour sont les conséquences de cette situation grave. Dans ce contexte, nous estimons que les prises de position du syndicat FO sont ambiguës vis-à-vis des idées d’extrême droite, il suffit notamment de lire les déclarations de l’un de ses représentants dans le JDD, le JD News ou Valeurs actuelles. La CGT a demandé aux dirigeants de Force Ouvrière de clarifier la position de leur syndicat, mais ils ont refusé au prétexte que leur organisation serait apolitique. Peut-on réellement être neutre face à ceux qui veulent la mort de l’audiovisuel public, d’une information indépendante et pluraliste, ceux qui prônent le racisme et la préférence nationale ? Dans ces conditions, les syndicats CGT, CFDT, SNJ et SUD ont donc décidé en conscience de ne pas partager avec Force Ouvrière les responsabilités au sein du CSE du Réseau France 3. Nous ne pouvons pas accepter la moindre ambiguïté sur ces sujets-là. Il s’agit d’une décision politique forte qui entend répondre à l’urgence de la situation et au danger de l’accession de l’extrême droite au pouvoir en 2027, voire avant. Les élus FO au CSE du Réseau France 3 ont protesté car ils se défendent individuellement de ne pas être d’extrême droite. Nous leur en faisons le crédit, à eux de remonter cette problématique dans les instances centrales de leur syndicat, afin de clarifier sa position. La position politique adoptée par les organisations CGT, CFDT, SNJ et SUD vaut pour toute l’entreprise et évidemment cela a des conséquences, en miroir, au CSE du Siège, malgré les propositions d’alliance de FO qui s’est finalement tourné vers la CGC. Malgré cette position politique, les syndicats majoritaires du CSE du Réseau France 3 respecteront le vote local des électeurs et ils désigneront, en vertu de règles de calcul fondées sur l’audience syndicale locale, des RP FO. La CGT tient à rappeler un des principes moteurs de notre action syndicale : La « double besogne » : la défense des revendications immédiates et quotidiennes des travailleur·ses, alliée à un objectif plus large de transformation d'ensemble de la société. C’est pourquoi, si notre syndicat n’affiche pas de positions politiques, le contexte politique s’impose : L’extrême droite ne respecte pas les principes républicains fondamentaux de la nation, liberté-égalité-fraternité. La transformation qu’ils prônent va à l’encontre de nos idéaux. Nous l’affirmons solennellement, la lutte contre les idées d’extrême droite ne peut souffrir de compromis.
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CSE réseau France 3 des 15 et 16 octobre
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L’opacité, la marque de fabrique de… la Fabrique A l’occasion de l’examen du bilan de l’emploi à la Fabrique, les élus du CSE ont appris, médusés, au détour d'une question, que l’organisation de la DMF avait été modifiée il y a quelques mois, en catimini, sans la moindre consultation des instances. Ainsi, la direction déléguée à la planification, la performance et la régulation de l’activité (DDPPRA), la colonne vertébrale de la réforme de 2017 aurait disparu le 1er mai. Il s’agit, une nouvelle fois, d’une entrave manifeste aux prérogatives des CSE. Quels ont été les impacts de cette réorganisation sur les salariés, sur leurs conditions de travail et sur l’activité ? Personne ne le sait, aucune analyse et étude n’a été présentée aux élus.
Bilan social : peut (encore et toujours) mieux faire Cette année encore, le bilan social n’est présenté aux élus qu’à l’automne, alors que la loi prévoit que les CSE rendent leur avis avant la fin avril. France Télévisions est encore et toujours hors des clous. En outre, les débats ont révélé que bon nombre de données sont fausses car les chiffres sont lacunaires depuis de nombreuses années, ou n’ont pas été remontés. On est en plein amateurisme. Le CSE central a diligenté une expertise sur la politique sociale de France Télévisions, avec un focus sur le réseau régional. Les élus demandent à bénéficier de la restitution du travail de l’expert avant de rendre leur avis. Ils souhaitent également un focus sur la situation de la Fabrique qui n’apparait nulle part dans le document, écartelée entre le Siège et le Réseau.
Compression des effectifs : le goutte à goutte permanent et sournois Depuis de nombreuses années, la direction supprime les effectifs d’année en année, sans jamais en mesurer les conséquences, en évaluer les impacts sur l’organisation, les conditions de travail, la charge de travail et au final sur l’activité. Alors que la situation est devenue extrêmement tendue dans les antennes, que l’activité s’est appauvrie, les élus ont tapé du poing sur la table et ont saisi au 1er semestre la justice, qui leur a donné raison : France Télévisions a obligation de consulter les instances sur la compression des effectifs. L’experte mandatée par le CSE a relevé l’absence de débat sur la question du travail au sein des antennes, l’absence de politique de gestion des parcours professionnels, l’absence de vision explicitée de l’avenir et de projet organisationnel, le sentiment de dissimulation sur les intentions, largement partagé par de nombreux salariés. Elle estime indispensable de sécuriser les collectifs en leur donnant une vision claire de l’avenir. Là encore ses préconisations sont passées au-dessus d’un directeur du Réseau qui répète que la contrainte des ETP s’impose à la direction. Un peu court.
Situation financière : c’est encore le Réseau qui fait les économies Les années se succèdent et se ressemblent. Cette année encore, c’est le Réseau qui a largement contribué aux économies drastiques imposées à France Télévisions, suite aux coupes de ses financements. A fin juin, le Réseau avait déjà économisé 14 M€, en réduisant l’activité notamment. Cela permet à France Télévisions de complaire à sa malveillante tutelle, en affichant un déficit moins important que prévu.
Santé au travail : triste tableau Bilan annuel des psychologues du travail, bilan des assistantes sociales, bilan des médecins du travail, bilan de l’absentéisme… Tout concorde à dessiner une dégradation globale de la santé psychique des salariés au sein du réseau régional. L’entreprise se montre incapable d’inverser la tendance.
Site internet ici.fr : du flou et des risques C’est désormais présenté comme une issue incontournable : à moyen terme, les contenus régionaux de France 3 seront publiés sur le futur site internet ici.fr. La direction estime que cela devrait aboutir à peu près dans un an, précisant que le plan de gouvernance éditorial reste à construire, les premières réunions démarrant seulement. Entre temps, Radio France devra avoir basculé de l’URL francebleu vers l’URL ici, fin avril 2026, après les municipales. Ce projet est une menace pour l’audience du site franceinfo.fr car les contenus régionaux en représentent 40%. Le basculement de ces contenus provoquera mécaniquement un effondrement vertigineux. Pourquoi prendre un tel risque ? « Avoir un site pour l’info nationale/internationale avec franceinfo d’un côté et un site de la proximité avec Ici de l’autre, c’est pas déconnant » répond Delphine Vialanet, la directrice de la proximité. Pour prévenir cette chute brutale d’audience, la directrice évoque vaseusement l’hypothèse d’une passerelle entre ici et franceinfo ou encore le renforcement des contenus nationaux et internationaux. En attendant l’existence réelle d’un site commun, depuis un an les coordinateurs numériques centraux publient sur le site de francebleu.fr des papiers issus de sujets des locales de France 3. Dix papiers en semaine, 5 le week-end ou les jours fériés, qui sont la retranscription de reportages télé, avec la vidéo d’origine intégrée dans l’article. Depuis le 5 octobre, ce travail est censé être réparti entre les contributeurs web des différentes antennes, mais pour des raisons techniques liées à l’utilisation de logiciels différents entre France 3 (PIC) et Radio France (Atlas) ce n’est toujours pas le cas. Cette initiative pose pas mal de questions en termes de responsabilité éditoriale et légale (on demande à des journalistes de FTV d’aller publier sur le site de France Bleu dont la directrice de publication est Sibyle Veil), en termes de ligne éditoriale, de coordination éditoriale, de droits d’auteurs, de propriété intellectuelle, etc. Là encore, les réponses de Delphine Vialanet, la directrice de la proximité, ont été creuses et approximatives. Elle renvoie à un retour d’expérience qui doit être fait par les équipes impliquées dans les antennes. Une fois encore on met en place des process sans en avoir évalué les impacts. Le logiciel Atlas est peu adapté à la publication de la vidéo mais de toutes façons, la visite des pages web régionales de france 3 montre que la promesse du renforcement de la vidéo sur nos sites n’est pas une réalité. Nos publications, y compris sur les réseaux sociaux, relèvent essentiellement de l’écrit et ne valorisent pas nos savoir-faire en termes d’image animée. Par ailleurs, on n’a pas progressé sur l’identification de la nature des contenus (info/hors info) et de la qualité des producteurs de contenu. France télévisions refuse obstinément d’indiquer si l’auteur est journaliste, éditeur web, travaillant pour la com ou pour les programmes, entretenant une confusion dans l’optique, sans doute, de tout faire faire à tout le monde, au détriment des principes professionnels.
Prudente, Delphine Vialanet ne semble pas pleinement au courant de la situation. Elle évoque simplement les dispositifs à l’œuvre actuellement. La modération globale est confiée à un sous-traitant, la société Netino, qui assure une veille 24h/24 mais qu’il faut, apparemment, alerter quand on publie un contenu qu’on juge « sensible » afin qu’il y ait un suivi renforcé. Delphine Vialanet évoque également ponctuellement la responsabilité de l’auteur du post dans la modération de sa publication, ce qui n’apparait pas sérieusement soutenable en termes d’organisation et de charge de travail.
Documentalistes : la mise sous tutelle L’inquiétude grandit dans la profession des documentalistes, dans le contexte de déploiement de l’intelligence artificielle. Déjà à l’Ina, l’introduction de cette nouvelle technologie susceptible de menacer la profession provoque de forts remous en interne. A France 3, des directions ont eu des propos inquiétants, en annonçant qu’elles ne remplaçaient pas certains postes de doc prétendument devenus obsolètes. En central, la direction a beau nier, le mal est fait. En outre, la direction du Réseau a chargé un responsable d’édition, Emmanuel Kauffmann, d’une mission d’état des lieux sur les documentalistes en région. Une approche pour le moins inopportune, où l’on charge le client (la rédaction) de parler au nom de la profession des documentalistes. Auparavant, les documentalistes avaient une coordinatrice nationale, Marie-Laure Piron. Elles réclament la nomination d’un ou une remplaçant-e, parmi leurs pairs, pour les représenter.
Sur le sujet des élections, deux documentalistes ont été désignés – par la direction là encore – pour rejoindre comme référents la cellule élection à la direction de l’info des régions, en vue des élections municipales. Il s’agit de Julien Leroy (Toulouse) et de Stéphanie Maréchal (Amiens). BIP d’Auch : la plus grande escroquerie de l’annéeDepuis plusieurs mois, la direction de France 3 Occitanie travaille à l’ouverture, par redéploiement de journalistes, d’un nouveau BIP (bureau d’information de proximité) à Auch, dans le Gers. Sur le fond, le projet a du sens : il permettra une meilleure couverture de cette vaste zone rurale, éloignée de Toulouse. Sur la forme, le projet présenté en juin aux élus a recueilli leur aval. Voilà une affaire rondement menée. C’était sans compter sur la direction de l’immobilier de France Télévisions qui a retoqué le projet après coup, au motif que le local serait trop grand, que ça ne correspondrait ni aux ratios de mètres carrés par salarié, ni au « schéma directeur immobilier » élaboré en chambre et hors-sol par ces mêmes « éminences ». On a bien compris que l’enjeu était avant tout de gratter un peu de loyer sur le dos des salariés. Du coup, la direction du Réseau est revenue devant le CSE avec une nouvelle copie. Là où le projet approuvé par les élus prévoyait une superficie de 77 m2 (dont un plateau de 50 m2 à l’étage et un espace douche au rez-de-chaussée), la nouvelle version caviardée ne prévoit plus que 35 m2 aménagés en openspace avec faux coin cuisine/détente donnant sur les bureaux et le point d’ingest. Bonjour la détente... Exit la douche, « ça n’est pas une obligation du schéma directeur », ânonne comme une IA le directeur de l’exploitation du Réseau Mickael Friederich, toujours dans les bons coups. En fait, la direction de l’immobilier n’a aucun scrupule à dégrader le cadre de travail des équipes de terrain (dont elle ignore tout) pour économiser 150 malheureux euros de loyer mensuel. Les élus se sont permis de comparer cela à ce que coûtent bon nombre de privilèges en haut-lieu… La morale de l’histoire, c’est le message adressé aux directions régionales : elles n’ont aucune autonomie, aucun pouvoir, elles sont juste là pour exécuter sans moufter les instructions venues d’en haut. Voilà qui va doper l’initiative et les projets...
