Compte-rendu CSE Siège - 20 & 21 novembre2024
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Lors du CSE du 11 juillet 2024, les élus du CSE ont voté le recours à une expertise pour « l’équipe Support diffusion » de l’unité MEDIA FACTORY. Cette expertise a été votée dans un contexte de crise accentuée par la réorganisation du service qui a :
Tout cela dans une période de tensions liées à un sous-effectif chronique, à des insuffisances de formation des personnels rendant difficile l’autonomie des ARS qui sollicitent de fait l’ingénierie lorsqu’ils sont en difficulté, tout comme le font les exploitants et les chefs de chaîne. Cette situation explosive a entraîné :
Le rapport d’expertise présenté par le cabinet CEDAET confirme cet état de fait et précise que le point de cristallisation est le planning et ses multiples ajustements. D’un côté, la direction estime que cette prérogative lui revient de droit et que sa mission est d’établir un planning qui soumet chacun aux mêmes contraintes et aux mêmes impératifs. De l’autre, les salariés, qui estiment que l’équité n’est pas dans le fait de donner à chacun la même chose mais réside dans le fait de considérer la situation de chacun, dans le contexte très particuliers du travail en horaires décalés.
Ces 2 visions s’opposent depuis maintenant près de 3 ans et à chaque CSE le constat est le même, la direction campe sur ses positions et ne veut pas changer de dogme. Pourtant d’autres options sont possibles : A Malakoff, les salariés sont pleinement associés à la construction du planning dans le respect de l’accord collectif et l’atmosphère de travail s’en ressent. Finalement la direction a semblé marquer un signe d’ouverture, en acceptant un point d’échange sur le planning. Pour les experts, une réunion d’équipe ne sera pas suffisante pour désamorcer une situation ancrée dans la durée. Les élus ont demandé de manière unanime à la direction de revoir sa position, de respecter les accords d’entreprise qui prévoient des mesures spécifiques pour ces services ayant des contraintes horaires particulières. Ils ont appelé au bon sens et au respect des préconisations de l’expertise, de la DARES et de l’INRS en matière de gestion des plannings pour les équipes travaillant en horaires décalés. Les élus ont également rappelé qu’une gestion des plannings donnant plus d’autonomie aux salariés, sur le modèle de celle mise en œuvre dans l’établissement de Malakoff était non seulement possible mais qu’elle était satisfaisante pour les bénéficiaires. Toutes ces recommandations ont été inscrites dans une résolution qui prévoit un suivi en commission Media Factory et en CSE. Elle est votée à l’unanimité 24 votants - 24 Pour (lire ici la résolution)
Ce n’est pas la première fois que les élus demandent un point d’informations FTR en CSE car la situation de cette entité, qui bien qu’installée dans un quartier de Lyon, à Vaise dépend du Siège, inquiète. Depuis sa création en 1996, FTR (France Toutes Régions) s’appuie sur les images des chaînes locales du Réseau pour produire des contenus dédiés aux éditions d’information, mais également des programmes destinés aux antennes de proximité et aux éditions du groupe. Jusqu’à il y a peu, tout allait bien :
La direction indique que les missions de FTR ont depuis évolué et que l’objectif aujourd’hui est la fabrication de programmes régionaux axés sur l’information de proximité, qu’un programme national « Régions d’ICI » est sur les rails et qu’il est diffusé au national. Tout cela ne suffit pas à rassurer les salariés, que la remise en question permanente de leurs missions inquiète. Si la direction a bien présenté un plan de charge pour 2025, elle a également indiqué que des discussions sont en cours sur la pérennité du JT incarné du week-end ; Bref, le sentiment qui domine est celui d’une absence de réel projet, d’une gestion au coup par coup qui ne laisse rien présager de bon. A cela s’ajoute des évolutions sur le télétravail, 3 journalistes ont vu leur avenant Télétravail dénoncé, le numérique n’étant plus d’actualité, ils seront désormais en présentiel. Certes quelques vacations « télétravaillables » existent encore mais les modalités selon lesquelles elles seront distribuées ne sont pas définies : le télétravail pour les journalistes serait-il à la seule main du manager ? La direction reconnaît que les dispositions sur le télétravail occasionnel manquent de clarté, les prochaines négociations sur l’accord télétravail devraient préciser les règles applicables, la CGT y veillera. Les élus ont demandé un nouveau point FTR au début de l’année prochaine.
Les élus ont eu à étudier le projet de règlement intérieur de France Télévisions et la charte informatique qui lui est annexée, des documents importants et complexes dont il faut peser tous les mots. Leurs remarques portent sur :
Sur tous ces points les élus se sont attachés à interroger les intentions de la direction et à relever les atteintes aux libertés individuelles Ils ont regretté l’absence d’engagement officiel de l’entreprise en faveur de la protection des salariés de l’entreprise victimes d'attaques sur les réseaux sociaux en raison de leur image et de leur activité professionnelle. Ils considèrent que cela relève de la mission de sécurité de l’employeur. Sur la charte informatique, les élus ont insisté sur la nécessité de respecter :
Ils ont également demandé que soient listés les logiciels et outils validés par le service informatique de France Télévisions. Ils ont rendu un avis voté à l’unanimité demandant que les points relevés soient pris en compte, avant présentation en CSEC (lire ici la résolution).
La direction est venue présenter le réalisé de l’opération « Critérium du Dauphiné » qui s’est déroulée du 1er au 9 juin 2024, opération pour laquelle elle avait formulé une demande de dérogation horaire au-dessus de 48h et jusqu’à 60h.
Les élus font remarquer que les règles de repos n’ont pas toujours été respectées, notamment pour les RH de 24h parfois amputés par des heures travaillées : 7 vacations sont dans ce cas. Autre point soulevé, les temps de transfert des salariés au forfait jour qui ne sont jamais pris en compte : ils peuvent représenter 2h à 3h par jour. Les élus demandent à la direction de regarder de près ce problème et d’y apporter une réponse lors d’une prochaine instance.
Le CSEC a voté une expertise pour risque grave impliquant le CSE Siège et le CI-ORTF dont le rapport a été présenté aux élus du Siège. Ce que cette expertise a révélé, c’est la difficulté pour des salariés tout juste élus, de se transformer du jour au lendemain, en véritable chef d’entreprise à la tête de PME comme le sont d’une certaine manière le CI-ORTF et le CSE du Siège. Car les fonctions qu’occupent les « Secrétaires » de ces instances ne sont pas simplement politiques. Elles supposent des compétences
Les experts ont insisté sur la nécessité d’accompagner la prise de fonction des élus assumant ses mandats et fait plusieurs recommandations comme :
Selon les experts, La direction a elle aussi un rôle à jouer dans l’accompagnement des élus qui prennent ces mandats et les responsabilités qui vont avec :
Ce second rôle est délicat car la direction n’a pas vocation à se mêler de la vie des instances et l’exercice doit consister à trouver le juste équilibre. Cette expertise ayant profondément déstabilisé les salariés du CSE Siège, une restitution du rapport leur sera faite. Cela leur permettra de constater qu’ils ne sont aucunement mis en cause.
Olivier le CLANCHE (FO) a démissionné le 24 octobre 2024 de sa fonction de rapporteur de la CSSCT. La raison ? La charge de travail associée à son mandat de trésorier du CSE, difficilement compatible avec celle de rapporteur de la CSSCT.
Paris, Le 26 novembre 2024
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Liminaire au CSE Siège 10 juillet Qui aurait pu prédire
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Liminaire au CSE Siège
10 juilletQui aurait pu prédire... |
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« Les médias sont responsables » Cette petite remarque lancée par une candidate du Nouveau Front Populaire lors de la soirée électorale du premier tour où le RN était arrivé largement en tête, a laissé pantois notre présentateur vedette : « les médias sont responsables ? » a-t-il répété plusieurs fois, semblant ne pas comprendre. « La priorité au duplex », n’a pas laissé le loisir à cette candidate de développer son analyse, c’est bien dommage, car voici ce qu’elle aurait pu nous dire. Rembobinons … En 2005, lors de la campagne pour le référendum sur le traité constitutionnel, les médias, y compris France Télévisions, avaient pris une position très nette sur le sujet. Il fallait absolument dire OUI à cette Europe qui gravait dans le marbre le principe néolibéral selon lequel le bien-être commun reposerait sur une « concurrence libre et non faussée ». 85% des débats et des intervenants étaient favorables au « OUI ». Tout autre personne ayant un avis différent plutôt que d’essayer de comprendre ce qu’elle avait à nous dire, était traité, soit d’ignorant, soit de populiste. Résultat le « NON » l’avait emporté avec 55% des voix en laissant en état de sidération les élites de ce pays. 2018 Suite à l’effet conjugué de plusieurs mesures impactant les automobilistes, un groupe d’amis déclenche sans le savoir ce qui restera certainement le plus long et le plus incroyable mouvement social de ce pays : Les Gilets Jaunes. En un week-end toute la Gaule des ronds-points est occupée. Il faudra 3 semaines à France Télévisions pour enfin parler d’autre chose que des vitrines cassées et de l’Arc de Triomphe tagué avec un sujet d’analyse dans Envoyé Spécial, rendons-leur cet hommage. Mais très vite le naturel reprendra le dessus, avec cette pancarte, où le mot « dégage » avait été effacé, pour ne pas salir le costume présidentiel. La suite ? 2 ans de révolte, matée à coup de LBD et de grenades de désencerclements, des images à n’en plus finir sur les dégâts samedi après samedi en prime time, et les débats relégués à des heures tardives. 2023 Après avoir été réélu et de nouveau grâce à un barrage républicain réussi, Emmanuel Macron impose la réforme des retraites. Une fois de plus le pays s’embrase. S’ensuit une interminable propagande de certains journalistes ou experts autoproclamés nous assenant toujours des mêmes poncifs « Ah oui mais on vit plus vieux » « Ah oui mais en Allemagne c’est 67 ans » sans préciser qu’en Allemagne, il est possible de partir à la retraite après seulement 35 années de cotisation avec une pension diminuée. Pas un mot non plus sur les gains de productivité qui ne sont plus redistribués aux salariés, mais confisqués par les actionnaires, ce qui aurait pu être une piste pour éviter cet allongement de la durée de cotisation. Sur ces 3 séquences, comme sur beaucoup d’autres, les médias et France Télévisions n’y ont pas fait exception, le débat a été réduit à sa plus simple expression.
Et sur ces élections, qu’avons-nous fait ? La même chose. Le camp du bien contre le camp des racistes et des antisémites. Combien de fois avons-nous entendu sur nos antennes « face aux extrêmes » ? Aujourd’hui on se réveille dans un pays qui durant 2 semaines a été aussi brun que l’eau de la Seine, ou le Rassemblement National est passé de 8 députés à 143 en 7 ans Qui aurait pu prédire ? Notre mission de service public, c’est informer, éduquer et divertir. Avec 12 millions de français qui se sont réfugiés vers un parti raciste qui les a accueillis à bras ouverts, sans que cela ne les dérange qu’ils aient surtout le bras tendu, il est indispensable de se poser la question si nous n’avons pas raté quelque chose. Par exemple, en consacrant notre édition de la mi-journée sur France 2 exclusivement autour de 3 sujets, la météo, l’insécurité et le pouvoir d’achat, sommes-nous encore dans notre « raison d’être » ? Quant à nos grilles de programmes… La réforme de Nicolas Sarkozy avait au moins eu cet avantage, faire démarrer les primes times plus tôt. Mais petit à petit, un feuilleton, des bandes annonces, des partenariats en tout genre, et aujourd’hui le prime time commence à 21h15, reléguant la deuxième partie de soirée, l’heure de l’analyse et du décryptage, aux alentours de 23H, horaire impossible pour le français qui se lève tôt, qui du coup, part s’informer ailleurs. Nous nous inquiétons de la montée de l’extrême droite uniquement lorsqu’elle est en mesure d’accéder au pouvoir, cela fait 22 ans qu’à chaque élection nous jouons à nous faire peur. Le reste du temps, on normalise, on banalise, on enlève les rubalises. Aujourd’hui, une fois de plus, le danger semble écarté, mais la colère est retournée chez elle, elle ne faiblira pas, elle ne fera que grossir à chaque fois car elle se nourrit de notre suffisance, de notre arrogance et du mépris que nous lui adressons. Il est évidemment hors de question que France Télévisions porte l’entière responsabilité de ce naufrage, mais tout de même, si nous ne changeons rien, si nous ne réfléchissons pas collectivement, alors un jour il sera trop tard. Plutôt que de nous féliciter sur la solidité du barrage, il est vraiment urgent d’en vider l’eau qui nous menace. Avançons ensemble, organisations syndicale et direction, nous dans notre rôle de défenseur de l’emploi et des conditions de travail pour que notre compétence ne soit jamais prise en défaut, et que de son côté, la direction fixe un cap clair en privilégiant l’intérêt général contre l’intérêt particulier de quelques destins politiques. Nous sommes prévenus, si le barrage cède, nous disparaitrons, c’est écrit noir sur blanc dans le programme du RN. Paris le 10 juillet 2024
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Liminaire CGT au CSE Siège du 19 juin 2024 - L'impossible neutralité
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Liminaire au CSE Siège19 juin 2024L’impossible neutralité |
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« L’objectivité à la télévision, c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les juifs », disait Jean-Luc Godard. Dans les moments de crise historique, on atteint facilement le point Godwin, celui qui met fin à la discussion. Pourtant, les situations dans lesquelles il faut prendre position sont beaucoup plus courantes qu’on se l’imagine. Impossibilité d’être neutre face aux violences faites aux femmes. Impossible neutralité face à la catastrophe écologique en cours. Impossible neutralité face aux atteintes aux droits humains, à la liberté d’expression, aux menaces contre la démocratie et aux crimes contre l’humanité. Face à l’arrivée possible de l’extrême droite au pouvoir, la neutralité politique n’est pas tenable : en tant que salariés de l’audiovisuel public, en tant que journalistes, et en tant que syndicat, tout simplement parce qu’on ne peut pas lutter contre soi-même. On ne peut pas rester neutre face à une force politique qui risque dès la rentrée prochaine de couper les financements de l’audiovisuel public, avant de le privatiser, ainsi que le prévoit son programme, ce qui pour bon nombre de salariés de France télévision signifiera la porte. On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe en Italie, en Hongrie, en se disant qu’en France, ce ne sera pas pareil. Dans ces pays où l’extrême droite est au pouvoir, les médias publics sont mis au pas. En France, un audiovisuel public déjà bien sage ne fera plus le poids face à la bollorisation des esprits. Car en face, il n’y a pas de neutralité. Il y a des journalistes militants qui portent la responsabilité de la victoire du RN aux élections européennes. Quand Pascal Praud soutient sur Cnews que « la France a dit (dimanche) qu’elle ne voulait pas mourir », quand Ruth Elkrief sur LCI crache sur l’union de la gauche, comment différencier l’éditorial de l’engagement politique ? A France télévisions, nous sommes tenus par le temps d’antenne et les règles de l’ARCOM, mais rien ne nous obligeait d’organiser un face à face Bardella / Attal. Rien ne nous empêche de décrypter le programme du RN souvent flou, notamment dans le domaine social, et de montrer l’imposture. Il faut tenir tête à une certaine ligne éditoriale qui s’impose de plus en plus, y compris dans l’audiovisuel public, et qui consiste à ne plus classer le RN à l’extrême droite. Le Conseil d’État a tranché. Le parti de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, fondé par d’anciens Waffen SS et collabos français, est bien d’extrême droite. De même, un parti qui affiche dans son programme des mesures xénophobes comme la discrimination entre français et étrangers dans l’accès aux aides sociales, est bien xénophobe. Ça va mieux en le disant. La situation actuelle montre l’inanité d’un guide des réseaux sociaux imposé par la direction de l’éthique et de la conformité, contre laquelle la CGT s’est battue. Car étendre le principe de neutralité des journalistes de France télévisions à leur expression sur les réseaux sociaux, même sur des questions de politique partisane et en période électorale, n’est tout simplement pas acceptable. Qu’un rédac chef reproche à un journaliste de sa rédaction d’avoir appelé sur X ou Facebook à faire barrage au RN et il trouvera la CGT sur son chemin. En tant que syndicat également, impossible de rester neutre, car le RN à Matignon, c’est la réduction des droits des travailleuses et des travailleurs, la répression syndicale et une politique sociale limitée à la question migratoire. A la CGT, on est 100% contre l’extrême droite au pouvoir !
Paris, le 19 juin 2024 |
Compte rendu CGT CSE Siège du 22 mai 2024
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Compte-rendu CGT CSE Siège 22 mai 2024 |
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Certes l’événement est extraordinaire, exceptionnel, unique… Mais cela ne justifie pas tout ! Or les plannings définis pour les personnels affectés à la couverture des JO ne laissent que très peu de marge de manœuvre, le risque de dépassement des 60 heures hebdomadaire apparait comme bien réel.
Pour les élus, cette absence de contrepartie est inacceptable. C’est de surcroît très mal vécu par les salariés qui ont le sentiment d’être méprisés par une direction qui leur faire vivre des réorganisations successives associées à une sorte d’incertitude sur leur avenir ! Chacun doit faire un pas ! La direction ne peut pas justifier ses demandes par le simple fait que les salariés, passionnés par leur travail, couvriront cet évènement professionnel ! Les élus attendent de la direction que celle-ci ouvre des négociations rapidement. Ils souhaitent notamment que soit ouvert le télétravail pour tous, pendant cette période très compliquée en termes de déplacement, ils demandent que soit réexaminé l’aménagement des congés et que soit étudiées toutes les propositions permettant à la couverture de ses JO d’être une vraie réussite et une réelle fierté pour les salariés. A l'unanimité, les élus ont voté un avis négatif (à lire ici 📎) à la demande de dérogation horaire du temps de travail des personnels mobilisés pour la couverture des JO et JOP Paris 2024. 25 Votants : 21 Pour – 4 Abstentions
Pour étudier le plan d’activité de FTR (France Toutes Régions), entité du Siège implantée à Vaise (quartier de Lyon) les élus n’ont eu à leur disposition que 2 feuilles traduisant au travers de tableaux chiffrés, le réalisé au 31 mars 2024. C’est peu pour les élus ! Du fait de leur éloignement, ils auraient aimé une description plus complète de la vie de FTR et de ses salariés. Ce qu’ils ont pu constater à travers les tableaux transmis, c’est le recentrage de l’activité de FTR sur l’actualité régionale, la baisse de sa collaboration avec France Info notamment sur la partie culture et numérique. On sent l’impact TEMPO ! Reste les incertitudes sur l’avenir … Car au vu de l’actualité qui perturbe l’audiovisuel public, les questions sont nombreuses autour de ce que sera le visage d’ICI à la rentrée ? De fait, comment la nature de l’activité de FTR va-t-elle pouvoir évoluer ? D’une manière plus générale, quel avenir pour FTR ? Et enfin quel avenir pour le numérique au sein de FTR ? A ces questions, la direction répond en présentant FTR comme un prestataire de FTV qui doit s’adapter à une demande qui évolue sans cesse. Elle se veut toutefois rassurante : elle travaille sur une nouvelle offre plus “actu” qui correspondrait mieux à une ouverture de tranche. Elle réfléchit à une émission pour remplacer le “Journal des Solutions”. Les élus insistent sur l’incertitude que vivent les salariés de FTR qui sans cesse voient leur objectif évoluer. Ils ne peuvent continuer à vivre au quotidien sans visibilité professionnelle, sans savoir ce que sera demain. Ils demandent que les missions confiées à FTR à moyens et long terme soient clarifiées ainsi que les moyens qui lui seront attribués.
Rédigé par l’employeur, le règlement intérieur précise un certain nombre d’obligations que doivent respecter les salariés et l’employeur notamment en matière de santé, de sécurité ou de discipline. Le règlement intérieur (RI) de FTV a été adopté en 2017. Depuis, plusieurs lois ont été votées, ce qui implique des aménagements.
Voilà pour la terminologie !
Annexe du règlement intérieur, la charte informatique doit, elle aussi, être revue afin de s’adapter aux nouveaux usages et aux nouveaux outils collaboratifs utilisés. Ce projet d’évolution du règlement intérieur a déjà été présenté au CSE Central, qui va transmettre ce projet à un juriste spécialisé pour qu'il puisse aider les élus à rendre un avis éclairé. Les élus du CSE Siège vont faire de même. Les élus du CSE Siège se conforment à cette décision. Ils rendront leur avis, à l’occasion du CSE au mois de septembre.
Lors du CSE Siège du mois d’avril, les élus ont souhaité qu’un suivi approfondi du point de vue de la santé, de la sécurité, des conditions de travail, des salariés, travaillant avec le logiciel et Sherlock soit acté. Une commission de suivi intersyndicale est donc constituée. Elle est composée de : Aurélie CHESNE (CGC), Malika AÏT-OUAKLI (CGT), Christophe BENS (FO), Marie-Hélène BORDES (CFDT), Freddy BERTIN (UNSA), Béatrice GELOT (SNJ). Béatrice GELOT présidera cette commission. 23 Votants - 23 Pour
Ce CSE a été l’occasion pour les élus de mettre au vote une charte « Tourisme équitable », proposée par le président de la commission des ASC, François BADAIRE. Les élus souhaitent en effet diversifier les offres de voyage et à côté des voyages classiques, présenter des voyages plus équitables qui respectent des engagements comme le soutien à des projets et actions solidaires, le soutien à l’économie locale, une relation prestataire/producteur équilibrée et des pratiques commerciales vertueuses. Cette charte a été majoritairement adoptée : 24 votants, 18 pour, 6 abstentions
Depuis plusieurs années maintenant, les élus assistent, impuissants, au transfert d’une partie des activités de France Télévisions à la filiale France Télévisions Studio. Certes les salariés sont transférés sur la base du volontariat, mais ceux qui conservent leurs contrats avec France Télévisions SA sont désormais gérés par France Télévisions studio et le lien avec la maison mère se trouve, de fait, distendu : les contacts sont moins fréquents, les informations ne parviennent pas toujours aux élus qui ne connaissent pas précisément les conditions de travail dans lesquelles évoluent les salariés ni les interlocuteurs de ces derniers. Ils ont donc demandé à avoir un échange avec les responsables de la filiale. Celui-ci s’est déroulé hors PV. Le sujet abordé ? La situation des non-permanents travaillant pour l’auto-promotion. Si, dans le cadre du transfert de la gestion de l’auto-promotion à FTVS, la situation des permanents a été stabilisée, l’incertitude pèse quant à l’avenir des noms permanents. La direction de la filiale a déclaré vouloir travailler avec les noms permanents. Elle a expliqué qu’elle devait communiquer préalablement avec le CSE de France Télévisions studio, ce qui explique le peu d’informations transmis jusqu’à maintenant. Elle indique que les salaires à France Télévisions Studio sont plus intéressants que ceux pratiqués par France Télévisions SA et que cela compte même s’il n’y a pas la reprise d’ancienneté. Elle indique également que le nombre maximal de piges possibles à France Télévisions Studio est supérieur à celui imposé par France Télévisions SA. Bref, elle se veut rassurante… Et attractive ! Si les élus ont apprécié qu’un échange puisse avoir lieu avec France Télévisions Studio, ils restent inquiets de voir les activités historiques de France Télévisions SA transférées à la filiale. Alors que les effectifs de France Télévisions ne cessent de diminuer, ceux de la filiale ne cessent de croitre et cela est dérangeant : le modèle social adopté par FTVS reste malgré tout moins protecteur que celui de France Télévision SA. De plus, les obligations qui pèsent sur la filiale ne sont pas les mêmes que celles qui pèsent sur la maison mère qui assure une mission de service public. Si la logique économique veut que France Télévisions s’entoure de filiales, cela ne doit pas se faire au détriment des valeurs et des engagements de l’audiovisuel public tout comme de la protection sociale assurée par notre convention collective. Pour rappel, 85% de la masse salariale de FTV Studio sont des intermittents. FTV SA est bien confronté à une forme de dumping social au sein même du groupe. Un sujet auquel la CGT restera plus qu’attentive !
Des représentants de suppléants au sein de l’instance de proximité, antenne programme, communication marketing, étude manquent toujours à l’appel. Avis aux amateurs ! Paris, le 27 mai 2024
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Liminaire au CSE Siège 22 mai 2024 - Fluctuat Nec Mergitur
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Liminaire au CSE Siège 22 mai 2024 Fluctuat Nec Mergitur
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Une réforme en chassant une autre, dès demain les grandes manœuvres vont commencer à l’Assemblée, ou les basses œuvres. Le sort de 13 000 salariés, en englobant Radio France, est entre les mains d’une femme et de celui qui l’a nommée. Celle-ci n’a aucune compétence en matière d’audiovisuel qu’importe ! Son ambition clairement affichée est de conquérir la Mairie de Paris. Autant dire que l’on se doit d’être inquiet. La volonté est de créer une BBC à la française. Quelle belle idée ! Sauf que cela fait juste 40 ans que ce mantra est répété régulièrement, alors… Est-ce vraiment leur intention ? La BBC, c’est 21 000 salariés, soit 8000 de plus que l’entreprise unique proposée. C’est un budget de 6,2 milliards, 75% plus élevé que celui de Radio France et France Télévisions réunis, donc est-ce bien ça le projet ? Surtout que leur objectif est de réduire les coûts. Il est donc sérieusement permis d’en douter. Ce que l’on peut redouter en revanche, c’est le retour vers la bonne vielle ORTF de « Mon général ». Réunir les présidences pour mieux les contrôler, n’avoir qu’un seul interlocuteur plutôt que deux, réduire encore plus les budgets, la précarité menant toujours à la docilité… A l’heure ou des humoristes sont convoqués par la police, ou tout un service public de radiodiffusion se met en grève pour défendre la liberté d’expression, que des émissions emblématiques sont supprimées sans explications, et que de l’autre côté de la Seine, le directeur de la rédaction dîne à l’Élysée pour se voir reprocher d’être « trop à gauche » et repart avec comme instruction de laisser sur l’étagère tous les sujets qui dérangent avant les élections européennes, on a déjà une petite idée du projet. D’ailleurs on constate que le message est bien passé. Avez-vous vu cette belle soirée « Diplomatie » le 9 mai dernier ? 2h15 de clip de campagne pour la liste de la majorité présidentielle tout cela 4 semaines avant une élection ? L’Arcom n’a rien vu, en long ce week-end, mais plus grave, les téléspectateurs non plus n’ont rien vu. 3,1% d’audience, 3 fois moins que les programmes habituels du jeudi sur cette tranche horaire. On est au-delà de l’accident industriel. Mais soyons rassuré, la stratégie d’entreprise est très claire, l’accent est mis sur la « Résonnance » plutôt que « L’Audience ». C’est pour ça qu’une des rare émission traitant de l’écologie sur France TV, « Vert de rage » est supprimée. Raison invoquée ? Trop de buzz avant, donc plus assez d’audience après, l’exact contraire de la feuille de route servie aux salariés. Faire l’opposé de ce que l’on dit, on en a pris l’habitude. Souvenez-vous de La suppression de France Ô. Cette chaine s’est éteinte au moment même où la direction annonçait un pacte de visibilité des Outremers. Et Nowu, le média numérique consacré à l’écologie en direction des jeunes. Supprimé ! Pourtant l’écologie est au cœur des préoccupations de France Télévisions. Quel talent ! Tout indique que c’est bien l’ORTF que le gouvernement souhaite reconstruire, absolument pas la BBC, en essayant de faire rentrer une maison ronde dans un bâtiment triangulaire. A moins que ce ne soit l’inverse. Filmer la radio ou radio diffuser le son de la télévision ? Telle est la question ! On entend déjà les termes qui sont toujours les prémisses du désastre. « Synergie », « mutualisation », « productivité », dont la traduction est sans ambiguïté : Moins de personnel, pour travailler plus, en étant payé moins. France Télévisions et Radio France sont de magnifiques paquebots. Ces changements de cap incessants fragilisent leur structure, les salariés sont formés pour affronter les tempêtes, les vagues naturelles de la société qui évolue sans cesse, sans temps calme, mais faire face une fois de plus à des dépressions créées artificiellement, devoir affronter du mauvais temps pour de sombres destins politiques plutôt que de se concentrer sur leurs missions, les salariés de l’audiovisuel public en ont assez ! La prétendante à la Mairie de Paris ferait bien de méditer la devise de la ville : « Fluctuat nec mergitur » « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas. »
Paris, le 22 mai 2024 |
Communiqué de presse intersyndical - Face aux graves difficultés de France Télévisions, la politique de la chaise vide de Delphine Ernotte
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Communiqué de presse intersyndical Face aux graves difficultés de France Télévisions,
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Déclaration de la CGT - CSE Central du 10 février 2026
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Monsieur le nouveau DRH, bienvenu dans cette instance.
Nous espérons que vous êtes un homme de défis car vous arrivez sur un terrain miné. Une entreprise en crise, un avenir inquiétant, un corps social à vif, éprouvé par les réformes permanentes et les recherches d’économies. Les sujets et débats à l’ordre du jour de ce CSE Central vont vous mettre d’emblée dans le vif du sujet. La politique sociale de l’entreprise sur laquelle nous sommes consultés ce jour est en réalité celle de 2024. C’est presqu’un travail d’historien, ça vous permettra d’avoir une idée de ce qu’a pu être la situation de FTV plus d’un an avant votre prise de fonction. Et encore. Les informations sont parfois si divergentes d’un document à l’autre, voire absconses, qu’on a besoin de l’aide d’un expert pour y voir un peu clair. Et encore. Sur la prévention des risques professionnels, le calendrier d’élaboration des documents essentiels est cul par-dessus tête et annihile tout espoir d’améliorer un jour la santé des travailleuses et des travailleurs. Nos élues vous en feront la démonstration dans cette instance. Que dire de la revue de personnel à la Filière RH pour laquelle les équipes que vous dirigez désormais ont produit un document bilan qui n’apporte absolument aucune information aux élus, à part que les porteurs du projet sont apparemment contents. Ce n’est pas avec un tel niveau de reporting que vous pourrez espérer des organisations syndicales qu’elles acceptent d’élargir la démarche à toute l’entreprise. Puisqu’on parle de revue de personnel, n’hésitez pas à nous questionner. La CGT saura utilement vous conseiller sur les piliers de votre service ou les éléments moins… conformes aux attentes. Pour compléter cette séance d’observation, un projet important : Genesys. Là encore on est dans le vif du sujet. Une transformation des modes de fabrication des journaux d’information du Siège pour supprimer des postes, en passant de 19 à seulement 8 techniciens, en profitant des innovations technologiques. Cette orientation est déjà à l’œuvre dans les réseaux régional et ultramarin, où la direction rêve aux automates de production sans avoir la moindre idée de ce que deviendront les techniciennes et techniciens dont les postes voire les métiers vont disparaître. Une pierre de plus dans votre nouveau jardin. Vous constaterez que le retard est immense et que tout reste à faire sur ces sujets. Nous ne savons pas quel rêve a pu vous vendre la présidente de cette entreprise pour vous attirer dans ses rets mais nous observons que vos deux prédécesseuses ont l’une et l’autre brutalement quitté la boite au cours des 5 dernières années. Alors bon courage. Et bonne chance !
Paris, le 10 février 2026
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COMPTE RENDU CGT CSE CENTRAL des 21 et 22 janvier 2026
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Beaucoup de sujets structurants au cours de cette 1ère réunion de la nouvelle mandature, qui se déroule dans un contexte de crise importante à France Télévisions :
Situation générale de France Télévisions
En ouverture de séance, Delphine Ernotte a souhaité la bienvenue aux nouveaux élus du CSE Central, issus des élections professionnelles. Elle a évoqué les grosses difficultés budgétaires auxquelles fait face l’entreprise, qui amènent la direction à prévoir 140 M€ d’économies (voir plus loin). Cette situation va encore s’aggraver puisque le gouvernement vient de décider de réduire un peu plus encore les financements publics, ce qui représentera une baisse de 80 M€ pour notre entreprise. Delphine Ernotte a dénoncé le fait que ce soit systématiquement et principalement France Télévisions qui soit visée. Elle a réaffirmé qu’elle ne reviendrait pas sur son principe du zéro déficit, ce qui va porter le niveau d’économies autour de 155 M€. Ces économies tous azimuts vont se voir au quotidien, par exemple sur les missions et déplacements. La direction a décidé de bannir tout voyage en 1ère classe (il subsistait quelques exceptions selon les situations professionnelles) et de n’autoriser l’avion qu’au-delà de 5h de trajet en train (contre 3h et demi actuellement). Évoquant les 9 matchs du Tournoi des 6 Nations (rugby) cédés à TF1 pour équilibrer le budget, la PDG a précisé qu’on aurait de toute façon eu du mal à les diffuser, à cause des JO. France Télévisions n’a pas cédé les matchs les plus emblématiques (1er et dernier match du tournoi), afin de préserver ses pics d’audience, selon Delphine Ernotte. Malgré ce contexte financier dramatique, la PDG affirme que France Télévisions doit poursuivre sa transformation : « on doit prendre notre destin en main, alors que les usages évoluent de plus en plus vite ». C’est dans ce contexte que la direction lance le projet « Streaming first » qui va modifier largement la direction générale de l’entreprise, en particulier la direction des antennes et des programmes, la direction du numérique, celle des technologies et même la DRH… (voir plus loin). Il s’agit, pour Delphine Ernotte, d’une « bascule, d’ici à 2030, entre poids du linéaire et poids du numérique ». La Présidente du CSEC évoque les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, précisant qu’il ne s’agit pas d’une commission « sur l’audiovisuel public mais contre l’audiovisuel public. Il s’agit d’une opération de mise en accusation de l’audiovisuel public par un certain bord politique ». France télévisions entend contre-attaquer sur les fake-news et jouer la transparence. D’ores et déjà sur le site corporate de l’entreprise on peut trouver les notes de frais de la présidence ou la liste des plus hauts salaires anonymisés… France Télévisions a transmis au rapporteur de la commission (le ciottiste Charles Alloncle), 26 000 documents, soit plus d’1 million de pages… Interrogée sur le projet de suppression de petits émetteurs TNT, Delphine Ernotte répond que les contrats TDF sont assez chers. France Télévisions va lancer deux expérimentations avec M6, afin de voir qui est équipé en fibre et étudier au besoin des solutions alternatives par satellite. L’équation globale intègrerait le financement des équipements pour les téléspectateurs qui ne seraient plus couverts par la TNT. Dès 2026, France Télévisions va arrêter sa diffusion en THD.
Budget 2026 : la panique
C’est un budget de crise qu’a adopté le Conseil d’administration en décembre. Fait exceptionnel, le CSE central n’a été consulté qu’après coup, en janvier, alors que ce budget est déjà obsolète : on a appris entre temps que nos ressources publiques seraient encore amputées de 15 M€ supplémentaires, d’un trait de plume du gouvernement, ce qui porte la baisse de financement public à 80 M€ cette année, c’est énorme ! Pour y faire face, compte tenu du déficit de 2025 et de l’inflation sur ses charges, France Télévisions va devoir dégager 155 M€ d’économies sur l’année. On n’a jamais connu une telle saignée en 13 ans de plan social. Cela se traduit par des économies drastiques sur les programmes, en particulier sur le programme national, les sports, le réseau régional, les programmes ultramarins : renégociation à la baisse des accords sur la création avec les producteurs, revente de droits sportifs à nos concurrents (9 matchs du Tournoi des 6 Nations revendus à TF1 à ce stade), coup de frein sur les programmes régionaux, multiplication des journaux mutualisés, etc. Outre de nouvelles réductions d’ETP (-51 par rapport à la dernière reprévision budgétaire de 2025), France Télévisions en est réduite à vendre des immeubles pour espérer équilibrer ses comptes, à abandonner des émetteurs TNT, tout en cherchant à tout prix des ressources financières sur la publicité numérique, au risque de faire fuir le public. Les élus du CSE Central ont rendu un avis négatif sur cette situation extrêmement préoccupante. Voir aussi le compte-rendu de la commission économique. La Fabrique : l’érosion du plan de charge
La direction affirme que le plan d’activité 2026 est globalement stable. Mais lorsque l’on regarde dans les détails, on relativise ce constat très optimiste. Par exemple, sur la vidéo mobile, le plan de charge 2025 était de 678 jours sur les cars, il n’est plus que de 535 jours en 2026, soit une perte sèche de 143 jours d’activité. Cette baisse n’est même pas liée à un transfert d’activité sur la vidéo légère comme la direction s’y était pourtant engagée : celle-ci diminue également de plus de 43 jours en 2026. C’est donc quasiment l’équivalent de l’activité de deux cars qui s’envole, comme par hasard celle des deux cars supprimés en 2025. Tous les engagements pris la direction de la Fabrique s’évaporent également. Côté post-production, la direction de la Fabrique indique un plan de charge à peu près stable par rapport à 2025. Mais puisque ce budget a été élaboré à l’automne, a-t-il intégré la baisse de 10 % du volume de documentaire régionaux ? Pas de réponse… Mais nous apprenons que la direction intègre désormais l’étalonnage dans ce nombre de jours, ce qui fausse le comparatif par rapport à 2025. Côté investissement, la CGT questionne la direction de la Fabrique sur le gel qui aurait été décidé pour l’année 2026. La direction dément cette information alors que les mêmes interlocuteurs l’ont confirmé lors de l’instance de Proximité de la Fabrique Nord de janvier. Deux instances, deux discours, il va falloir que la direction fasse son choix. Sur la baisse du nombre de fictions pour jeunes adultes, la direction invoque, la faiblesse du nombre de projets, 4 par an et aucun pour la Fabrique en 2025. Il y en aurait 3 en cours de finalisation actuellement plus 2 en cours de financement. Mais seulement 2 pour la Fabrique. La CGT a enfin posé la question des postes à pourvoir à la Direction des moyens de fabrication en 2026, qui seraient tous gelés. La direction dément tout gel des embauches, la question de pouvoir un poste se posant, dit-elle, au cas par cas dès qu’un poste devient vacant. Pour la CGT, il n’y a donc aucune raison que les postes de mixeurs en post-production restent vacants. La direction affirme même qu’elle a besoin de ces mixeurs, en fiction notamment.
Compression des effectifs : l’intensification du travail
Pour rappel, cette information/consultation fait suite à une décision du juge des référés qui avait été saisi par les élus du CSEC. Les experts rappellent que la réduction des effectifs dictée par la tutelle n’est pas sans conséquence sur l’intensification du travail, et pose la question pour toutes les directions de l’entreprise de l’optimisation des tâches ou du comment faire autrement. Concernant la direction de l’information, les experts notent une réduction continue des effectifs, excepté en 2024 année des JO et des élections législatives. Les témoignages des salariés font état d’un recours insuffisant aux non-permanents qui accroit la pression sur les équipes et la qualité du travail, allant jusqu’à des erreurs factuelles à l’antenne. Le déploiement de la polyvalence est perçu comme une source de déqualification, avec la transformation ou la disparition progressive de certains métiers, sans accompagnement. Le sentiment d’isolement et de méfiance généralisée qui s’est installé au sein de cette direction se traduit par un taux d’absentéisme maladie inquiétant, le plus élevé du groupe. La direction de la Fabrique n’échappe pas aux transformations technologiques sous contrainte budgétaire. Elle développe davantage une culture de la performance, très verticale, sans les salariés et sans leurs représentants. Le mal-être grandit avec la crainte d’un recours croissant à l’externalisation. Les experts alertent sur le besoin de clarification concernant la gouvernance de cette direction. Les stations d’Outre-mer, dont le fonctionnement est perçu comme un modèle par la Cour des comptes et par la PDG de France Télévisions, montrent surtout un système d’organisation à bout de souffle et une usure professionnelle des salariés. Le développement de la polyvalence et le décloisonnement des médias, couplé à une réduction des moyens et des effectifs, entrainent une augmentation de la charge de travail, un manque de reconnaissance de l’expertise des salariés et in fine une augmentation des absences maladie. Les experts préconisent globalement un renforcement du dialogue, impliquant les élus et les salariés dans un débat structuré sur le travail, au travers d’espaces de régulation collective notamment.
L’actualité dans les Outre-Mer
Les élus ont lu une déclaration concernant la compression des effectifs et ses conséquences dans les stations des 1ère. Les grands chantiers du pôle Outre-Mer
La Direction présente le suivi de la charge de travail comme chantier RH prioritaire pour 2026, avec pour objectif de construire un diagnostic objectivé à partir d’indicateurs partagés issus de la démarche DSQVT. Un second chantier concerne le métier d’animateur radio (rémunération, reconnaissance, formation, reconversion). Les élus alertent sur la surcharge de travail, les risques psychosociaux, l’absence de perspectives de recrutement et les moyens humains liés aux projets numériques. La Direction indique que les réponses devront être fondées sur des données objectivées, dans un contexte budgétaire contraint, et que l’ensemble de ces éléments sera intégré au chantier RH.
Le projet éditorial 2026 vise à positionner le pôle Outre-Mer comme un média public de services, centré sur l’accompagnement des publics et l’information utile. Ce projet repose sur le développement des réseaux sociaux, l’adaptation des formats aux spécificités territoriales et le renforcement du lien avec les publics, notamment en situation de crise.
La principale priorité des médias cette année consiste à faire de 2026 « l’année YouTube », afin de toucher de nouveaux publics. Les élus s’interrogent sur les moyens humains, la dépendance à une plateforme privée et les enjeux de rémunération et de propriété intellectuelle.
La réforme des rédactions vise à harmoniser les organisations, mieux articuler les productions radio, télévision et numérique, et doter les équipes d’outils de pilotage et de planification. Les élus expriment des inquiétudes quant à l’impact de la réforme sur la charge de travail et les tensions observées dans certaines stations. La Direction précise que cette réforme s’articule étroitement avec le chantier RH sur la charge de travail, afin d’objectiver les situations et d’ajuster les organisations si nécessaire.
La stratégie du pôle demeure inchangée, mais ses modalités de mise en œuvre sont adaptées aux restrictions budgétaires. Les ajustements portent principalement sur l’organisation, la mutualisation et la planification des ressources, avec une priorité donnée à la préservation du budget de production. Les élus s’inquiètent de l’impact sur les grilles de programmes. La Direction confirme une baisse des budgets d’acquisition et réaffirme sa volonté de renforcer la production locale et la mutualisation, sans suppression de postes.
La Direction rappelle la nécessité de renforcer le plan de continuité d’activité à la suite d’un incident récent. Elle indique qu’un PCA Outre-Mer est à l’étude afin de garantir l’autonomie des stations et la continuité des antennes, plusieurs scénarios étant en cours d’analyse en lien avec la direction technique du groupe.
Il nous est annoncé l’arrêt du déploiement de l’outil ZENON, utilisé pour la radio, à la suite des difficultés rencontrées. Une réunion technique avec les partenaires est programmée afin d’acter cette décision et d’envisager, dans un second temps, une solution de remplacement, sans calendrier arrêté à ce stade.
Streaming First : le big bang au cœur du réacteur
Sous couvert d’accélérer sur le numérique, France Télévisions va mener une importante réorganisation de sa direction générale. Le projet Streaming First vise à transformer les directions des antennes et des programmes, des technologies, du numérique, du marketing, et même des ressources humaines. En termes d’organigramme, il va doter Delphine Ernotte de deux directeurs généraux adjoints : en plus de l’actuel DGA de la Gestion, de la Production et des Moyens, le projet crée un DGA des offres et de la Stratégie éditoriale. Cette nouvelle direction issue de la direction des Antennes et des programmes est articulée autour de deux pôles : un pôle « Contenus » orienté vers la plateforme France.tv et rassemblant les anciennes unités de programmes regroupées en nouvelles entités (Création, Jeunes publics, Savoirs, Loisirs et vie quotidienne, Cinéma) et un pôle « Actualités » plus orienté vers le live et regroupant la direction de l’Information, la direction des Sports et des Événements, la direction des Régions. Une direction des Médias sera chargée de choisir les canaux de distribution des contenus (réseaux sociaux, plateformes, linéaire). En revanche, la direction du Pôle Outre-Mer reste rattachée directement à la Présidence. La direction de l’information récupère la responsabilité des magazines d’infotainment type « C à vous » ou « C dans l’air » qui étaient jusqu’ici gérés par les programmes. La direction des technologies et des systèmes d’information (DTSI) sort de la DGA Gestion, Production et Moyens pour être rattachée directement à la présidence. Elle récupère les compétences techniques de la direction du numérique et devient la direction du Produit et des Technologies. La direction du Numérique, elle, disparaît. Ses compétences sont réparties suivant les métiers entre la direction du Produit et des Technologies, la direction du Marketing nouvellement créée et la direction de l’Intelligence artificielle. Dans le même temps, France Télévisions s’est fixé comme objectif d’internaliser les compétences du numérique, jusqu’ici largement externalisées, en créant 200 postes à l’horizon 2030. Sur l’année 2026, cela représenterait 33 postes. Une direction transversale de l’IA est rattachée directement à la Présidence. Autre évolution significative, la direction des Ressources humaines n’est plus rattachée à la Présidence mais elle intègre la direction générale adjointe Gestion, Production et Moyens. Delphine Ernotte le justifie en faisant l’aveu d’un échec : « Moi je n’ai pas été assez présente ces dernières années, je n’ai pas le temps pour faire en sorte que la DRH et les directions opérationnelles travaillent ensemble. Sur l’opérationnel au quotidien, on a besoin de renforcer les liens. Il faut plus de bande passante là-dessus ». La direction justifie son projet d’une part par l’évolution accélérée des usages qui voit la durée d’écoute individuelle (DEI) de la télévision baisser et les réseaux sociaux exploser, d’autre part par les résultats de « Notre conversation », la consultation des salariés menée à l’automne. En ce qui concerne l’évolution des usages, aujourd’hui 50% de la consommation de fiction et mini-séries se fait directement sur la plateforme, sans passer par les chaînes linéaires. 2025 est identifiée comme l'année de bascule vers un usage majoritaire du streaming en France. Les concurrents ne sont plus TF1, M6 ou Canal+, mais Netflix, Disney, Prime Vidéo, HBO Max, Apple TV et YouTube. Le marché publicitaire télévisuel classique a chuté de 27,5% entre 2014 et 2024. Pour ce qui concerne la consultation des salariés, la CGT rétorque qu’elle est assez peu représentative de l’entreprise puisqu’elle s’appuie sur des niveaux de réponses extrêmement disparates, surtout au Siège (60 %) et très largement du côté du management (56 % des répondants). En revanche, les réseaux régional et ultramarin ou la direction de l’information ont répondu à moins de 10 %. La direction croit malgré tout pouvoir en conclure qu’il y a une forte conviction collective que l’entreprise doit évoluer ; en revanche la méthode de transformation est largement critiquée. Sur ce dernier point, le document remis aux élus est vide. La direction met en avant le fait qu’il y a eu divers ateliers de travail depuis 8 mois au sein des directions concernées, mais une fois de plus cela concerne exclusivement le management, jamais les salariés de base dont la vision de leur métier serait pourtant très utile. Cela permettrait en outre de les impliquer dès l’amont dans leur avenir professionnel. C’est le nerf de la guerre, pour assurer – ou non – la réussite du projet. Les élus ont désigné l’expert Secafi pour les éclairer sur ce projet structurant et tentaculaire. L’information consultation doit se terminer au mois d’avril.
Définir une stratégie dans la tempête
Faute de contrat d’objectifs et de moyens (COM) depuis 2 ans, France Télévisions ne dispose plus de trajectoire financière ni vraiment de ligne stratégique fixée par la tutelle. La suppression de la redevance remplacée par une fraction de la TVA expose notre entreprise à des baisses de financement importantes et multiples, y compris en cours d’année. La direction souhaite avancer sur l’élaboration d’un projet stratégique, afin de peser dans la négociation du futur COM avec l’État. Ce travail doit notamment être élaboré et validé par le Conseil d’administration, avant une consultation en bonne et due forme du CSE Central au printemps. La note présentée aux élus en janvier prend en compte le contexte général auquel est exposée notre entreprise : transformation profonde des usages ; fragmentation des publics ; baisse de la télé traditionnelle, même si elle reste encore majoritaire ; concurrence effrénée des plateformes américaines, présentes dans tous les univers numériques et téléviseurs connectés avec leurs algorithmes ; enjeu de l’accessibilité et de la visibilité de nos contenus dans cet univers ; prolifération des fake news, polarisation extrême du débat public ; débat sur notre légitimité, notre indépendance, notre exemplarité. Dans ce contexte, la direction propose cinq orientations transversales :
C’est la même orientation depuis 15 ans pour faire face à la fuite des plus jeunes vers les plateformes et les réseaux sociaux. L’objectif est que France Télévisions reste un média de référence pour l’ensemble de la population française sur tous les supports. Pour cela, toujours la même rengaine des nouveaux formats et écritures pour coller aux usages et aux codes du numériques. Rien de neuf : informer, fabriquer, publier, distribuer, converser pour le streaming et les réseaux sociaux. Le projet Streaming First s’inscrit dans cette optique.
L’IA est en train de transformer toute l’économie des médias, aussi bien dans la production que dans la diffusion et la relation avec le public. Pour la direction, elle peut améliorer l’efficacité et la qualité du travail par l’automatisation de certaines tâches répétitives, l’aide au montage ou à la traduction, le sous-titrage, ou encore le soutien à l’indexation des contenus, à l’archivage ou à la recherche d’images. Cela reste encore à prouver sur le plan qualitatif et l’enjeu du contrôle humain de la production par IA sera central, en plus de celui de la reconversion des salariés impactés et de la formation aux nouveaux outils. La direction indique vouloir dégager du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, notamment éditoriales et créatives. On jugera sur pièce car la tentation peut être grande de supprimer massivement des emplois. En ce sens, la négociation en cours d’un accord-cadre sur l’IA à France Télévisions est un point majeur pour les salariés afin de disposer de la plus grande transparence possible sur les nouveaux outils d’IA et leurs impacts. La direction se veut rassurante, disant vouloir investir dans les outils, dans les données, mais aussi dans les compétences des équipes, pour que ces technologies soient utilisées de manière responsable, conforme aux valeurs du service public et au respect des droits des personnes. La CGT et ses élus entendent jouer leur rôle pour s’en assurer.
Encore une belle formule pour s’inspirer du moins-disant social en vigueur chez nos concurrents, en matière d’évolution des métiers. La direction veut décloisonner certaines équipes, réduire les « lourdeurs administratives », clarifier les responsabilités et les processus de décision. Là-encore un déjà vu qui reste largement inopérant. Cela concernerait aussi bien la production que la fabrication, les fonctions support que les métiers éditoriaux. On voit que ce point recouvre aussi bien la dénonciation de l’accord collectif que le projet cadre « Cap Éditions » (déploiement d’Overdrive en région, projet Genesys de renouvellement des régies du Siège).
Fort des conflits de ces dernières années (Tempo, Fabrique, Rédaction nationale), la direction dit vouloir impulser une nouvelle méthode pour une transformation plus débattue, plus continue, plus lisible, mieux outillée et partagée. Cela suppose d’associer davantage les équipes aux évolutions des métiers mais aussi leurs représentants syndicaux et les instances. La direction affirme que la transformation ne peut pas être uniquement une suite de projets ou de réorganisations : elle doit devenir une façon normale de travailler et de s’améliorer, intégrée dans la culture du groupe. Au cœur de cette orientation, deux dimensions sont solidaires et déterminantes : l’organisation du dialogue avec les représentants des salariés d’une part, le dialogue managérial d’autre part. Là encore, nous jugerons sur pièce.
La direction souhaite une plus grande clarté sur les choix éditoriaux, sur la déontologie de l’information et en particulier l’impartialité, sur les investissements, sur les relations avec les producteurs et fournisseurs, sur la gouvernance et sur la façon dont les décisions sont prises. A croire qu’un rapport de la Cour des comptes est passé récemment… Cela concerne aussi bien l’interne que l’externe, les questions de diversité, d’égalité, de respect des personnes et de responsabilité sociale et environnementale. Au-delà de la question de l’obligation morale, l’enjeu c’est la légitimité du groupe face aux critiques et aux remises en cause actuelles. Sur ce sujet, nous saurons rappeler à la direction ses choix de prestataires extérieurs pas toujours reluisants ni respectueux des règles sociales. Pour la direction, l’intelligence artificielle sera au cœur de ces évolutions, une condition indispensable pour que France Télévisions reste un acteur central et incontestable du paysage médiatique français, au service de tous les publics, dans un monde qui change beaucoup plus vite qu’avant. Quel niveau d’investissements ? Quel impact environnemental ? Nous n’en savons pas plus à ce stade. C’est dans ce tableau général que trouvent leur place un certain nombre de projets en cours :
Questionnée par les élus, la direction répond vouloir donner un cap clair à l’entreprise. Deux conditions préalables sont requises :
La PDG, questionnée par la CGT, y ajoute une troisième condition essentielle : la trajectoire budgétaire de l’entreprise qui nécessite de la stabilité.
MedIAGen
En avril 2025, face au refus de la direction de procéder à la consultation du CSE Central sur le projet MedIAGen, la plateforme d’intelligence artificielle de France Télévisions, les élus n’avaient eu d’autre solution que de saisir la Justice. L’ordonnance de référé du 2 septembre 2025, leur a donné raison, la direction a dû suspendre l’application MedIAGen et engager la consultation du CSE Central en bonne et due forme. Point très important, le juge confirme que l’intelligence artificielle est une nouvelle technologie et qu’à ce titre l’employeur doit être transparent avec les instances en les consultant dès la phase pilote sur les projets qu’il entend déployer, mais aussi du fait de leurs impacts potentiels notamment sur l’organisation et les conditions de travail. Cette décision de justice a agi comme un aiguillon sur la direction qui a présenté aux élus un document sur la « stratégie IA France Télévisions » et relancé les négociations sur un accord de méthode sur l’intelligence artificielle fin 2025. Le rapport d’expertise rendu par le cabinet Secafi permet de disposer d’une analyse approfondie du déploiement de la plateforme MedIAGen et des assistants d’intelligence artificielle (IA) spécialisés pour certains métiers. Il donne également un éclairage plus général sur les déploiements à venir des outils d’intelligence artificielle, en particulier générative. Il résulte du rapport de l’expert que la direction a mésestimé les impacts de MedIAGen sur les conditions de travail des salariés. Les impacts sur les conditions de travail sont communément avérés et peuvent changer profondément les métiers, les charges de travail et les modes d’organisation. Cela est confirmé par une majorité de salariés consultés pour qui la question du gain de temps et de l’amélioration de la productivité ressort de manière prépondérante. Le rapport rappelle également que les impacts des systèmes d’intelligence artificielle dépendent pour beaucoup des conditions de leur déploiement et donc doivent être appréhendés tout au long du cycle du projet, dès l’amont. A ce stade, à France Télévisions, l’accompagnement RH s’avère inexistant et peu structuré. Tout cela a obligé la direction à définir un nouveau cadre de mise en œuvre de la stratégie IA en 2026. Le CSE Central sera consulté à ce sujet. La volonté de structurer le dialogue social sur l’IA est aujourd’hui une réalité, avec un accord de méthode en cours de négociation comprenant différents volets (information consultation sur la stratégie, création d’une commission au niveau de l’entreprise en vue de favoriser un dialogue social itératif entre direction et organisations syndicales sur le sujet, information/consultation sur les projets IA). Les élus ont insisté sur la nécessité d’aboutir à un accord cadre de haut-niveau sur l’IA, tant les enjeux en la matière à France Télévisions sont importants pour les salariés et pour l’entreprise, sur tous les aspects, emploi, métiers conditions de travail, sens du travail, éthique, financiers et environnementaux. Une matrice d’évaluation a été mise en place très récemment pour prioriser les cas d’usage (les utilisations de l’IA). Au regard des difficultés à quantifier à l’avance (c’est à dire pendant la phase exploratoire de sélection des projets) les impacts qui seront rencontrés, la probabilité est élevée qu’une part importante de subjectivité et d’arbitraire n’intervienne au moment du remplissage de cette matrice. Ce qui nécessitera une grande vigilance des élus et de la commission IA. Les élus insistent aussi sur la nécessité que chaque projet soit bien conforme au RGPD (protection des données personnelles). En effet, quelle traçabilité pour les données produites par les systèmes d’IA ? Les salariés peuvent-ils faire l’objet de la part de l’employeur d’investigations sur l’utilisation qu’ils font de MedIAGen dans leur travail ? La direction a-t-elle accès à l’historique des « prompts » (requêtes de recherches) des salariés sur les outils d’IA de chacun ? Qui y aura accès et dans quel but ? Côté souveraineté, l'architecture technique actuelle repose majoritairement sur des fournisseurs de services cloud soumis à des législations extra-européennes (Google, Microsoft Azure, OpenAI…). A ce titre, ils ne permettent pas de garantir un niveau de sécurisation des données tel que celui d’un fournisseur de cloud souverain qui reste la solution à privilégier.
Prochain CSE Central les 10 et 11 février 2026
Paris, le 4 février 2026
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Liminaire de la CGT CSE CENTRAL Des 21 et 22 janvier 2026
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2026 : Annus Horribilis pour la télé publique
Le mandat de ce nouveau CSE Central se présente sous les pires auspices. 2026 s’ouvre avec un budget dramatique. Au moins 140 M€ d’économies à trouver, et même 160 voire 170 selon les derniers ajustements apportés par le gouvernement dans sa dernière version du budget de l’État en mode 49.3. A France Télévisions, on ne fait plus dans la dentelle, on gratte partout, on réduit encore les effectifs, on dégrade nos antennes, on jette du lest par-dessus bord en vendant le patrimoine. Bref on abime et on fragilise notre entreprise. Cette situation va peser de plus en plus sur tous les salariés. Elle est aggravée par le contexte politique général, avec les attaques aussi violentes qu’injustes contre l’audiovisuel public et ses salariés venant d’une sphère qui a tout intérêt à voir disparaître un pôle public garant d’une information indépendante et pluraliste, et d’une création qui échappe à la logique purement commerciale. Les ordonnateurs de ces attaques ne craignent pas de manipuler le public à leur propre profit, avec toutes sortes d’arguments populistes, lui faisant croire que nous coûterions trop cher. Pourtant, l'AVP c'est 8,3 Md€ au Royaume Uni, 10,4 Md€ en Allemagne et seulement 4,5 Md€ en France. Cela représente 51 € par Français par an, ce qui nous situe entre la Croatie et la Slovénie. Pourtant, les institutions de contrôle comme la Cour des comptes ne sont pas loin de donner raison à ceux qui veulent nous détruire, préconisant de réduire le coût du travail en s’attaquant aux salaires et aux conditions de travail des salariés. Visiblement cette approche libérale est partagée par notre direction qui a dénoncé notre accord collectif et rêve de salariés à tout faire pour moins cher. A l’ordre du jour de notre CSE, les sujets de transformation ne manquent pas. Car dans le même temps, notre entreprise étranglée financièrement entend se réorganiser, se transformer, engager de multiples ruptures qui vont affecter la vie des salariés : leurs métiers, leurs conditions de travail, le sens même de leur engagement professionnel, leurs perspectives de durer et de vieillir en bonne santé, d’avoir une vie personnelle équilibrée. Intelligence artificielle, automatisation des modes de fabrication, multiplication des polycompétences plurimédias… Les chantiers sont vertigineux. Sur tous ces sujets, la CGT jouera pleinement son rôle avec une seule ligne directrice : la défense de l’intérêt collectif des salariés. Paris, Le 21 janiver 2026
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COMPTE RENDU CGT CSE CENTRAL DU 17 décembre 2025
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Un nouveau CSE Central a été mis en place, le 17 décembre, suite aux élections professionnelles dans les deux plus gros établissements de France Télévisions : le Siège et le Réseau France 3. L’alliance CGT-CFDT-SNJ-UNSA est déterminée à lutter pied à pied contre les attaques qui menacent l’audiovisuel public et notre entreprise en particulier. Attaques de l’extérieur, sur fond de mise en cause par la droite et l’extrême-droite de l’impartialité et de l’indépendance de notre entreprise, avec des menaces sur son avenir. Pour nos organisations syndicales, il est essentiel d’être très clair dans le combat contre l’extrême-droite ; un sujet qui a créé une fracture avec FO. Attaques aussi en interne, avec la dénonciation de l’accord collectif et la volonté de la PDG de revoir à la baisse le socle social, de dégrader les conditions de travail, de rendre les salariés ultra-polyvalents, flexibles et plus productifs pour absorber les économies drastiques qu’on exige de nous.
Bureau du CSE
Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT)
Référente du CSEC en matière de lutte contre le harcèlement sexuel, moral et institutionnel, et les agissements sexistes : Karine CEVAER (CGT Réseau France 3) Binôme référent du CSEC en matière de lutte contre le harcèlement sexuel, moral et institutionnel, et les agissements sexistes : Olivier VIRATELLE (CGC Siège).
Commission économique
Commission Emploi-formation
Commission Égalité professionnelle
Commission Information et aide au logement
Commission Handicap
Commission Outre-mer
Commission Nouvelles technologies et Transformation numérique
Prochain CSE central ordinaire : 21 et 22 janvier 2026. La CGT vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année !
Paris, le 19 décembre 2025,
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COMPTE RENDU CGT CSE CENTRAL des 1er et 2 octobre 2025
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Contestation de la dénonciation de l’accord collectif Les organisations syndicales et les instances représentatives de tous les établissements de FTV ont décidé de contester en justice les conditions de la dénonciation de l’accord collectif par la direction. Pour faire partie de la procédure, les élus du CSEC ont voté à l’unanimité une résolution à lire ici.