A venir
Vos élus au CSE
Karine Cévaër (Rennes), Jean-Hervé Guilcher, secrétaire du CSE (Brest), Claire Lacroix (Marseille), Laurent Maas (Nancy), Pierre Mouchel (Bordeaux), Thierry Pujo (Limoges), Anne-Sophie Saboureau (Lyon) et Élisabeth Theuil (Clermont-Ferrand).
Rabéa Chakir-Trébosc (Bordeaux), Delphine Collin (Limoges), Danilo Commodi (Le Havre), Annette Despretz (Marseille), Laurent Faure (La Fabrique, Toulouse), Chantal Frémy (Toulouse), William Maunier (Metz), Pascal Percie du Sert (La Fabrique, Lyon) et Sylvie Samson (Orléans).
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Déclaration CGT au CSE Réseau France 3 des 15 octobre 2025 - A France 3, « stress-test » et dérégulation
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A France 3, la stratégie du « stress-test »
En cette fin d’année, l’audiovisuel public et notre réseau régional en particulier sont soumis à un vaste « stress-test ». Avec une technique bien éprouvée : d’abord on fragilise le corps social, ensuite on lui impose des choses en agitant le spectre de son avenir et de sa survie. La fragilisation, elle est à l’œuvre à marche forcée depuis des années, à coup de réductions budgétaires continuelles et considérables, à coup d’attaques de toutes part. Le récent rapport de la Cour des comptes, très largement à charge et empreint d’une idéologie néo-libérale, vise en particulier les régions de France 3. On les présente, comme à l’accoutumée, en mammouth dispendieux aux pratiques obsolètes, peinant à se réformer. Les magistrats de la rue Cambon vont même jusqu’à affirmer que le Réseau aurait fait moins d’efforts que le reste de l’entreprise depuis 2017, se gardant bien de dire que dans le Réseau, le plan social a commencé dès 2012 avec des centaines et des centaines d’emplois supprimés, des mutualisations en masse, l’accélération des externalisations, le délitement de l’activité en interne. Comme par hasard, la principale conclusion est qu’il faut généraliser les salariés polyvalents et interchangeables, capables de travailler en même temps pour la télé, la radio et le web, en dénonçant l’accord collectif, ce que la direction de France Télévisions s’est empressée de faire à l’été en devançant la publication. Mais cela ne va pas assez vite et la direction du Réseau cherche par tous les moyens à accélérer la dérégulation sociale, en divisant les salariés, en cherchant à les opposer aux élus et aux organisations syndicales, en culpabilisant toute personne qui serait immédiatement taxée de conservatisme et de passéisme, jouant contre son camp, mettant en danger l’avenir-même de la télévision publique. Ce petit jeu particulièrement sournois ne se produit pas n’importe quand. Il a lieu à la veille d’élections professionnelles dans le réseau régional et dans les principaux établissements de France Télévisions. Sur le terrain, la perversité de la direction s’illustre en particulier dans le domaine du web, où elle est pleinement comptable de la situation mais où elle cherche à faire porter la responsabilité aux syndicats. C’est pourtant elle qui est responsable du sous-dimensionnement historique des moyens, c’est aussi elle qui a toujours trainé des pieds pour négocier les métiers et statuts indispensables à l’activité numérique, alors qu’il s’agit depuis 15 ans d’une revendication de la CGT et des autres organisations syndicales. En fait, les directions successives ont toujours cherché à imposer des pratiques et des organisations en catimini, sans vouloir en assumer les contreparties pour les salariés. Aujourd’hui, nos dirigeants jouent sur la frustration de salariés qui ont vu leurs cœurs de métiers progressivement rétrécis et vidés de ce qui en faisait la saveur, en leur faisant miroiter de la nouveauté dans leurs pratiques. Une forme de fraicheur professionnelle qui leur fera momentanément oublier la dégradation de leurs conditions de travail, mais qui risque de peser durablement sur leurs pratiques. Dans le même temps, elle les culpabilise : « c’est l’avenir », « partout ailleurs on travaille comme ça », « vous êtes les derniers des Mohicans », « vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis », et on vous en passe. Les prétendues expérimentations (qui n’en sont pas) autour des vidéos verticales lancées ces derniers mois hors de tout cadre dans plusieurs régions ne visent qu’à promouvoir des process low cost, visant à économiser des ETP, qui s’imposeront ensuite à tous les salariés. Soyons clairs : la CGT est de longue date favorable à la montée en puissance sur le web et les réseaux sociaux, mais pas au détriment des principes professionnels et des conditions de travail des salariés. C’est une ligne rouge intangible. Car à l’arrivée, qu’est-ce qui justifiera qu’on parte à deux, voire à trois, tourner une manif pour le JTR quand un journaliste seul le fera pour le web ? Ce n’est pas le tuyau qui importe, même si la forme des contenus diffère, c’est la capacité de l’humain à faire : le temps matériel dont il dispose, la charge mentale qui est la sienne pour faire un travail journalistique respectant les principes professionnels, pour produire les contenus dont la qualité distingue le service public du privé et lui accorde la confiance d’une large part du public. En réalité, c’est de ces principes que dépend l’avenir du service public. Si quelqu’un le fragilise, c’est bien la direction par sa politique de dérégulation.
Paris, le 15 octobre 2025
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Compte rendu du CSE Réseau France 3 - 16 et 17 septembre 2025
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Quelques précisions sur la gouvernance de l’offre régionale
Les élus ont souhaité que Philippe Martinetti vienne expliquer les grandes évolutions de la direction des offres régionales. Pour rappel, sous la direction d’Isabelle Staes, la direction du Réseau avait été vidée de sa substance, puisqu’elle ne chapeautait plus que les directeurs régionaux et la communication. Les directions des programmes, du numérique régional, etc. étaient à l’étage au-dessus, à la direction des antennes et des programmes, sous la coupe de Philippe Martinetti. Arrivé durant l’été, le nouveau directeur du Réseau Christophe Poullain a semble-t-il obtenu de récupérer quelques prérogatives. La direction du Réseau récupère un secrétariat général, la coordination des IMG régionaux, la « performance opérationnelle » (les ex-régulateurs d’activité, en d’autres termes les moyens), ainsi qu’une direction de la proximité, du numérique et des antennes locales qui acte le distingo entre les cases pilotées par les antennes régionales et celles qui sont de facto pilotées par l’antenne nationale (magazines interrégionaux, de réseau type « Mon côté Sud », « Châteaux », « cases régionales externalisées » type « Les Héros du patrimoine », « Sans Filtre », case nationale de documentaires « la France en beau »). Ainsi la direction de la proximité du numérique et des antennes locales regroupe dans la même entité le linéaire et le non-linéaire. Selon M. Martinetti, elle est censée coordonner les programmes sur les antennes locales – pas décider des programmes régionaux, nous jure-t-on – dans une optique de « soutien des antennes régionales. Cette direction est pilotée par Delphine Vialanet, qui est censée coordonner les DAC, les administrateurs et les coordinateurs numériques. Elle est secondée par une adjointe, Pascale Pfister, ex-DR de Bourgogne-Franche Comté qui est plus spécifiquement chargée de la coordination des administrateurs de prod et des antennes régionales. Au sein de cette direction, Vanina Susini (ex-DAC de Corse) est censée assurer le soutien à la programmation locale, en particulier en cas de demande de PAE. Ce « soutien » passe par une étude du potentiel d’audience de la case. Mme Susini est également chargée d’une mission sur NoA, autour de la programmation et du stock de programmes. Au sein de la direction de Mme Vialanet, le numérique régional, enfin, compte 7 coordinateurs numériques centraux (Karine Broyer, Sophie Pellerin, Olivier Couvreur, Gwénolé Seiler, Anne-Corinne Moraine, Pascale Lagorce, et pour moitié Xavier Collombier (il est détaché par ailleurs sur une mission dans le Grand-Est), ainsi que deux chargées d’édition numérique mutées de France 3 Toutes régions (Vaise) : Lamia Coulibaly et Marie Chatillon. A l’étage au-dessus, à la direction des antennes et des programmes est apparu un « Pôle créativité et visibilité des territoires ». Il comprend
Toujours à l’étage de la DAP, le pôle « rapprochement des services publics » est piloté par Xavier Riboulet, secondé par Laurence Bobillier qui est officiellement chargée de « l’événementiel avec les chaines partenaires ». Bref une tête de Réseau de plus en plus « staffée », quoi que prétende M. Martinetti, au fur et à mesure que l’activité se réduit dans les stations régionales.
Dénonciation de l’accord collectif
Les élus ont demandé à être informés sur la dénonciation de l’accord collectif décidée, à la surprise générale, en juillet, par Delphine Ernotte. La direction a refusé. Les élus ont donc mandaté le secrétaire pour se pourvoir en justice, en soutien des organisations syndicales qui contestent les conditions de dénonciation de cet accord majeur de 2013. A date, la dénonciation a ouvert un délai de 27 mois pour renégocier un nouvel accord. Une 1re réunion d’ouverture des négociations était prévue le 24 septembre, mais les OS ont refusé de commencer à négocier vu la situation. A la lecture du rapport de la Cour des comptes paru le 23 septembre, on comprend que la direction n’a fait que mettre en œuvre des préconisations sur mesure – et ultralibérales – qu’elle ne se cache même pas de partager.
Lancement du projet d’assistant de fabrication Overdrive
Dans le même ordre d’idée, la direction passe à l’action dans le déploiement de l’automate de fabrication dans les régies de France 3. Dans un 1er temps, le projet (à lire ici 📎) concerne les 12 régies Mosar, sachant que les futures régies Cosma intègreront elles-aussi un tel dispositif. Il s’agit, quoi qu’en dise la direction, avant tout un projet économique qui se solderait par la suppression de 15 ETP de techniciens vidéo, principalement des intermittents. Il prévoit de supprimer le poste de TEVA aux serveurs, l’ensemble de la mise en image étant censée être pilotée par le TEVA au mélangeur (qui actionnera automatiquement les éléments du conducteur (lancement des sujets et éléments, horodatage des synthés, gestion des infos-décors sur les plasmas). Ce projet aura des impacts sur les métiers des vidéos et des scriptes, sur la charge mentale des 1ers, sur le niveau de l’emploi et, très vraisemblablement sur les possibilités éditoriales des antennes régionales, le projet parlant d’homogénéisation des mises en image entre régions, comprenez standardisation. Pour les techniciens qui ont participé aux expérimentations, après un travail d’amélioration de l’outil (mises à jour, achat de nouvelles interfaces pour faire communiquer les briques entre elles), ce dernier permet de faire ce qu’on fait actuellement dans les régies, mais n’offre pas plus de possibilités. Les mises en image seront standardisées, à base de « modèles » intégrés à l’outil, qu’il sera fastidieux de faire évoluer, puisqu’il faudra qu’un comité supra étudie la demande et se prononce dessus. Autant dire que les régions n’auront absolument aucune marge de manœuvre en la matière. Les élus ont donc désigné un expert pour les éclairer sur les impacts prévisibles du projet et faire des préconisations de nature à préserver la santé et les conditions de travail des salariés. Dans le calendrier de la direction, les 1ères régies sont censées être déployées au 1er trimestre 2026, en commençant par Poitiers et Reims, puis Nancy et Rennes.