Situation générale La Présidente est revenue au préalable sur les attaques dont France Télévisions fait l’objet dans l’espace public. Un ciblage très partisan de la part de ceux qui prônent une privatisation de l’Audiovisuel Public. Un palier a été franchi avec l’instrumentalisation de la vidéo volée des journalistes P. Cohen et T. Legrand. La Présidente réaffirme que rien ne permet de dire que P. Cohen a manqué à ses obligations professionnelles, comme l’a confirmé le CHIPIP, instance indépendante de France Télévisions. Le dénigrement systématique et mensonger à l’encontre de l’AVP par les médias de la sphère Bolloré, en particulier CNews et Europe 1, est contraire aux conventions signées par ces médias avec l’Arcom. Les chaînes d’opinion, radio ou TV, sont interdites en France et il devient nécessaire de contraindre ces médias à respecter leurs obligations. France Télévisions a saisi l’Arcom avec Radio France sur ce dénigrement systématique. « Nous sommes dans un débat existentiel pour l’Audiovisuel Public, on doit le défendre ensemble » ajoute Stéphane Sitbon. Un des rares sujets de consensus à France Télévisions... A propos du rapport de la Cour des comptes, la Présidente pointe d’abord la responsabilité de l’Etat actionnaire pour expliquer la situation budgétaire de l’entreprise. Mais l’Etat va-t-il entendre cette critique de la Cour des comptes ? On n’en prend pas le chemin. Pour la CGT, cette sélectivité de l’Etat dans les préconisations est insupportable et inacceptable. Sur le projet de holding, « il est peut-être urgent d’attendre » insiste la Présidente qui ajoute « ne pas avoir changé d’avis sur la nécessité d’un grand service Audiovisuel Public réuni ». Mais elle estime que le rapport Bloch, qui plaide pour une holding avec de nouvelles filiales, n’aboutira qu’à récréer des silos et donc de la complexité de fonctionnement. La direction se satisfait par ailleurs du très haut niveau des audiences du 20H et de « Léa Salamé au 20H qui consolide la formule rallongée ». franceinfo.fr reste en forme avec plus de 7M de téléspectateurs par jour, France 4 est en hausse et est même passée devant Gulli. Le succès de la fiction ne se dément pas sur nos antennes et en particulier sur France.tv. La série Surface a obtenu 6M de visionnages au global, dont plus de 50% sur France.tv. La Présidente résume finalement cela en une seule formule : « Oui le contexte est compliqué, mais on est plébiscités par nos téléspectateurs ». Mais visiblement l’Etat s’en fiche, comme toujours... Evidemment, la CGT est longuement revenue sur la dénonciation de l’accord collectif par la direction, que nous contestons par ailleurs en justice. Paradoxalement, alors que la direction se plaint d’un soi-disant immobilisme sur les négociations métiers, cette dénonciation de l’accord collectif va geler toute évolution jusqu’à la conclusion (ou pas) d’un nouvel accord collectif dans plus de deux ans. Un accord vivant est un accord que l’on révise au fil de l’eau. La direction a fait le choix de la stagnation alors que l’urgence d’avancer sur les métiers du numérique est devant nous. Côté budget la situation est très préoccupante. La direction confirme qu’il y aura un effort à mener de 120 à 150M€ en 2026 selon les estimations d’inflation. Sans doute pour récompenser l’entreprise et ses salariés, le ministère des finances souhaiterait un retour à l’équilibre dès 2026. Un exercice tout simplement impossible. La seule possibilité de faire des économies sera une fois de plus de couper dans les programmes avec le risque d’une baisse des audiences et des recettes publicitaires, ce qui pourrait alimenter une spirale infernale d’appauvrissement de nos offres de programmes et in fine une aggravation de la situation financière. Les accords avec les producteurs devraient être remis en question. La discussion avec l’Etat tournera donc une fois de plus sur le niveau de déficit pour 2026, pour la 2ème année consécutive avec une poursuite de la dégradation de la trésorerie, la hausse des frais financiers et un risque sur les liquidités. Ce qui oblige l’entreprise à emprunter. La direction indique que des ventes d’actifs sont possibles, pour retrouver des marges. Par exemple vendre des immeubles (ceux du Siège ?) et de laisser France Télévisions locataire. Une vision à courte vue puisque si cela améliorera ponctuellement la trésorerie, les charges fixes augmenteront fortement du fait des loyers à payer. Pour la CGT, plus que jamais l’Etat doit assumer ses responsabilités et assurer le financement des missions qu’il nous a lui-même attribuées. Ou bien dire clairement quelles sont les réformes structurelles et les réductions de périmètre qu’il souhaite engager. Car ce n’est pas à l’entreprise de définir ses missions. La grande question qui perdure depuis des années est donc : que veut l’Etat ?
Projet ici de rapprochement France3 / France Bleu Il a fallu que la justice s’en mêle pour tordre le bras de la direction et l’obliger à consulter le CSE central sur le projet Ici et les rapprochements entre France 3 et France Bleu. La direction de France Télévisions continue à prétendre qu’elle a bien-tout-fait-comme-il-fallait, avec, en tête de gondole Philippe Martinetti ânonnant toujours les mêmes exemples, sans craindre de tordre les faits et de prendre ses interlocuteurs pour des perdreaux de l’année. Dans son rapport, l’expert du CSEC note cependant qu’il y a eu plusieurs manquements : lancement des matinales filmées sans consultation des élus, absence d’avis des élus sur le projet de régionalisation qui a substantiellement évolué au fil du temps, évolutions au fil de l’eau sans que les élus puissent avoir la vision globale du projet. Bref, un projet mené à bas bruit, sans concertation. Ceci nourrit « un dialogue de sourds, de la défiance » et alimente l’idée de la dissimulation. Les élus ont eu le sentiment que l’identité de France 3 était gommée, sans que les impacts n’en soient évalués. L’expert estime qu’il manque un vrai débat sur l’organisationnel, sur les métiers. Il faut un dispositif spécifique de « discussion explicite » sur le sujet. Il rappelle que « la confiance ne se décrète pas, elle se construit ». Voir ici le rapport d’expertise. Droit dans ses bottes, M. Martinetti prétend désormais que le projet Tempo aurait remplacé le projet initial de régionalisation. Ah bon ? Première nouvelle ! Et qu’en est-il des programmes ? Il affirme encore que la direction avait proposé une commission de suivi spécifique. Une proposition tellement peu contraignante pour la direction que les élus n’y ont pas donné suite, estimant qu’il s’agissait d’une manœuvre dilatoire destinée à fourvoyer les juges. Dans le débat, vif, sur le sujet, pas grand-chose à apprendre, la direction campant sur ses positions sans chercher à convaincre. Le projet de holding est, certes, venu percuter le dossier des rapprochements entre les deux réseaux, mais les deux entreprises auraient pu décider d’avancer sur le sujet d’elles-mêmes. Sans doute, la situation serait-elle moins floue. Dans le projet de COM (Contrat d’Objectifs et de Moyens) aujourd’hui abandonné, il était prévu de créer des directions communes entre Ici Radio et France 3. A cette remarque, Delphine Ernotte répond : « On n’est pas d’accord avec Radio France sur les rapprochements entre France Bleu et France 3 ». En tout cas à l’heure qu’il est, il y a clairement un fort décalage entre la perception de ces rapprochements et la stratégie des entreprises. Les élus ont rendu un avis critique sur le projet.
Information-consultation sur l’évolution des effectifs 2025 Forcée une seconde fois par le juge des référés d’info-consulter le CSEC sur le projet de compression des effectifs, la direction a communiqué quelques chiffres. Au niveau de l’entreprise, le budget rectifié prévoit pour 2025 une baisse de 163,1 ETP par rapport au réel de 2024. La disparition de la bosse d’ETP affectés aux Jeux Olympiques en 2024 explique en partie cette baisse drastique. Les secteurs les plus touchés sont ceux de la Gestion, moyens, production et celui de l’Information. Pour atteindre son objectif, la direction compte sur un moindre recours aux salariés non-permanents, sur le non-remplacement de certains départs, et sur « la manière de planifier et d’organiser le travail » notamment. Les élus dénoncent les premiers effets visibles de ce plan au sein du réseau régional où des consignes ont été données de ne plus remplacer les départs des documentalistes. La Présidente dément, précisant que ce sont les directions locales qui décident seules de la répartition des ETP qui leur sont alloués. Les élus ont voté à l’unanimité le recours à un expert.
MedIAGen Suite au jugement du 2 septembre, la direction a été contrainte de fermer l’accès à la plateforme MedIAGen et en a informé les utilisateurs. C’est bien le défaut de consultation du CSEC, refusé par la direction au printemps 2025, qui est sanctionné par le juge et la cause de cette situation. Ce qui est important pour la suite, c’est que tous les projets qui incluent de l’IA devront faire l’objet d’une information-consultation des CSE concernés. La direction a pris acte de ce jugement, ne fait pas appel de la décision et souhaite trouver à l’avenir un moyen de ne pas se retrouver dans cette situation. Dont acte, nous jugerons sur pièce. Sur le fond du projet MedIAGen, le responsable des technologies par interim, Skander Ben Attia, indique que face à la montée en puissance des usages d’« IA shadow », utilisation par les salariés de modèles d’IA grand public, France Télévisions devait réagir afin d’encadrer les choses et éviter que les données de France Télévisions ne sortent de l’entreprise et servent aussi à nourrir les IA. L’un des buts du projet est de se donner la possibilité de développement d’assistants spécialisés internes utilisant le langage naturel. Par exemple l’ingestion de très gros documents de notices techniques pour faciliter le travail des exploitants. Le système ne fonctionne pas sur l’internet en temps réel, mais sur une base internet figée à début 2024 et intégrée dans nos serveurs avec le modèle ChatGPT 4. La direction estime que les outils d’IA vont améliorer la productivité, mais que pour l’instant, on est sur l’encadrement des usages. Le problème des réponses qui ne sont pas exactes est réel. Et nous sommes pour l’instant plutôt sur un outil permettant de faire des résumés et de la reformulation. Là encore, la problématique des documentalistes s’est invitée dans le débat. Fantasme ou réalité, certaines directions anticipent la possibilité de remplacer les documentalistes par des systèmes à base d’IA. C’est dire le niveau de considération pour les personnels concernés qui sentent venir le petit robot qui va dévorer leur métier. La direction générale reste pourtant prudente sur le sujet, car il y a visiblement beaucoup de chemin à parcourir pour évaluer la fiabilité de ces outils. Et a quelques mois des élections municipales, le manque de documentalistes pourrait être problématique. Afin d’explorer tous les impacts potentiels de cet outil d’intelligence artificielle, les élus du CSE central ont désigné un expert spécialiste du sujet. Un rapport sera rendu vers la fin de l’année 2025.
Commission Outre-mer (comptes rendus des réunions des 2 juillet et 24 septembre) Suite à un « incident », les élus de la commission ont dû rappeler quelques fondamentaux aux représentants de la direction du Pôle Outre-mer assistant à leurs réunions : « Les élus de la commission Outre-mer tiennent à rappeler l'importance de préserver cette instance comme un espace de travail et de dialogue. Cette commission ne doit être ni une chambre d'enregistrement, ni un espace sous surveillance. Elle doit rester un lieu d’échange, où les élus peuvent s’exprimer sans crainte d’un rappel à l’ordre, une fois de retour dans leur station. Soulever des difficultés, pointer des axes d’amélioration ou alerter sur des dysfonctionnements ne relève pas de la critique gratuite, ni de l’opposition systématique. C’est, au contraire, un signe de notre engagement professionnel et de notre volonté partagée de garantir la qualité du service public, tout en veillant au respect des conditions de travail de chacun et chacune. Les élus n'ont pas à rendre de comptes à leur hiérarchie sur les sujets qui peuvent ou non être soulevés en instance, à Paris. C'est l'une des bases du dialogue social. Charge, ensuite, à la direction d'apporter son éclairage pendant cette instance, si elle ne partage pas certains points de vue évoqués en séance. Les élus de la commission Outre-mer restent attachés à un fonctionnement basé sur des échanges libres et respectueux. Ce sont là les conditions essentielles pour mener ensemble un travail constructif, à la hauteur de nos missions et des enjeux propres à nos territoires. » La directrice du Pôle Outre-mer s’est engagée à faire respecter ces règles. Les Directeur.rices Régionaux sont prévenus. Vie du Pôle Outre-mer L’adaptation de l’accueil d’alternants journalistes a commencé en septembre grâce à un partenariat avec l’IJBA : 6 jeunes ultramarins pourront faire l’essentiel de leur cursus en restant dans leur territoire. Média et public : réforme des rédactions et socle éditorial Tous les postes clés sont désormais pourvus. Une étude montre le recul de la TV et de la radio au profit du web et des réseaux sociaux, qui deviendront dominants d’ici 2030, surtout chez les jeunes. Les réseaux sociaux sont désormais la 1ère source d’information quotidienne, mais la TV conserve un rôle de validation de l’info. La direction du Pôle confirme sa mission de développer le quadri-média. Le responsable des Médias et du Public souligne les progrès réalisés en matière de numérique, avec une forte progression des réseaux sociaux, tout en reconnaissant des disparités entre les territoires. Un travail sociologique par zone est prévu pour affiner la stratégie numérique. La CGT s’inquiète des réorganisations et du manque de moyens pour maintenir la qualité sur tous les supports : manque d’équipements, formation insuffisante et charge de travail accrue. Situation à Mayotte Retour à la normale fin juillet pour l’intérieur de la station, mais les travaux extérieurs sont toujours en cours jusqu’à la fin de l’année (étanchéité, couvertures). Un soutien psychologique est toujours mis à disposition. Projets en cours Le Plan de Continuité d’Activité (PCA) : une collaboration avec des chercheurs pour renforcer les dispositifs dans chaque station a été mise en place. Zénon : le déploiement à Malakoff est suspendu tant qu’il ne sera pas stabilisé. NRCS (Newsboard + OpenMedia) : déploiement achevé dans le bassin Atlantique (St Pierre et Miquelon, Martinique, Guyane, Guadeloupe), le Pacifique d’ici novembre et l’Océan Indien au 1er trimestre 2026. La direction des Moyens et du Développement a prévu un plan de modernisation technique 2026–2028 portant sur le renouvellement des infrastructures (serveurs, postes, outils de montage et diffusion). Un site pilote sera choisi pour tester avant tout déploiement. Le PAM (Production Asset Management) jouera un rôle central pour faciliter le travail au quotidien, avec des formations à la clé. Bilan de l’absentéisme dans les stations Outre-mer au 1er semestre 2025 L’absentéisme reste élevé, supérieur à la moyenne de France Télévisions. Il est principalement dû à la maladie. Les élus demandent des données plus détaillées pour mieux comprendre les causes, souvent liées selon eux à l’organisation du travail. Ils alertent sur la santé au travail et mentionnent que des procédures sont en places. Bilan de l’emploi dans les stations Outre-mer au 30 mai 2025 1.467 ETP dont 9,2% de non-permanents. 19 départs pour 28 recrutements. L’âge moyen des entrées est de 36,6 ans et l’âge moyen des sortants est de 63,9 ans. La part des femmes dans l’effectif permanent est de 39,1%, loin de l’objectif de 50%. Le recrutement des moins de 30 ans est de 28,6% pour un objectif de 32%. La CGT déplore le manque d'efficacité de la politique RH. L'effort budgétaire reste important. Les réductions d'effectifs prévues en 2026 sont très inquiétantes. La direction souhaite répartir les efforts de manière équitable entre les stations et Malakoff, en limitant les suppressions de postes. La priorité est donnée à l’anticipation et à la reconfiguration progressive. Prévoyance invalidité pour les salariés de Nouvelle-Calédonie, Polynésie et Wallis-et-Futuna Les négociations ont commencé pour le prochain contrat santé-prévoyance valable à partir du 1er janvier 2027. L’élargissement des prestations de prévoyance pour les salariés de Nouvelle-Calédonie, Polynésie et Wallis-et-Futuna a été demandé par toutes les organisations syndicales. Le contrat actuel reste en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026. Déménagement de Malakoff à MFTV Le 21 septembre, les membres de la commission ont visité les nouveaux locaux du Pôle Outre-mer : régies, studios, plateau virtuel. Le centre de diffusion reste en travaux et fera l’objet d’une visite ultérieure. En CSEC, une élue de Malakoff a lu une déclaration commune sur les difficultés rencontrées par les salariés à cause du déménagement. L’élu représentant La Réunion s’est également exprimé en CSEC sur la situation de sa station.
Information sur la mise en place d’un Centre de Services Applications Un projet en apparence anodin qui va permettre à France Télévisions de faire des économies sur des prestataires de maintenance pour 140 applications internes de France Télévisions. En effet, ces dernières ne sont actuellement plus maintenues en condition opérationnelle par leurs éditeurs. D’où un risque d’obsolescence qui nécessite de trouver des solutions. Un appel d’offres a donc été passé pour remettre en question le fonctionnement actuel avec de multiples prestataires afin de rationaliser les coûts. La grande question sera la qualité du service qui sera rendu, compte tenu de l’externalisation de 95% de l’activité en zone C, c’est-à-dire à l’extérieur de l’Union Européenne. Une belle illustration également de la désindustrialisation de la France avec l’appui d’une entreprise de service public. Oui, c’est plus cher en France mais ce sont nos emplois !
Adaptation du processus de gestion des demandes d’achats/commandes hors programmes Selon le patron de la Direction des achats hors programmes, l’objectif principal est d’améliorer la conformité de la politique d’achat et l’utilisation du bon accord cadre par les prescripteurs. En effet, la qualité des commandes saisies dans l’outil de gestion Ariane serait insuffisante par rapport à nos règles de gestion interne, nos spécificités et le volume de commandes. La contractualisation se fait aujourd’hui à travers deux applications qui ne se parlent pas. La direction souhaite optimiser au maximum, car nous avons un volume de flux important avec 30.000 commandes par an pour près de 8.000 fournisseurs et 800 préparateurs internes qui font des demandes d’achats via Ariane. A terme, la volumétrie devrait diminuer grâce à la mise en place de catalogues plus complets concernant plus de 50% du volume d’achats. Selon la direction, il sera nécessaire de diminuer le nombre de préparateurs en privilégiant les personnes expérimentées, pour plus d’efficacité. Un portail fournisseur sera créée pour simplifier les démarches. Il n’y aura pas d’impact sur les gestionnaires administratifs nous promet la direction. Cette nouvelle procédure d’achat sera déployée en janvier 2026.
Information/consultation sur la résiliation du bail de Ponant Parc Le bail de ce site parisien proche du Siège prendra fin au 2e trimestre 2026. La direction pourra ainsi se libérer d’un loyer de 2M€/an. Une partie des personnels a déjà été transférée dans les autres bâtiments parisiens du groupe. Pour savoir où et quand seront transférés les autres, il faudra attendre l’information-consultation du CSE Siège. Sur le principe de la résiliation du bail, les élus du CSEC ont rendu un avis en prenant acte de cette décision à lire ici. Sur les conditions du déménagement, et surtout celles de l’accueil dans les nouveaux sites, les élus s’en remettent à l’expertise des élus du Siège.
Paris, le 24 octobre 2025
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Déclaration de la CGT CSE Central du 01 octobre 2025
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"Une renégociation globale de l'accord collectif de 2013 apparaît nécessaire pour permettre plus de polyvalence et réviser les conditions de rémunération et de temps de travail afin de les adapter aux enjeux de la situation financière". Extrait du rapport de la Cour des comptes. Les choses sont claires. Dans une belle coordination, la direction devance les préconisations de la Cour des comptes – dont elle a eu connaissance – en dénonçant l’accord collectif au mois de juillet afin de ne pas laisser accroire, lors de la publication en septembre, qu’elle est restée inactive sur ce sujet. Le but est limpide : casser la couverture conventionnelle des salariés pour faire des économies. Mettre en place des polyvalences pour ensuite supprimer en masse des emplois sur les CDD et les CDI. Et les conditions de travail dans tout ça ? On s’en fout. La direction devrait toutefois apprendre de l’histoire sociale de notre entreprise. Il va falloir compter avec les syndicats et les salariés. La CGT ne laissera pas brader les conquis sociaux et dégrader les conditions de travail afin de faire réduire les coûts. Il n’est pas possible de diriger une entreprise contre ses salariés. Mme la Présidente, votre récente décision de dénoncer l’accord collectif ne passe pas. Nous en contestons la légalité. Le juge tranchera. Mais au-delà de cette question juridique, par cette décision, vous faites le choix d’une paralysie des évolutions des métiers pendant les deux ans de la négociation, alors que vous dites-vous-même qu’il est urgent d’avancer sur les métiers du numérique et alors même qu’une négociation sur le sujet était en cours lorsque vous avez dénoncé l’accord collectif. La direction doit bien prendre conscience que pendant tout le temps de la survie de l’accord collectif, a minima les deux années qui viennent, nous prendrons un soin particulier à le faire appliquer scrupuleusement. Dans ce contexte délétère, nous constatons à nouveau les terribles effets du management toxique à France Télévisions, et en particulier à la rédaction nationale. Cette fois, événement unique dans l’histoire de l’entreprise, c’est la DRH de l’information qui en a été victime. Lâchée par sa hiérarchie, elle paie aujourd’hui les pots cassés. Un comble ! Quelle lâcheté ! Tout cela, pour pouvoir maintenir un système de management caporaliste et violent à bout de souffle. Une cohorte de cadres impose en toute impunité ses règles et ses décisions : peu importe les dégâts collatéraux, humains ou éditoriaux. Cet Etat dans l’Etat que constitue la direction de l’info doit être démantelé. C’est une question de respect pour la santé des salariés. C’est aussi une question de salubrité publique : assurer enfin une véritable indépendance éditoriale et ne plus être une courroie de transmission de la macronie sur nos antennes. Cet état des lieux déplorable se double d’une judiciarisation des relations sociales. Genesys, compression des effectifs dans le réseau France 3, suppression de la marque France 3, MedIAGen et compression des effectifs au niveau de l’entreprise, par 5 fois cette année, les élus du Siège, du Réseau et du Central ont dû saisir le juge pour que la direction respecte le droit du travail. 5 fois la direction a été condamnée, en attendant la procédure contre la dénonciation de l’accord collectif. Quand cette direction multi-récidiviste apprendra-t-elle de ses erreurs ? Pour achever ce sombre tableau, les perspectives budgétaires de France Télévisions sont toujours plus catastrophiques pour l’année 2026 et les années suivantes. Il y a tout juste un an nous engagions un droit d’alerte économique. La situation ne cesse de se dégrader depuis. Dans quel état allons-nous en sortir ? La direction va-t-elle accepter un manque de ressources de près de 150M€ en 2026 ? Que ferez-vous, Mme la Présidente, si le Projet de Loi de Finances 2026, qui sera débattu à l’Assemblée, reste en l’état ?
Paris, le 1er octobre 2025
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Déclaration commune CGT, CFDT, FO, SNJ et UNSA au CSEC 11 septembre 2025
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Notre CSE Central est reconstitué et totalement en ordre de marche quelques semaines après la décision de la DRIEETS, grâce à l’esprit de responsabilité des élus et des leurs syndicats. A peu près au moment où nos mandats tombaient, le 11 juillet 2025, la Présidente de France Télévisions a décidé de déclencher la plus grave crise sociale de l’entreprise depuis 2015 : dénoncer notre accord collectif ! C’est une crise sourde et lente, qui va s’installer dans le temps. Selon la direction, notre accord collectif est obsolète et doit désormais s’adapter à la modernité de notre temps. De quelle modernité parle-t-on ? Celle d’une dérive néo-libérale qui entend casser notre modèle social ? Et dégrader encore plus les conditions de travail et la santé des salariés ? En ce sens, cette décision répond effectivement aux pressions du ministère du budget afin d’adapter l’entreprise au sous-financement structurel de l’audiovisuel public. Les syndicats sont tous vent debout contre cette décision. Les tentatives de division initiées par la direction ont toutes échouées. Cela renforce même notre détermination. Les syndicats non représentatifs s’associent, les élus des CSE s’associent, en attendant la grande mobilisation des salariées que nous allons construire avec détermination et patience. Toutes les négociations prévues d’ici la fin de l’année vont être impactées par cette situation qui nous pousse vers un chaos social dont la direction sera responsable. Aucun accord de méthode visant à soi-disant sécuriser cette dénonciation litigieuse ne nous fera renoncer à une procédure juridique sur les irrégularités de cette initiative ne visant qu’à rogner sur les acquis des personnels. Aucun dialogue serein et constructif ne sera possible tant que la direction ne reviendra pas sur sa décision, et ce ne sont pas quelques menus moyens syndicaux, agités en forme d’appât par la DRH qui viendront compromettre notre engagement au service des salariés. Par ailleurs, le 2 septembre 2025, le juge a recadré la direction de France Télévisions qui, par excès de confiance, s’est pris les pieds dans le tapis : l’intelligence artificielle est bel et bien une nouvelle technologie et il faudra désormais analyser tous les projets de France Télévisions au regard de cette décision majeure pour les intérêts des salariés. Vous avez décidé d’enclencher, Mme la Présidente, un cycle d’affrontements, à vous d’en trouver les voies de sortie. La direction serait bien inspirée de mettre fin rapidement au conflit vu le peu de confiance qu’il lui reste auprès des salariés. Réconcilier disiez-vous il y a quelques mois. Nous en sommes loin... Paris, le 11 septembre 2025
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Compte rendu CGT - CSE Central des 26 juin et 7 juillet 2025
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Situation générale
Comme à son habitude, Delphine Ernotte choisit de mettre en avant ses points de satisfaction : Le festival de Cannes : « un beau succès » qui a touché 34 millions de téléspectateurs. Contrairement aux années passées, la couverture a été confiée à la Fabrique. 20 films financés par FTV ont été présentés, dont 11 tournés par des réalisatrices. Le film des frères Dardenne, co-financé par FTV, a obtenu le Prix du jury. Roland Garros : on n’avait jamais eu une telle audience : on a touché 46 millions de Français, avec un pic à 9 millions pour la balle de match la plus longue de l’histoire. FTV avait mis en place un dispositif de chaîne numérique interactive comme pour les JO. Elle a touché 7 millions de Français. France.tv est leader avec 40 millions de visiteurs uniques mensuels, comparable au niveau des JO. La plateforme est à 4,4 millions de visiteurs uniques quotidiens. Évoquant la renumérotation de la TNT, Delphine Ernotte se félicite des bénéfices en termes d’audience pour Franceinfo qui a passé mécaniquement le cap des 1 % de PDA. Concernant le changement de marque, avec l’effacement des logos des chaînes au profit du logo france.tv, la PDG affirme que cela n’a pas suscité de réactions chez les téléspectateurs, hormis le reproche que le logo france.tv serait trop gros à l’écran. La dirigeante répète qu’il « n’est pas question de faire disparaître France 2, France 3, France 4 et France 5 ». Dans le cadre du projet immobilier Campus, les équipes du pôle Outre-mer ont déménagé de leur bâtiment historique de Malakoff au siège de FTV. Delphine Ernotte salue les équipes du projet, qu’elle qualifie de « très ambitieux et très contraint ». Les élus s’attendent à des conséquences négatives sur les équipes et sur l’identité du pôle, comme les salariés de France 3 Paris Ile de France ont déjà pu en faire l’amère expérience.
La situation autour du projet de holding Parmi les sujets qui fâchent, la patronne évoque la holding, estimant qu’il s’agit « d’un feuilleton qui commence à être extrêmement pénible ». Alors qu’elle s’est toujours dite favorable à une « holding comme préparation à la fusion » et une « BBC à la française », Delphine Ernotte critique le rapport Bloch commandé par Rachida Dati à l’ancienne patronne de France inter, avouant qu’elle a été surprise de son contenu : « Je trouve que beaucoup de choses sont assez loin d’une BBC à la française. Je ne pense pas que la filialisation permette d’atteindre une BBC. Je ne vois pas en quoi le passage à 5 filiales permet d’améliorer, ça sépare les salariés, ça génère de l’inquiétude. Je ne vois pas en quoi c’est plus efficace. Une BBC à la française, ça veut dire les budgets et les moyens qui vont avec ». D’ailleurs, Delphine Ernotte se félicite que les principaux diffuseurs nationaux et organisations d’auteurs et de producteurs, réunis au sein de LaFA (la Filière audiovisuelle), réaffirment dans un livre blanc que le financement de l’Audiovisuel Public est un investissement et pas un coût, car cela fait vivre tout un secteur de 250.000 personnes, qui produit 30 Md€ de valeur.
L’indépendance de l’audiovisuel public Critiquant l’idée d’un directeur de l’info au niveau de la holding, Delphine Ernotte affirme qu’une « BBC à la française s’accompagne d’une sécurisation du pluralisme des rédactions plutôt qu’avoir un grand manitou de l’info ». La sécurisation du pluralisme des rédactions : tout le contraire pourtant de ce qu’a fait FTV. Commentant les attaques contre l’Audiovisuel Public sur les chaînes de la galaxie Bolloré ou celles de la ministre Dati sur Inter et sur France 5, Mme Ernotte affirme « qu’il faut tenir bon et ne pas se laisser intimider. Le climat est extrêmement délétère, dangereux pour l’Audiovisuel Public. Il faut rester calme mais déterminé dans la période. Jusqu’à 2027, ça ne va pas s’arrêter, ça va être une période dure ». Interrogée sur le limogeage de la présentatrice du 20h Anne-Sophie Lapix, la dirigeante se défend d’avoir cédé aux hommes politiques qui n’appréciaient pas ses interviews : « Non, elle ne paye pas son indépendance, je l’ai toujours protégée. Je pense que ça fait 8 ans, c’est difficile quand on est depuis 8 ans à la tête d’une édition ». Visiblement ce raisonnement ne s’applique pas à Laurent Delahousse, ni d’ailleurs chez nos concurrents de TF1. Delphine Ernotte met en avant l’érosion des audiences : « On ne peut pas descendre en-deçà d’un étiage. Moi je trouve que la ligne éditoriale est très bien mais on a besoin de prendre en compte les remontées. Je n’ai pas réussi, dans toutes les réunions sur le 20h, à partager les constats de nos études et la nécessité de faire évoluer les choses avec Anne-Sophie Lapix. Nos collègues de TF1 arrivent à se maintenir là où nous on n’arrive pas. »
Fusion France 3 / Ici La PDG réaffirme en revanche qu’elle est « pour fusionner France 3 et France Bleu » : « Je ne vois pas comment on peut faire autrement qu’une filiale pour fusionner les équipes de France 3 et France Bleu ». Parmi les moments de flottement, interrogée par les élus sur le sujet, la PDG affirme, contre l’évidence, que la création de filiales ne ferait pas tomber l’accord collectif… avant qu’Isabelle Caroff, la DRH, ne la contredise. Flottement de nouveau concernant le projet de suppression du service des éditions Ici à la rédaction nationale. Delphine Ernotte : « Est-ce qu’il y a un projet dont j’ai eu une connaissance claire sur ce point ? La réponse est non », ajoutant que Philippe Martinetti et Alexandre Kara travaillent sur le sujet. Les élus lui rétorquent qu’Alexandre Kara reçoit au même moment les organisations syndicales pour leur faire des annonces sur le sujet. Réponse : « Il n’y a pas d’annonces à faire, ce n’est pas normal, on n’a pas défini le projet ». Ambiance.
Le Siège en surchauffe Parmi les sujets qui fâchent, la grosse panne de climatisation qui a interrompu l’antenne et dégrade fortement les conditions de travail des salariés depuis plusieurs semaines. Cet incident est une conséquence indirecte de l’arrêt des tours de climatisation sur le toit de France Télévisions en septembre dernier, suite à la détection de légionnelle. Pour compenser, FTV a installé des systèmes supplémentaires à l’extérieur, sécurisés par des grilles. Selon Delphine Ernotte, quelqu’un a ouvert une vanne du circuit qui permet de refroidir le CDE (centre de diffusion et d’échanges). Les serveurs se sont arrêtés quand la température est montée. La régie de franceinfo a aussi été impactée et a été obligée de basculer au niveau zéro, celui des plateaux et régies. La PDG reconnait qu’on est « en fragilité sur la clim », avant d’ajouter qu’on « attend toujours les résultats des analyses sur la légionnelle pour remettre en marche les tours». La bonne nouvelle, selon elle, c’est qu’on migre vers le cloud et qu’il n’y aura plus besoin de refroidissement physique des serveurs au siège. Afin de « sécuriser France 3 », sa diffusion a été basculée sur le cloud immédiatement à l’occasion de cet incident. Pour couronner le tout, le système de climatisation a été endommagé par le violent orage qui a frappé Paris dans la nuit du 25 au 26 juin.
Projet d’évolution des moyens mobiles de la Fabrique
Le projet annoncé le 4 décembre 2024 avait été soigneusement gardé secret pour ne pas parasiter les jeux olympiques et paralympiques 2024 et a été vécu par les salariés comme une véritable provocation. L’objectif était un déploiement après le 4 février 2025, soit deux mois plus tard. Face au tollé qu’a suscité cette annonce, la direction a reporté le rendu d’avis à juin 2025. S’est alors ouvert une période de 6 mois de conflits avec les personnels. Les salariés et les syndicats CGT et CFDT ont proposé des scénarios alternatifs au projet. Les élus ont insisté sur la nécessité de donner du temps au temps en mettant en place des groupes de travail avec les salariés pour anticiper les obsolescences et les contraintes liés aux moyens techniques. Mais nous avons dû faire face à une intransigeance dogmatique des cadres de direction totalement vissés sur leurs certitudes, bien loin des préceptes affichés par la Présidente de France Télévisions de construire avec les salariés. La direction pratique un double discours, affirmant d’un côté que les moyens internes de fabrication sont un atout stratégique permettant d’avoir la maîtrise sur l’ensemble de la chaîne de production, de l’autre en diminuant petit à petit les capacités de la Fabrique. Le rapport d’expertise est sans appel. Il met en évidence le flou persistant sur les motivations stratégiques du projet et sur les raisons de la non-application des règles d’or. Pourquoi se contenter de 1 000 jours d’activité de captation interne, alors que plus de 500 jours de captation échappent à la Fabrique ? Et sans doute plus car les externalisations du réseau régional ne sont pas prises en compte. L’argument écologique avancé comme figure de proue du projet n’a pas résisté à l’analyse des faits, car des solutions sont possibles pour adapter les motorisations et les rendre moins polluantes, pour un coût assez faible. Pourquoi supprimer 2 cars rentabilisés et répondant aux besoins les plus courants et pleinement fonctionnels ? Les arguments avancés par la direction n’ont convaincu personne. Malgré les engagements de la direction sur la pérennité des activités de la Fabrique en vidéo mobile, les salariés sont très inquiets des conséquences concrètes de son déploiement sur leurs conditions de travail, la reconnaissance de leurs compétences et l’avenir de leur métier. Le flou persiste sur le redéploiement des salariés qui craignent la mise en place d’un pool de salariés interchangeables, ce qui démontre une méconnaissance du fonctionnement des collectifs de travail sur les cars. Par ailleurs, si la direction affirme vouloir augmenter le plan de charge pour les nouveaux moyens de régie fly modul’air et UM3, les élus ont dénoncé l’absence de prise en compte des impacts humains, avec notamment la question de la pénibilité du travail pour des salariés seniors (actions de manutention et de posture). Les élus ont dénoncé le fort sentiment de mise à l’écart qui persiste chez les salariés du fait de l’éloignement des décisions, de la disparition du management de proximité et d’un manque d’écoute. Des éléments consubstantiels à la direction de la Fabrique et sa DRH. Ce ressenti s’inscrit dans une continuité de la réforme de 2018 qui a laissé une dette organisationnelle et psychosociale indélébile. Nous avons tout de même pu arracher en séance que si les salariés refusaient un reclassement sur les postes proposés au sein de la vidéo mobile, d’autres propositions leur seraient faites pour un reclassement ailleurs dans l’entreprise, y compris avec des reconversions si besoin. Une réponse bienvenue après les menaces de licenciement à peine voilées qu’on subit certains salariés de la part de la DRH de la Fabrique. Pour la suite, les élus ont préconisé que chaque projet de captation soit d’abord soumis à la Fabrique, charge à elle d’en planifier la fabrication et à défaut de pouvoir assumer d’en piloter elle-même l’externalisation. La direction y réfléchit. Pour toutes ces raisons, les élus ont rendu un avis négatif à l’unanimité sur le projet qui repose une fois de plus la question majeure de la conduite du changement dans l’entreprise nécessitant une association réelle des salariés concernés en amont des projets.
Projet global de rapprochement France Bleu / France 3 et projet de remplacement du nom France 3 par la marque générique france.tv
La consultation du CSE Central sur les projets de rapprochements entre France 3 et Ici radio (ex-France Bleu) a été ordonnée par le juge des référés, saisi par les élus, lassés de voir la direction se livrer à la politique des petits pas pour avancer en douce sur la transformation du réseau régional France 3. Autant dire que la direction de France Télévisions s’est livrée à l’exercice de mauvaise grâce et de mauvaise foi. Pas grand-chose à dire, malheureusement, sur les débats autour de ce point, si ce n’est de constater l’inconsistance du document remis aux élus et le dialogue de sourds qui s’en est suivi, fait de postures défensives et de faux-semblants de la part du directeur de l’offre régionale, Philippe Martinetti, qui s’est fait une spécialité du maquillage des vessies en lanternes. Les élus ont eu droit au best of des œuvres complètes depuis 2019, agrégeant toutes sortes de sujets, y compris les propos mensongers. Alors que le projet régional n’a cessé d’évoluer et d’être réorienté au fur et à mesure des réductions de moyens, sans que les CSE ne soient jamais consultés, la seule reconnaissance a minima est venue de Delphine Ernotte elle-même qui reconnait que « depuis dix ans il y a eu beaucoup d’évolutions. C’est compliqué car on est le jouet d’influence de la puissance publique. C’est vrai, ce n’est pas absolument simple ». Ceci étant dit, les élus veulent savoir précisément quel est le projet concernant l’avenir du réseau régional France 3, son identité, son nom, sa destinée stratégique, son éventuel mariage avec le réseau des radios Ici. Et une fois cela explicité, comment la direction entend y parvenir, avec quelle évaluation des impacts, des risques professionnels, quel accompagnement et quelles perspectives pour les salariés. Faute de l’ombre d’une esquisse de réponse, les élus ont désigné un expert pour les éclairer. Voir la résolution d’expertise ici 📎.
Projet pilote de revue du personnel à destination de la filière RH
Info-consultés sur la revue du personnel destinée à la filière des Ressources Humaines, les élus ont pu entrevoir les impacts de ce projet lorsqu’il sera déployé sur l’ensemble du personnel. La direction ne répond pas à toutes les questions de l’assemblée, sous prétexte qu’il reste de nombreuses inconnues. Mais déjà échaudés par le système d’évaluations secrètes des salariés mis en place en 2015, les représentants du personnel restent méfiants à l’égard de cet exercice qui ne promet pas la même transparence que les entretiens individuels. Les managers auront pour objectif d’identifier « les personnes clés », en bref ceux qui peuvent devenir encadrants, « les salariés à potentiel d’évolution » et les « personnels en difficulté ». Que signifie « en difficulté » ? La réponse de la direction est floue. Quant au salarié, il saura dans quelle case il a été placé mais en saura-t-il les raisons ? Rien n’est moins sûr. Vu les pressions budgétaires, la recherche constante d’économies, les changements de valeur sur la qualité et la compétence, la faiblesse des formations de managers, les jugements arbitraires des N+1 sur leurs salariés sont à craindre. Dans leur avis, les élus ont listé plus d’une vingtaine de préconisations pour prévenir ce genre de dérives et éviter le traumatisme vécu par beaucoup de salariés suite à la revue du personnel de 2015. Ils attendent avec impatience un retour d’expérience de ce projet pilote. Voir l’avis rendu par les élus ici 📎.
Budget 2025 : le long supplice
Le 7 juillet 2025, les élus du CSE central étaient de nouveau réunis afin d’être consultés sur un budget rectificatif pour l’année 2025. C’est une 1ère. Jusqu’ici, la direction effectuait des ajustements de son budget sous forme de « reprévisions ». Là, la révision du budget est plus fondamentale et a été imposée par les ministères de tutelle. On vous résume les épisodes précédents : en décembre, France Télévisions adopte un budget en perte de 41 M€, présentant un déficit d’exploitation de près de 50 M€. Mais entre-temps, le gouvernement Barnier tombe et en mars, le nouveau gouvernement Bayrou adopte une loi de finances qui ampute encore le budget de France Télévisions de 26 M€ de ressources publiques. Au total on en est à -62 M€ par rapport à 2024 et à -112 M€ par rapport à ce que prévoyait le projet de contrat d’objectifs et de moyens (COM) défini à l’automne 2023. À ce rythme-là, le déficit d’exploitation monte à -76 M€ et ça, l’État ne veut pas en entendre parler, convaincu qu’il suffit de presser le citron de France Télévisions pour que l’entreprise fasse des économies. Bon soldat, la direction de FTV s’est exécutée et a trouvé 16 M€ supplémentaires d’économies à grapiller, ce qui va réduire un peu le déficit (-58 M€ pour le résultat d’exploitation, -48 M€ pour le résultat net), mais va porter à 76 M€ le niveau des économies à réaliser en 2025. C’est absolument considérable. Comme d’habitude, c’est l’emploi et les conditions de travail qui en font les frais, avec une baisse attendue de 211 ETP de budget à budget (-163 en réel par rapport à 2024). Le programme national et le réseau régional sont les principaux contributeurs aux économies, ainsi que les marchés extérieurs qui permettent à France Télévisions de serrer la vis aux prestataires en se lavant les mains des conséquences sociales que ça induit chez lesdits prestataires (conditions de travail dégradées, délocalisation en Europe de l’Est ou au Maghreb, etc.). L’hypocrisie en matière de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est à son comble. Les élus ont voté un avis négatif à ce budget qui ne sanctuarise qu’un type de dépense : l’investissement dans la création, la vache à lait des – gros – producteurs privés qui ont quasiment leur rond de serviette à France Télévisions.
Informations sur l’évolution des usages vidéo
Face à l’incompréhension des élus sur le projet de suppression des marques des chaînes sur nos antennes, la direction a souhaité faire un point sur l’évolution des usages vidéo, afin de justifier ses décisions. Le taux d’équipement des Français en smartphone atteint aujourd’hui 92 %. Pour la télévision, le taux est à 90 % (il était de 98 % en 2016) dont 72 % sont des TV connectées. Chaque foyer est en moyenne équipée de 6,5 écrans, dont 2 smartphones. Seuls 10 % des Français n’ont pas de télévision, soient environ 5,3 millions de personnes. La consommation télé est stable depuis 2019 à 4h23 par jour, tous supports confondus, chaîne TV, BVoD, SVoD, AVoD et réseaux sociaux, dont deux tiers en live. La télévision reste majoritaire chez les plus de 50 ans. Si les 4-14 ans sont encore à 56 % devant la TV, les 15-24 ans ne sont que 23 % et les 25-49 ans 49 %. L’acteur majoritaire de la consommation vidéo sur internet reste YouTube pour 60 %, ce qui est stable depuis plusieurs années avec une durée plus importante. 33 % sont sur les réseaux sociaux, en progression. Mais 25 millions de téléspectateurs sont toujours devant leur petit écran en direct à 21h, ce qui reste très important. Les services VOD et les réseaux sociaux ainsi que les replay n’ont pas cette capacité à réunir autant de monde, mais ils sont quand même, à la même heure, environ 5 millions sur YouTube et 5 millions devant un SVoD. Contrairement à YouTube, les réseaux sociaux restent en croissance. Facebook rassemble environ un français sur deux et reste en croissance de 12 %. TikTok a multiplié son audience par 10 en cinq ans. Un Français sur trois est abonné à au moins un service de VoD. Netflix est leader avec 42 % du marché, suivi de Prime Vidéo à 27 %, puis Disney 17 %. La moyenne d’écoute est de 28 minutes par jour, dont 20 minutes captées par le seul Netflix. Mais pour les 15-49 ans, cela monte à 40 minutes et même une heure pour les 25-34 ans. 93 % des Français peuvent accéder au service des BVoD (FTV, Canal, Arte, TF1, M6 etc.) dont la durée d’écoute moyenne est de 10 minutes par jour. Parmi ces acteurs BVoD, france.tv est leader avec 11,6 millions de personnes par jour. Le replay est donc bien implanté et participe au calcul des audiences avec le live du linéaire et le preview.
Commissions du CSE central
Les élus ont désigné Véronique Lamartinière comme présidente de la commission Outre-mer. Ils ont également procédé au remplacement de 2 membres de la commission santé, sécurité et conditions de travail par Abal-Kassim Ali Combo et Benoît Salvi.
Paris, le 10 juillet 2025
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Déclaration de la CGT au CSE Centrral Extraordinaire du 7 juillet 2025
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Le 30 juin, les salariés de l'Audiovisuel Public se sont mobilisés contre la Proposition de Loi Lafon (PPL), reprise en main par Rachida Dati afin de s’en faire un trophée législatif avant de se lancer officiellement à la conquête de la mairie de Paris. Du moins si la justice ne finit pas par la rattraper et la rendre inéligible. La gifle qui lui a été infligée à l’Assemblée par l’adoption à une très large majorité d’une motion préalable de rejet en dit long sur le climat qu’elle fait régner. Même son propre camp lui a fait défection. Ses « affaires » commencent-elles à la rendre infréquentable ? Lors du CSEC du 26 juin, la direction se disait dans l’incapacité de fournir aux élus toutes les informations sur le projet global ICI de rapprochement entre France 3 et France Bleu du fait de l’incertitude liée à l’examen de la loi Audiovisuel Public. Un flou qui n’est pas près de se dissiper compte tenu de la seconde lecture engagée au Sénat sur ce projet législatif. Les quelques relais qui restent à la ministre de la Culture au Sénat dont les initiateurs de la PPL Lafon se sont emparés dans l’urgence du sujet sur un rythme bien loin des habitudes de cette assemblée. La commission Culture s’est tenue dès le 3 juillet à huit clos en quelques heures, avant un examen en séance plénière, prévu les 10 et 11 juillet. Le mode de scrutin au Sénat permettant à un seul sénateur de voter pour tous ceux de son groupe, cela va tourner à un débat d’experts sans suspense. Quel bel exercice de la démocratie ! Un retour à l’Assemblée est annoncé, pour le moment, le 23 septembre. Et en attendant on fait quoi à France Télévisions ? En parallèle, nous avons appris par la presse le 2 juillet l’entrée en vigueur d’un accord entre France Télévisions et Amazon Prime Vidéo. Une fois de plus, les représentants du personnel sont mis devant le fait accompli d’une décision pourtant hautement stratégique, sans débat préalable dans les instances internes y compris au Conseil d’administration. Pour la CGT ce débat est une nécessité car au-delà de l’argument d’une exposition élargie pour les programmes de France Télévisions, c’est en fait l’image de notre entreprise qui est maintenant associée à Amazon, une entreprise multinationale prédatrice, aux pratiques fiscales controversées, critiquée pour les conditions de travail difficiles de ses salariés et le non-respect du code du travail, sa domination écrasante du marché, son impact écologique et sa gestion des données personnelles. Tout l’inverse des valeurs pourtant affichées par France Télévisions. Cette décision est d’autant plus incompréhensible à l'heure où les sénateurs examinent un texte dont la justification officielle est notamment de renforcer l'audiovisuel public face à ces mêmes plateformes. Une justification dont nous ne sommes pas dupes, la PPL Lafon ayant pour principal objectif, selon nous, la réduction des moyens affectés à l'audiovisuel public. Le budget rectificatif présenté ce jour au CSEC vient sans surprise affaiblir la capacité de l’entreprise à exercer ses missions, avec une compression d’effectifs nette de 163 ETP par rapport à 2024. La CGT rappelle à l’employeur qu’il a obligation à consulter les différents CSE sur les compressions d’effectifs, en fournissant aux élus le détail des suppressions envisagées avant décision, conformément au droit rappelé par le juge le 3 juin 2025.
Paris, le 07 juillet 2025
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Compte rendu de la CGT au CSE Central du 11 et 12 mars 2025
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Situation générale de l’entreprise
Le CSE central se déroulait le jour du lancement de la procédure de candidature à la présidence de France Télévisions. Interrogée sur le sujet, Delphine Ernotte a laissé poindre son agacement après les déclarations liminaires des organisations syndicales, en répondant : « Quand j’entends tout ce que vous me reprochez, je me demande s’il faut que je me représente ». Elle réserve cependant sa réponse, tout en assurant que les salariés de l’entreprise seront les 1ers informés de sa décision. Ce renouvellement se fait dans un relatif brouillard, puisque la possible inscription d’une proposition de loi sur une holding de l’audiovisuel public vient parasiter cette procédure. Selon la PDG sortante, il y a 3 cas de figure en cas de création d’une holding d’ici la fin de la procédure de nomination :
La situation financière de France Télévisions s’est encore dégradée depuis le vote du budget 2025 en décembre dernier. Un nouveau coup de rabot de 26 M€ est venu réduire les financements publics, ce qui va creuser le déficit qui passera de 49 à 72 M€, selon Delphine Ernotte. Elle se défend de faire peser les efforts uniquement sur l’intérieur de la maison, indiquant être en train de renégocier tous les contrats de production. Malgré cela, l’entreprise lance un plan d’« amélioration de la performance », avec une direction spécifique, chargée « d’interroger les organisations, les process, les métiers ». « Il faut qu’on vise le maximum d’efficacité, c’est une question de crédibilité pour l’entreprise », ajoute-t-elle (voir plus loin). D’ailleurs, la ministre de la Culture et le ministre du Budget ont sommé l’entreprise de faire des économies. Réponse de la patronne : « je ne vois pas bien comment on peut faire un budget plus serré que celui de décembre ». Sur les autres sujets, habituel exercice de satisfecit de Delphine Ernotte concernant les antennes : 28,9 % d’audience globale en février, 36 millions de visiteurs uniques, en progression sur un an. Sur le numérique, france.tv est en tête des audiences des plateformes gratuites. Mais TF1 n’est pas loin et est plus fort sur l’audience journalière. france.tv bénéficie durablement de l’effet JO. La plateforme, sans doute mieux identifiée, conserve une part de l’audience. La PDG se dit satisfaite des résultats des fictions récentes (l’Intruse, Frotter frotter) mais aussi de la fiction sur Olympe de Gouges qui a « très bien marché, à ma grande surprise ». Côté documentaires, elle salue le « magnifique » et « très touchant » Anne Frank, journal d’une ado. Et d’égrener les prix obtenus par des films coproduits par nos filiales cinéma : Vingt Dieux, L’Amour ouf, Borgo, Emilia Perez. Sur le plan politique, on assiste à « une trumpisation de la télé chez certains », ce qui implique, selon Madame Ernotte, de « résister, garder un ton factuel, calme, ne pas cliver ». La patronne reconnait que sur franceinfo « il y a eu un gros problème » avec le « traitement inapproprié de la situation à Gaza ». Et d’ajouter : « c’est un sujet qui m’a perturbée. C’est la 1ère fois qu’on fait une erreur aussi majeure ». En guise de réponse, Delphine Ernotte dit travailler, avec Alexandre Kara le directeur de l’information, au « renouveau de la ligne éditoriale » et au « renforcement de la ligne managériale ». Quant à France 4, qui doit passer sur le canal 4 en juin, Delphine Ernotte annonce une conférence de presse fin mars, afin d’annoncer les grandes évolutions. Des groupes de travail sont en cours au sein de la direction des antennes et des programmes, sachant cependant que la chaine conservera sa ligne actuelle (enfants en journée et culture le soir). Évoquant le prétendu scandale financier autour des cartes corporate, largement entretenu par CNews et la Bollosphère, la PDG estime que c’est lié à la fin de son mandat en août prochain, rappelant qu’il y avait déjà eu pas mal de « peaux de banane par ci par là », lors de son précédent renouvellement. A l’origine de cette histoire, selon elle, une note interne de sa part pour rappeler les règles d’utilisation de la carte corporate : cette carte bancaire, accessible à tous les salariés pour le règlement de leurs déplacements professionnels, permet de bénéficier d’un différé de paiement de 2 mois, ce qui donne le temps de se faire rembourser de ses frais entre temps selon les règles en vigueur dans l’entreprise. Elle est rattachée au compte bancaire personnel du salarié. Elle ne donne accès à aucune réserve d’argent de l’entreprise.
Création de la Direction de la performance Bintou Loum vient d’être nommée directrice de cette nouvelle direction. Jusqu’ici elle s’occupait de performance au sein de la direction du Numérique après être passée par l’audit interne ; l’an dernier elle a coordonné le projet des JO pour France Télévisions, ce qui vaut galons, à entendre la présentation qu’en fait la PDG. Bintou Loum se présente comme « quelqu’un du terrain, qui a mouillé le maillot avec les équipes pour les accompagner et les aider à être plus performantes. Ce n’est pas un gros mot ». Sa mission selon elle : « comment mieux travailler ensemble pour atteindre les objectifs ; optimiser les modes de fonctionnement ; fluidifier et améliorer les collaborations entre les différentes équipes métiers ». Il faut « anticiper la baisse des ressources en optimisant notre organisation ». Parmi les éléments de langage : « dans un contexte budgétaire contraint, redevenir maitres de notre destin » ; « observer nos marges » ; « il y a une formidable richesse créative au sein des équipes, mais les mêmes personnes peuvent être frustrées par les lourdeurs de l’organisation, par des doublons parfois inefficaces. Il faut réallouer nos ressources vers les activités stratégiques » ; « pour moi, il ne faut pas opposer performance et bien-être au travail » ; « on va aider les salariés à supprimer les freins qu’ils vont avoir au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions ». Lorsque la direction évoque les freins à la performance, la question est posée de savoir si parmi eux il n’y aurait pas les instances représentatives du personnel ou encore les organisations syndicales. La direction jure que non ! Les élus demandent si la performance des prestataires sera également évaluée, pointant le budget exponentiel qui leur est consacré. La nouvelle directrice répond que le recours aux prestataires sera lui aussi analysé, voire optimisé. Madame Loum annonce qu’elle va commencer par observer et se « nourrir », en lisant notamment les rapports de l’audit interne, de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances (IGF). Les élus lui ont conseillé de ne pas se contenter de cette littérature financière et libérale, mais de se « nourrir » aussi des rapports d’expertise produits par les experts des CSE, qui éclairent sur les organisations du travail, les conditions de travail et les impacts sur les salariés. Il parait évident qu’une personne seule n’a pas la capacité à appréhender l’ensemble de l’entreprise. Bintou Loum répond qu’elle va travailler avec les différentes directions et les régulateurs d’activité en région et en Outre-mer (DDMPO, DIMPAC, etc.), et qu’elle souhaite prendre des décisions concertées. Concertées avec qui ? Les élus souhaitent que des points réguliers soient faits en CSE Central, la direction donne son accord. Pour les élus il y a beaucoup à faire en matière de performance dans la gestion de projet ou le dialogue social. A bon entendeur…
Responsabilité (Sociétale et) Environnementale de FTV Un point réclamé depuis 1 an par les élus… La direction commence par se jeter quantité de fleurs. Le salon ECODAY 2025 a mis en avant des actions phares comme l'éco-production notamment à Vendargues, l'innovation dans la diffusion du relais de la flamme olympique, et l'option "mode éco" sur france.tv pour réduire l'empreinte carbone, entre autres. En termes de mobilité durable, des progrès ont été réalisés avec l'augmentation du forfait vélo, un meilleur soutien des abonnements aux transports en commun, et la gestion des températures et consommations énergétiques des bâtiments. Mobilisation et sensibilisation aussi dans le cadre de Campus avec la suppression des poubelles individuelles et la mise en place de zones de tri sélectif. En 2024, 1 332 stagiaires ont suivi au moins une formation liée à la RSE : e-learnings généralistes pour appréhender la transition écologique, les écogestes, achat responsable, parcours Ecoprod, le numérique responsable, et les formations destinées aux journalistes. France.tv Studio a obtenu la labellisation Ecoprod en 2024 pour Un si grand soleil. Avec tout ça, le bilan carbone de FTV est de 950 000 tonnes équivalent CO2, dont 65 % sont liés à la diffusion et à la consommation de contenus audiovisuels. Pour structurer davantage la gouvernance RSE, la direction a créé un comité de pilotage. Ce comité, présidé par le secrétaire général de FTV et composé notamment d’un référent par direction, se réunit trimestriellement pour partager des informations et suivre les indicateurs clés. Car il y a des obligations légales à remplir, par exemple le plan de transition écologique de l’entreprise. Parmi les leviers d’actions identifiés par la direction : agir sur l’empreinte carbone de la production, de la diffusion de nos programmes et sur notre infrastructure technique ; agir sur les achats hors programmes (acheter moins et mieux) ; agir sur la restauration collective (gérée par les CSE) ; agir sur les déplacements et les comportements individuels. Le volet sociétal de la RSE sera à l’ordre du jour du CSEC d’avril.
Transfert des équipes légères de la Fabrique au Réseau France 3 : des promesses non tenues
Paroles, Paroles, Paroles... Les élus expriment leur mécontentement quant aux engagements pris par la direction mais non respectés, notamment en ce qui concerne les passerelles (travailler pour une autre direction que la sienne) pour les salariés du pool, ainsi que le transfert du matériel. Concernant les passerelles, si les équipes de la Fabrique viennent renforcer le Pool des équipes légères du Réseau, aucun salarié du Pool n’a été détaché vers la Fabrique, malgré les demandes exprimées. Les élus pointent une difficulté à identifier les besoins et déplorent le manque de communication entre le Pool et la Fabrique, ainsi que le manque d’anticipation. La direction de la Fabrique écarte la possibilité de travailler sur des fictions, parce qu’elle estime qu’au vu des compétences particulières exigées, il est impossible d’intégrer de nouvelles personnes, surtout de manière ponctuelle. Les élus regrettent que FTVS ne fasse pas appel aux ex-salariés des équipes légères du Siège, alors même que cet engagement avait été pris par la direction, notamment pour les émissions religieuses, transférées à FTVS. Mais notre filiale préfère faire appel à des prestataires. La direction explique cette impossible coopération entre autres par le fait que la fonction support de FTVsa a disparu ! Conséquence : les salariés sont désormais cantonnés à la réalisation de quelques tournages en Ile-de-France, mais la plupart du temps ils sont programmés en régie, pour réaliser une activité sans le moindre lien avec leur métier A la question du matériel encore non transféré, la direction se défend en attribuant certains équipements à la fiction, tels que des équipements de son et de systèmes d’écoute (notamment le retour Sennheiser). Et ajoute qu’ils sont destinés à être réformés à cause de problèmes de fréquence. Elle reconnait en revanche sa faute pour le matériel de lumière sur batterie pour Lille et Marseille ; ce qui oblige les équipes à faire de la location alors que nous sommes en restriction de budget. Le constat est amer car c’est la perte de savoir-faire et de compétences qui est ici en question et derrière la capacité de l’entreprise à produire par elle-même, tout en restant compétitive. Une fois de plus, la direction ne tient pas ses engagements, même écrits. C’est bien ce que les élus ont en tête alors que la direction arrive avec un nouveau projet : Genesys. Celui-ci prévoit le renouvellement des régies du Siège et de France 3 Paris Ile-de-France ; 100 à 150 salariés concernés par un changement de matériel, mais surtout par un risque de redimensionnement des équipes drastiquement à la baisse.
Compte rendu de la Commission Outre-mer La situation à Mayotte occupe une bonne part des débats. La direction rappelle les mesures prises à la suite du passage de « Chido ». La priorité était d’identifier les besoins des salariés et de la station pour favoriser un retour rapide à un fonctionnement normal. L’envoi des premiers renforts n’a pu se faire qu’après réouverture de la piste aéroportuaire, et certains services comme la Paye ont été délocalisés vers La Réunion. Le Directeur régional de Mayotte a remercié ses confrères pour leur participation au renfort, 20 salariés au total. Certains salariés de Mayotte ont dû quitter le territoire et ont été mis en télétravail lorsque la fonction le permettait. Ceux qui sont restés sur l’île pour travailler ont bénéficié d’un report de leurs congés sur 2025, et des autorisations d’absence exceptionnelles ont été accordées aux collègues qui ne pouvaient se rendre à la station. Sur le bâtiment en lui-même, des mesures conservatoires ont été prises en attendant le début des travaux définitifs. Les programmes sont tous revenus à une diffusion normale, à l’exception de deux d’entre eux. Le CSEC, dans un élan de solidarité, a fait appel aux CSE/CE du Siège, du Réseau France 3 et de l’Outre-mer, avec l’objectif de collecter 100 000€ pour les reverser à nos collègues Mahorais dans les jours qui viennent, via le CSE de Mayotte. Une convention entre le CSEC et les CE/CSE a été passée en ce sens. Le Directeur des Médias du Pôle Outre-mer annonce une augmentation de 28 % du nombre de visiteurs sur les plateformes ultramarines, et se fixe pour objectif en 2025 de mieux connaître nos publics pour mieux les atteindre. Le déménagement des salariés de Malakoff dans le cadre du projet CAMPUS est toujours prévu le 26 juin 2025, et inquiète les salariés de plus en plus. Sur la réforme des rédactions ultramarines, la direction souhaite mettre en place 4 paliers pour que chaque territoire se situe dans l’échelle du déploiement, afin de définir une trajectoire adaptée. Ce déploiement n’est pas homogène d’une station à l’autre, mais il n’est pas envisagé de marche arrière selon la direction. Le patron de la technique du Pôle Outre-mer reconnait que l’outil radio Zénon n’est toujours pas opérationnel, et que le remplacement des cars régie est encore reporté faute de moyens. Le directeur financier du Pôle explique les difficultés rencontrées dans la construction du budget 2025. Il est tout de même revu à la hausse, à hauteur de 2 millions d’euros, malgré le contexte économique. Compte rendu complet de la commission à lire ici 📎.
Demande de consultation du CSEC sur les projets intégrant de l’intelligence artificielle Lors de la négociation de l'ordre du jour, le secrétaire avait demandé l'inscription d’un point de consultation sur les projets MedIAGen et Raiponse V2 du fait de l'introduction d'une nouvelle technologie à base d'intelligence artificielle. Face au refus de la direction, un point était inscrit à l'ordre du jour afin d'obliger la direction à respecter ses obligations légales en la matière. Les élus ont adopté à l’unanimité une délibération, demandant la tenue d'un CSE central extraordinaire sur les deux projets considérés. La direction a donc maintenant un mois pour réunir le CSE central sur ces deux projets, et fournir aux élus les documents nécessaires.