Vendargues : la culture de l’omerta
La direction de la Fabrique a décidément une conception pour le moins bas du front du dialogue social et de ses obligations en matière de sécurité et de santé au travail. Elle n’a apparemment pas tout compris... Deux événements récents sont venus une nouvelle fois le démontrer. Concernant la restauration sur le site et sur les tournages, le changement de prestataire suite à un appel d’offres en 2024 a entrainé des récriminations généralisées : mauvaise qualité, mauvais goût, quantités insuffisantes, voire des plaintes de problèmes digestifs. Malgré les alertes des représentants de proximité, il a fallu attendre 6 mois avant que la direction lance un audit qui a abouti à la rupture du contrat. Cette inertie est coupable, alors que potentiellement la santé des salariés était en cause. Un nouvel appel d’offre a conduit à la sélection de l’ancien prestataire, la société Bivouac, qui a donc repris les commandes de la cantine du site, avant une nouvelle prestation pour les tournages extérieurs en novembre. Cette histoire illustre en outre, la tendance lourde à France Télévisions, de l’externalisation des activités chez des prestataires. On constate que l’entreprise peine à faire respecter les clauses des contrats et les directions locales sont tétanisées car elles doivent référer à la direction des achats hors programmes avant toute action. A FTV, le droit des contrats a visiblement pris le pas sur le droit du travail et les obligations de sécurité. Concernant la menuiserie, un incendie s’est déclenché au printemps sur la scie à commande numérique. Aucune alarme ne s’est déclenchée car le système d’aspiration des poussières a avalé les fumées. L’épisode interroge. D’abord, la direction a refusé que les RP enquêtent et établissent un arbre des causes, prétextant que c’était du ressort des seules assurances. Ensuite, aucun rapport n’a été rendu public, alors que potentiellement la vie des salariés aurait pu être menacée. A l’occasion du débat en CSE, les élus ont appris que le site de Vendargues n’a connu aucun exercice d’incendie depuis 2019. Prétendument la direction de la Fabrique attendrait un audit de la Direction de la Sécurité et de la Sureté de FTV. C’est inentendable. Les élus du CSE ont adopté une résolution (à lire ici 📎) pour dénoncer ces faits.
Situation au service UOA de Nantes
L’unité d’organisation d’activité de Nantes a connu de nombreux dysfonctionnements et difficultés depuis plusieurs années, qui ont abouti en juin à une altercation entre deux salariés et à un accident du travail. Les RP de Nantes ont saisi le CSE pour qu’une expertise soit diligentée. La direction a affirmé la souhaiter, elle aussi, afin de bénéficier d’un regard extérieur pour travailler à la mise en place d’un plan d’action. Elle reconnait elle-même ouvertement – et c’est suffisamment singulier pour le noter – que la situation actuelle est liée à l’organisation au sein du service. Les élus ont désigné la coopérative Cedaet pour expertiser la situation.
La santé des maquilleuses négligée
Le lancement d’un appel d’offres sur le maquillage a entrainé de nombreuses remontées de risques psychosociaux concernant les maquilleuses intermittentes dans le Réseau, un certain nombre d’entre elles étant amenées à se faire remplacer par des prestataires. Les élus du CSE ont donc demandé une réactualisation des DUERP (documents uniques d’évaluation des risques professionnels) concernant cette catégorie de personnels précaires. Force est de constater qu’une seule région a fait le job, ce qui signifie que la direction de la prévention n’a pas transmis d’instructions en ce sens ou qu’elle n’est pas écoutée. Quant aux plans de prévention qui réglementent les risques lorsque deux entreprises travaillent ensemble (prestataires maquilleuses + personnel France 3 par exemple), ils n’ont pas été revus depuis le Covid (ils préconisent encore une distance de 1m pour le maquillage) malgré, là aussi, l’obligation de les réactualiser en fonction de l’arrivée de nouveaux risques. Voilà une démonstration supplémentaire des lacunes de FTV en matière de prévention.
Vie du CSE
Les élus ont adopté un budget rectificatif pour le CSE. Il prend en compte un certain nombre d’arbitrages validés par les élus :
Au total, ce budget rectificatif aboutit à un résultat déficitaire de près de 200 000 €, qui sera financé par les réserves de trésorerie du CSE. Pour l’année 2026, le CSE va assouplir les conditions d’obtention des chèques culture, afin de ne pas pénaliser les personnels non permanents. La commande ne se fera plus au travers d’une campagne d’inscriptions annuelle, mais via des demandes au fil de l’eau, avec commande trimestrielle. Ces évolutions auront des conséquences significatives sur le budget 2026, qui sera présenté lors d’un prochain CSE.
A venir
Prochain CSE : 15 et 16 octobre Prochain CSE central : 1er et 2 octobre
Paris, 29 septembre 2025
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Compte rendu du CSE réseau France 3 des 27 et 28 août 2025
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Rentrée : nouveau casting mais rien ne change
Christophe Poullain, le nouveau directeur du réseau régional a inauguré sa 1ère présidence de CSE. Il s’est dit « très honoré », en tenant à rappeler qu’il était « un enfant de la balle, du Réseau », ayant débuté « à la BEX d’Alençon » il y a 30 ans et concluant qu’il était « un éditorial dans l’âme ». À ce sujet il évoque le « besoin d’une information sérieuse, fiable, vérifiée, de proximité » et se décrit comme « quelqu’un de pragmatique, de bon sens, attaché aux valeurs cardinales de l’entreprise » – en particulier « le respect » – affirmant, à l’instar de ses prédécesseurs, qu’il est « plutôt adepte du dialogue social. On a plutôt intérêt à se parler ». Il conclut tout de même en précisant : « si j’ai accepté le poste, c’est que je m’inscris dans le projet d’entreprise », ajoutant : « l’idée, c’est qu’on puisse avancer, progresser, faire tourner la boutique le mieux possible ». Il demande aux élus de le juger sur ses actes. C’est précisément ce que la CGT entend faire, comme elle l’a toujours fait avec ses devanciers.
Réorganisations et recasages
À nouveau directeur, nouvelle organisation. Apparemment, M. Poullain entend avoir plus de marges de manœuvre que sa prédécesseuse (ce qui n’est pas difficile…). La CGT avait démontré à quel point la direction du Réseau avait été vidée de tout pouvoir, celui-ci étant remonté auprès de M. Martinetti, au niveau de la direction des antennes et des programmes, ou dans les grandes directions fonctionnelles de l’entreprise. Christophe Poullain a visiblement obtenu de faire bouger quelques cases. Ainsi, il récupère sous sa direction une direction de la proximité et un secrétariat général. Pour quel résultat ? Quand on voit la grille de rentrée (voir plus loin) on s’interroge. En fait, la direction a scindé les programmes pilotés par les antennes de ceux qui sont pilotés par l’antenne nationale. D’un côté les programmes type Littoral, Chroniques d’en haut, etc., de l’autre, les programmes prétendument régionaux mais diffusés nationalement, ce qui est de plus en plus répandu. Les programmes de réseau, exposés nationalement et éditorialisés sur france.tv seront désormais pilotés par Erik Berg chez Martinetti. Les autres seront regroupés sous la direction de Delphine Vialanet au sein de la direction de la proximité du Réseau. Linéaire et non-linéaire y sont rassemblés. De son côté, le Secrétariat général de Marie-Laurence Ferracci redescend au Réseau, mais on n’a pas compris s’il demeurait un autre secrétariat général au sein de la direction des antennes et des programmes, chez Alain Astarita ; les réponses étaient tout sauf claires, Christophe Poullain se bornant à répéter qu’il n’était pas là pour présenter les directions du niveau au-dessus… Le Secrétariat général pilote la coordination des IMG régionale ; il a aussi un lien fonctionnel avec les DDMPO (les directeurs délégués aux moyens et à la performance opérationnelle), les fameux anciens régulateurs d’activités, qui sont, eux, rattachés hiérarchiquement à Christophe Poullain. Deux missions sont aussi rattachées au directeur du Réseau, l’une permanente chargée de la coordination des drones (Hervé Colosio), l’autre temporaire, chargée de coordonner le travail autour des documentalistes et du remplacement de Sierra (Emmanuel Kauffmann).
De toute évidence, les économies d’ETP ne s’appliquent ni à la direction de l’offre régionale, ni à la direction du Réseau, bien au contraire. C’est devenu le lieu du recasage. Il suffit de lire les nominations qui ont égrené les communications internes tout l’été. Les élus ont cherché à savoir qui faisait quoi, comment s’articulaient les rôles et périmètres des uns et des autres. En pure perte. On notera que madame Vialanet sera secondée par l’ancienne directrice de France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Pascale Pfister et par l’ancienne DAC de Corse, Vanina Susini. En lien fonctionnel avec la direction du Réseau, Michel Dumoret, ex-DR de Bretagne prend la direction de l’info des régions, au sein de la direction de l’info. Il sera secondé par Antoine Armand, jusqu’ici patron de FTR et d’IV3, qui remplace Léo Lemberton, parti diriger France 3 Hauts de France. Enfin, afin de se démarquer de sa prédécesseuse, Christophe Poullain annonce qu’il siègera au codir éditorial de la direction des antennes et des programmes (DAP), autrement dit dans le saint des saints éditorial central, reconnaissant plus tard dans le débat que c’est là que se prennent les décisions. On savait depuis longtemps que ce n’était pas en région…
L’activité régionale en coma prolongé
La présentation des grilles de rentrée (programmes et info) a suscité la consternation et la colère chez les élus, qui l’ont exprimée dans une motion unanime. Voir la résolution ici 📎 Malgré le bras de fer de l’an dernier, la direction continue à mépriser l’instance en fournissant une simple grille nationale générale. Aucun détail sur les émissions, aucune indication des moyens de fabrication mis en œuvre. Et pour cause, les salariés sont de plus en plus laissés sur le bas-côté, au profit des externalisations et des programmes nationaux faussement régionaux (ce que la direction appelle de manière assez parlante, la « diffusion régionale externalisée »). Ce « blanchiment de programmes nationaux » colonise peu à peu les cases régionales : émission « Mon côté sud » présentée par Carole Gaessler, émission « Châteaux » présentée par André Manoukian à tour de rôle dans plusieurs régions, idem pour « Sans filtre », une émission imposée à tour de rôle aux régions, qui aligneront pour la forme une présentatrice ou un présentateur local en duo avec Michel Field. Côté fabrication interne, 3 régions continuent à produire un « Vous êtes formidables » (BFC et Nouvelle Aquitaine) ou un « Au féminin » (Hauts de France). Ailleurs les moyens ont été réaffectés, par exemple au numérique. Au détriment des techniciens. Dans sa grande générosité, l’antenne nationale autorise les antennes régionales à décrocher occasionnellement à 20h40 le samedi, soit en diffusion régionale, soit en diffusion nationale (8 fois dans l’année), mais avec un cahier des charges de haut vol : « le meilleur de la moule-frite », « le meilleur de la quiche-lorraine », « le meilleur de la tarte tatin » ou une « battle pizza ». Devant la consternation des élus, les responsables des antennes régionales répondent sans rire que ça rassemble des millions de téléspectateurs. Hanouna aussi. Les dirigeants parisiens ont une vision tout à fait rance et caricaturale des régions… On la retrouve sur la nouvelle rubrique sortie de la tête des grands stratèges éditoriaux : « On vous emmène ici », une séquence low cost de 7 minutes quotidiennes assemblée à Lyon par FTR, diffusée à 19h47 après le journal du soir et rediffusée le lendemain avant le JT du midi. Il s’agit d’une resucée de reportages régionaux sur le patrimoine (« au sens large, pas seulement les vieilles pierres », se défend Stéphanie Lafuente, la rédactrice en chef qui pilote le projet à l’info des régions) avec une interview en webcam et de l’info-service pour faire la promotion du tourisme local et tout ça, et tout ça… En Bourgogne, ce nouveau remplissage à pas cher signe la mort du programme de 7 minutes que tournaient jusqu’ici journalistes et techniciens en allant sur le terrain. Un coup supplémentaire à l’activité des antennes régionales et au moral des troupes !