Retour sur le risque grave concernant une élue Après le rapport d’expertise restitué au CSEC le 9 octobre 2024, les élus avaient préconisé plusieurs mesures de prévention, dont certaines s’adressaient à la direction de France Télévisions. Suite à l’absence d’enquête paritaire sur l’accident du travail de la secrétaire du CI-ORTF, les élus ont demandé d’améliorer le dispositif de traitement et de déclaration des accidents du travail à la CPAM. Difficile pour la direction des ressources humaines d’admettre ses carences en la matière. Certes des efforts ont été faits en 2024 suite aux demandes récurrentes des élus, mais il reste des dysfonctionnements, notamment sur de nombreuses déclarations. Mal établies, elles retardent les dossiers ou empêchent d’effectuer correctement les statistiques de sinistralité au sein de FTV. Est-ce un problème de compétence ou la direction aurait-elle peur de voir les risques psycho-sociaux s’afficher en première cause d’accident du travail ? Afin de contrôler ce qui est écrit sur les causes d’un accident du travail, la Direction de la Santé et de la Qualité de Vie au Travail vient de sortir un guide à destination des directeurs, RRH, managers et Animateurs Prévention Sécurité. Objectif : leur expliquer comment enquêter sur un accident du travail (ce qui fait partie de leurs obligations légales), mais en oubliant de préciser que le paritarisme avec les élus du personnel est de rigueur dans ce genre d’exercice. Quant à la difficulté d’être élu et manager en même temps, ce qui est le cas des secrétaires de CSE et du CI-ORTF, la direction promet de mettre en place des formations adéquates. Pour l’instant, ces élus se débrouillent comme ils peuvent et n’ont pas le droit au cursus prévu pour les managers entrants.
Compte rendu de la Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail Parce qu’au regard du nombre d’alertes santé émises dans l’entreprise il est évident qu’il y a un problème de fond concernant les conditions de travail, la DSQVT (Direction de la Santé et de la Qualité de Vie au Travail) a rédigé 4 guides à destination des managers et des RH, les acteurs en responsabilité : Agir sur la charge de travail, Agir sur l’absentéisme, Démarche d’analyse des accidents du travail et Réaliser une enquête interne. Nous pourrions nous en réjouir, mais non. D’abord parce que les guides de la DSQVT sont rarement appliqués par les opérationnels sur le terrain puisqu’ils n’ont pas d’obligation en la matière. Ensuite parce qu’ils ont peu de marges de manœuvre pour trouver des correctifs. Et enfin parce que quelques-uns refusent même de penser qu’une organisation du travail saine a plus d’intérêt qu’un climat de terreur. Si ces guides présentent des actions de bon sens, il en est une, totalement légale, qui est balayée : le paritarisme. Le législateur a confié aux représentants du personnel la mission de négocier les conditions de travail. La DSQVT va donc revoir sa copie. Bilan 2024 de SocialDirect (prestataire d’assistance sociale) : 465 bénéficiaires (5,78 % de l’effectif de FTV). Les motifs de consultation les plus nombreux sont dans l’ordre : santé, budget, aidant. Hormis des webinaires prévus par le prestataire en 2025, la direction n’envisage pas d’autres mesures d’accompagnement que la négociation de l’accord Générations, mais elle a déjà prévenu : il aura zéro budget. Bilan 2024 d’ACCA (prestataire de psychologie du travail) : 432 salariés ont contacté le service (5,35 % de l’effectif). Les motifs des entretiens sont toujours principalement les relations de travail dégradées et l'intensité du travail. ACCA a réalisé 16 accompagnements de collectifs dégradés en 2024. Pas d’analyse de la PDG et de son CODIR sur cette réalité présente dans toutes les directions. Faits saillants relevés en 2024 par ACCA : Tempo/ICI dans le Réseau France 3 (ce CSEC aura été l’occasion d’apporter la preuve que les directions régionales ne font pas remonter les problèmes au central, ce qui ne peut que déformer la perception de ce dernier), le déménagement pour Malakoff, la réforme de l’information qui n’en finit pas de se mettre en place dans le Pôle Outre-mer et Campus, le CDE et la Média Factory au Siège. Bilan 2024 d’Axomove (prestataire prévention des risques physiques) : 523 salariés inscrits, dont 109 suivis par un kiné. 5.520 exercices réalisés et 75 rendez-vous de télésoins. Compte rendu complet de la commission à lire ici 📎.
Comptes annuels du CSEC Le CSE central dispose d’un compte courant et d’un livret d’épargne. Principales dépenses de janvier 2019 à décembre 2024 : honoraires d’avocats ; frais d’expertises ; abonnements presse, cloud indépendant…, achat de matériel informatique mobile (l’entreprise n’en fournit pas aux élus), frais de fonctionnement et de gestion. La moyenne annuelle des dépenses s’élève à 18 940 €. Depuis la création du CCE en 2010, les différents CSE et CE d’établissement n’alimentent plus le CSE central qui fonctionne donc uniquement sur ses réserves. Les seules rentrées d’argent sont les intérêts générés par le livret bancaire. La remise en place d’une cotisation par les différents CSE et CE d’établissement devra être envisagée afin d’assurer la pérennité financière du CSE central.
Paris le 24 mars
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DÉCLARATION DE LA CGT CSE CENTRAL DU 11 MARS 2025
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L’avenir est très incertain pour l’audiovisuel public, en particulier pour France Télévisions. Alors que l’Arcom s’apprête à lancer la procédure de candidatures pour la présidence de notre entreprise, nous sommes en plein flottement. Interrogation sur la gouvernance et les projets structurels, financements sabrés, doute sur l’avenir, nos missions, nos emplois, nos conditions de travail. La baisse de 112 M€ de nos ressources publiques va entrainer déficit et économies substantielles, sans qu’on ait une vision claire de leur impact sur nos activités. L’arbre de la préservation de nos grandes missions prioritaires cache la forêt de notre grande difficulté à continuer à assurer l’intégralité de nos missions sans dégrader l’antenne, les conditions de travail ou la santé des salariés. Nous avons le sentiment d’être les victimes d’un agenda qui n’est pas le nôtre : celui de la ministre de la Culture qui s’acharne à vouloir passer SA loi sur l’Audiovisuel Public, pour des raisons vraisemblablement moins reluisantes que la préservation et le renforcement de ce bien commun. Jusqu’où Madame Dati est-elle prête à aller, maintenant qu’il est clair que les partis de gauche ne voteront pas ce texte ? Ira-t-elle jusqu’à se compromettre avec les voix du RN pour faire passer sa loi ? L’agenda, c’est également le vôtre, Madame la Présidente, puisque nous sommes à peu près certains que vous serez candidate à un 3ème mandat, à défaut de la présidence d’une holding pour laquelle vous avez milité avec constance. A ce propos, nous avons noté que vous aviez cherché à vous concilier les bonnes grâces du monde la production audiovisuelle, en sanctuarisant l’engagement de financement de France Télévisions à 440 M€ par an. En période de renouvellement, c’est toujours un soutien utile. Mais c’est terriblement injuste, alors que l’entreprise va devoir faire face à un déficit de 50 M€ et trouver 60 M€ d’économies. Les économies, c’est pour les salariés en interne, pas pour tout le monde. France Télévisions, en revanche, ne lésine pas sur les moyens quand il s’agit de mobiliser le car son du privé, Le Voyageur, pour assurer la captation d’une chanson de 4 minutes de Louane, à la mi-temps du match des 6 nations. Moyens disproportionnés quand en réalité cette captation nécessite un micro et une bande son enregistrée alors que ce car peut gérer des concerts entiers, et surtout que notre car interne, l’UM1, aurait pu assurer cette prestation sans difficulté. Pourquoi France Télévisions et sa filiale de production tournent-ils systématiquement le dos aux moyens internes, au prix d’importants surcoûts ? En attendant, le conflit à la Fabrique se poursuit, du fait de l’intransigeance de la direction, qui entend poursuivre son projet, aussi brutal qu’injustifié. Cela fait bientôt 3 mois que la CGT a demandé qu’on nous fournisse l’inventaire annuel des captations réalisées pour France Télévisions, internes et externes. France Télévisions a peut-être effectivement besoin de la direction de la performance qu’elle s’apprête à présenter aux élus lors de cette réunion... Cela fait décidément beaucoup d’incohérences et de contradictions. Et de faux-semblants ! Que dire, en effet, de l’exemplarité de France Télévisions avec ce #8MarsTousLesJours qui masque une réalité moins reluisante quand on assiste à l’externalisation du maquillage dans le réseau régional, un métier quasi exclusivement féminin et particulièrement précarisé. C’est ça le 8 mars tous les jours ? #précariséepourlavie ? Obliger des maquilleuses professionnelles, salariées et intermittentes du spectacle, à subir un déclassement professionnel dans des cabinets d’esthéticiennes ou des sociétés de portage salarial avec des horaires de caissière de supermarché ? C’est ça le modèle à venir pour tous les techniciens à France Télévisions ? Nous dénonçons cette hypocrisie détestable et nous vous assurons que nous ne laisserons pas faire.
Paris, le 11 mars 2025
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Compte rendu du CSE central du 4 février 2025
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Situation générale
Après avoir fait son habituel exercice de satisfaction corporate sur les programmes, les audiences, les succès, Delphine Ernotte a évoqué la bascule qui s’est effectuée entre la télé classique et le numérique autour de la série « Rivages », qui a fait plus de 50 % de son audience totale sur France.tv. La plateforme a connu une progression de 10 % en un an, avec 36 millions de visiteurs uniques. La plateforme vient de connaître un relooking graphique qui doit permettre de renforcer la personnalisation. Côté cinéma, France Télévisions a coproduit des films à succès : Emilia Perez est en lice pour les Oscars, En fanfare pour les Césars. Le secteur est suspendu aux décisions stratégiques de Canal+, 1er financeur du cinéma devant France Télévisions, qui a décidé de se retirer de la TNT. La présidente se réjouit à ce propos de la renumérotation de la TNT décidée par l’ARCOM, une « très bonne nouvelle ». Franceinfo va passer du canal 27 au canal 16, et France 4 du canal 14 au canal 4, ce qui crée « une logique totale à l’ensemble de nos chaînes linéaires ». La PDG a qualifié de « tournant important » le changement de nom de la radio France Bleu en « Ici », que les patronnes des deux boutiques ont célébré à Châteauroux, où l’équipe de France 3 et celle de la radio sont dans les mêmes locaux. Elle n’en dira pas plus sur la marque Ici, son déploiement dans les régions de France 3, ses impacts. C’est encore et toujours un angle mort de ce projet stratégique. Delphine Ernotte a évoqué brièvement la situation à Mayotte, toujours très difficile. Elle se réjouit toutefois, comme pendant la période du Covid, que FTV joue un rôle avec la diffusion de Lumni pour assurer l’école à la télé. Évoquant l’émoi autour d’un titre de franceinfo qualifiant d’otages les détenus palestiniens, Mme Ernotte a estimé que c’était une erreur « pas intentionnelle ». Quant à la réaction sur X de la directrice de la communication corporate, Muriel Attal – qui rassurait une députée macroniste en l’assurant que la direction avait réagi de manière très « Lucky Luke » – Delphine Ernotte a estimé qu’elle a commis une erreur mais la réduit à l’utilisation d’émoticônes dans son message. Suite à cette publication, la directrice de la com a reçu « des milliers » de tweets antisémites. FTV va l’accompagner en justice. Sur l’intelligence artificielle générative, Delphine Ernotte veut se poser en garante du respect des valeurs du travail des journalistes et des médias, on verra... Côté situation économique, c’est très tendu. Le budget de France Télévisions vient encore d’être amputé de 26 millions d’euros : « en deux mois, c’est 100 M€ qu’on a perdus, c’est assez colossal ». Les nouvelles coupes creuseront le déficit mais il n’y aura « pas de conséquence autre pour l’activité de l’entreprise et pour ses salariés », selon la présidente. La question qui se pose, alors que le budget 2025 sera en déficit, c’est 2026 et 2027, selon elle. « On ne peut pas avoir éternellement une entreprise en déficit ». Le directeur général adjoint, Christian Vion, grand argentier de France Télévisions, qualifie ce budget 2025 d’« assez moche ». Selon lui, le déficit d’exploitation de 49 M€ est conséquent, mais ça permet de « ne pas casser la machine FTV en 2025 ». Cela ne pourra pas se reproduire en 2026, selon lui. Pas un mot sur les salariés et les conséquences sociales. Interpellée sur la crise à la Fabrique (autour de la suppression de deux cars-régie), Delphine Ernotte parle d’un « point de cristallisation ». Selon elle, « l’État ne comprend pas que nous ayons encore autant de moyens internes de fabrication. Ça fait des années qu’on se bat pour maintenir des moyens internes de fabrication. Depuis 10 ans, les moyens internes ont été préservés » alors qu’ils ne sont pas à l’équilibre, a-t-elle affirmé. Dans l’affaire des cars de vidéo mobile, c’est en 1er lieu la méthode, sans aucune concertation, qui a choqué. Les élus CGT ont interpellé la direction sur la mise en place d’un accord sur la conduite des transformations. La DRH Isabelle Caroff a répondu qu’il allait y avoir des discussions sur la conduite de projet dans l’accord GPEPP (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Parcours Professionnels), dont la négociation n’a pas encore démarré. Les élus dénoncent le manque de transparence et de sincérité de la direction dans la présentation et la conduite des projets.
Point d’actualité sur l’Outre-mer
Sur la situation de Mayotte, la directrice du Pôle Outre-mer a recontextualisé les choses et a tenu à rappeler les décisions prises par la direction à la suite du passage du cyclone Chido pour accompagner les salariés de la station. Ce cyclone a provoqué beaucoup de dégâts sur le territoire, 90 % des toitures ont été emportées et la station n’a pas été épargnée, même si c’est dans une moindre mesure. Le bâtiment est néanmoins dorénavant hors d’eau, notamment grâce à l’implication des salariés. En visite sur le terrain en compagnie de la directrice du Pôle, la présidente s’est étonnée en constatant la fragilité des charnières retenant les fenêtres de la station, alors que ce bâtiment récent était bien aux normes parasismiques et anticycloniques. Sylvie Gengoul a indiqué qu’une cellule transverse, composée de la présidente et de membres de la direction, a été déclenchée très tôt, permettant l’identification des besoins et la prise de décisions rapides :
En commission Outre-mer, le directeur régional Toufaili Andjilani, a salué l’engagement sans faille des salariés de Mayotte la 1ère et a remercié ses homologues d’avoir facilité l’envoi de renforts. Il a précisé aussi que des mesures urgentes avaient été prises, notamment la prise en charge des repas des salariés, la mise à disposition de bâches pour leurs toitures, la mise en télétravail quand cela était possible, etc. L’élu CGT de Mayotte au CSEC a lu une déclaration, notamment pour insister sur l’épuisement des équipes, sur le souhait général de voir « récompensés » tous les salariés de Mayotte la 1ère pour leur implication, sans distinction, et de voir la direction apporter une aide à la reconstruction des maisons des salariés. A cette requête, la direction a répondu qu’elle prévoit le versement d’une prime exceptionnelle (4 paliers), mais uniquement aux salariés qui étaient au travail durant cette période. Elle indique par ailleurs qu’un abondement de la dotation du CSE de Mayotte est prévu, à hauteur de 30.000 €. Quant à l’aide à la reconstruction, la présidente ne souhaite pas aller dans cette voie, même si au passage elle souligne le formidable travail des équipes du CSE de Mayotte. Elle a précisé par ailleurs que l’état de catastrophe naturelle a été déclenché par l’État et que cela devrait faciliter l’intervention des assurances sur place. Les travaux au sein des locaux devraient être terminés en juin. Le patron de la direction de l’immobilier de FTV s’est rendu à Mayotte pour s’assurer que les mesures conservatoires prises tiendront jusqu’à cette date. Sur la partie outil de travail, le directeur des Moyens et du développement du Pôle Outre-mer a précisé en commission Outre-mer que tout est rentré dans l’ordre et que la station a retrouvé toute sa capacité de fabrication et de diffusion. Le Secrétaire du CSE central a indiqué qu’une démarche solidaire a été enclenchée au bénéfice des salariés Mahorais. L’idée est de négocier un accord d’entreprise permettant de ponctionner 100.000 € sur la dotation globale Activités Sociales et Culturelles des CSE et CE (chaque établissement contribuant ainsi proportionnellement), pour les reverser au CSE de Mayotte qui aura la charge de distribuer cet argent équitablement entre les salariés, sous forme de dons de secours. Le Secrétaire a demandé à la direction de FTV d’abonder cette somme. Un audit est en cours pour identifier les actions à mener pour sécuriser les antennes ultramarines.
Information-consultation sur le projet de modification du Règlement intérieur et de la charte informatique
Depuis avril 2024, les élus débattent dans les CE et CSE de la modification du règlement intérieur de France Télévisions. Si la mise en conformité avec les règles légales est une obligation, l’un des points de crispation portait sur la mise en place à France Télévisions d’une clause de neutralité. De quoi s’agit-il ? La loi du 24 août 2021 vise à lutter contre le séparatisme et les atteintes à la citoyenneté en confortant le respect des principes républicains par les organismes chargés directement de l'exécution d'un service public. L’un des dispositifs est la mise en place d’une clause relative au principe de neutralité. Dans l'Audiovisuel Public, et à FTV en particulier, les lois sur l’audiovisuel obligent déjà au pluralisme et à la neutralité. Le débat, pour les élus, portait donc sur la conciliation entre cette mise en conformité avec la loi et le respect des libertés individuelles des salariés, en particulier la liberté d’expression, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de journalistes et de salariés intervenant à l’antenne et sur les réseaux sociaux. Le texte initial indiquait une obligation de neutralité dans l’expression des convictions religieuses, politiques et philosophiques. Les élus ont souligné que si la neutralité religieuse et la neutralité politique peuvent être objectivées par le cadre légal ou règlementaire de la loi de 1905, ainsi que les lois et règlementations encadrant l’audiovisuel dans notre pays, il n’en est pas de même pour la référence aux « convictions philosophiques ». Cela était manifestement abusif dans une entreprise où le débat est au cœur de son fonctionnement et de sa raison d’être. Après de longs débats de fond, sur plusieurs mois, la direction a fini par retirer cette référence aux convictions philosophiques. Un certain nombre d’autres dispositions du projet de règlement intérieur et de la charte informatique ont par ailleurs été contestés par les élus qui ont émis un avis négatif. La direction a toutefois dit vouloir étudier à nouveau les demandes des élus afin d’aboutir à une version qui sera présentée à l’inspection du travail pour validation. Les élus pour leur part ont décidé d’intervenir également auprès de l’inspection du travail, sur la base de la version finale du texte que nous attendons encore et, le cas échéant, de faire valoir leurs critiques.
État des lieux sur l’intelligence artificielle à FTV
La direction a annoncé la mise en place d’une charte et d’un comité de pilotage. Plusieurs solutions d’IA sont déjà fonctionnelles à FTV. Dans Dalet, il y a un système de transcription automatisée de vidéos, avec identification des changements de locuteurs. Il y a une solution de sous-titrage à franceinfo TV pour les sourds et malentendants. Le projet de la direction est de l’étendre à tout le Réseau France 3 en commençant par France 3 Paris-Île-de-France. La DRH de FTV a parlé de discussions, d’échanges et de concertation, mais surtout pas de négociation. Pour la CGT, il y a nécessité de conclure un accord cadre à France Télévisions sur l’introduction et l’utilisation de l’intelligence artificielle qui est une nouvelle technologie, pour pouvoir suivre et contrôler au fil de l’eau la conception, les objectifs et les impacts sur tous les aspects : économique, emploi, sens du travail, conditions de travail, éthique. En ce sens, les instances doivent pouvoir exercer pleinement leurs prérogatives. Concernant l’IA générative (IAG), FTV va proposer Mistral, un système français. Pour les données, on utilise MedIAGen, dont le data center se trouve en Île-de-France. C’est un des plus sécurisés de France nous dit-on. Il est clair pour la direction que l’IA va modifier la façon de travailler de tout le monde. Il va y avoir de plus en plus de chatbots pour aider les salariés à travailler sur certains outils comme OpenMedia avec des tutoriels dédiés. Cela concernera aussi les salariés de la maintenance. Il y a aussi des IA pour enrichir les données des programmes, aujourd’hui fournies par les producteurs. FTV intègre également le standard C2PA sur la transparence de l’information. Il permet, à travers une blockchain de taguer une vidéo avec un manifeste qui indique la source. Le 20h de France 2 sera la premier JT au monde à être tagué selon la direction. La question se pose de savoir quelles formations accompagneront ces évolutions. Pour l’instant elles se limitent à trois modules. Les élus demandent que les représentants du personnel soient associés au comité de pilotage pour partager le même niveau de connaissance que la direction. Celle-ci en convient, dans la mesure où ces nouveaux outils ont un impact sur l’emploi et les conditions de travail. Les organisations syndicales ont néanmoins le sentiment d’être mises devant le fait accompli. Par exemple, sur MedIAGen on apprend que 800 salariés l’utilisent déjà mais nous ne disposons que d’informations sommaires. Par ailleurs, des outils déjà déployés comme Sherlock, ou en cours de déploiement comme Perfect Memory pour les documentalistes, pourront intégrer une IA. Ces montées de version ne sont pas anodines. Il faudra aussi un dialogue avec les utilisateurs pour savoir quels sont les besoins. Delphine Ernotte considère que ce sont les secteurs créatifs qui vont être les plus percutés par l’IA. Selon elle, ce sont les médias qui assurent ce qu’ils font avec des « vrais gens » qui auront une valeur ajoutée. Néanmoins, des documentaires utilisent déjà des IA pour créer de fausses images. Les producteurs sont supposés en informer le diffuseur et le téléspectateur. Mais quelles garanties a-t-on que le producteur ne nous trompe pas ou ne transforme pas la réalité ? L’exemple des images générées par IA et diffusées dans l’émission « C pas si loin » sur France 5 rappelle que de nombreuses dérives sont possibles. La direction annonce une longue série de présentations d’outils intégrant de l’IA. 1ère présentation : Raiponse V2.
Information sur la montée de version de Raiponse
Depuis novembre 2022 tous les salariés permanents et en CDD de droit commun peuvent interroger Raiponse, le tchatbot RH de FTV disponible sur Teams et la page RH de monespace. Les réponses sont adaptées au profil du demandeur (PTA, journaliste, parent…). S’il a l’avantage de ne pas avoir d’hallucination (contrairement aux assistants IA du marché), sa compréhension est limitée. Le taux de bonne réponse est évalué à 85 %. En mars 2025 une nouvelle version doit être mise en ligne. « Gonflée » à l’intelligence artificielle, le nombre de thématiques interrogeables sera fortement augmenté et le robot devrait pouvoir faire des réponses plus complètes, dans un langage plus naturel, avec des résumés et des traductions de textes et des rédactions de contenus pour rédiger un mail à sa RH sur un thème RH par exemple. Les réponses seront a priori encore mieux sourcées. Une nécessité absolue pour les élus, car les réponses sont parfois de pures interprétations de la part de la direction, ce qui peut faire croire à des salariés de renoncer à leurs droits (comme les jours de fractionnement des journalistes). Autre problème, il arrive que des RH se cachent derrière des « notes secrètes » inconnues des salariés et des élus pour limiter les droits. La direction doit faire œuvre de transparence sur les données qui seront absorbées par ce nouveau SIA (Système d’Intelligence Artificielle). Côté RH, les bénéfices attendus par la direction sont : « libération du temps pour se concentrer sur le contrôle de paie, l’accompagnement des managers et des salariés, uniformité des réponses, amélioration continue et efficience améliorée ».
Désignation de l’expert sur la situation financière et économique de l’entreprise pour l’année 2025
Les élus ont désigné le cabinet Secafi pour qu’il analyse les comptes de l’entreprise. Ils lui ont également confié une mission d’analyse des mesures de transition écologique de l’entreprise.
Paris, le 13 février 2025
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Compte rendu du CSE central 11, 12, 13 et 17 décembre 2024
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Suite au passage d’un cyclone dévastateur à Mayotte, une réunion du CSEC a permis de faire le point sur la situation des salarié·es et des infrastructures, ainsi que sur les mesures de soutien mises en place par France Télévisions. Mesures immédiates annoncées par la direction :
Sécurité et continuité d’activité
Soutien logistique et matériel
Soutien psychologique et social
Sensibilisation et solidarité nationale
Priorités identifiées avec les syndicats
Réparation des infrastructures
Plan à long terme
Solidarité durable
Conclusion La direction de France Télévisions a réaffirmé que Mayotte est une priorité absolue, soulignant l’engagement remarquable des salarié·es sur place. Cette crise met en lumière la nécessité de revoir les politiques d’anticipation et de gestion des risques face aux impacts croissants du changement climatique. La présidente de FTV a salué l’engagement exemplaire des salarié·es de Mayotte la 1ère : " L'attitude du personnel Mayotte la première a été absolument remarquable. Ils sont venus travailler alors qu’ils ne savaient même pas où était leur famille. Leur maison était partiellement détruite et Ils sont venus travailler quand même en se disant que la maison, on verra plus tard, là pour l'instant ce qui compte c'est la mission de service public. Ils ont eu les bons réflexes en se disant que la radio ne marche pas on met le son de la télé sur la radio "
Delphine Ernotte note la fatigue générale en cette fin d’année, avec une « situation politique complètement inédite » qui met France Télévisions « au milieu du gué » : « notre COM n’a pas été validé, les engagements de l’État ont été revus. On n’a jamais vu ça à France Télévisions », estime la PDG. Alors que la situation est particulièrement préoccupante avec un budget sabré qui pourrait encore être revu à la baisse par le nouveau gouvernement, la patronne veut croire que l’entreprise a « marqué beaucoup de points ces derniers mois en étant aux côtés des gens sur des sujets de rassemblement ». Et d’égrener « le partage et la joie collective des JO grâce à FTV », la réouverture de Notre-Dame de Paris et les 7M de téléspectateurs de la cérémonie, le signal diffusé dans 100 pays. Toujours dans l’auto-persuasion, Madame Ernotte va jusqu’à affirmer que « c’est désormais France Télévisions qui est le partenaire des grands événements français. On a pris la place de TF1 sur ces sujets-là. Ce n’est pas une petite victoire ! ». Et, histoire d’aiguillonner les troupes, un petit message un rien maternaliste : il faut « continuer à bien faire notre métier : apporter de l’info, apporter des contenus sur tous les genres ». Encore faudrait-il en avoir les moyens… Interpellée sur le retard à l’allumage de France Télévisions sur la chute de Bachar al Assad, Delphine Ernotte a fait mine de « ne pas comprendre la polémique », assurant que le 20h de France 2 (la seule édition qui compte) avait assuré une large part à cette actualité, alors que ce qui est reproché c’est qu’on ait mis deux jours à envoyer une équipe sur place. Il s’agit d’un vrai raté de la direction de l’info sur des fondamentaux du service public, alors que dans le même temps cette dernière a envoyé 60 personnes à New York pour couvrir l’élection américaine. Stéphane Sitbon-Gomez vole au secours de la direction de l’info en soutenant que « jamais France 2 n’a autant couvert l’international. On couvre tous les conflits ». Et d’ajouter : « moi je suis extrêmement fier de ce qu’on met à l’antenne et du travail accompli ». Les élu·es évoquent par ailleurs la situation sociale à la rédaction nationale, faite de « perte de sens », de « caporalisation », de « taylorisation de l’info ». Les témoignages se comptent par dizaines, il s’agit d’un problème structurel. Delphine Ernotte dit prendre ça au sérieux. « Je vais suivre cette situation », assure-t-elle. Sur les autres sujets, la PDG évoque comme une formalité l’avenir de la Trois : « France 3 demeure, on a simplement nommé les plages régionales « Ici » », ajoutant, sans craindre de proférer des contre-vérités, que ces plages régionales seraient de plus en plus nombreuses. Qui entend-elle convaincre ? Côté TNT, Delphine Ernotte estime que le retrait de Canal+ du hertzien crée de nouvelles opportunités pour France Télévisions : cela devrait faciliter la création d’un bloc de canaux rassemblant l’ensemble des chaines infos, comme le demande notre entreprise depuis longtemps ; cela pourrait aussi autoriser le rapprochement de France 4/Culturebox de France 2, France 3 et France 5, en la positionnant sur le canal 4. Sur le volet numérique, la présidente se félicite que la plateforme france.tv soit en train de devenir un agrégateur de contenus. On y trouve ceux d’Arte avant, bientôt, ceux des chaines parlementaires, de France Médias Monde et de l’INA. Des discussions sont en cours avec Radio France pour proposer ses podcasts, un marché de plus en plus présent sur la télé, selon Madame Ernotte. Sur le versant budgétaire, forcément, le discours est moins triomphant. Si la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a été votée et pérennise le financement de l’audiovisuel via la TVA, le niveau du financement en revanche, est en baisse de 86 M€ par rapport à ce que prévoyait le contrat d’objectifs et de moyens (COM) désormais obsolète. De ce fait, le budget 2025 sera en déficit. Selon Delphine Ernotte, alors que l’Etat voulait malgré tout que France Télévisions soit à l’équilibre, elle a « considéré que c’était dangereux, car la seule solution aurait été de taper dans les programmes ». En revanche, taper dans les effectifs et dégrader un peu plus les conditions de travail dérange moins la PDG, qui assume qu’il faille faire des économies : « c’est très exigeant en matière de rigueur et de recherche d’équilibre », conclut-elle. Interpellée par les élu·es CGT sur ce sujet, Delphine Ernotte répond qu’il y a « une vision communément partagée qu’on coûte trop cher, qu’on n’est pas à l’optimum de notre productivité ». Elle-même estime qu’on n’a pas « complètement embrassé les nouvelles technologies, les nouveaux modes de production » et qu’on doit avoir un débat sur ce sujet. Comprendre : on pourrait produire et fabriquer avec moins de gens. De quoi mettre du baume au cœur à des salarié·es qui vivent en plan social depuis plus de 12 ans.
Les élu·es du CSE central ont déclenché le 8 octobre 2024 un droit d’alerte économique, compte tenu de la situation de l’entreprise et des perspectives préoccupantes au niveau financier. Une liste de questions a été adressée par les élu·es à la direction. (à lire ici 📎). Un document écrit a été transmis avant la tenue de cette réunion, mais les réponses demeurent assez évasives. En effet, si les choses commencent à se clarifier au niveau du financement, les coupes budgétaires rendent la situation très indécise sur les impacts de ses coupes sur la stratégie et in fine sur l’emploi, les investissements et les conditions de travail de salarié·es.
Sur la stratégie, la présidente de France Télévisions, fait état de l’absence de COM, car les commissions parlementaires ne les ont pas validées, à juste titre du fait du décalage entre les missions et les moyens attribués dans le cadre du projet de loi de finance 2025. La Présidente, se félicite de cette décision car tenir le projet stratégique avec une telle diminution du budget n’est pas possible. Pour la suite la question est donc simple : que veut l’État pour France Télévisions ? Soit il confirme nos missions et il devra attribuer un financement à la hauteur, soit il s’en tient au financement 2025 prévu dans la loi de finance, et dans ce cas il devra décider quelle mission doivent être abandonnées après 2025. Une perspective qui ne rassure pas du tout les élu·es. Tout dépendra de l’orientation choisie par le nouveau gouvernement, du ministère de la culture et de la capacité de l’exécutif à relancer le projet de loi sur la gouvernance de l’audiovisuel public pour la quatrième fois. En attendant, un budget a été validé pour 2025, mais en déficit de plus de 40 M€ car nos missions restent les mêmes et l’État impose 86 M€ de baisse de ressources en 2025, à missions égales, ce qui n’est tout simplement pas possible. Une renégociation du COM doit démarrer début 2025. En ce qui concerne 2024, l’État n’a finalement pas versé les 20 millions d’euros de subventions liées à la transformation de l’entreprise. Cette dernière veut limiter les dégâts pour malgré terminer l’année à l’équilibre, ce qui ne peut se faire qu’au détriment de l’activité interne et des conditions de travail des salarié·es. Par ailleurs les perspectives de recettes publicitaires 2025 se dégradent compte tenu de l’évolution du marché, ce qui n’est pas rassurant pour l’avenir. Conséquence de cette situation en 2025, une baisse de 180 ETP par rapport à 2024 mais la direction refuse de répondre à la ventilation sur les stations et antennes régionales. Seule bonne nouvelle dans ce contexte morose, la possibilité pour France 4 d’être repositionnée sur le canal 4 de la TNT qui sera libéré par Canal+. Rien n’est acquis mais cela est une belle opportunité qui nécessitera un projet éditorial remodelé. Avec quels moyens ? La direction de FTV plaide toujours, par ailleurs, pour le rapprochement structurel des sociétés de l'Audiovisuel Public. L’argument principal est celui des économies car, selon la direction, les investissements structurels sur une plateforme des contenus de l'Audiovisuel Public seraient faits une seule fois au lieu de trois ou sur les fonctions support en les remontant à la holding avec la suppression des doublons. Bref un moyen de réduire le niveau de financement. Une autre crainte de la CGT est l’uniformisation éditoriale comme on l’a vu avec la fusion des rédactions nationales et in fine la suppression des éditions nationales de France 3.