La maltraitance des bas salaires et des précaires
Pendant que les directions de l’offre régionale et du Réseau enflent et se transforment en coûteux « dressing pour recasés », à l’autre extrémité de la pyramide, on fait la chasse aux petits. Un peu comme le gouvernement… Ainsi l’appel d’offres qui se termine le 10 septembre vise à accentuer l’externalisation du maquillage dans les différentes antennes. À la faveur de départs à la retraite de maquilleuses CDI, Bordeaux ou encore Rennes basculent dans de la prestation, laissant sur le carreau plusieurs intermittentes bordelaises, souvent historiques. Seule une intermittente a été maintenue à Rennes, quelques jours par mois, grâce à la mobilisation syndicale. Au final, 12 antennes conserveront des maquilleuses CDI et intermittentes, avec un recours possible à de la prestation en complément, 12 autres seront en prestation complète. Avec l’accord de branche de la télédiffusion, France Télévisions était obligé de les payer 8h par jour et de respecter les minima salariaux. Désormais, elles sont priées d’aller se faire employer par des officines privées (souvent des écoles de maquillage), où elles seront payées à l’heure. Et justement, pour faire des économies sur leur dos, France Télévisions achètera seulement à ces prestataires 3h de maquillage par jour (1h30 le matin, 1h30 le soir), transformant ces femmes en travailleuses pauvres (à 45 € la journée avec des horaires mités, on ne peut pas espérer avoir une autre activité en parallèle, ni survivre décemment). Mais la direction n’en a cure et enchaine les propos indifférents : « c’est le choix de l’entreprise », ou d’une hypocrisie insultante : « on essaie de le faire dans les meilleures conditions possibles », ose dire contre l’évidence Michael Friederich, le directeur de l’exploitation. Tous ces décideurs, eux, sont bien au chaud et n’ont pas de problèmes de fins de mois. Le mépris de classe saute aux yeux. A Bordeaux par exemple, les maquilleuses intermittentes en poste n’ont même pas été informées de cette nouvelle situation. Elles se retrouvent démunies, ne sachant pas comment se constituer en groupement pour avoir une chance de postuler au marché. Le directeur de l’exploitation, Michael Friederich se contente de dire qu’elles seront accompagnées. Vers France Travail assurément.
Plan de développement des compétences : l’adaptation aux outils
En 2024, le budget du plan de développement des compétences a atteint près de 8 M€ à France Télévisions, soit 5 % de la masse salariale. Le réseau régional a représenté 40 % du budget, en hausse de 18 %, ce qui représente 3,4 M€, plus de 100 000 heures de formation et 9189 stagiaires. Mais le budget est consommé à 80 % en actions d’adaptation et de maintien dans l’emploi. En 2024, les formations OpenMédia ont à elles-seules représenté plus du tiers des stagiaires et des heures de formation. À contrario, le développement des compétences ne représente pas même 10 % des formations. Seuls comptent pour la direction les impératifs immédiats et l’adaptation aux outils. Un manque d’ambition pour le corps social de notre réseau et pour son avenir. Voir le compte-rendu de la commission emploi-formation ici 📎
La direction continue à s’asseoir sur les propositions des élus
La direction aime à prétendre que les élus seraient seulement dans la contestation et jamais dans la proposition. C’est évidemment faux et notre CSE ne cesse de le prouver en adoptant des avis étayés et circonstanciés ou, quand il n’arrive pas à se faire entendre, en faisant appel à des experts reconnus. Ainsi, après avoir missionné un expert pour faire un retour d’expérience critique des récents projets immobiliers d’envergure menés dans le réseau régional (Rouen, Poitiers et Rennes), les élus ont rendu au début de l’été, un avis assorti de propositions et préconisations destinées à améliorer la conduite de projet pour la suite. Dans ses réponses écrites, toutes en langue de bois et en rigidité, la direction leur crache au visage et leur signifie qu’elle continuera comme avant, sans revoir sa méthode et sans réellement associer les salariés en amont des projets. Il y a quelques mois seulement, Isabelle Staes et Philippe Martinetti s’étaient pourtant engagés devant le bureau des élus du CSE à sonder les salariés avant tout projet, quel qu’il soit. Encore une parole non tenue, encore du vent... Sur le logiciel Sherlock de même, les réponses sont défensives et purement formelles. Même si les porteurs du projet affirment qu’ils ont tenu compte des préconisations de l’expert du CSE, ça ne saute pas aux yeux dans les réponses écrites de la direction, qui restent particulièrement floues et sans engagements. Concernant les DUERP, les documents uniques d’évaluation des risques professionnels, la direction continue à considérer ces éléments majeurs de la prévention au travail comme une contrainte administrative et rechigne à prendre en compte les propositions de bon sens formulées depuis plusieurs années par nos élues santé, en vue de rendre plus efficace le dispositif.
Les coups fourrés du renouvellement de Sierra
Dans la même logique, le projet de renouvellement du logiciel documentaire Sierra suscite les pires craintes chez les documentalistes et chez les élus. Une fois de plus, on a fait les choses à l’envers. L’outil est très ancien (1998) et largement obsolète. Son remplacement est attendu depuis de nombreuses années, sans que rien ne bouge jusque-là. Et puis soudainement, on apprend que la direction des technologies a acheté un logiciel pour plusieurs stations ultramarines (Perfect Memory) et qu’elle aimerait l’imposer aux documentalistes régionaux, alors qu’il ne répond pas à leurs besoins. Face à la bronca, la direction dit vouloir faire une expression des besoins des documentalistes et des rédactions. Elle a mandaté Emmanuel Kauffmann, un responsable d’édition de Bordeaux. Tout le monde craint que cette démarche ne soit qu’un faux-semblant, visant à justifier la généralisation de Perfect Memory. Ce dont se défend la direction. Voir le compte-rendu de la commission nouvelles technologies ici 📎
Vie du CSE
Les élus ont désigné Carine GRIVET, RP titulaire de l’antenne de Poitou-Charentes, en remplacement d’Alain BORTOT, démissionnaire. Ils ont désigné Josiane ETIENNE comme suppléante en remplacement. De son côté, Frédéric CUVIER a été désigné RP suppléant à France 3 Bourgogne, en remplacement d’Antoinette SEGUIRE partie à la retraite.
A venir
Prochain CSE : 17 et 18 septembre Prochain CSE central : 11 septembre.
Paris le 1er septembre 2025
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En région, un appauvrissement des grilles et de l’activité
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Résolution sur la grille de rentrée
A la lecture de la grille de rentrée, les élus dénoncent une politique éditoriale qui aggrave la paupérisation de l’activité des salariés dans les stations régionales. Côté antennes, de plus en plus de programmes régionaux sont remplacés par des programmes de réseau, pour la plupart largement externalisés, qui ne génèrent pas d’activité en interne. Ces derniers sont, pour une part, présentés par d’anciennes figures nationales, qui n’incarnent nullement les territoires. A l’heure où la société française subit des fractures sociales, environnementales et territoriales, la ligne éditoriale cantonne en outre les régions dans des thématiques patrimoniales et culinaires, caricaturales et condescendantes pour la majorité des citoyens qui vivent en région. Que dire du concours de la meilleure moule-frite, de la battle pizza ou de la meilleure quiche-lorraine ? Sur l’info, face à l’attrition des moyens régionaux, qui illustre le jacobinisme endémique de cette entreprise, la direction opte pour le remplissage à bas coût, traduisant ainsi son dédain pour l’info régionale. Le programme « On vous emmène ici », boutiqué par FTR consiste en une rediffusion de sujets patrimoniaux avec un invité en visio, tourné en plateau à Lyon. Ce programme diffusé nationalement dans les tranches phare Ici 12/13 et Ici 19/20 n’a que pour vocation de remplacer à peu de frais de la fabrication régionale. Désormais, les équipes sont cantonnées sur le seul journal télévisé, sans possibilité de diversifier leur activité, d’exprimer leur expertise et de fournir des contenus de fond élaborés sur les problématiques régionales et sociétales. Ces annonces ont provoqué un fort émoi au sein des élus du CSE, qui sont, eux aussi, des professionnels exerçant dans leurs régions. Ces derniers dénoncent les graves conséquences de cette stratégie sur la santé des salariés, qui s’accompagne de pertes de sens, du sentiment de qualité empêchée, de perte d’activité et d’incertitude socio-économique. Ils enjoignent instamment à la direction de revoir sa politique, afin de permettre aux salariés du réseau régional de France 3 d’exercer pleinement leurs compétences professionnelles, en ayant des perspectives et en retrouvant du sens au travail.
Adopté à l’unanimité des 21 votants CFDT, CGT, FO, SNJ et SUD s’associent.
Paris, le 28 août 2025
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du 27 août 2025
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Monsieur le Président, nous n’aimerions pas être à votre place. On vous envoie au front, sans doute au pire moment. Les nuages sont massés sur notre entreprise : financement taillé à la machette, démantèlement du socle social à travers la dénonciation de notre accord collectif, épée de Damoclès de la holding avec sa perspective de fusion des réseaux France 3 et France Bleu et le délabrement des conditions de travail et de nos missions qui en découlera. Dans le réseau régional, plus personne ne croit à un quelconque futur. Les salariés n’ont plus confiance, ni dans l’avenir, ni dans leurs dirigeants. Leur travail s’est densifié en même temps qu’il s’est appauvri. L’activité des antennes n’a sans doute jamais été aussi dérisoire. Les programmes mutualisés et les producteurs privés sont aujourd’hui maitres de nos grilles. Quant à l’info, faute de temps et de moyens, elle brille par sa superficialité. Le numérique continue à être notoirement sous-doté, même si la politique du clic sauve provisoirement la face. C’est donc dans ce contexte que vous prenez la direction du Réseau. Qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui ? Votre prédécesseuse a étrenné ce poste impossible, où le directeur est réduit au rôle de figurant, préposé aux baffes, chargé de subir et de contenir les élus du CSE, sans le pouvoir décisionnel, sans la moindre autonomie. Les vrais décideurs, eux, sont confortablement installés à l’étage au-dessus, à la direction des antennes et des programmes. C’est eux, aujourd’hui, qui font la loi et qui ne rendent de comptes à aucun représentant du personnel, ni à aucun salarié. Tous ces ingrédients génèrent l’impuissance, les impasses, les discours creux et les débats stériles. Et une immense frustration. Pour vous probablement, pour nous assurément. Il vous faudra beaucoup de talent pour sortir de cette chausse-trape, nous nous excusons par avance pour nos exaspérations, nos colères. Mais nous n’accepterons jamais de voir cette instance contournée ou neutralisée, de voir ses prérogatives bafouées. Nous rejetons les faux-semblants, les éléments de langage ripolinés à la novlangue, les absences de réponses ou les renvois incessants à la direction centrale. Nous voulons un discours sincère, des débats de fonds, nous ne sommes pas une simple formalité administrative ou légale, nous sommes les représentants des salariés, du corps social de cette entreprise, nous portons leur voix, nous savons être constructifs, encore faut-il que la direction en crée les conditions, ce qui n’a pas été le cas ces derniers temps. Nous le redisons : notre CSE est essentiel et incontournable, à plus forte raison, vu les dossiers lourds et anxiogènes qui s’annoncent dans les prochains mois. Sans oublier les nombreux cas de mal-être au travail qui ne sont toujours pas réglés. Monsieur le Président, nous espérons que vous êtes décidé à redonner toute sa place à cette instance, à vous appuyer sur les élus et à défendre ce bien commun qu’est notre réseau régional. Si c’est le cas, nous travaillerons ensemble. Sinon, vous nous trouverez sur votre chemin, car nous n’avons qu’une conviction : défendre la télé régionale publique et ses salariés.
Paris, le 27 août 2025
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Compte rendu du CSE Extraordinaire réseau France 3 du 1er juillet 2025
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Les larmes d’Isabelle Staes
Pour la directrice du Réseau France 3, cette réunion extraordinaire du CSE, ordonnée par le juge, était aussi sa dernière journée à France Télévisions, a-t-elle précisé, brisant le masque malgré elle, submergée par l’émotion. Au terme d’une riche carrière de 40 ans à France Télévisions, dont les derniers mois n’ont sans doute pas été les plus valorisants, vu le peu de marge de manœuvre dont dispose aujourd’hui une directrice ou un directeur du Réseau, Isabelle Staes tire sa révérence. Malgré tout, l’ancienne grand-reporter a déclaré aux élus avoir beaucoup appris à leur contact - C’est trop d’honneur ! - avant d’ajouter « j’ai appris à ne pas m’énerver ». Bon… On lui souhaite en tout cas de profiter de sa retraite, en repensant à l’époque où l’on pouvait, à France Télévisions, exercer son métier dans de bonnes conditions. Elle laisse la place – et la patate chaude – à Christophe Poullain, qui devra à son tour jouer le rôle ingrat de bouclier-ligoté pour les grands stratèges de la direction des antennes et des programmes. Si l’on a bien lu le projet de Delphine Ernotte, M. Poullain devra transformer la direction du Réseau France 3 en direction d’ICI TV, transférer cette direction à Marseille et récupérer la patate chaude de la dernière fulgurance du trio Kara-Sitbon-Martinetti, qui vise à transférer la direction de l’info des régions à Lyon, à fusionner FTR et IV3, à débarrasser la rédaction nationale de la fabrication de sujets nationaux et internationaux pour les gueux des régions, bref à renforcer encore un peu plus l’information à deux vitesses entre le national et les régions.
Compression des effectifs : la direction ne voit aucun impact…
Depuis des lustres, la direction supprime les ETP à tour de bras sans juger utile de consulter les élus. Pourtant, ces suppressions de postes dans les antennes ont contribué et contribuent à dégrader les conditions de travail, elles impactent l’activité qui ne cesse de se réduire et de s’appauvrir, alors que dans le même temps certains métiers sont en surcharge de travail quand d’autres frôlent parfois le bore out. Malgré les demandes réitérées des élus, la direction n’a jamais accepté de transmettre des informations précises sur les postes supprimés et sur les conséquences sur les collectifs de travail et sur l’activité. Les élus du CSE ont fini par porter l’affaire devant la justice, qui leur a donné raison. Le juge des référés de Paris a ordonné l’information/consultation du CSE sur la compression des effectifs dans le réseau régional sous 15 jours, sous peine d’astreinte. Aux élus pour cette réunion, la direction a remis un document purement budgétaire, qui cherche à minimiser le nombre d’ETP supprimés et leurs conséquences. Le problème, c’est que les impacts ne sont ni présentés, ni même mesurés, en contradiction totale avec les obligations de l’employeur, qui doit au contraire mettre en œuvre des mesures de prévention, puisque ses projets ne peuvent aboutir à dégrader la santé des travailleurs. Les élus ont donc désigné un expert pour mesurer les impacts sur les organisations, l’activité, les conditions de travail, interroger la méthode mise en œuvre par la direction et faire des préconisations. A ce stade de fragilisation des antennes régionales, alors qu’on annonce dans quelques jours un budget rectificatif qui viendrait encore aggraver la situation, les élus demanderont des comptes sur chaque poste supprimé. Voir la délibération du CSE 📎
A venir
Prochain CSE : les 27 et 28 août CSEC extra sur le budget rectificatif : le 7 juillet.
D’ici là, vos élus CGT vous souhaitent un bon été.
Paris, le 2 juillet 2025
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Déclaration liminaire solennelle - CSE Extraordinaire du 1er juillet 2025
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Déclaration liminaire solennelle CSE Extraordinaire du 1er juillet 2025
En douce... C’est ainsi que désormais tout se fait dans le réseau France 3 ou plutôt « Ici ». Un réseau où la transparence est aussi limpide qu’un brouillard automnal. Ici, on ne dit rien, on fait. Comme pour la marque "france.tv" glissée subrepticement à l’antenne début juin. Un petit coup de peinture sur la façade, et hop, circulez, y’a rien à voir. L’identité historique de France 3 ? Dissoute. Elle aussi en douce. Et pendant que les téléspectateurs s’interrogent sur ce nouveau vernis, les effectifs fondent comme neige au soleil, sans que cela n’ait… juré, craché… aucun impact sur la qualité des reportages, ni sur les conditions de travail. Bien sûr. Parce que produire plus avec moins, c’est le nouveau miracle managérial. À ce rythme, bientôt, un seul journaliste suffira pour couvrir trois régions, deux grèves et un festival de la saucisse. En douce, certaines éditions locales ferment 16 semaines par an. Oui, seize. Un tiers de l’année sans info de proximité. Pour un Réseau qui se veut "Ici", c’est un peu "ailleurs" qu’on envoie les téléspectateurs. En douce, on saborde la fidélité du public, comme si l’ancrage local était un vieux concept poussiéreux. En douce, la direction de l’info et la direction du Réseau préparent un changement majeur dans l’élaboration des contenus nationaux et internationaux des éditions régionales, en fusionnant IV3 et FTR dans une direction de l’info régionale délocalisée à Lyon, en confiant l’élaboration des sujets à des journalistes deskeurs… Le tout, sans consulter le CSE du Réseau. En douce enfin, les salariés régionaux de la Fabrique sont invisibilisés, transformés en fantômes. En catimini, on assiste à une restructuration qui ne porte pas son nom. Le CSE découvre les projets après coup. Pas informé, pas consulté. Sauf lorsque le tribunal l’impose. Parce qu’en douce, on a oublié que la démocratie sociale n’est pas une option, mais une obligation. « Ici » on consulte les salariés comme on consulte la météo : quand ça nous arrange. Et si on peut les laisser affronter la tempête dans l’ignorance, avec le moins d’informations possibles c’est encore mieux ! En douce, on efface, on remplace, on fait semblant. Et pendant que les décisions tombent en douce, mais sans douceur, les salariés trinquent et le service public se délite. Lentement. Silencieusement. Mais sûrement.
Soyez sûrs d’une chose : notre réaction à nous ne se fera pas… en douce.
Paris, le 1er juillet 2025
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du 18 juin 2025 - La casse de la télé régionale en bande organisée
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De toute évidence, le rapport Bloch rendu public en début de semaine est un travail de commande au service des dirigeants de l’audiovisuel public et de la ministre, un justificatif stratégique en bande organisée. Ses ingrédients : des constats lapidaires, des certitudes et des dogmes, et plus fondamentalement une indifférence malveillante à l’égard des salariés. D’ailleurs, l’ancienne patronne de France inter n’a pas rencontré une seule organisation syndicale, elle s’est cantonnée au petit entre-soi des directions, des tutelles et des seuls députés du bloc centriste. Une approche partiale qui tourne délibérément le dos aux principes du pluralisme qu’elle fait mine de vouloir défendre. A ce titre, la proposition de création d’un poste de directeur de l’information au niveau de la holding est un très mauvais signal pour l’indépendance des rédactions. Sans surprise, les conclusions de ce « rapport » valident donc à la fois les lubies de Madame Dati et les ambitions de Madame Ernotte : création d’une holding et de différentes filiales dont la société Ici dans laquelle seraient transférés et réunis les salariés des réseaux régionaux de la télé et de la radio. Le tout assorti d’une remise à plat du modèle social avec le règne de la polyvalence à la clé. Ce grand soir à la machette est justifié par la nécessité du grand basculement numérique. La question de l’impact social n’intéresse pas un instant ces élites. Voici donc une ultime illustration de l’épée de Damoclès qui pèse lourdement sur les salariés du réseau régional de France 3. D’ores et déjà, les briques de ce monde rétréci du futur se mettent en place sous nos yeux : réduction des ETP à marche forcée avec son cortège de postes vacants et d’éviction brutale de salariés non permanents ; appauvrissement de l’offre de programmes remplacés par des magazines recyclant les vieilles gloires de la télé nationale, sans doute les plus à même d’apporter un nouveau souffle ; mise en place d’outils pour automatiser, processer et se débarrasser à terme des salariés. Face à un tel constat, on se demande s’il reste dans notre entreprise une direction ayant une conviction sincère pour le réseau régional, hormis celle de nourrir des producteurs privés. De son côté, toute en condescendance, Madame Bloch imagine une télévision régionale tournée vers « une information servicielle et d’accompagnement », mettant en avant « les fiertés des régions (patrimoine culturel, gastronomie, sports) », où le décryptage se résume à « l’explication des phénomènes climatiques en marge de la météo ». Une gentillette communication d’ambiance, faut bien divertir le populo pour éviter qu’il aille de nouveau occuper des ronds-points. L’info, la vraie, faut laisser ça aux adultes, à Paris. D’ailleurs Madame Ernotte veut catapulter la direction du Réseau à Marseille, histoire de ne plus voir les gueux encombrer les couloirs du siège parisien. Cette vision d’en haut, nous la contestons fermement et nous sommes bien décidés à la combattre pied à pied. Nous appelons les salariés à se mobiliser massivement contre le projet de holding, qui revient à l’Assemblée nationale à partir du 30 juin. De leur côté, les élus ont saisi la Justice et obtenu que la direction consulte enfin les instances sur les rapprochements France Bleu/France 3, la disparition de la marque France 3 et la compression des effectifs, qui entraine baisse de l’activité et dégradation des conditions de travail.