Sur la couverture conventionnelle des salarié·es, la direction dit ne pas vouloir remettre en cause de l’accord collectif de 2013 en 2025. Pour la suite, rien n’est moins sûr. La direction pensait pouvoir rediscuter de l’accord de 2013 au printemps 2024 mais avec la perspective du projet de loi holding au 2024 elle a estimé que cela ferait trop de perturbations. Elle a tout de même reconnu avoir mené un audit de l’accord collectif afin de se comparer à l’accord de branche, c’est à dire au moins disant social, « pour vérifier si nos accords sont mieux disant ou pas » dit la Présidente. La direction qualifie son diagnostic d’objectif mais comme elle ne le transmet pas aux organisations syndicales, difficile d’en juger. Sur l’évolution de la politique salariale, la direction renvoie à la négociation annuelle obligatoire sur les salaires donc au mois de février. Compte tenu du contexte budgétaire, il ne faut pas s’attendre à grand-chose...
Sur la sous-traitance et l’externalisation la direction répond que le budget ne prévoit pas de faire plus d’internalisation ou externalisation notable, qu’il n’y aura pas de mouvement d’ampleur à ce sujet, tout en reconnaissant qu’il y a une vraie question sur le recours très important à la prestation à FTV.
Sur les impacts santé de cette situation, la direction se contente de dire qu’elle souhaite mieux anticiper les alertes sur les déploiements de projet, sans pour autant préciser quelle méthode elle souhaite mettre en place. La direction rappelle que son projet stratégique intègre un volet de redéploiement des économies réalisées en externe. Elles ne porteront pas sur les ETP mais sur des prestations extérieures donc avec très peu d’impact sur les postes de travail. On demande à voir...
Sur les aspects de politique environnementale, la direction souhaite garder un niveau d’investissement important en 2025 mais avec une inconnue sur les années suivantes. L’objectif 2030 est de respecter le décret tertiaire, pas sûr que cela soit possible. La direction privilégie de réhabilitation des sites. Il y aura une révision du schéma directeur immobilier.
Sur l’intelligence artificielle, la direction considère qu’elle n’a pas à y répondre dans le cadre d’un droit d’alerte économique. Les élu·es ne sont pas d’accord compte tenu des enjeux liés à la productivité et donc à d’éventuelles suppressions de poste en fonction des outils d’intelligence artificielle qui seront déployées dans l’entreprise. Il a été convenu qu’un point serait fait avec les organisations syndicales à ce sujet au cours du premier trimestre 2025.
Compte tenu des incertitudes persistantes sur l’avenir de l’entreprise et des conséquences sur les salarié·es, les élu·es ont adopté une résolution afin de poursuivre le droit d’alerte économique avec l’appui d’un cabinet d’expertise.
Si l’on doit résumer le budget, on peut parler d’un serrage de vis généralisé. Certes, le budget prévoit un déficit de 41 M€ et un résultat d’exploitation négatif de 49 M€, mais si on compare à la baisse de 86 M€ des concours publics par rapport à ce que prévoyait le COM et à l’augmentation des dépenses liée à l’inflation, on est en fait à un niveau d’économies de l’ordre de 60 M€. Principaux postes d’économies : le programme national (renégociations avec les producteurs) et l’emploi (-180 ETP par rapport au budget 2024. Dans la réalité, si on neutralise l’effet des JO 2024, cela représente une baisse de 25 ETP par rapport à 2023). La situation financière de l’entreprise se retrouve fragilisée par ce budget, avec une trésorerie largement dégradée.
Le 4 décembre, les élu·es du CSEC ont pris connaissance du cadeau de Noël de la direction pour les salarié·es de la Vidéo Mobile (VM) : une restructuration de leur outil de travail (suppression de 2 cars lourds de vidéo mobile) avec à la clé un reclassement des équipes sur les 4 autres cars. Depuis septembre, les personnels témoignent d’une forte baisse d’activité VM, décidée par la direction, qui s’appuie maintenant sur cette baisse pour justifier sa décision. Un peu facile... et diabolique ! La direction met en avant les problèmes d’accès aux ZFE (zones à faibles émissions) de camions vieillissants donc polluants (mauvais classement Crit’Air) pour justifier en partie son projet. Il est étrange de découvrir le problème maintenant alors que cela aurait pu être très largement anticipé. C’est donc bien la direction qui est coupable d’une absence d’anticipation, un choix délibéré pour rendre ces deux cars obsolètes et mieux justifier leur suppression. Pourtant des solutions existent. Les porteurs peuvent en effet durer très longtemps sans problème compte tenu de leur faible kilométrage et avec les dérogations nécessaires le temps de réaliser une adaptation moteur pour les rendre compatibles avec la réglementation environnementale. Cela se fait chez nos concurrents pourquoi pas à France Télévisions ? Le coût serait infiniment plus bas que celui du renouvellement d’un car, d’autant plus qu’il existe des aides européennes et de l’ADEME. La direction n’a vraisemblablement même pas étudié cette solution, toute empressée qu’elle est de réduire la flotte. Une preuve supplémentaire, s’il en en était besoin que la motivation est purement économique, avec l’objectif d’une baisse durable du plan de charge d’activité. De plus, les 2 cars Benjamin (Marseille et Rennes) sont les plus petits de la flotte VM ce qui est un atout pour accéder à des endroits ou les autres cars sont trop volumineux. Des investissements récents ont été effectués sur ces outils : passage en fibre optique, remplacement des mélangeurs, des ralentis et le câblage (la glue). Ils sont interconnectables pour assurer de plus grosses captations. Il serait donc aberrant de les supprimer. Pour les remplacer par quoi ? L’UM3 (nouvelle régie Fly achetée à prix d’or et inadaptée) ? C’est ce que met en avant la direction alors même que son projet est de redéployer les 22 salarié·es concernés sur les 4 autres cars VM. On le sait pourtant, un matériel sans personnels affectés est toujours voué à une sous-utilisation. Utilisation de l’UM3 en 2024 : le festival de Cannes et les JO 2024. Et en 2025 ? A part Cannes, pas grand-chose en vue si ce n’est des captations de jeux qui nécessiteront l’achat d’un nouveau mélangeur et la location d’Algeco à proximité des plateaux de la plaine Saint-Denis, avec gardiennage à la clé, ce qui va représenter des coûts supplémentaires très importants. Où est donc l’intérêt stratégique de cette opération de restructuration ? Dans le même temps, la direction de la Fabrique met en avant la nécessité de pouvoir tout capter en UHD, alors que l’avenir de ce format de diffusion est de plus en plus remis en question car très coûteux. Nos concurrents TF1 et M6 s’en détournent et FTV pourrait se retrouver seul à devoir financer le multiplexe alors que le groupe est en difficulté budgétaire. La tendance actuelle du marché est plutôt de continuer à fabriquer en HD à 80 %. Les subventions sont en baisse pour produire en UHD du fait des coûts de stockage et de transfert des images et données. Un indice : Canal+ est déjà revenu en arrière. Nous contestons donc l’orientation stratégique de la direction qui affirme que la demande d’UHD natif va se développer du fait de la bascule progressive des antennes linéaires. Sur le plan de charge, il est tout simplement faux d’affirmer que le nombre moyen de jours d’utilisation des cars est de 91 jours par unité alors que la réalité dans notre entreprise est de 127 jours et que cela est stable depuis des années. S’il n’y a pas assez d’activité, c’est la responsabilité de la direction de la commande client de la DMF. Se tourne-t-elle les pouces ? Même question pour la Direction des Antennes et des Programmes qui n’a pas suffisamment recours à la VM en interne, au mépris des règles d’or sur le recours au moyens internes. La flotte VM est un outil stratégique majeur pour FTV, une nécessité pour assurer notre indépendance face au monopole d’AMP. En effet, si notre flotte interne disparait, alors les prix s’envoleront et couteront très cher à FTV. En parallèle de la question des cars, les élu·es CGT souhaitent connaître les ambitions de la direction en matière d’utilisation de la remote prod (fabrication à distance, grâce à la technologie IP) qui sera notamment possible avec les régies Genesys que la direction entend déployer dans les prochains mois au Siège. La direction de la Fabrique ne se cache plus de cette intention, elle en fait même une raison pour justifier son projet. Sur les conséquences sociales du projet, encore une fois la direction de la Fabrique et sa RH brillent par la médiocrité de leur dispositif d’accompagnement. Les salarié·es prennent en pleine face une annonce brutale de suppression de leur outil de travail, d’anxiogènes transferts sur d’autres collectifs de travail et que propose la direction ? Un simple entretien avec la RH ! Sans doute, comme à son habitude, pour les intimider, leur expliquer qu’ils n’ont pas d’autres choix que d’aller perturber les collectifs des autres cars auxquels ils seraient désormais rattachés. Avec ce projet, il n’y aurait plus d’équipes affectées aux cars, un problème qui se pose justement dans le privé où les équipes tournent sur 2, 3 voire 4 moyens techniques, avec son lot de pertes de compétences et une usure du matériel beaucoup plus rapide. Tant qu’à s’inspirer du privé, il faut aussi en regarder les inconvénients. Ce projet, s’il va à son terme, générera une lutte des places entre les salarié·es, la création ex-nihilo de troubles psycho-sociaux et de conflits interpersonnels. Les salarié·es subissent encore et toujours le fonctionnement déficient de la DMF et de son management pathogène, et cela n’est visiblement pas prêt de s’arrêter. Nous posons donc dès aujourd’hui une alerte auprès de la direction de cette entreprise sur les effets de ce nouveau coup sur la tête des personnels. Nous lui demandons de renoncer à son projet, de présenter un plan de maintien en conditions opérationnelles des deux cars Benjamin et de construire, avec les personnels, un nouveau projet d’investissement à horizon de 3 ans pour anticiper le renouvellement de ces deux cars et développer l’activité.
Les chiffres en heures des régies fixes et en jours pour les autres activités ne permettent pas aux élu·es d’apprécier précisément l’évolution du niveau d’activité à la Fabrique. Un flou qui pose question. Ce qui est clair c’est que le niveau d’activité diminue. La suppression des équipes légères de production en 2024 est une forte part de cette baisse et nous constatons que les potentiels des équipes légères du siège n’ont pas été redéployés, malgré les engagements de la DMF, puisque le nombre de jours d’activité au siège diminue. La direction de la Fabrique plaide l’adaptation au volume d’émissions attribué par la Direction antenne-programme de FTV mais ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’une décision de l’employeur de baisser l’activité interne. La post-production pour le réseau régional est en baisse de 5 %. La DMF confirme que le réseau a moins recours à la Fabrique du fait d’une mutualisation accrue des programmes régionaux entre régions. Vous avez dit développement régional ? Les belles paroles se sont envolées et le réseau régional ne joue pas le jeu du recours aux moyens internes de fabrication de la Fabrique. Pour la post-production nationale, la baisse serait due au volume d’activité divisé par 2 pour Télématin. Après les équipes légères, c’est la post-production qui trinque. La baisse pour franceinfo serait due quant à elle à une hausse temporaire en 2024 du fait de de la bascule sur le nouvel habillage qui a provoqué un doublement des équipes pendant 11 jours en 2024. La baisse en fiction serait due à une fiction numérique jeunes adultes en moins mais un projet en cours de finalisation pourrait amener le plan de charge un peu supérieur à 2024. Enfin, la baisse de 920h des régies fixes correspondant au surcroit d’activité lié aux JOP 2024.
Sylvie GENGOUL, Directrice du Pôle Outre-mer, indique que même dans un contexte économique tendu, le Pôle devra assurer ses missions avec les moyens qui lui seront accordés, et qu’elle soutenait ses Directeur(-trices) Régionaux(-ales) dans cette voie. Il est fait état de la nomination récente de Madame Valérie FILAIN, jusqu’ici Directrice de la Rédaction de Malakoff, au poste de Directrice Régionale de Réunion la 1ère au 6 janvier 2025. Monsieur Fabien AMET, DRH du Pôle Outre-mer quant à lui, a émis le souhait de partir un an en disponibilité, il sera remplacé par Monsieur Sylvio SEXTIUS, durant ce laps de temps. La Directrice du Pôle Outre-mer évoque la création d’une brigade de journalistes et de techniciens qui seraient formés et prêts à partir sur des terrains de conflits comme la Nouvelle Calédonie et la Martinique, qu’elle espère pouvoir monter d’ici la fin du mois de janvier 2025… La Nouvelle-Calédonie justement dont la situation est évoquée, un territoire sous tension, dont la situation pourrait s’aggraver si un accord n’était pas rapidement trouvé entre les protagonistes de ces affrontements. Le Directeur Régional de Saint-Pierre et Miquelon M. Gilles DEROUET, relate un incident majeur survenu le 21 novembre dernier, lié à une rupture de la fibre internationale, ayant provoqué un quasi-blackout sur ce territoire et singulièrement une perte des signaux TV et internet, pendant plus de 6h à SPM la 1ère. Les membres de la commission s’étonnent qu’aucune solution de secours n’ait pu être déclenchée pour permettre la continuité de la diffusion. La Direction indique qu’il existe une procédure dite de « dernier secours local » dans toutes les stations mais qui gagnerait à être éprouvée. Un an après son lancement, la Direction estime que la réforme de l’information en Outre-mer est globalement comprise, et qu’elle n’aurait rencontré aucune opposition ferme face à cette réorganisation. Cette appréciation n’est évidemment pas partagée par les élu·es, qui indiquent que la surcharge de travail est effective et sera un frein au déploiement de cette réforme, tant que les projections effectuées lors de la phase projet, ne seront pas mises en place concrètement ! Par ailleurs, les encadrants censés distiller cette réorganisation, ont encore du mal à se l’approprier. L’outil ZENON a été déployé au mois de mai 2024 à Malakoff pour remplacer le vieillissant NETIA, mais les équipes se sont vite retrouvées confrontées à une multitude de dysfonctionnements d’ordre technique durant quasiment 6 semaines ! La Direction indique que ces bugs ont été stabilisés, et que l’outil ne sera pas déployé ailleurs, tant qu’il ne sera pas fiable à 100%. En 2023, on observe 22 départs à la retraite dans le périmètre Pôle, contre 10 en 2022, une forte augmentation donc, qui oblige l’entreprise à revoir sa politique de recrutement, en mettant l’accent sur les alternants par exemple. Le taux d’absentéisme est légèrement plus élevé en Outre-mer par rapport au taux de FTV, environ 6.4%, mais cela s’explique notamment par la situation sociale compliquée de certains territoires.
Depuis des mois les évolutions de l’organisation de la direction du réseau France 3 se sont faites par petites touches, sans en informer les élu·es. Ces derniers ont constaté que toutes les décisions stratégiques concernant le Réseau se prennent désormais ailleurs. Les débats à ce sujet en CSE Réseau sont restés totalement stériles et il nous a fallu porter ce point en CSE Central pour enfin obtenir un document de présentation de la gouvernance de l’offre régionale au sein de la Direction Antenne-Programme (DAP). Cela prouve bien que ce n’est plus dans le CSE du Réseau que les choses se jouent. Les éléments nous montrent que la décision n’est effectivement plus prise au niveau de la direction du Réseau qui est sous la tutelle prescriptive de toute une série de directions fonctionnelles : la direction de l’info (qui fixe la ligne éditoriale, garantit la bonne mise à disposition des moyens), la direction des technologies (qui décide des outils qu’on déploie, qui préempte le débat sur les process techniques et les pratiques), la direction des finances qui détient les cordons de la bourse et fixe le cadre et la DRH qui est redevenue largement prescriptive d’un grand nombre de sujets, empiétant sur le terrain des managers opérationnels, préemptant largement les décisions et devenant le véritable lieu de détention du pouvoir de l’organisation du quotidien. Au-dessus de cette direction du Réseau, c’est la DAP qui fixe et prescrit la ligne, le cadre et l’organisation du numérique, l’architecture de l’offre de programmes et des stratégies de cases. C’est elle aussi qui pilote les DDMPO (directeurs délégués aux moyens et à la performance opérationnelle), qui supervisent la planification et l’allocation des moyens dans les antennes. Du coup, la direction du Réseau n’est plus que le récipiendaire de ces injonctions et sert de courroie de transmission, de passe-plat. Quelle est sa marge de manœuvre en étant prise entre le marteau et l’enclume, mise dans une situation difficile, où elle doit assumer devant les DR et les élu·es des décisions qu’elle n’a pas prises ? La direction tente de répliquer en affirmant que sous son règne il n’y a jamais eu autant de décentralisation. Qui entend-elle convaincre ? Pour la CGT il s’agit d’un faux-semblant car derrière cet affichage de décentralisation les décisions ont été largement recentralisées à la direction des antennes et des programmes ou dans les direction supports. Tous les débats en CSE Réseau qui portent sur des décisions sont vains. Les élu·es n’auront donc d’autres choix que de porter ces questions devant le CSE Central afin d’obtenir des réponses des vrais décideurs.
Chaque année une discussion sur la gestion du contrat prévoyance-santé avec Audiens est organisée avec les organisations syndicales afin d’en assurer l’équilibre financier et intégrer les nouvelles contraintes législatives, avec trois options possibles :
En 2024, le choix avait été de préserver intégralement le niveau de prestation, ce qui avait eu pour conséquence une hausse des cotisations de 10,4 %, prises en charge à 55 % par l’employeur. De nouveaux transferts de charge sont prévus par l’État en 2025 vers les complémentaires santé avec une tendance au déremboursement qui s’accélère. A FTV, après étude des différentes options, la direction a décidé de mettre en place unilatéralement deux mesures d’adaptation des prestations d’Audiens :
Ces évolutions s’imposent aux salarié·es afin de pérenniser notre système collectif. Elles sont la conséquence des choix politiques faits au niveau des gouvernements successifs depuis des années.
Comme les années précédentes, une grande part des formations réalisées en 2023 ont concerné la transformation de l'entreprise qui se limite aux formations aux nouveaux outils. 71 % des effectifs (CDI et CDD) ont été formés en 2023. Les différentes catégories de personnel (hommes/femmes, travailleurs handicapés, direction de rattachement…) sont équitablement formées, à l’exception des 55 ans et plus qui sont en retard et les salarié·es du Réseau France 3 qui sont plus formés en raison de l’avalanche de nouveaux outils. 87 % des formations ont eu lieu en présentiel (1/3 à l’UFTV et 2/3 sur site). La majorité des formations ont duré 2 jours ou moins. 18 reconversions ont été validées en 2023, 10 autres ont commencé en 2023. 534 salarié·es ont suivi au moins une formation à l’environnement, principalement au Siège. Le cursus manager a occupé 1.056 stagiaires pour un montant global de 451 309 €.
Parmi les salarié·es permanents présents sur la période et qui n’ont pas été empêchés de suivre une formation (arrêt maladie, congé sans solde, mutation…), 358 n’ont suivi aucune formation non obligatoire au sens légal, soit 6% de l’effectif.
Sur les 229 salarié·es recrutés en 2017 et toujours présents dans l’entreprise en 2023, seuls 9 n’ont pas eu d’entretien professionnel et/ou de formation non obligatoire (au sens légal) sur la période. L’entreprise n’a donc versé que 27.000€ (3.000€/salarié) de droits correctifs, soit 888.000€ versés depuis 2021. Ces sommes ne sont pas prises sur le budget de la formation.
Il devrait y avoir autant de formations en 2025 qu’en 2024, même si le budget n’est pas entièrement garanti à ce stade. L’UFTV organisera et financera plus de formations, ce qui permettra aux directions locales d’utiliser leur budget décentralisé pour des formations hors catalogue. Former les salarié·es aux nouveaux outils reste la mission n°1 de l’UFTV. Les salarié·es de France 3 et du Pôle Outre-mer seront concernés par le déploiement de nombreux outils. Cela pèsera sur les ETP puisqu’il faudra remplacer les stagiaires. Dans notre contexte budgétaire contraint, il y aura forcément des conséquences sur les conditions de travail. Il y a aussi les conditions dans lesquels les projets sont menés. Les formations à la conduite de projet restent le parent pauvre, incompréhensible pour la CGT. C’est ce qui explique les dégâts humains constatés à chaque déploiement. Des formations soi-disant d’acculturation à l’IA continueront d’être proposées. Pour la CGT, elles actent déjà l’usage d’outils IA, ce qui n’est pas possible avant que les élu·es aient donné leur avis sur le sujet. Chaque chef de service devra suivre au moins une formation au management en 2025. Le déploiement de la formation aux enjeux climatiques se poursuit. Cette année les salarié·es France 3 et Outre-mer seront plus concernés. L’Université devrait être équipée d’un nouveau logiciel de gestion dans 1 an, ce qui devrait permettre un meilleur reporting. Concernant l’amélioration des process RH, c’est en cours... Pour la CGT, le projet de plan de formation ne répond que partiellement au diagnostic de l’emploi (identification des métiers jugés stabilisés, en décroissance ou en mutation) et au PAPRIPACT (plan d’action pour prévenir les risques professionnels), en tout cas ce n’est pas rendu lisible. La direction s’est engagée à y travailler.
Bon à savoir : les entretiens annuels 2025 seront ouverts du 16 décembre 2024 au 31 mars 2025. Ils serviront, entre autres, à recueillir vos demandes de formation pour le plan de développement des compétences de 2026. Même si le salarié ne signe pas son entretien, la direction nous assure que la filière RH peut quand même exploiter les données. Et n’oubliez pas de vérifier que l’évaluation de vos compétences « au-dessus des attentes » n’est pas supprimée à votre insu.
FTV a versé 3 638 194,47 € en 2024 : 3 355 250 € de taxe d’apprentissage et 282 944,47 € de pénalités puisque notre taux d’alternants n’est que de 3,8 % quand le seuil d’exonération est de 5 %. Une fraction de la taxe d’apprentissage (503 537 €) est versée directement par FTV à 153 établissements, dont 20 % est versé à des associations « diversité », le reste à des écoles publiques et privées. La répartition géographique des établissements bénéficiaires évolue légèrement en faveur de l’Outre-mer :
Selon le Pilotage social de FTV, l’entreprise n’est pas structurée pour croiser les données, donc chaque direction opérationnelle est responsable de son pôle. Mais le Pilotage social peut quand même rapprocher certaines données. Les effectifs diminuent. Entre 2021 et 2023 FTV a perdu 224,5 ETP (-2,5 %) : -4,2 % de permanents (départs RCC) et +9 % de non permanents (pour combler temporairement les départs). Tous motifs confondus, 72 % des départs ont été remplacés, mais pas forcément poste pour poste. Si la masse salariale annuelle des permanents a nettement diminué entre 2022 et 2023 (presque -17 millions d’€), la rémunération moyenne annuelle en brut fiscal a augmenté de 2 %. 42 salarié·es qui ont été alternants entre 2020 et 2022 ont été embauchés en CDI en 2023. Progression de 30 % en ETP moyen entre 2021 et 2023 du recours à l’alternance. La direction souhaite faire encore plus, c’est un objectif de la PDG. Les heures supplémentaires sont en augmentation, mais rien n’est véritablement mis en œuvre pour l’éviter. Sans compter les heures non déclarées. L’âge moyen des salarié·es de FTV est relativement stable à 49,5 ans en 2023, sachant que l’âge moyen en France est de 42 ans. Jusqu’à 50 ans les 2 sexes sont à l’équilibre : 1 752 hommes pour 1 768 femmes. Au-dessus on bascule dans un déséquilibre en faveur des hommes. Beaucoup plus préoccupant : l’âge médian à FTV est de 51 ans. La CGT a alerté la direction : les explications sociologiques sont une facilité pour ne pas analyser les organisations du travail. Il ne faut pas tomber dans ce piège, sous peine de passer à côté des vraies causes, et donc de partir sur des mesures préventives/correctives inutiles, une perte de temps et d’argent. Le taux d’absentéisme (absences maladie et accident du travail) à FTV en 2023 est de 6,13 %, ce qui reste élevé. Le nombre d’accidents du travail avec arrêt est en augmentation continue chez les PTA et les journalistes. Pour la CGT, il est nécessaire de questionner ces salarié·es sur l’organisation du travail.
Au 30 septembre 2024 FTV comptait 8.102 permanents (+104 qu’au 30/09/2023) et un niveau d’emploi de 8 941,55 ETP moyen (7.671,48 ETP Permanent + 1 270,06 ETP Non Permanent). Si les permanents augmente c’est notamment en raison des recrutements et de la baisse du nombre de temps partiels. La hausse du recours aux non permanents vient des pics d’activité et du remplacement des permanents en arrêt de travail qui ont été plus nombreux que d’habitude en janvier et février (maladie et accident du travail). Les heures supplémentaires et complémentaires sont en augmentation (+24 481 heures) quasiment dans toutes les directions. L’essentiel a été réalisé en mai-juin-juillet (Tour de France, Roland Garros, JOP, législatives). Pour absorber le niveau de recours aux non permanents, certaines directions utilisent les postes vacants pour rester dans la trajectoire ETP qui leur a été assignée, ce qui dégrade les conditions de travail. Selon le Pilotage social, le bilan du 3ème trimestre 2024 montre que nous sommes restés dans le cadrage, les pics avaient été anticipés et budgétés. Mais les chiffres ne montrent pas le niveau d’efforts que les salarié·es ont dû faire pour en arriver là. Se pose la question de la soutenabilité de l’activité au regard des effectifs : aucune réponse de la direction. Prévision de sortie des effectifs au budget : 8 980 ETP au 31 décembre 2024, sachant que nous sommes à 8 941,5 au 30 septembre. La notification ETP 2025 n’est pas encore connue, mais la direction assure que les budgets 2025 tiennent compte des formations inscrites au plan de développement de compétences et qui nécessite de remplacer les stagiaires. A la demande de la direction de France 3, le Pilotage social travaille à la construction d’indicateurs pour suivre la population des managers.
L’Accord Handicap a pris fin le 31 décembre 2023 et a été prorogé jusqu’en décembre 2025. Pour l’année 2023, le taux d’emploi de salarié·es en situation de handicap est en hausse et atteint 6,92 % pour le Groupe et 7,60 % pour FTV hors filiales. Des chiffres en augmentation constante ces 3 dernières années et le taux le plus élevé à ce jour à FTV. Cela se concrétise par un nombre de salarié·es en situation de handicap en augmentation : 562 pour le Groupe, 582 avec les Filiales, 42 RQTH supplémentaires enregistrés sur l’année et 13 recrutements. L’objectif de 55 recrutements sur les 3 ans (2021-2023) a été atteint, il est même en dépassement avec 61 recrutements. En revanche en Outre-mer les effectifs ont baissé avec 6 travailleurs handicapés en moins en 2023. On note une légère surreprésentation des femmes dans les fonctions support, principalement CDI (93 %), 71% ont plus de 50 ans dont une centaine peuvent partir à la retraite dans les prochaines années, ce qui aurait une incidence sur le taux d’emploi. Le pourcentage de moins de 30 ans a aussi doublé ces 2 dernières années pour atteindre 4 %, c’est le résultat de toutes les actions de sensibilisation lors des entretiens d’embauche, nous dit la direction. Par ailleurs, si la consommation du budget était inférieure à 50 % au cours des 2 premières années de l’accord, elle a atteint 75 % en 2023, avec une hausse des dépenses pour toutes les entités de FTV. Les faits marquants et chiffres clés sont détaillés dans le compte-rendu de la commission handicap du CSEC. Nous retenons que les filiales FTV Studio et FTV Publicité ne remplissent toujours pas leurs obligations d’emploi sur l’ensemble de la période, seul FTV Distribution en 2023 accuse une progression de son taux de 1,77 % à 3,10 %. Les élu·es relèvent pour autant des axes d’amélioration indispensable afin de permettre à tous les salarié·es d’accéder à la formation. En effet, le taux d'accès moyen à la formation des travailleurs en situation de handicap est inférieur à celui des autres salarié·es et cela n’est pas normal. Ce sujet de la formation doit faire l’objet d’investigations particulières afin d’envisager les accompagnements spécifiques qui font peut-être défaut aujourd’hui. Par ailleurs, les élu·es demandent à la direction de produire un focus sur le nombre de salarié·es licenciés pour inaptitude qui sont en situation de handicap. A ce stade la direction invoque le RGPD (règlement général de protection des données) et la difficulté à croiser des données pour obtenir cette information. Ce chiffre serait pourtant un indicateur supplémentaire pour mesurer si tous les dispositifs de l’accord en cours sont suffisamment mobilisés afin d’accompagner chaque salarié en situation de handicap. La CGT regrette le peu de retours sur la tenue des comités de maintien dans l’emploi qui peuvent être un lieu constructif et décisif pour le devenir de chacun de ces salarié·es. L’accord de juillet 2021 rappelait le rôle des représentants des salarié·es dans la recherche de l’égalité professionnelle au sein de l’entreprise, à laquelle ils contribuent « notamment lors des Commissions dédiées » (p.10). On peut dès lors regretter qu’il ait fallu attendre juin 2024 pour que la direction de France télévisions réponde à l’avis du CSEC d’octobre 2023 sur le bilan handicap de 2022.
Une situation alarmante ! Malgré une subvention de 2 527 671 € versée au Groupe Action Logement en 2023, la CGT constate une diminution constante de l'attribution de logements sociaux aux salarié·es de France Télévisions. En 2023, seulement 25 salarié·es ont pu être logés dans le parc social. La raison ? Les salarié·es de FTV ne sont pas prioritaires pour une grande majorité d'entre eux, car ils sont considérés comme « privilégié·es » ou gagnant « trop », par rapport aux plus précaires. Ils ne peuvent avoir accès qu’aux logements intermédiaires proposés par Action logement. La direction ne propose rien face à l’ampleur de la crise du logement. Le logement fait pourtant partie de la qualité de vie au travail.