Paris, le 18 juin 2025
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Déclaration CGT au CSE du réseau France 3 du 21 mai 2025 - Dans le réseau régional, le dialogue social face à un mur en parpaings
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Ce mercredi 21 mai, la radio Ici Armorique, ex-France Bleu, a commencé à émettre depuis le bâtiment de France 3 Bretagne dans lequel ses équipes ont déménagé hier. A cette occasion, la signalétique du bâtiment de Rennes, siège historique de FR3 puis de France 3 Bretagne a été modifiée. Le logo Ici a remplacé celui de France 3 à l’extérieur comme dans le hall d’accueil. Ici Bretagne côtoie désormais Ici Armorique. L’identité de France 3 est en voie d’effacement. Quelles sont les conséquences de tout ça ? Quelle est l’étape suivante ? On ne le sait pas. S’appelle-t-on toujours France 3 Bretagne ? S’appelle-t-on France 3 Aquitaine, France 3 Alsace ou Ici ? Le Réseau France 3, lui-même, existe-t-il encore ? On se pose la question, nous n’avons pas été informés. Et c’est bien ce que nous entendons contester demain devant le juge des référés. En fait, c’est devenu un procédé, cette direction ne nous informe de rien, elle contourne les instances, piétine sans vergogne le dialogue social. Même le récent changement d’URL pour le site de franceinfo s’est fait en catimini. Ce n’est pourtant pas un détail, il s’agit d’un sujet hautement stratégique : notre référencement, nos audiences numériques, dans lesquelles les antennes régionales pèsent pour 40 % et sur lesquelles la direction se congratule pourtant en permanence à coup de post triomphants sur les réseaux sociaux. Le sujet de la bascule n’est pourtant pas anodin. Comment a-t-elle été anticipée ? Quelles conséquences ? Quels risques ? Là non plus, les élus de notre instance n’ont pas été informés. La direction a-t-elle seulement étudié les impacts ? Autre exemple, la semaine dernière, à l’occasion d’une visite sur le site de qualification de Strasbourg, les référents métiers de l’expérimentation Overdrive découvrent qu’on les a faits venir, non pas pour tester les différentes fonctionnalités de l’automate de production – ça, visiblement, ça a été fait depuis janvier par 6 techniciens choisis de manière discrétionnaire par la direction technique – mais pour une simple présentation des évolutions ergonomiques de l’outil, des nouveaux modes d’exploitation déjà définis et qui permettraient au final d’utiliser Overdrive pour la fabrication des éditions d’information, tout en supprimant un poste de technicien vidéo en régie. La semaine dernière, les référents ont réalisé qu’ils n’avaient aucun rôle à jouer, que la messe était déjà dite et qu’on les conviait pour l’affichage. D’ailleurs, une communication générale de la direction a confirmé hier que le directeur de la coordination de l’exploitation du Réseau avait, une fois de plus, tenu des propos mensongers aux élus de ce CSE. C’est une seconde nature chez lui. Enfin, plutôt que d’informer les instances, c’est dans des raouts au soleil avec les producteurs privés et la presse que la direction des offres régionales annonce – on l’apprend dans des posts sur les réseaux sociaux – qu’elle va déménager à Marseille et que Lyon deviendrait le pôle de l’information régionale. Un exemple supplémentaire de la consanguinité du fonctionnement en vase clos de cette petite caste. Derrière cette opacité et cette sournoiserie, difficile de croire aux grandes déclarations de la PDG-candidate-à-sa-reconduction, qui évoquait la transparence, le dialogue social, l’horizontalité du management. Qui peut-elle encore convaincre, après avoir systématiquement, avec ses sbires, malmené les élus, « mal-mené » – et au pas de charge – les transformations ? Les nuages s’amoncellent sur la ligne d’horizon pour les salariés du réseau régional, sur les perspectives concernant leurs conditions de travail et leur activité. Au lieu d’un management qui mouille la chemise, qui s’emploie à rassurer le corps social, on fait face à un mur en parpaings : la direction, en grande insuffisance, est aux abonnés absents du dialogue social. A la CGT, nous n’avons aucune intention de nous effacer. Nous nous battrons pied à pied pour limiter ses nuisances.
Paris, le 21 mai 2025
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Réunion extraordinaire du CSE du 28 avril 2025 Les élus assignent la direction en justice
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Depuis des mois la direction refuse d’informer les élus sur les conséquences, pour les salariés, des projets qu’elle met en place : impacts sur les conditions de travail, sur l’activité, sur la structure de l’emploi. Les élus ont donc exigé une réunion extraordinaire afin d’obtenir le lancement de plusieurs procédures d’information/consultation : l’une sur le projet Ici et ses conséquences dans tous les domaines, l’autre sur la compression des effectifs. La réduction de 54 ETP dans les antennes régionales en 2025 a déjà des conséquences sur les collectifs : baisse de l’activité, dégradation accrue des conditions de travail. En séance, la directrice du Réseau Isabelle Staes aligne éléments de langage et contre-vérités : Sur le projet Ici. « Nous considérons que les élus ont été régulièrement informés sur cette marque ». C’est faux. Et mensonger. Et surtout réducteur. Il ne s’agit pas simplement du déploiement d’une marque, mais bien de l’avenir du réseau régional, dont on sait que politiques et direction rêvent de le fusionner avec celui de la radio Ici-ex-France Bleu, avec des impacts considérables sur les salariés et sur notre mission de service public. Une nouvelle étape est annoncée le 6 juin, avec la suppression des noms des chaines afin de privilégier france·tv, et donc la disparition pure et simple de la marque historique France 3. Sur les conséquences des réductions d’ETP. Madame Staes répond sans rire que cela n’a « pas d’incidence sur la structure de l’emploi et les conditions de travail » et que cela « doit être naturellement absorbé ». Interpellée par les élus sur les réductions d’activité dans les régions (basse activité l’été, journaux mutualisés, locales fermées ou réduites), la présidente du CSE ose prétendre que « ce sont les choix faits par les directions régionales » et qu’il « n’y a pas de consignes générales au niveau de la direction du Réseau ». Quelle hypocrisie ! La direction du Réseau fixe la notification d’ETP et impose les réductions budgétaires qui obligent les directions régionales à trancher dans le vif. Face à tant d’insincérité et d’insulte à leur intelligence, les élus ont décidé de saisir la justice. Ils ne veulent plus de ce mépris des instances – et donc des salariés –, et l’opacité à l’œuvre dans la conduite de ce projet. A Radio-France, les élus ont obtenu d’être informés et consultés sur ce projet de « fusion filialisation », que la direction de France télévisions n’assume pas. A l’instar du CSE Central, les représentants du Réseau France 3 exigent désormais que soit rappelé le droit.
Paris, le 29 avril 2025
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du 16 avril 2025
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Le 6 juin prochain, France 3 devrait disparaitre des écrans télé. C’est ce qu’a annoncé Mme Ernotte, le 25 mars à la presse. A la surprise générale. Les instances représentatives du personnel n’ont pas eu l’honneur d’en être informées. Une fois de plus la direction s’exonère de ses obligations et ne fait même plus mine d’avoir un semblant d’estime pour les salariés et leurs représentants. Ainsi, si on résume la situation, en novembre, la direction a supprimé la référence à France 3 à l’antenne sur les créneaux régionaux. Le 6 juin, elle s’apprête à supprimer France 3 tout court. A-t-elle évalué les conséquences de ces changements, les impacts à différents niveaux ? Les élus sont dans l’incapacité de le dire, ils n’ont pas reçu l’ombre d’une information. Pourtant, un certain nombre d’actes irréversibles se mettent en place, les logos de notre entité historique, celle qui nous rassemble, qui est reconnue et saluée par nos publics, disparaissent progressivement de nos façades, de nos communications. Pourquoi un tel effacement ? Même la BBC a conservé ses marques sur les chaines linéaires contrairement à ce que dit la Présidente. A-t-on anticipé d’éventuels risques, sur nos publics, sur les salariés qui ont une forte culture d’entreprise en région ? Apparemment cela n’intéresse pas la direction. Il y a quelques semaines, à l’occasion du débat parlementaire sur la holding, on découvrait les intentions (et injonctions) du gouvernement : fusionner les réseaux régionaux Ici-ex-France Bleu et France 3 au sein d’une filiale Ici. Il y a bien un mouvement, il se fait par touches successives, mais la direction a décidé de contourner les salariés et leurs élus, nourrissant l’anxiété autour d’un plan de moins en moins caché, et confirmant ses mauvaises intentions à l’égard des salariés. Il est plus qu’urgent de jouer carte sur table et de dévoiler la ligne d’horizon avec honnêteté.
Paris, le 16 avril 2025
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Compte rendu du CSE réseau France 3 des 19 et 20 mars 2025
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Hommage
Les élus ont observé une minute de silence, en mémoire de Jean-François Tealdi, Jef, ancien secrétaire général du SNJ-CGT, figure éminente du syndicalisme à France 3 puis France Télévisions – notre camarade – décédé d’un cancer le 12 mars. Voir ici la déclaration.
Deux militants de la CGT vont quitter l’entreprise
Sabine Daniel, journaliste à Caen, élue CGT de longue date, va quitter l’entreprise, suite à une inaptitude à tout poste. Les élus ont dénoncé la dégradation de la santé, qui touche un nombre croissant d’élus et de salariés. La CGT salue cette camarade de longue date. William Maunier quittera l’entreprise en juillet, dans le cadre d’une mise à la retraite. Syndicaliste emblématique de la CGT, cet ancien monteur a occupé des fonctions importantes. Il fut notamment secrétaire du CE du pôle Nord-Est, élu au CCE puis au CSE central. Il est actuellement élu suppléant du CSE, il est par ailleurs Secrétaire général du SNRT CGT Audiovisuel.
Départ d’une autre figure historique
C’était la dernière réunion de CSE pour Caroline Rouvin, la sténotypiste qui assurait la retranscription des débats des réunions de CSE ou de CSEC dans les procès-verbaux. Caroline était une « historique ». Elle avait connu FR3, Cours Albert-1er, puis toutes les évolutions de l’entreprise. Elle avait fondé sa propre entreprise de sténotypie, aujourd’hui prestataire régulière pour France Télévisions. Les élus lui ont offert des fleurs.
Expertise pour risque grave à la locale de Nîmes
Il s’agit un peu d’un cas d’école, qui résume assez bien ce que vit le CSE depuis sa création en 2018. La locale de Nîmes a connu de nombreuses difficultés qui ont abouti à des conflits interpersonnels et à une dégradation de la santé psychique des salariés. Pour identifier l’origine de cette situation (afin d’éviter que cela ne se reproduise), les élus avaient voté en janvier 2024 une expertise, qui a été contestée au tribunal par la direction ; celle-ci préférait faire réaliser, par un cabinet d’avocats à sa solde, une enquête, qui a abouti à une procédure disciplinaire et au licenciement d’un salarié. Mais ne règle pas les problèmes de fond. Le tribunal a finalement donné raison au CSE et l’enquête, réalisée par le cabinet Cedaet a été restituée aux élus. Elle apporte une analyse et des enseignements intéressants sur l’organisation du travail dans les locales, la difficulté que rencontrent les rédacteurs en chef adjoints de locale, avec une forte charge de travail et charge mentale, le manque de moyens, avec des équipes qui tournent plusieurs sujets par jour et n’ont pas de marge, mais aussi la faiblesse des politiques de management, d’accompagnement des salariés, de régulation des situations conflictuelles. Comme partout dans le Réseau, ce qu’ont vécu les salariés de Nîmes montre qu’il manque des espaces « de dispute professionnelle », où l’on échange et débat sur le travail. Ces espaces, où seraient abordées les difficultés quotidiennes liées à l’organisation, à l’exercice professionnel, à la ligne éditoriale, permettraient de jouer le rôle de soupape et de désamorcer le pourrissement des situations. Les élus ont fait de nombreuses préconisations, auxquelles la direction devra répondre par écrit. Depuis 6 ans, la direction a toujours rechigné à mettre en œuvre des plans d’action s’attaquant aux véritables causes, se contentant de mettre en place des actions assez anecdotiques.