Les documents socles de la prévention des risques professionnels ont été analysés par les élu·es de le CSSCTC*** et du CSEC. A force d’être tarabustée par les représentants du personnel, la direction s’améliore d’année en année sur la forme (il faut dire que France Télévisions était très en retard sur la loi à ce sujet). DUERP****, PAPRIPACT et Bilans SSCT des différents sites de l’entreprise ont presque tous été fournis. Cependant, sur les problèmes de fond, on est encore loin du compte. Si les groupes de travail de révision des DUERP identifient très correctement leurs risques au travail, les plans d’actions des directions décrits dans les PAPRIPACT ne sont pas du tout à la hauteur. Jamais la source du risque n’est recherchée et combattue comme l’exige le code du travail (prévention primaire). A la place, les directions préfèrent programmer des mesures de prévention d’ordre secondaire ou tertiaire, c’est-à-dire des actions qui vont tenter de limiter les dégâts. Pourquoi cette inertie, alors que les déclarations d’accidents du travail liées aux risques psychosociaux ont augmenté de 52 % entre 2022 et 2023 ? Les raisons sont multiples : d’abord, parce que la prévention n’est pas une priorité. Les décideurs, hors sol, ont certainement du mal à empathiser avec des salarié·es dont ils méconnaissent le travail réel. Ensuite, dans un contexte de disette budgétaire, ils trouvent visiblement que la prévention coûte trop cher, en oubliant que les mesures curatives seront bien plus onéreuses. Enfin, bon sens et compétence manquent parfois cruellement au sein du corps managérial, bien souvent incapable de ne pas reporter son propre stress sur les équipes. Parmi ces cadres, certains deviendront véritablement toxiques. Les rapports sociaux n’ont jamais été aussi dégradés dans l’entreprise. Au vu de ce constat, corroboré par des chiffres, des faits et de solides documents, les élu·es du CSEC exhortent la Présidente de France Télévisions à impulser un changement de politique social, un changement d’état d’esprit.
* PAPRIPACT : Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail. C’est le plan d’action de la direction au regard des risques professionnels identifiés dans le DUERP ** Bilan SSCT : Bilan Santé Sécurité et Conditions de Travail. Rapport annuel établi par la RH selon une liste d’indicateurs légaux, tant quantitatifs que qualitatifs. Il fait le portrait d’un site sous le prisme des conditions de travail (évolution de l’emploi, personnels extérieurs, évolution et nature des accidents du travail, dépenses engagées pour la maintenance bâtimentaire, bilan d’exécution du PAPRIPACT…) *** CSSCTC : Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail du CSEC **** DUERP : Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels. A la main de l’employeur, c’est la liste de tous les risques professionnels avérés ou potentiels. Salarié·es et élu·es peuvent contribuer à sa mise à jour au moins annuelle.
Que ce soit concernant l’égalité professionnelle, la formation, la taxe d’apprentissage, le bilan social, l’emploi, le handicap, le logement ou la politique de prévention à FTV, certaines demandes des commissions du CSE central ont été entendues par la direction, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les documents intègrent une analyse et pour que la direction prenne conscience de la nécessité de conduire la transformation de l’entreprise d’une autre façon. Faire plus avec moins à conditions de travail constante est un leurre et ne peut se réduire à déployer des outils et des nouveaux métiers. L’entreprise dispose par ailleurs de moyens et d’outils puissants, qui peuvent et doivent permettre des analyses d’un autre niveau et la construction d’indicateurs utiles indispensables au pilotage d’une politique sociale de haut niveau. Nous ne comprenons pas les réticences persistantes de la direction à ce sujet surtout à l’ère de l’extraction automatisée de données pour construire des indicateurs pertinents. Un comble pour une entreprise dont l’un des cœurs de métier est de rechercher, de diffuser et d’analyser l’information. La politique sociale devrait être l’une des orientations stratégiques de l’entreprise car elle est l’une des conditions de réussite de son déploiement.
Paris, le 10 janvier 2025
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Déclaration liminaire de la CGT au CSE central du 12 décembre 2024
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Pour la 3ème fois en presque 5 ans, l’examen d’un énième projet de loi de réforme de la gouvernance de l'Audiovisuel Public est ajourné. Malgré cela, certains s’acharnent à vouloir le mener à bien alors que nos entreprises rencontrent leur public et que les audiences sont bonnes sur tous les supports. Oseront-t-ils relancer le processus une 4ème fois dès que nous disposerons d’un nouveau gouvernement ? On peut le craindre, mais on peut aussi espérer que dans le contexte politique actuel, la raison l’emporte. Car, n’y a-t-il pas des projets plus urgents et plus importants à mener pour le pays et les Français ? En fait, on comprend un peu mieux les enjeux concernant l'Audiovisuel Public : les rapprochements des différentes entités permettraient de dégager les économies imposées par le budget 2025 (s’il est voté un jour…). C’est en tout cas ce que vous avez prétendu, Mme la Présidente, devant la commission Culture de l’Assemblée nationale. Un aveu sur les véritables raisons de cette réforme. Les choses sont donc claires, il s’agit rien de moins qu’un projet pour rationaliser les ressources : des emplois moins nombreux, moins coûteux et plus de temps de travail pour les salariés. Cela séduit sans doute dans les hautes sphères du pouvoir, où on est assez éloigné de la réalité du monde du travail, mais pas du côté des travailleuses et travailleurs de notre entreprise qui n’en peuvent plus d’être toujours plus pressés, jusqu’à en perdre le sens de leur travail et de leur attachement au service public. -180 ETP : c’est l’objectif de réductions d’effectifs projeté par la direction de France Télévisions en 2025. Une nouvelle purge sur l’emploi. Il y a un peu plus d’un an nous étions pourtant soi-disant à l’os, disiez-vous, Madame la Présidente, car en plan social depuis 10 ans. Et là, tout à coup, ces déclarations sont balayées, la direction prétend continuer à trouver des marges de manœuvre sur l’emploi. Comme s’il y avait de la marge et qu’il était légitime de demander à notre entreprise des économies sans fin, en faisant abstraction de l’état déplorable du corps social. Le pire, c’est que cela ne permettra même pas de faire face à l’énorme déficit qui s’annonce. Pour la CGT, l’heure est tellement grave que la direction s’honorerait à s’opposer enfin à ceux qui nous imposent de telles économies. Elle redorerait son image si elle se posait en rempart protecteur des salariés dont elle a la responsabilité, plutôt que de donner l’impression qu’elle ne les considère que comme une charge. Soyons réalistes, nous ne pourrons pas atteindre de tels montants d’économies : plus de 100 M€ de déficit envisagé en 2025. Mais qui va payer l’addition ? Dans le réseau régional, le projet Tempo a nécessité un renfort de 60 ETP entre 2023 et 2024. Va-t-il falloir maintenant en supprimer plus de 100 au détriment de la santé des salariés ? Doit-on définitivement abandonner toute idée de développement ? Dans ce contexte, le projet de COM 2024-2028 est par terre, il faut tout revoir, autant sur le fond que sur la capacité de l’entreprise à atteindre ses objectifs. Certes on ne repart pas de zéro et le CSEC aura son mot à dire sur la re-négociation du COM avec l’État. Mais de son côté, que propose aujourd’hui la direction ? Des attaques tous azimuts contre les salariés, leurs perspectives professionnelles et leurs conditions de travail. Elle n’a rien trouvé de plus urgent que d’engager une nouvelle restructuration de la Fabrique en supprimant purement et simplement deux cars de vidéo mobile, en reclassant les salariés sur les autres cars. Un projet inacceptable dont nous demandons le retrait immédiat. Les salariés ne peuvent être condamnés à payer pour les errements stratégiques des dirigeants de la fabrique. Ces derniers ont définitivement perdu toute légitimité pour présider à l’avenir des moyens internes de fabrication. Nous demandons l’engagement d’une négociation pour construire un autre avenir à notre outil de fabrication plutôt que son inexorable rétrécissement méthodiquement orchestré par la direction actuelle. Enfin, la CGT tient à réaffirmer qu’elle mettra tout en œuvre pour préserver l’accord collectif et tous les conquis sociaux des salariés. Qualifier cet accord d’obsolète est un non-sens absolu en cette période où nous nous devons de sauvegarder tous nos repères sociaux. Nous n’envisageons la négociation collective que sur la base d’un droit constant ou en amélioration pour les salariés, n’en déplaise aux négociateurs patronaux. Nous croyons au progrès social ! Dans le monde où nous vivons, c’est une idée moderne. Cet accord collectif est notre trésor, un acquis de haute lutte et nous n’entendons pas le brader.
Paris, le 12 décembre 2024
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Déclaration liminaire de la CGT au CSE central d’octobre 2024
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Déclaration liminaire de la CGT
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Ce 8 octobre, nous ne savons pas si la totalité des crédits dits de transformation actés pour le budget 2024 sera versée. Nous ne savons toujours pas quel sera le mode de financement de l’Audiovisuel Public au 1er janvier 2025. Nous ne savons toujours pas si le budget 2025 sera conforme à la trajectoire budgétaire pluriannuelle actée à l’automne 2023. Nous ne savons toujours pas si le projet de holding-fusion sera réactivé l’année prochaine, nous savons juste qu’il n’entrera pas en vigueur au 1er janvier 2025, faute de temps. Depuis l’automne 2023, le projet stratégique de France Télévisions et son contrat d’objectifs et de moyens, de l’élaboration desquels les représentants du personnel ont été écartés, ont fait l’objet d’intenses échanges avec les tutelles. Mais depuis le 9 juin et l’annonce de la dissolution, silence radio de l’État. La parenthèse « enchantée » des JOP s’est rapidement refermée et a laissé sa place au moins riant retour à la réalité de notre entreprise et à son avenir incertain. Certes des initiatives politiques sont engagées pour pérenniser un mode de financement de l’audiovisuel public alternatif à la bascule dans la budgétisation. Mais quand bien même cela adviendrait, ce qui n’est pas gagné, qu’est-ce qu’un Audiovisuel Public indépendant s’il n’a plus les moyens de ses ambitions ? Les atermoiements de l’État plongent l’entreprise dans une incertitude rarement atteinte et nous ne savons toujours pas, à ce stade, quels seront les impacts des orientations stratégiques de l’entreprise sur les effectifs, sur les activités internes et les conditions de travail. Nous en sommes rendus à élaborer des hypothèses. Nous, syndicalistes, investis dans la défense des intérêts des salariés, enchaînons les rendez-vous avec les parlementaires pour faire entendre notre voix en faveur d’un Audiovisuel Public fort, pluraliste et indépendant. Et nous apprenons, au travers d’une liste de questions de la commission Culture de l’Assemblée Nationale adressée aux organisations syndicales que « France Télévisions avance l’hypothèse d’une stabilité des effectifs à 8 900 ETP sur la durée du COM », « que la masse salariale, pour sa part, passerait de 984 millions d’euros en 2024 à 1 045 millions d’euros en 2028 », soit une hausse minime et peu réaliste de seulement 1,2 % par an en moyenne. La modération salariale a visiblement de l’avenir à FTV. La stabilité des effectifs est une bonne chose en soi mais est-elle crédible, compte tenu de l’équation économique présentée ? Nous ne sommes visiblement pas les seuls à nous poser la question car les mêmes parlementaires nous écrivent que « selon la mission de l’IGF, la réalisation complète du plan d’économie conduirait à une réduction de 700 ETP pour le groupe ». On est pour le coup très loin de la stabilité des effectifs. Est-ce cela que prépare la direction ? Sans l’assumer publiquement ? Toujours selon l’Inspection Générale des Finances (IGF), « 55 à 75 millions d’euros du plan d’économie seraient conditionnés à la rénovation du cadre social de l’entreprise, ce qui supposerait de renégocier l’accord collectif unique de 2013 ». (sic) La seule possibilité serait donc de diminuer la couverture conventionnelle des salariés pour atteindre les objectifs économiques et ça, nous nous y opposerons. La boucle est-elle bouclée ? S’agit-il d’engager une nouvelle purge sur l’emploi et les conditions sociales, après avoir affirmé depuis deux ans devant les parlementaires que nous étions au bout des économies possibles d’ETP ? Faut-il aller encore plus loin ? Sera-ce cela la feuille de route de la future présidence de France Télévisions pour laquelle les candidatures doivent être examinées au printemps 2025 ? Où la direction compte-t-elle taper cette fois ? Pense-t-elle, dans une approche très libérale, que de la « sur-qualité » subsiste encore dans quelques recoins de l’entreprise ? S’il est difficile de piloter sérieusement la transformation d’une entreprise face à une telle inconstance de l’État, il n’est pas acceptable que les représentants du personnel soient systématiquement mis à l’écart de la réflexion stratégique de la direction. Ce n’est en aucun cas l’illustration du haut niveau de dialogue social revendiqué il y a quelques années. Dans le contexte actuel, est-il bien raisonnable de poursuivre le déploiement de la transformation, sans avoir l’assurance de son financement ? Les autres entreprises de l'Audiovisuel Public ont visiblement été plus prudentes. Qu’en est-il chez nous ? Quels sont les projets suspendus, les projets abandonnés, ceux qui se poursuivent ? Nous ne le savons plus. Nous n’en découvrons que des bribes au détour de certaines indiscrétions de terrain ou à la faveur du lancement d’opérations à bas-bruit, comme si mettre les salariés et leurs élus devant le fait accompli suffisait à neutraliser leurs réserves. Dans une période aussi lourde, cette façon de faire questionne sur la sincérité de la direction. En ce 8 octobre, sans assurance qu’il reste un COM et une trajectoire budgétaire, le projet stratégique est-il encore soutenable voire simplement réel ? Il revient maintenant à la direction de clarifier ses positions sur les conséquences de cette situation. Paris, le 8 octobre 2024 |
Compte rendu du CSE central - 27 et 28 juin 2024
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À date, ce 27 juin, la Présidente de France Télévisions considère que le contexte politique est particulièrement inédit, avec un ciblage de l’audiovisuel public qui crée beaucoup d’émoi chez les salariés. L’examen de la proposition de loi sur le financement de l’audiovisuel public a été stoppé du fait de la dissolution. Si rien n’est fait d'ici fin 2024, le budget de l’audiovisuel public basculera dans le budget de l’État avec le risque de régulations à la baisse en cours d’année. C’est le scénario du pire qui se réalise selon Delphine Ernotte, ce à quoi nous souscrivons totalement. Le 2ème risque, selon la Présidente, c’est le niveau du budget car en l’état le projet de COM et la trajectoire financière pluriannuelle ont disparu des travaux des assemblées. Dans ce contexte, Delphine Ernotte affirme qu’il était important (et stratégique) de renouveler les engagements avec les producteurs privés dans la création audiovisuelle et le cinéma. Car FTV, c'est 50 % des investissements dans la création française, un emploi à FTV génère 5 emplois dans le secteur soit environ 60 000 emplois. Il s’agit donc d’un levier important pour préserver la capacité financière de l’entreprise, selon elle. Pour la CGT, les apprentis sorciers de la privatisation devraient bien réfléchir aux impacts de leur funeste projet. Pour Delphine Ernotte, il s’agit d’un bon accord avec des droits « 360 », soit une plus grande liberté pour diffuser sur tous nos canaux, sur des durées plus longues et enrichir ainsi notre plateforme. Selon elle, quand on protège le secteur, on protège également France Télévisions. Pour la CGT, on va toujours dans le même sens : certes on protège notre approvisionnement, mais quand protège-t-on les salariés ? Nous déplorons que la préservation voire l’amélioration des conditions de travail des salariés en interne ne soit pas considéré, au même titre, comme un levier stratégique. 3ème inquiétude, la perspective d’une privatisation de l’audiovisuel public qui est dans le programme du RN. Selon la Présidente il y aurait unanimité dans tout le secteur, y compris l'audiovisuel privé, contre ce projet. La menace s’éloigne après le second tour des élections législatives, pour le moment du moins... La Présidente dit respecter un devoir de réserve pendant la campagne, mais qu’elle aura à s’exprimer le moment venu, « Car cette proposition du RN est inacceptable, ce serait la mort du service public de l’audiovisuel ». Sur la nécessaire neutralité de France Télévisions qui est parfois remise en question, la Présidente estime « qu’au bout c'est l'attachement des téléspectateurs qui fera la différence » : « les Français nous font confiance, nous ne sommes pas une chaîne d’opinion ». Un peu court pour la CGT. La neutralité nécessite une meilleur équilibre dans l’expression des courants de pensée, mais aussi la dénonciation à l’antenne de tout ce qui ne respecte pas les principes républicains et la Constitution, comme notamment la préférence nationale ou le droit du sang en opposition au droit du sol. Sur le retrait des 5 journalistes de SDJ de France 3 du traitement de la campagne électorale qui signe un échec du dialogue social, la Présidente assume la décision du directeur de l’information, mais reste muette sur ceux qui à l’antenne se permettent des prises de positions favorables à certains courant politiques. Deux poids, deux mesures... La présidente réfute l’idée selon laquelle, les politiques considèreraient « qu'on est d'un bord plutôt qu’un autre ». Ce n’est pourtant pas ce qu’on entend sur le terrain du côté des citoyens. La CGT a demandé le retrait de la clause de neutralité du projet de modification du règlement intérieur de France Télévisions dénonçant au passage l’empilement de guides et de chartes guide qui juridiquement ne sont pas opposables aux salariés mais qui incluent des extraits de loi qui eux sont opposable, ce qui crée une confusion sur le statut de ces textes dans l’entreprise. La DRH de FTV essaie de rassurer sur ce point, elle précise qu’on vient d'ouvrir le débat sur ce sujet et que nous allons continuer nos échanges. Pour la CGT, les antennes manquent de diversité de points de vue, car les rédactions manquent de diversité sociale, en particulier dans l'encadrement. Sur la fabrique de l’information, ce n’est pas la faute des journalistes, mais des chefs de service qui imposent une façon « vu d’en haut » de traiter l’information. FTV est finalement très suiviste de l'actualité en général, et participe de l’effet de meute, de l'emballement médiatique, comme le font les autres chaînes. Il y a peu de débat d'idées où on prend le temps de laisser la place à l’intelligence, à la nuance, à la compréhension du monde. La tendance est plutôt à l’effet miroir, à la vox populi via les micro-trottoirs, sans recul, sans valeur ajoutée journalistique, ce qui crée une caisse de résonance évidente aux idées nauséabondes. La résonance est justement un des éléments de la stratégie de FTV, il convient de travailler sérieusement à ce qu’on fait résonner dans la société. La patronne s’est agacée des remarques des élus, estimant qu’il était contre-productif de se flageller. Entre le devoir d’inventaire critique et citoyen porté par les élus et le déni de la présidente, il y a un fossé. Pour retomber sur ses pieds, la Présidente espère que l’arrivée de JO sera une petite respiration qui permette de légitimer le service public, en partie auprès des publics. Un point a également été fait sur la situation très grave que vit la Nouvelle Calédonie. Les représentants du personnel font état de salariés en grande difficulté et que personne ne se sent en sécurité là-bas. La Présidente acquiesce et explique que la direction considère cette situation comme un 3ᵉ front de guerre avec les mesures de sécurité qui vont avec. Mais elle s’offusque que des élus puissent estimer que la direction n’a pas suffisamment anticipé les mesures de protections des salariés.
La directrice du réseau régional résume la position de la direction en une phrase laconique : « nous déployons les 4 jours, là où c'est possible ». Les élus CGT s’interrogent pour savoir pourquoi cela est possible à certains endroits et pas à d’autres. Si l’impossibilité est due à l’impact sur les ETP, cela va empêcher la reprise des éditions à la rentrée de septembre 2024. Car ce sujet reste très sensible. Nous l’avons vu récemment, dans certaines antennes, où la direction a souhaité assurer les éditions du week-end -- partie nationale comprise -- avec une seule scripte. Au final, c’est l’antenne qui en a pâti : la partie nationale n’a pu être diffusée et c’est FTR qui a assuré le comblement. La direction serait bien inspirée de retenir la leçon du fiasco qu’elle a provoqué lors du lancement dans des conditions désastreuses des éditions Ici en septembre dernier. Si les moyens ne sont pas au rendez-vous, il ne sera pas possible de relancer la nouvelle formule de la rentrée de septembre 2024. La planification de deux scriptes par jour, sept jours sur sept dans chaque antenne est une nécessité, et toutes les directions régionale doivent le mettre en place. Les organisations syndicales signataires du protocole de sortie de grève ont enfin obtenu que les informations nécessaires à l’évaluation de la charge de travail des personnels qui fabriqueront les éditions à partir de septembre 2024, soient transmis à leur expert. C’est sur cette base que nous pourrons nous positionner sur la possibilité ou pas d’une reprise des éditions Ici, antenne par antenne. Par ailleurs, la CGT a précisé que nous ne sommes qu’au bout de la première phase d’application du protocole de sortie de grève, c’est à dire pour les 1ers métiers concernés. Il est temps maintenant de démarrer la seconde phase qui sera consacrée à tous les autres métiers dans toutes les antennes afin de permettre un passage plus généralisé à quatre jours. Cela est possible très facilement pour certains métiers, si les personnels sont volontaires. Plus difficile pour d’autres et il faut entamer les discussions pour examiner le champ des possibles et les conditions de mise en place. La Présidente défend l'autonomie des rédactions régionales qui pourraient décider de faire du national ou pas. Elle évoque même la possibilité de reprise des sujets de Franceinfo. À ce sujet, la DRH ajoute qu’il ne faut pas confondre ce qui a été convenu autour des pratiques professionnelles strictement limitées à Franceinfo et la possibilité de diffuser en région des sujets fabriqués par les deskeurs de Franceinfo. La CGT a rappelé l’engagement pris à l’époque par la direction, réitéré en Conseil d’Administration par la Présidente, de ne pas étendre la diffusion des sujets des deskeurs ailleurs qu’à Franceinfo. Les élus ont rappelé que si telle était l’intention de la direction, cela nécessiterait une négociation. A l’heure des bilans autour du projet Tempo, la Présidente s'interroge à voix haute sur la manière dont les choses se sont passées. La DRH essaie d’en renvoyer la responsabilité aux organisations syndicales. Pour la CGT il faut effectivement s’interroger sur la très mauvaise conduite de ce projet, d’autant que c'est récurrent à FTV. La DRH estime qu’on doit progresser dans la manière d'anticiper les impacts. Ah bon ? On souscrit ! La CGT a rappelé que les élus les avaient très largement anticipés, il suffit d’ailleurs de relire les rapports d’expertises et l’avis des CSE, tout y est écrit noir sur blanc, mais la direction refusait de l’entendre et a voulu lancer le projet coûte que coûte. Elle est en porte donc l’entière responsabilité. Elle serait bien inspirée d’en tirer les enseignements pour l’avenir. Tiens, par exemple sur le déploiement du projet Sherlock.
Le mot d’ordre de la direction pour la diffusion de ces JOP 2024, c’est complémentarité entre les chaînes, entre les services et entre les journalistes des rédactions nationales, régionales et d’Outre-mer associées à cette opération exceptionnelle. Jeux Olympiques (du 26 juillet au 11 août) Trois chaînes assureront la diffusion de l’ensemble des épreuves, 3 régies de continuité et leur plateaux associés seront déployés : France 2 avec un plateau de continuité 7j/7 géré par la régie de l’UM1 (UHD) au Trocadéro sur la terrasse du Musée de l’Homme, face à la tour Eiffel. Retransmission des grands moments, accueil des athlètes français, suivi des 2 disciplines reines - la natation et l’athlétisme, plateau de Télématin et des éditions du 13h et du 20h. Pour France 3, le plateau de continuité sera géré par la régie installée au Club France (lieu de RDV des athlètes Français et d’un certain nombre de comités olympiques) à La Villette. À côté du plateau principal, installé devant la grande halle de La Villette, on trouvera un espace dédié aux duplex pour les éditions et au plateau de Franceinfo. France 3 couvrira les sports collectifs : basket, handball, hockey sur gazon, football, cyclisme sur route, gymnastique… Les deux chaînes linéaires proposeront l’audio description durant l’ensemble des compétitions des JO et des Paralympiques. Pour francetv Paris 2024, la chaîne numérique en continu qui émet depuis le 8 mai 2024 et suit le parcours de la flamme, le plateau sera installé dans le hall du Siège de FTV. Elle diffusera les sports urbains : basket 3X3, breaking dance, BMX… Un live tchat renforcera l’interactivité avec les téléspectateurs. Cette nouveauté a déjà été testée sur Roland-Garros avec de très bons résultats, elle l’est en ce moment sur le Tour de France. Au Stade de France, l’UM2 réalisera l’athlétisme pour nourrir l’UM1 de France 2 et les régies 1 et 3 pour les antennes de France 3 et du numérique. Au 7ème étage du Siège, une cellule trafic sera installée pour réceptionner l’ensemble des flux et les transmettre vers les régies. Importante mobilisation des équipes rédactionnelles et techniques de Polynésie La 1ère pour couvrir les épreuves de surf sur le site de Teahupo'o. 200 000€ ont été débloqués pour permettre l’installation d’un plateau, d’un dispositif commentateur, le suivi par bateau et depuis la fan zone. Une offre éditoriale avec un condensé des résultats sportifs et le classement des pays participants complètera la diffusion des épreuves. Au total, les JO vont mobiliser 330 salariés (210 permanents et 120 non permanents) venus de toute la France. 65 consultants viendront les épauler, 25 pendant les Paralympiques. Jeux Paralympiques (du 28 août au 8 septembre) La continuité d’antenne sera assurée alternativement sur France 2 et France 3. Nouveauté : l’intégralité des épreuves sera diffusée 24h/24 sur france.tv, avec un canal de diffusion pour chaque discipline sportive. Le plateau de La Villette tournera avec les moyens de la régie 3. Sécurité La sécurité est renforcée au Siège. Sur les sites excentrés et sur les lieux des compétitions des agents supplémentaires et un cadre de sécurité en lien avec le Siège seront en appui. Au Bourget un prestataire assurera une surveillance du site. Le port du badge devra être apparent et indispensable dans les locaux et sur les sites, avec des couleurs différentes suivant la qualité du visiteur. En cas d’alerte, le repli sera possible sur le plateau A ou sur d’autres sites couverts. Pour le numérique, le risque ce sont les pics d’audience : les serveurs devraient avoir la capacité d’absorber un nombre important de connexions, mais le login peut vite devenir un goulot d’étranglement. La difficulté sera plus importante sur les Paralympiques car l’ensemble des épreuves sera disponible sur france.tv. L’essentiel des mesures de prévention se concentre sur la cybersécurité. Tout le monde est appelé à la vigilance, d’ailleurs une campagne de changement de mot de passe est en cours de déploiement. Des bascules sur d’autres chaînes du groupe sont envisagées si la diffusion venait à être perturbée. Accessibilité du Siège Hormis sur 3 dates, celle de la cérémonie d’ouverture (26 juillet) et celles des compétitions de marathon (10 et 11 août) où les salariés devront disposer d’un QR code, le Siège sera accessible à tous, sur simple présentation d’une attestation employeur.
Depuis des années, les élus du CSE central demandent qu’on leur présente le schéma directeur immobilier, qui dresse l’inventaire des bâtiments détenus ou loués par France Télévisions, leur état, leur diagnostic de performance énergétique, etc. C’est la 1ère fois qu’une synthèse de cet instrument de pilotage de la politique immobilière de France Télévisions est présenté aux élus. Il détermine les grands choix de l’entreprise en matière d’investissements et d’implantations. La plus grosse partie de ce patrimoine est située dans les régions hexagonales, où France Télévisions est largement propriétaire. Un patrimoine vieillissant des années 50 à 80. Dans les 9 stations ultramarines, le patrimoine plus récent date des années 90 mais il vieillit vite à cause du climat ou encore de malfaçons non traitées suite à un choix peu heureux comme celui de Martinique. France Télévisions a devant elle un mur d’investissements liés à la mise aux normes environnementales. Le « décret tertiaire » impose d’avoir réduit la consommation énergétique des bâtiments de 40 % en 2030, puis 50 % dix ans plus tard pour atteindre une baisse de 60 % en 2050. Quelques rares bâtiments récents répondent aux critères. Pour les autres, il y a 4 possibilités : la rénovation thermique (pour quasiment tous les sites), la rénovation lourde qui inclut en outre une restructuration intérieure des bâtiments (Toulouse, Nouméa, Guyane), la reconstruction d’un nouveau bâtiment sur le même site quand le terrain le permet (Lyon, Strasbourg) ou enfin la relocalisation (Antibes, Bordeaux, Marseille, Chamalières, Bastia). Pour décider du scénario pour chaque bâtiment, la direction a établi une sorte de radiographie des sites reposant sur 12 critères : l’état général du bâti, sa performance fonctionnelle, sa localisation, sa performance thermique, l’accessibilité PMR, etc. sans même y associer les directions régionales qui devront pourtant porter ces décisions. Un comble ! Vu les injonctions stratégiques, la direction a aussi établi un inventaire des réflexions communes avec Radio France pour rapprocher les réseaux France 3 et France Bleu. Il liste les opérations « très structurantes » (en général les directions régionales), les regroupements « relativement simples » (plutôt des locales ou des BIP), celles qui sont « non faisables à moyen terme » ou celles sur lesquelles les deux entreprises n’ont pas encore statué. Dans les 8 opérations « déjà réalisées » figurent des stations comme Rennes, où les travaux s’étirent depuis 3 ans mais où Radio France ne mettra pas les pieds avant, au mieux le printemps 2025. La direction immobilière vend un peu la peau de l’ours… Le schéma directeur prévoit des « orientations fonctionnelles » pour les aménagements à venir. Ces orientations n’ont jamais été discutées, ni avec les salariés, ni avec leurs élus. Elles ont été décidées en chambre par les grands penseurs des IMG ou des technologies qui savent mieux que le peuple ce dont il a besoin. On y apprend ainsi que les nouveaux projets régionaux doivent prévoir une salle de sport, un vestiaire et une douche (1ère nouvelle ! La nouvelle station de Rouen ou le récent réaménagement de Rennes semblent avoir méconnu cette règle…), un espace de restauration alternative (en d’autres termes, tout sauf une cantine mais par exemple les frigos connectés chers au cœur du directeur de l’Immobilier), des espaces mobilité douce (pour les trottinettes et les vélos). Côté process, la règle décidée en haut-lieu, c’est un seul « plateau tri-axes de 250 à 300 m2 », une régie de diffusion et fabrication de 100 m2, une salle machine pour 13 baies, 8 à 12 salles de montage, etc. Les choses sont pour le moins cadrées, pour ne pas dire verrouillées. Les élus ont déploré l’absence de plans B pour un certain nombre de projets, ce qui ne laisse aucune place à des propositions alternatives. Ils dénoncent la méthode employée, l’absence, une fois de plus, d’association des opérationnels lors de l’élaboration de ce « schéma fonctionnel » qui va décider de leurs conditions de travail pour de longues années. De même, le projet stratégique sous-tendu n’est pas explicité : quel avenir décide-t-on par exemple pour le réseau régional ? Le plateau unique tri axes et les régies de 100 m2 sont-ils censés permettre de fabriquer des programmes régionaux ? Dans quelle limite et avec quelles contraintes ? Avec quels process de travail envisagés ? On imagine que dans les cénacles, nos dirigeants se sont projetés dans ce monde futur et que c’est ce qui a déterminé les choix faits. Mais nous n’en savons rien, l’opacité la plus totale règne et la direction avance masquée. Les élus ont rappelé à la direction son devoir de loyauté et de transparence. La méthode actuelle génère la suspicion et nourrit le complotisme chez les salariés qui croient à un plan caché car ils ont le sentiment qu’on insulte leur intelligence en ne leur disant pas précisément les choses. On comprend l’importance majeure d’un document tel que le schéma immobilier et son schéma fonctionnel, et on s’explique mieux pourquoi la direction de l’entreprise a tant tardé à le présenter. En revanche on ne s’explique pas ce dogme qui consiste à procéder par des montages financiers complexes public/privé plutôt que d’envisager un coût de rénovation sous prétexte que cela va engendrer la présence d’algéco durant des mois sur un site existant. A écouter la direction des IMG, le salarié est rétif au changement mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, l’intendance suivra. Face à tant de mépris et de raccourcis nous pourrions en rire si ça n’engageait pas notre avenir de service public dans toute sa composante, dont celle de l’exemplarité en matière de finances publiques.