Commission Nouvelles technologies
Drones La commission des nouvelles technologies a fait un bilan de l’internalisation de l’activité des tournages par drone, un peu plus d’un an après le lancement. Aujourd’hui, les 29 pilotes habilités dans le réseau régional assurent un maillage disparate et incomplet du territoire. Certaines régions n’en ont qu’un alors qu’à terme, il pourrait y avoir plusieurs aéronefs par région, à raison de 2 pilotes maximum par drone. Il demeure cependant un frein : l’entreprise ne souhaite pas mettre en place un plan de formation permettant à des JRI, OPV ou autres d’acquérir les compétences de vol. Si l’on résume la position de M. Friederich, le directeur de la coordination de l’exploitation du Réseau : l’entreprise est déjà bien gentille de laisser les gens qui ont des habilitations de vol, piloter des drones en interne. Ceux qui voudraient s’y mettre n’ont qu’à se former sur leur temps personnel. Une telle argumentation est totalement inentendable. Certes les élus ont salué la démarche conjointe direction / commission nouvelles technologies du CSE qui a permis d’internaliser l’activité de drone dans le Réseau, mais on n’est pas pour autant dans une MJC. Ces professionnels filment des images pour les besoins de l’entreprise. Cette dernière doit donc assumer le développement des compétences des intéressés. Sans cela, il continuera à y avoir des zones blanches dans la pratique du drone. Caméras En 2015, France Télévisions avait passé un gros marché de renouvellement des caméras. Ce renouvellement avait fait l’objet d’une expertise votée à l’époque par l’instance de coordination des CHSCT. Elle avait permis d’identifier un certain nombre de problèmes et d’inadaptations dans le choix des camescopes et de faire évoluer les choses, à partir des retours des utilisateurs. Depuis lors, le parc a substantiellement évolué, à coup de remplacement de caméras par de nouveaux modèles, ou avec l’apparition de nouveaux outils : boitiers grands capteurs, unités de tournage smartphone, GoPro, etc. Mais les élus n’ont aucun retour sur les effets de ces outils sur la santé des salariés : problèmes ergonomiques, génération de troubles musculosquelettiques, etc. Les élus demandent qu’un vaste questionnaire soit élaboré afin de bénéficier d’un retour des utilisateurs (JRI, OPV, journalistes à compétence complémentaire), de pouvoir dresser un état des lieux des risques et préconiser des mesures de prévention. Ils demandent que ce travail soit mené sous l’égide de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) et de la commission nouvelles technologies. Overdrive Malgré l’échec de l’expérimentation de l’automate sur le site de qualification de Strasbourg (SQS), la direction technologique n’a pas perdu espoir de pouvoir imposer l’outil qu’elle a d’ores et déjà acheté, au risque d’être accusée d’erreur stratégique. Depuis plusieurs mois, les ingénieurs travaillent avec le fabricant d’Overdrive à une mise à jour qui permettrait d’automatiser les « infos décors » (les images projetées dans les plasmas du plateau), l’horodatage des synthés et – ce qui intéresse en 1er lieu la direction – l’automatisation des serveurs, qui lui permettrait de supprimer un poste de vidéo en régie. Il n’y a pas de petits profits. Michaël Friederich annonce désormais une phase de test de ces fonctionnalités avec les référents métiers (scriptes, techniciens vidéos…) qui avaient participé à l’expérimentation sur le SQS. La direction rêve d’aboutir avant l’été et de consulter alors le CSE, en particulier si le déploiement de ces fonctionnalités entraine une modification des conditions de travail ou une évolution des effectifs en régie. Voir le compte-rendu de la commission nouvelles technologies.
Budget 2025 : le tour de vis sur les effectifs
Officiellement, si l’on écoute la direction, le Réseau France 3 n’est censé économiser cette année « que » 32 ETP pour atteindre 2920 ETP. Mais il s’agit d’un vilain camion maquillé. En réalité, les stations régionales (hors Corse) sont priées d’économiser près de 55 ETP. La différence tient au fait que le transfert des équipes légères de la Fabrique vers Rennes a rajouté 16,5 ETP à la Bretagne, ce qui masque artificiellement la baisse de 2,3 ETP à périmètre égal. En outre, la direction du Réseau, elle, voit ses effectifs augmenter de 4 ETP, à force de recasages divers et variés. Mieux vaut être en haut de la pyramide… On l’aura donc compris, la direction récupère à peu près les 57 ETP du projet Tempo. Et, vu le zèle de Delphine Ernotte pour réduire le déficit et ripoliner son dossier de candidature à sa succession, on peut craindre de nouveaux serrages de vis dans les mois qui viennent. Avec des conséquences toujours plus importantes sur les salariés et leurs conditions de travail. Les élus du CSE ont demandé à être consultés sur les impacts de ces nouvelles baisses d’effectifs. Voir leur résolution. Voir le tableau comparatif par région et la déclaration liminaire de la CGT.
BIP d’Arcachon
Conformément à la position des représentants de proximité d’Aquitaine, les élus ont donné un avis positif au projet d’aménagement du futur bureau d’information de proximité d’Arcachon. Lors d’une précédente réunion, ils avaient validé le projet de bail. Une équipe est en cours de recrutement. Elle est censée rejoindre les lieux en juin.
BIP de la Roche-sur-Yon
Le projet de relocalisation de l’équipe de la Roche-sur-Yon (Vendée) suscite plus de réserves. La direction, assez désinvolte, était très approximative dans ses réponses. Les nouveaux locaux, dans un bâtiment en construction au bord de la nationale à l’entrée de la ville, sont assez excentrés et moyennement accessibles (une demi-heure de bus ; un accès à vélo, aux risques et périls du cycliste, vu la circulation sur cet axe non aménagé. Surtout, l’équipe devra partager un seul WC avec les autres entreprises qui occuperont ce plateau de 400 m2. La direction n’a pas non plus prévu de douche. Les élus ont demandé à la direction de modifier sa copie.
Tour de vis sur l’entretien annuel d’évaluation
Les remontées de salariés sur les entretiens annuels se multiplient depuis plusieurs semaines. Plusieurs d’entre vous ont constaté que leurs évaluations avaient été revues à la baisse, parfois les chefs de service ont même admis à voix haute qu’il s’agissait d’une consigne nationale. En CSE, la DRH du Réseau France 3, Vanessa Fixot affirme qu’il n’y a aucune instruction. D’ailleurs elle affirme que la direction a fait une petite étude comparative avec les entretiens annuels de l’an dernier et que « rien ne montre qu’un niveau de compétences descende de manière significative ». Mais dans le même temps, elle admet qu’un plan de montée en compétences des managers sur la conduite de l’entretien annuel est en cours, et qu’on rappelle qu’il ne faut « pas surnoter mais être le plus juste possible ». Selon Séverine Thirel, la DRH adjointe, on peut indiquer l’excellence d’un salarié dans l’appréciation des points forts, sans pour autant l’évaluer comme « au-delà des attentes ». On aura compris que la direction ne veut surtout pas se retrouver dans la situation de devoir promouvoir fonctionnellement des salariés. Questionnée sur le fait que des salariés refusent de signer leur entretien, Séverine Thirel répond qu’au contraire, s’il ne le signe pas, il n’aura pas pu manifester son désaccord. La loi impose un champ « commentaire » qui permet au salarié d’exprimer qu’il n’est pas d’accord avec son manager. Vanessa Fixot a cru devoir rappeler qu’un entretien annuel, c’est planifié et que ça se prépare. Les élus ont demandé qu’un temps de préparation de l’entretien (avec accès aux documents et documentations) soit aussi planifié pour les salariés.
A venir
Prochain CSE : 16 et 17 avril Prochains CSEC : 24 et 25 avril.
Paris, le 08 avril 2025
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du 19 mars 2025 - A France Télévisions, la lutte des classes a de beaux jours devant elle
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Une fois de plus, sans le moindre état d’âme, la direction a cherché à balader les élus. En annonçant pour 2025 une baisse de 35 ETP dans le réseau régional, on était loin du compte et de la vérité. En réalité, c’est près de 55 ETP que vont devoir économiser les stations régionales de France 3. Le chiffre vous rappelle quelque chose ? C’est à peu de choses près le renfort de 57 ETP lié au projet Tempo. La direction reprend ce qu’elle avait donné. Bien sûr la direction du Réseau a tout fait pour masquer cette réalité. D’abord en rechignant à inscrire le point en CSE, puis en fournissant un document brut, sans mention des évolutions entre 2024 et 2025, obligeant les élus à prendre leur calculette. Le document comporte pas mal d’artifices, notamment un changement de périmètre, puisque Rennes s’est vu transférer près de 18 ETP supplémentaires, liés notamment au pool d’équipes légères précédemment à la Fabrique. Là où la direction affiche une augmentation de 15 ETP pour la Bretagne, il faut en fait lire, à périmètre comparable, une baisse de près de 2,5 ETP. Au final, les effectifs ne progressent qu’à un seul endroit : à la direction du Réseau. Cherchez l’erreur. Pendant que sur le terrain, on essore les troupes, qu’on cherche à externaliser et précariser les maquilleuses, qu’on rêve de réduire le nombre de techniciens en régie, que les PAE et tournages d’émissions en interne sont devenus une exception, que les jours de prépa pour les journalistes sont désormais un luxe, on gonfle la structure centrale. La lutte des classes n’a jamais été aussi patente à France Télévisions. Pour s’en convaincre, il suffit par ailleurs de constater la gestion des conséquences du grave accident éditorial à franceinfo autour du projet de Riviera à Gaza. Le principal responsable éditorial est recasé dans un placard doré, quand, à la moindre erreur, le salarié de base, lui, est sévèrement sanctionné. Deux poids, deux mesures. Et le sentiment que, dans son entre-soi, une caste socio-professionnelle se contrefiche de la moindre exemplarité. Il est plus que temps de renverser la table !
Paris, le 19 mars 2025
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du19 février 2025 - La fable de la régionalisation en carton-pâte
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La fable de la régionalisation en
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Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 - 21 janvier 2025
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Dans le contexte angoissant du monde, de la France, de notre entreprise, la CGT souhaite apporter une touche de lumière et d’espoir. En ce début d’année, nous formulons donc des vœux de bonheur professionnel aux salariés du Réseau France 3. Le bonheur, ça passe par de belles perspectives : une année où le projet ne serait plus uniquement de supprimer des effectifs, d’alourdir la charge de travail des salariés restants, de leur faire avaler la polyvalence comme seule chance d’évoluer professionnellement, de les accuser de coûter trop cher et de vouloir rogner leurs conquis sociaux. Une année où les journalistes de région n’auraient pas pour seule ligne d’horizon, la fabrication d’une actu superficielle et processée mais aussi de faire de l’enquête, du magazine, de rendre intelligible la société et les territoires dans lesquels ils vivent en racontant des histoires, en étant impertinents, en tournant des images, en ayant le temps de faire un vrai travail de terrain. Dans nos vœux, les directions régionales auraient la latitude de lancer des émissions fabriquées par les techniciens des antennes, qui permettraient de sillonner le territoire, de faire tourner à plein les plateaux régionaux, de donner une vitrine à l’excellence interne. Les tournages de documentaires feraient appel au savoir-faire des équipes légères du Réseau. Les maquilleuses, profession féminine et précarisée, ne seraient plus considérées par la direction comme un métier accessoire et externalisable. Côté technologies, les antennes régionales seraient à la pointe, car les déploiements d’outils et d’équipements placeraient l’utilisateur au centre. Les opérationnels, les sachants, seraient sollicités pour l’expression de besoins avant tout choix de matériel ; leur expertise serait systématiquement utilisée afin de parvenir à des déploiements harmonieux et adaptés au corps social. On aurait soin de toujours anticiper et évaluer les impacts des transformations, afin de réduire les risques. Dans un tel contexte, les gens retrouveraient du sens au travail, l’absentéisme et ses coûts induits diminueraient, ce serait tout bénéfice pour l’entreprise. Ce monde n’est malheureusement pas le nôtre. « Ici, nos rêves sont étroits » disait Goldmann. Ça n’a jamais été aussi vrai à France 3. A la CGT, nous nous battrons inlassablement pour une télé publique régionale forte, utile, reconnue, où le collectif l’emporte sur les intérêts particuliers. C’est ce qui donne le sens à ceux qui la fabriquent. Cela passe aussi par la réhabilitation du rôle des élus dans le Réseau, que ce soit dans les antennes ou dans notre CSE. Il a été grandement mis à mal. En 2025, nous souhaitons que les représentants du personnel soient pleinement estimés, que leur parole et leurs propositions de terrain soient écoutées. Contrairement à ce que nous avons vécu en 2024 et les années précédentes, la direction doit prendre conscience que le dialogue social n’est pas une contrainte, c’est une chance pour notre entreprise.
Paris le 21 janvier 2025
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Compte rendu du CSE du réseau France 3 20 et 21 novembre 2024
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Depuis de longs mois, et en particulier depuis l’exfiltration de Philippe Martinetti vers l’Olympe de la gouvernance, les élus observent la vacuité des réponses de la direction du Réseau France 3, qui préside le CSE. Manifestement, les décisions stratégiques se prennent ailleurs : le budget du Réseau est négocié par Philippe Martinetti et Philippe Angot auprès de la PDG, les grandes décisions relatives à l’antenne ou à l’info sont prises au sein de la direction des antennes et des programmes ou au sein de la direction de l’information. Faut-il y lire la préparation de la filialisation du réseau de France 3 et sa fusion avec celui de France Bleu ? Les derniers ajustements au sommet du réseau régional de France 3 sont venus confirmer cette cruelle réalité : désormais Isabelle Staes n’a plus sous sa responsabilité que les directeurs régionaux, la direction de la communication régionale et le directeur de la prévention des risques professionnels du Réseau. Madame Staes répond que son rôle est « d’avoir une présence quotidienne en proximité avec les directions régionales ». La belle affaire : des directions régionales croupion, qui ont moins que jamais la moindre autonomie et un directeur de la prévention alibi, qui est chargé d’éteindre les incendies (et de tenter de neutraliser les élus).
Dans le même temps, les directions de la proximité et du numérique (ex-direction de Xavier Riboulet désormais occupée par Delphine Vialanet), la coordination du pilotage transverse (direction d’Alain Astarita qui chapeaute les DDMPO-ex régulateurs d’activité ou encore les IMG), la coordination des antennes et contenus (ex-direction de Jacques Paté dirigée par Olivier Daube) sont remontées à l’étage au-dessus, au sein de la direction des antennes et des programmes, dans le giron de M. Martinetti :
Pour mesurer le chemin parcouru dans le siphonnage et la dévitalisation de la direction du Réseau, il suffit de regarder le fonctionnogramme présenté en décembre 2021 par Philippe Martinetti, alors directeur du Réseau. Sous ses ordres :
Conclusion : pour parler aux décideurs du réseau régional, ce n’est plus dans le CSE du Réseau France 3 que ça se passe mais au CSE central. De ce fait, tous les débats en CSE sont vains. Les élus obtiennent des réponses creuses (quand ils obtiennent seulement une réponse). Devant tant de vacuité, les esprits s’échauffent, la colère succède à l’agacement et à l’exaspération, et la présidente du CSE demande des suspensions en reprochant aux élus d’élever le ton. Pathétique et lunaire. Au-delà de leur colère, les élus CGT estiment que la direction de cette entreprise met la présidente du CSE dans une position intenable, sans l’autonomie nécessaire. Une nouvelle forme de maltraitance managériale à haut-niveau.
Toute à son ouvrage de bâillonnement des élus et de restriction de leurs prérogatives, la direction a assigné en justice le CSE pour contester son règlement intérieur. Avec une seule ligne : refuser toute sanctuarisation des usages, des engagements pragmatiques qui ont pu être pris au cours des récentes années par de précédentes directions. En arrière-plan en 1er lieu, la volonté d’affaiblir une commission santé (CSSCT) jugée trop active et de conserver l’omerta qui règne sur la politique de lutte contre le harcèlement, utilisée de manière discrétionnaire par la DRH comme une arme de guerre disciplinaire.
La commission des nouvelles technologies s’est réunie à deux reprises depuis septembre. Sur des sujets aussi importants que les régies Mosar, l’Overdrive, la Remote prod (captation/réalisation à distance) ou l’intelligence artificielle. Voir ici le compte rendu de La Commission du 16 septembre 2024 et La Commission du 13 novembre 2024. Ce qui ressort globalement, c’est que la direction met en place par petites touches des outils qui auront ou sont susceptibles d’avoir des conséquences importantes sur les pratiques professionnelles et l’avenir des postes des techniciens et des journalistes. Ainsi l’industrialisation des régies régionales qui a présidé au déploiement des régies Mosar vise à proposer un outil standard, peu adaptable, permettant de faire du JT et des émissions simples. En revanche, il bride toute créativité, n’est pas réactif et empêche de faire des émissions plus ambitieuses. Les quelques antennes qui disposaient jusque-là de régies performantes n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Initialement ces régies Mosar devaient embarquer un automate, afin de réaliser le vieux rêve de la direction des technologies : un monde sans techniciens (ou le moins possible). L’expérimentation à Strasbourg, exigée et obtenue par les élus et les organisations syndicales au terme d’un long bras de fer, a permis de démontrer que cet automate ne permettait pas de fabriquer un JT. Depuis, la direction tente quand même d’en imposer des fonctionnalités et s’apprête à faire des tests autour de l’affichage des synthés, des infos/décors ou de la gestion des serveurs. Sur ce dernier poste, elle rêve de supprimer un poste de technicien vidéo (TEVA) en régie. Interrogée à plusieurs reprises sur le projet qui sous-tend le déploiement de ces outils (continuera-t-on à fabriquer des émissions en région ? Lesquelles ? Quel avenir professionnel pour les personnels techniques, pour leurs expertises dans leurs domaines), la direction ânonne quelques éléments de langage vaseux mais évite à tout prix de dévoiler une quelconque intention stratégique pour l’activité des salariés régionaux.
La direction de l’entreprise souhaite modifier le règlement intérieur, afin d’y intégrer les évolutions concernant l’éthique et les dispositifs anti-corruption, ou encore la lutte contre les harcèlements. Mais les débats ont beaucoup porté sur l’introduction du principe de neutralité dans le règlement intérieur. Ce principe prévu par la loi pour les services publics prévoit des restrictions à la liberté politique ou religieuse, pendant le travail, dès lors qu’on représente le service public. Ces restrictions sont déjà cadrées par la loi de 1905 sur la séparation entre les Églises et l’État, ou par les lois qui régissent l’audiovisuel en France et sont contrôlées par l’ARCOM. Alors pourquoi vouloir en rajouter, surtout concernant l’antenne ? S’agit-il de pouvoir censurer plus facilement certains documentaires lanceurs d’alerte susceptibles d’en déranger Certains ? En outre, la direction voudrait restreindre les opinions philosophiques des salariés, ce qui constitue une grave violation des libertés pour les élus, qui l’ont exprimé unanimement dans leur avis (lire l'avis ici). La modification du règlement intérieur porte aussi sur la charte informatique (qui est fusionnée avec la charte de la téléphonie mobile). Le texte entend régir aussi bien les équipements et logiciels professionnels, que l’utilisation des outils personnels, quand ils servent à se connecter aux outils et portails internes. Là encore, les élus ont émis un certain nombre de recommandations.
Les élus ont donné un avis positif (lire l'avis ici) au projet de déménagement du BIP de Sarreguemines. France 3 a dû trouver un nouveau local, suite à son expropriation par la communauté d’agglomération locale. Les nouveaux locaux, au 2e étage d’un immeuble seront moins grand mais plus modernes et mieux isolés. Les salariées vont participer à l’aménagement du local, qui doit comprendre une douche et un espace détente/kitchenette. L’immeuble dispose d’un garage privatif pour le véhicule professionnel et les vélos, le stationnement est gratuit à l’extérieur. La seule réserve concerne le réseau mobile, très défaillant dans cette zone frontalière. La direction s’est engagée à équiper de wifi les locaux, afin de pallier ce problème.
Les élus ont rendu un avis argumenté sur le bilan social 2023 (lire l'avis ici) du réseau régional. Dans la foulée de la démarche engagée l’année dernière, les élus ont réitéré et complété un grand nombre de préconisations visant à améliorer la fiabilité et l’utilité des indicateurs du bilan social. Ceci dans le but d’avoir une meilleure analyse de la situation sanitaire et sociale de l’entreprise, et de mettre en place des mesures de prévention plus efficaces, afin d’améliorer les conditions de travail au sein du Réseau et de France Télévisions plus généralement. Trop souvent, le bilan social est rempli par la direction comme une simple formalité administrative dont les chiffres ne sont pas éclairants et dont on ne tire aucun enseignement. Afin d’étayer leur avis, les élus ont bénéficié de l’éclairage d’un expert désigné par le CSE central.
IP Fabrique Nord Suite au transfert forcé de Vincent COURTONNE, technicien sur les équipes légères, vers le réseau régional, les élus du CSE ont désigné Charlotte HENRY (Post-production Rennes) comme RP titulaire dans l’instance Fabrique Nord. De leur côté, les RP de l’instance ont désigné Alex BABELOT (Post-production Nancy) comme secrétaire de l’instance en remplacement de Vincent. Notre camarade Vincent COURTONNE a perdu son mandat lors du transfert. Rigide et obtuse, la direction du dialogue social a refusé de le transférer avec son mandat, à titre transitoire jusqu’aux prochaines élections professionnelles au printemps. Quant à la DRH de la Fabrique, elle lui a mis la pression et l’a menacé afin qu’il signe son avenant de transfert. La malveillance de la DRH de la Fabrique n’est hélas plus à démontrer.
Mouvements au sein de l’équipe de gestion du CSE Audrey BIOUD (Grenoble) a été chargée d’une mission de remplacement de cheffe de service du CSE. Nelly LABORDA (Alsace) a été recrutée en renfort en CDD par le CSE, afin de prêter main forte à la mise en place de nouveaux projets, notamment les voyages organisés au niveau national. Le CSE accueille depuis quelques semaines Adelphine KANURA, qui assure le remplacement au secrétariat des ASC à Rennes et à Nantes.
Évolution de la politique de voyages du CSE Il a été décidé, en 2024, d’organiser désormais les grands voyages au niveau central, afin que tous les salariés du Réseau aient la même chance de s’y inscrire. Auparavant, les grosses antennes avaient plus les moyens que les petites, qui n’étaient pas en capacité d’en organiser. Une 1ère salve a eu lieu à l’automne, avec deux départs à New York, deux départs à Londres et deux départs à Lanzarote. Cette expérience va permettre d’adapter l’organisation afin de proposer une offre plus riche et plus diversifiée par la suite. En 2025, les salariés pourront aller à la Guadeloupe, à Berlin ou aux Açores au 1er semestre, et à New York, à Séville et en Casamance au second semestre. Le CSE souhaite en outre avoir une approche plus responsable des voyages, afin de réduire son impact sur l’environnement et sur les gens. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui impliquera des choix plus affirmés en matière de destinations, de modes de voyages et d’organismes avec lesquels le CSE contractualise. Cela implique aussi des changements de mentalité et ne se fera pas en un jour. C’est le sujet sur lequel travaille la nouvelle commission des voyages, créée au début de l’été. Voir les comptes rendus de la commission des voyages, du compte rendu du 11 septembre 2024 et compte rendu du 6 et 7 novembre 2024
Paris, le 25 novembre 2024
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- Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 20 novembre 2024 - Ici, on ne sait plus où on habite
- Liminaire intersyndical CSE France 3 du 18 septembre 2024 - Dialogue social : Passez à l’acte !
- Déclaration liminaire solennelle CSE Extraordinaire du 9 septembre 2024
- CR CSE Réseau France 3 - 28 et 29 août 2024
- Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 du 28 août 2024
- Compte rendu du CSE du réseau France 3 19 et 20 juin 2024
- Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 19 juin 2024
- Compte rendu du CSE du réseau France 3 - 15-16 et 28 mai 2024
- Déclaration de la CGT au CSE du réseau France 3 15 mai 2024
- Compte-rendu CSE Siège 20 et 21 mai 2026
- Déclaration CGT au CSE Siège du 20 mai 2026 - Notre raison d’être… En colère !!!!!
- Compte-rendu CSE Siège 15 et 16 avril 2026
- Liminaire CGT CSE Siège 15 avril 2026
- Compte-rendu CSE Siège 25 et 26 mars 2025
- Liminaire CGT au CSE Siège du 25 mars 2025
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