Depuis près d’un an, France Télévisions déploie un nouvel outil de gestion des programmes, couvrant toute la vie d’un programme, de sa conception à la gestion des droits, en passant par les contrats, la programmation, la diffusion, les auto-promotions, etc. C’est donc un outil stratégique central qui concerne directement plus d’un millier de salariés au siège, en région et dans les Outre-mer et remplace progressivement Oscar, Argos et Trafic. Ce projet au long cours est divisé en plusieurs phases. Le CSE central a déjà été consulté l’an dernier sur la 1ère phase qui concernait les utilisateurs du Siège, il est maintenant consulté sur la 1re partie de la 2e phase qui concerne les stocks et la finance sur le réseau régional. Les élus ont dénoncé le fait que les CSE du Siège pour la phase 1 et du Réseau France 3 pour cette phase ne soient pas consultés, ce qui aurait permis d’anticiper plus finement, en proximité les impacts de cet outil. Dans l’expertise diligentée par le CSE central, les experts notent en particulier le manque d’évaluation des impacts sur les utilisateurs, la faiblesse de l’association des opérationnels à la conception de l’outil, le manque de suivi du déploiement par les représentants du personnel. Face à l’opacité entretenue par la direction et les chefs de projets, les élus du Siège ont lancé un questionnaire aux utilisateurs du Siège. Les retours sont sans appel. Une très large majorité dénonce l’instabilité de l’outil, ses bugs, ses insuffisances, son inadaptation à leurs pratiques professionnelles. De l’avis général, l’outil n’est pas ergonomique, il nécessite une abondance de clics et d’actions, il impose des tâches supplémentaires, des contournements, une intensification du travail, une densité informationnelle, etc. N’en jetez plus ! En outre, le déploiement de la phase suivante ne semble pas avoir pleinement tiré les enseignements des errements précédents, même si l’équipe projet répond qu’il y a eu des améliorations et que « l’application n’aura jamais été aussi mûre ». C’est bien le moins, vu ce que subissent les utilisateurs actuels depuis de longs mois. Un des porteurs du projet précise que France Télévisions cumule un grand nombre de complexités liées à sa taille et à son organisation (complexité de la règlementation sur les droits, décrochages régionaux, fuseaux horaires des diffusions ultramarines), qui oblige à adapter cet outil du marché utilisé chez nos concurrents français (TF1, M6, BFM) ou étrangers (RTBF, BBC, Disney…). Reste qu’aujourd’hui, à trois mois du déploiement de l’outil pour les 1ers utilisateurs en région, on ne connait toujours pas les process de travail et les redistributions de tâches entre les métiers. Il y a clairement un défaut de prévention. C’est ce qu’ont exprimé les élus du CSEC dans leur avis argumenté (à lire ici 📎). La phase suivante fera l’objet d’une consultation du CSE du Réseau France 3. En parallèle, le CSE de Malakoff a été consulté sur les impacts relatifs à son établissement et a mis en place une commission de suivi.
Suite à l’alerte reçue par la référente harcèlement du CSE Central sur la situation préoccupante d’une salariée du Siège élue au CSE Central, les élus ont décidé de voter une expertise afin d’enquêter sur les raisons de cette alerte liée au déploiement du projet Sherlock au Siège et des responsabilités de la direction qui était au courant mais n’a pas agi pour trouver une solution. La direction dénie le droit au CSE Central de diligenter une telle expertise et a assigné l’instance en justice, empêchant ainsi temporairement de faire la lumière sur la situation de notre camarade élue et donc d’engager les mesures de protection appropriée. On est loin de l’obligation qui pèse pourtant sur l’employeur de protéger la santé de ses salariés.
Direction et élus saluent l’exemplarité de la couverture des événements géopolitiques de la Nouvelle Calédonie par nos collègues sur place qui ont fait preuve d’implication et de courage. Le renfort des stations de Polynésie, de Wallis et Malakoff a bien aidé. Le plan de continuité de l’activité semble avoir été efficace puisque la diffusion des éditions a été assurée tout en garantissant la protection des salariés. Malgré tout, certains se sentent en danger et souhaitent quitter le territoire de la Nouvelle-Calédonie quelques mois ou définitivement. Quelque uns envisagent même de démissionner. Le DRH du Pôle les accompagne.
Un peu tard, 8 kits d’EPI (équipement de protection individuel) par station ont été commandés, et Mayotte est en train de tester l’application mobile « Shérif » permettant aux équipes se sentant en danger de donner l’alerte de manière discrète depuis leurs smartphones.
Démarrage du chantier. FAST sera faite par et pour les jeunes. Premier test en décembre. Le tournage d’une fiction en 6 numéros de 50 minutes est également prévu, sous la forme d’une fresque historique qui soit moins « exotique » que ce qui a pu se faire jusqu’ici…
Les stations ultramarines sont censées pouvoir assurer une mission de service public dans le domaine de l’information, et ce, sur 4 supports à la fois (TV, radio, Web et Réseaux sociaux), dans un environnement local et régional extrêmement concurrentiel*. Par manque de moyens, elles se trouvent dans l’incapacité manifeste de l’exercer correctement. Pour objectiver ce dysfonctionnement structurel - nié par la direction alors que l’équité au sein de l’entreprise doit être la règle - les élus du CSE Central ont missionné le cabinet Secafi pour réaliser une étude. Le manque de moyens des stations impose des choix éditoriaux au détriment de la qualité. Elles se partagent 17 M€** de budget de production (achats de programmes, frais de production et prestations techniques) contre 70 M€ pour le Réseau France 3, cherchez l’erreur. La direction rétorque qu’elle a fait progresser le budget production de 13 % en deux ans, oubliant l’impact de l’inflation, et saute sur l’occasion pour remettre sur la table l’opportunité que représenteraient les nouveaux métiers pour dégager des ressources. Vu l’état des salariés aujourd’hui, la CGT estime que c’est de l’ordre du fantasme. La direction du Pôle réduit de plus en plus les acquisitions au profit de la production en station et le recours à la production externe a été réévalué à 2 millions (contre 1,3 M€ en 2023), mais avec pas mal d’hétérogénéité d’une station à l’autre. La direction dit chercher à résorber ces écarts. Les stations sont devenues des chaînes de plein exercice en 2010, imposant de se réinventer et de fabriquer de nouveaux produits locaux et régionaux pour remplir les grilles et ne pas être en concurrence avec les autres antennes du groupe. La CGT estime que l’accompagnement financier n’a jamais été à la hauteur. Secafi pointe un autre dysfonctionnement majeur : 64 postes vacants en Outre-mer en mars 2024 sur 1 535 ETP, 91 postes vacants prévus en décembre 2024 ! Les situations de fatigue et de RPS augmentent, des émissions sont externalisées ou supprimées. Le DRH du Pôle répond que les directions régionales peuvent avoir recours à l’emploi non permanent. Mais sur quel budget, alors que la directrice du Pôle reconnaît avoir demandé aux directeurs régionaux des efforts dans la gestion des ETP ? Elle promet un assouplissement d’ici septembre prochain. En attendant, les salariés n’ont qu’à prendre des vitamines ? Interpellée, la PDG a implicitement validé le constat d’écart de traitement entre Outre-mer et Réseau France 3, et a indiqué qu’elle pourrait même reprendre cette expertise à son compte pour progresser dans l’accompagnement des stations. * Les 1ères sont leader dans 8 territoires sur 9, 42 % des téléspectateurs regardent au moins une des chaînes la 1ère chaque jour, et au moins 21% des auditeurs écoutent les radios la 1ère. ** Aujourd’hui des programmes de flux sont produits pour 9 269 000 € pour les 10 stations, et 8 141 000 € gérés en syndication à Malakoff pour alimenter le fond de grille.
La Direction des médias a présenté son projet de stratégie éditoriale sur le canal interne de la communication du Pôle Outre-mer le 21 juin. Il sera présenté dans tous les CSE/CE/CCEOS et auprès des équipes éditoriales en CODIR. Un document prochainement disponible pour tous (dans comme hors FTV).
Dorénavant la validation des notes de frais sera effectuée par Paris (le service qui valide les frais de mission des collègues de l’Hexagone). Cela permettra une homogénéisation de l’organisation comptable et de se mettre en conformité. Les délais de traitement devraient être réduits à 2 jours. Compte rendu complet (à lire ici 📎).
Compte-tenu des enjeux liés aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre imposés aux entreprises, et en particulier France Télévisions, le CSE central a décidé de se doter d’une commission dédiée afin de pouvoir étudier en détail toutes les études internes sur le sujet et mener un débat en CSE central face à la direction générale. Les élus ont désigné Yvonne Roehrig, comme présidente de cette commission.
A l’unanimité, les élus ont pris acte de ce bilan. Il s’agit d’une formalité administrative, mais essentielle car elle permet d’obtenir de l’inspection du travail un agrément pour le service de santé du Siège autorisant les 3 médecins du travail de jouer un rôle de coordination de l’ensemble des autres médecins du travail dont dépendent les salariés de FTV hors Paris. L’administration regarde avant tout le ratio entre les dépenses annuelles du service (921 934 € de rémunérations des médecins et des 5 infirmières, frais de fonctionnement et dépenses d’équipement) et le nombre de salariés suivis (3 337 salariés permanents et non permanents). Il est jugé « confortable » par le médecin inspecteur qui a demandé à FTV de fortement réfléchir à augmenter le nombre de salariés suivis. Ce sera sans doute le cas avec le rapprochement géographique des filiales dans le cadre du projet Campus. Ça veut surtout dire que les difficultés pour les salariés du Siège de rencontrer régulièrement le médecin du travail vont augmenter…
Grâce à leur rôle de coordination, les médecins du travail du Siège ont une vue globale de l’activité à FTV. Elles ont élaboré des préconisations à destination de la direction afin d’améliorer la prévention. Et ce n’est pas du luxe tant les conditions de travail semblent dégradées : troubles musculosquelettiques et risques psycho-sociaux sont en tête des plaintes. Les élus de la CSSCT y sont aussi allés de leurs préconisations.
38 inaptitudes déclarées en 2023, dont 25 à tous postes. 1 seul reclassement a abouti, il y a donc eu 37 licenciements pour inaptitude, dont 12 qui étaient aptes à un autre poste. 2 inaptitudes concernent des salariés de moins de 49 ans.
Acciline+ est la plateforme qui sert à la direction à déclarer les accidents du travail et gérer le Document Unique de Prévention des Risques Professionnels (DUERP) ainsi que le Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT). Les élus ont demandé plusieurs modifications, notamment des notifications qu’ils reçoivent en cas de déclaration d’accident du travail pour les aider dans leur mission d’amélioration des conditions de travail menée conjointement avec les directions en proximité.
Elles sont créées par la Direction de la Santé et de la Qualité de Vie au Travail (DSQVT) pour aider les Animateurs Prévention Sécurité (APS) à compléter leur DUERP, mais aussi pour faire connaître les dispositifs existants à FTV. Elles concernent notamment le Covid, les tournages en zone inondée et le cyberharcèlement. D’autres sont à venir. Par ailleurs, 2 nouvelles familles de risques ont été créées : « Projets » et « Nouvelles technologies » (pour les risques induits par les drones testés dans le Réseau France 3 par exemple). Compte rendu complet de la commission (à lire ici 📎).
La direction constate une activité trop forte en ce début 2024 au regard des moyens alloués. La CGT pense l’inverse : les moyens sont trop faibles au regard de l’activité normale que nous avons à assurer. L’activité n’a pas baissé. Pour preuve : les recrutements se poursuivent. Les mesures d’économies pour rester dans les clous budgétaires ont amené des coups de rabot depuis le 2e trimestre ressentis comme brutaux par les salariés car touchant à l’activité, donc à leur raison d’être. Supprimer ou mutualiser des émissions et des JT n’est pas de nature à donner confiance en l’avenir. Surtout lorsque ces mesures sont prises dans l’opacité.
La RCC n’a pas eu pour effet de réduire la moyenne d’âge, elle a au mieux permis une stabilisation. La direction dit qu’il y a eu un effet sur la masse salariale. Elle se félicite surtout de la réduction des effectifs, même si elle a été bien inférieure aux objectifs initiaux compte tenu des besoins de l’entreprise comme les syndicats signataires l’avait prédit. Compte rendu complet de la commission (à lire ici 📎). Prochain CSE Central les 8 et 9 octobre 2024 sauf événement nécessitant une séance extraordinaire.
Paris, le 11 juillet 2024
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Déclaration liminaire de la CGT au CSE central de juin 2024
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Déclaration liminaire de la CGT au CSE central de juin 2024 |
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Après la sidération de la dissolution de l’Assemblée Nationale, la possible arrivée au pouvoir de l’extrême droite ne laisse personne indifférent. En 1ère ligne, à la fois comme symbole des services publics et d’une information indépendante, l’Audiovisuel Public est une des cibles principales du Rassemblement national qui sous prétexte d’économies affirme vouloir privatiser nos entreprises. Un processus contraire aux règles européennes et même anticonstitutionnel selon la position du Conseil Constitutionnel. En réalité, ne jouons pas avec les mots, en cas de victoire du parti de Mme Le Pen aux élections, il s’agit de la disparition programmée de l’Audiovisuel Public qui sera vendu à la découpe, démantelé, voire même supprimé. Juridiquement et économiquement, une privatisation complète ne serait sans doute pas possible. Mais le risque est grand de lui couper les ailes budgétaires dès 2025 et de le réduire à peau de chagrin. Ou bien de le transformer totalement en chaîne d’État sur le modèle de ce qu’a fait Orban en Hongrie. Face à un tel danger existentiel et démocratique, la neutralité de confort n’est pas et ne sera jamais une option pour la CGT. Notre organisation syndicale est indépendante des partis politiques mais elle n’est pas neutre, en particulier quand il s’agit de défendre les fondements de notre République. Nous nous insurgeons de l’éviction, au nom d’une soi-disant neutralité, de 5 journalistes membres du bureau de la SDJ France 3 Rédaction nationale, qui a appelé à faire front contre l’extrême droite.. Un deux poids deux mesures particulièrement révoltant, alors que dans le même temps, plusieurs journalistes qui passent leur temps à afficher leur macronisme et leur hostilité au Nouveau Front populaire, bénéficient eux d’une grande complaisance de la part de la direction. Est-il plus grave d’appeler à un front républicain contre l’extrême droite que de dénigrer à l’antenne la gauche française ? Est-ce cela que doit produire la prétendue clause de neutralité que la direction veut intégrer dans le règlement intérieur de l’entreprise ? Une arme de l’arbitraire qui permettra à nos dirigeants ou à ceux qui seraient nommés par le Rassemblement national de purger tout point de vue contestataire ? Nous demandons solennellement à la direction de ne pas se rendre complice de cette dérive. Nous demandons le retrait de cette clause de neutralité du projet de modification du règlement intérieur de l’entreprise. Nous demandons que l’on sorte du régime de l’émotion et des affichages politiques pour remettre de l’équilibre et de la justice au sein de cette période troublée. Cette dissolution inopinée – pour ne pas dire irresponsable – de l’Assemblée Nationale est un événement politique majeur de la Vème République. Et la chaine d’info en continu du service public, Franceinfo, serait purement et simplement écartée de la couverture des soirées électorales ? Est-ce ainsi que la direction entend la renforcer face à ses concurrentes et lui donner de la notoriété ? Les salariés, qui n’ont pas compté leur investissement depuis le lancement en 2016, sont outrés de cette décision d’effacement et la refusent. Pourquoi une telle décision ? Là encore, c’est l’incompréhension, dans le moment grave et historique que nous vivons. La direction de France Télévisions est-elle déjà prête à sacrifier le Canal 27 face à CNews ? On pourrait penser, comme on l’a senti au moment des débats sur les orientations stratégiques, que nos dirigeants sont un peu tétanisés, suspendus à des incertitudes politiques autour de notre avenir et de notre financement. Pourtant, quand il s’agit de contractualiser avec les producteurs privés, l’entreprise n’a étrangement plus de difficulté à se projeter. Sans même savoir si et comment elle sera financée, elle vient de signer pour 5 ans un engagement d’investissement de 2,6 Md€ sur la création audiovisuelle et le cinéma. La vie est belle pour les producteurs privés. Manifestement moins pour les salariés de notre maison sur lesquels on se proposait, jusqu’à peu, d’économiser 200 millions. Une fois encore, on est dans un deux poids deux mesures qui détruit la confiance en interne et nourrit le ressentiment. Un peu comme les Français à l’égard de Macron. Au lieu d’arborer une neutralité factice qui n’est qu’une perpétuation du système dominant, la direction devrait se montrer à la hauteur du moment et de la menace existentielle qui pèse sur notre entreprise et ses salariés. N’ayez pas peur, usez de votre liberté d’expression pendant que vous en avez encore ! Comme vous l’avez déjà fait en avril 2024, Mme la Présidente, quand il s’agissait d’autres pays européens : « De la Hongrie à l'Italie, des mouvements illibéraux remettent en cause notre existence. En campagne, leurs discours promettent de nous éradiquer, mais une fois arrivés au pouvoir, leur première décision est bien souvent de façonner des médias publics à leur main. » (extrait de La Tribune, 23 juin 2024) Dans l’Histoire, la CGT a toujours pris ses responsabilités, en se plaçant du côté des plus vulnérables et en résistant face au pire. Cela n’est pas qu’un slogan, ce seront, le cas échéant, des actes de résistance contre la dérive fasciste et nous invitons les salariés à nous rejoindre, dès maintenant, pour faire front, ensemble, et défendre nos valeurs démocratiquesParis, le 27 juin 2024 |
Liminaire intersyndical - CSEC extraordinaire du 21 mai 2024

Liminaire intersyndical
CSEC extraordinaire du 21 mai 2024
Nous sommes réunis ce jour en CSE extraordinaire sur le projet de Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) 2024-2028.
Il y a pourtant à peine un mois, la direction présentait les Orientations Stratégiques de l’Entreprise sans pouvoir se projeter au-delà de la fin de l’année 2024. Le projet de COM contredit donc cette position.
Néanmoins, personne ne peut ignorer qu’un processus législatif sur la gouvernance de l’Audiovisuel Public est lancé. Son issue est incertaine et il pourrait bouleverser rapidement et profondément l’organisation de nos entreprises. Comment penser l’avenir dans ces conditions ? Nous ne savons même pas quels seront nos interlocuteurs en janvier 2025.
Malgré tout, la direction a l’intention de lancer des projets de réorganisation d’ici la fin de l’année, ce qui semble déraisonnable tant que la situation de l’Audiovisuel Public ne sera pas stabilisée.
Un exemple avec le projet de rapprochement de la DGDAP et de la direction du numérique. Est-ce vraiment le moment de le lancer alors que Radio France est dans un mouvement contraire de montée en puissance de sa direction du numérique et qu’il va sans doute falloir faire un choix stratégique dans moins d’un an ? Quelle stratégie va l’emporter ?
Est-il si urgent de basculer le numérique régional sur la plateforme de France Bleu avec le risque de perte massive d’audience pour l’URL francetvinfo.fr, sans garantie de transfert de cette audience sur la nouvelle plateforme ? Si rassembler l’Audiovisuel Public pour être plus puissant commence par un affaiblissement, c’est l’idée même de ce projet qui se fissure.
Ces questions de choix stratégiques vont nécessairement se poser pour tout ce qui, de près ou de loin, peut être remis en cause en cas de fusion des entreprises de l’Audiovisuel Public. La direction de FTV soutient ce projet du gouvernement, mais elle doit bien en mesurer les conséquences.
Le chemin vers la fusion va obliger tous les acteurs à se concentrer sur les enjeux internes d’organisation, que ce soit les structures, l’organisation du travail, le temps de travail, les métiers, le système salarial, l’harmonisation des salaires, etc… au détriment des enjeux d’adaptation aux mutations du secteur audiovisuel.
Eviter des « stop and go » sur des projets, voire des conflits sociaux, serait bénéfique pour tout le monde, les salariés bien-sûr, mais aussi les finances de l’entreprise.
Les collectifs sont déjà largement déstabilisés et la direction a montré son incapacité à déployer des projets en anticipant les impacts et les coûts sur les directions opérationnelles. OpenMédia, Tempo, Sherlock entrainent d’importants dommages collatéraux.
Cette situation interroge sur la crédibilité de la feuille de route et du COM de FTV qui pourraient se voir bientôt refondus en une Convention Stratégique Pluriannuelle (CSP) unique avec ses inévitables ajustements stratégiques, voire budgétaires.
La direction ne souhaite pas se projeter au-delà de l’année 2024. Une illustration avec le projet de suppression des équipes légères de la Fabrique, partiellement transférées au Réseau régional. La direction se dit incapable d’assurer un plan de charge pour 2025 et les années suivantes, faute de visibilité, mais dans le même temps, elle conclut un accord sur 5 ans avec les syndicats des producteurs de cinéma pour 80 M€ par an, en progression de 5 M€, et un autre accord est en passe d’aboutir avec les producteurs audiovisuels pour un montant de 440 M€ par an, alors même que nos grilles de programmes ne sont en capacité d’en absorber que pour 420 M€. On comprend de ce fait les priorités : la direction n’a qu’un engagement tangible, il est en faveur de la production privée, pas de ses salariés en interne. Ces derniers seront encore et toujours la variable d’ajustement.
Justement, la direction est capable de prévoir à l’horizon 2028 une économie de 100 M€ sur la masse salariale, sans en donner les détails. Suppressions de postes ? Casse de notre couverture conventionnelle ? Elle laisse planer un brouillard malsain et inquiétant.
Alors que du côté du gouvernement on nous tient un discours sur un Audiovisuel Public renforcé qui aurait les mains libres pour redéployer les moyens dégagés par la constitution d’une entreprise unique, nous avons les plus grands doutes à ce sujet, au vu des intentions affichées par la direction.
Nous sommes également particulièrement inquiets de l’utilisation de l’Intelligence Artificielle (IA) projetée par la direction à FTV. L’IA est disséminée partout dans le projet de COM.
Les Organisations Syndicales de FTV appellent la direction à une transparence totale sur le sujet, au travers d’un cycle de discussions avec elles et les CSE. Nous allons avoir besoin de temps, y compris pour réfléchir, et de moyens pour nous former à ces enjeux, en comprendre les atouts et les risques, poser les lignes rouges, mesurer les impacts sur le sens de nos métiers, sur l’emploi, mais aussi sur les principes professionnels et la déontologie des journalistes. Redonner du sens, avec une politique salariale dynamique et juste, voilà un enjeu intéressant.
Vous le voyez, Mme la Présidente, nos doutes sont nombreux face à un avenir extrêmement flou et il vous appartiendra de faire toute la transparence sur les intentions réelles de la direction sur tous ces sujets qui vont impacter de façon majeure l’entreprise et les salariés. Vous devez prendre la mesure de l’inquiétude et de l’appréhension des équipes de France Télévisions devant ce projet de fusion.
Compte tenu des risques majeurs encourus par les salariés de nos entreprises, tous les syndicats de l’Audiovisuel Public ont appelé à la grève les 23 et 24 mai, jours d’examen de la Proposition de Loi visant à fusionner nos entreprises.
Une grève légitime et qui doit être visible sur nos antennes : les élus de ce CSE Central protestent fermement contre l’externalisation de la fabrication du débat politique prévu le 23 mai au soir.
Paris, le 21 mai 2024
Compte rendu CGT du CSE Central des 24-25 avril 2024
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Delphine Ernotte évoque d’entrée la couverture de l’actualité sur les antennes et veut croire que l’entreprise se distingue par l’équilibre de traitement des conflits du moment, en particulier face au fort clivage des positions sur le Proche-Orient. Elle souligne la diffusion d’un documentaire sur les femmes iraniennes pour lequel l’intelligence artificielle (IA) a été utilisée pour la 1ère fois, afin de recomposer les visages des témoins pour préserver leur anonymat. Elle pointe également la manipulation de l’info, la baisse généralisée de la confiance des Français et la démarche de FTV autour d’un « pacte de transparence » (QR code dans nos éditions pour permettre aux téléspectateurs d’en savoir plus sur la manière dont les rédactions travaillent). Aujourd’hui, 75% des Français ont plutôt confiance dans le service public, mais « ce n’est pas 100% », reconnaît-elle. Pour Delphine Ernotte, les Jeux olympiques et paralympiques peuvent « rassembler les gens autour d’un événement positif : on espère que chaque Français gardera un héritage de ces JO ». A l’occasion, France télévisions va déployer « 3 innovations en une », se réjouit-elle : un système qui permettra de transmettre le signal en mouvement (la caméra transmet à une voiture via une boucle 5G, puis la voiture transmet via Starlink à un satellite en orbite basse, qui renvoie vers le cloud). Sur les Européennes, France Télévisions tente d’intéresser les jeunes, par exemple en diffusant des petites pastilles humoristiques avec les acteurs de la série numérique à succès Parlement. Côté numérique, une nouvelle mesure d’audience sur tous les supports place France.tv au 1er rang des plateformes de streaming en France. Notre plateforme bénéficiera d’une grosse mise à jour avant les JO, afin de transformer « l’expérience utilisateurs ». Interrogée sur les projets de holding ou de fusion, Delphine Ernotte réaffirme qu’elle soutient ce projet de rapprochement parce que « cela nous permettrait d’être plus forts et plus libres » en nous renforçant mutuellement dans les régions, sur franceinfo et sur le numérique, où plus on regroupe, plus on gagne en puissance. Ce qui est en contradiction avec le projet de lancement d’une plateforme « Ici » commune à France 3 et France Bleu en septembre, au détriment de l’audience de l’URL franceinfo qui vient à 30% des contenus régionaux. Réponse lapidaire de la patronne : « Je vais vous le dire comme je pense : avoir un site internet à part, c’est débile. Mais que voulez-vous ? Il s’agit d’un compromis avec Radio France, c’est un peu comme un protocole de sortie de grève ». Delphine Ernotte évoque encore des fonctions supports centralisées, comme la paie, qui pourraient être regroupées à terme. Reste la question du périmètre de la holding : juste Radio France et France Télévisions ou également France Médias Monde et l’INA ? « Je suis comme vous, j’apprends les informations aussi par la presse », précise Delphine Ernotte, qui plaide pour une fusion dans la foulée, afin notamment d’éviter aux entreprises d’avoir à créer des filiales communes : « C’est plus simple d’avoir une entreprise unique. Moi je ne suis pas pour la filialisation, je suis pour l’entreprise unique, si on veut que les salariés puissent avoir des mobilités dans l’entreprise ». Et de plaider pour que ça se fasse vite, afin d’éviter un risque d’enlisement, « en particulier sur le financement ». Si des salariés sont transférés dans une filiale, ils perdent leur couverture conventionnelle et peuvent être moins bien traités que leurs collègues de la maison mère. Interrogée sur le coût de la holding, Delphine Ernotte répond : « Je pense qu’il faut mettre zéro francs (sic) et zéro centimes dans la holding » mais ajoute ensuite, en totale contradiction, qu’il faut mettre les programmes de transformation dans la holding. « La holding est plus un accélérateur de changement et de transformation positive qu’une révolution copernicienne ». Sera-t-elle candidate à la présidence de la holding ? « Je pense qu’il faut faire cette réforme, que je sois dans le potage ou pas. Est-ce que je serai candidate ? Si c’est un poste opérationnel, peut-être, si c’est un poste honorifique, ça ne m’intéresse pas ». Et les salariés dans tout ça ? Delphine Ernotte évacue le sujet comme une poussière sur sa manche : « je pense qu’il ne faut pas fantasmer sur l’entreprise unique. Ça va nous permettre de faire des choses en commun qu’on a déjà identifiées. Sur les accords collectifs, aucune inquiétude à avoir. On n’est pas moins-disant que ce qui existe ailleurs, dans notre accord collectif post-fusion de France Télévisions ». Isabelle Caroff, la DRH, précise qu’en cas de fusion, les accords en totalité seront automatiquement dénoncés. Les organisations syndicales et la direction auront alors 15 mois pour négocier. Sur le niveau d’emploi : « On ne s’engagera jamais sur le niveau d’emploi. Car oui, dans certains cas on aura du redéploiement, dans d’autres cas, une baisse du nombre de personnes nécessaires aujourd’hui pour faire une tâche. Aujourd’hui, on est moins nombreux qu’on l’était autrefois pour faire des tâches comparables ». La palme d’or de l’argument spécieux : « Je pense que le pluralisme doit être conservé. Ce qu’on a fait en région, ça augmente le pluralisme : 24 conducteurs au lieu d’un seul ». En matière de contre-vérité, on ne fait pas mieux. Avant, on avait 24 éditions régionales + 1 édition nationale, désormais on a 24 éditions régionales contraintes de diffuser des sujets (tous les mêmes) fabriqués par Paris. Elles y ont au contraire perdu de la liberté et de la diversité. La CGT ne compte pas laisser le gouvernement, les élus de la République et les dirigeants de cette entreprise casser les acquis sociaux chèrement conquis et de faire peser une menace aussi forte sur les conditions d’emploi des salariés au travers de la polyvalence et de la poursuite de la diminution des effectifs, seules solutions imaginées pour absorber les économies que nous devons encore faire. Pour y arriver, la mobilisation devra être forte et massive. 1ère étape : l’examen de la loi à l’Assemblée nationales les 23 et 24 mai.
La présentation le 9 février dernier d’une « feuille de route » ne suffit pas à satisfaire les obligations légales de l’employeur de consultation du CSEC sur les orientations stratégiques de l’entreprise et leurs conséquences. Lors de cette séance du 25 avril, les élus n’ont pas appris grand-chose de plus. Car sur le volet conséquence de ces orientations, la direction n’avait que très peu d’information à donner. Rétention ou incapacité ? La situation est pour le moins atypique, avec un Projet de Proposition de Loi (PPL) adopté en juin 2023 au Sénat, enterré par la ministre de la Culture puis ressuscité par la nouvelle avec une mise à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale les 23 et 24 mai. La direction affirme donc être contrainte de réduire sa « vision stratégique » à la seule année 2024 déjà bien entamée. Sur la proximité, après les annonces tonitruantes pour la rentrée de septembre 2024, aucune mesure structurante sur l’emploi, l’activité, l’organisation ou les conditions de travail ne pourra être lancé. Le nouveau site internet France 3-France Bleu ne sera donc qu’un reboutiquage des contenus actuels. Un projet de rapprochement entre les directions Antenne et programme (DGDAP) et Numérique pourrait voir le jour après les Jeux olympiques et paralympiques. La construction du projet s’étendrait jusqu’à la fin de l’année. La CGT a appelé à la prudence, car ce mouvement de rapprochement est diamétralement opposé à ce qui est en train de se mettre en place à Radio France avec la constitution d’une grande direction du numérique. En cas de rapprochement, faudra-t-il choisir l’un des deux modes d’organisation ? Faudra-t-il défaire ce qui viendra d’être fait ? Autre axe évoqué par la direction : le respect des règles. La direction cite en exemple les salariés qui ne transmettent pas leurs arrêts maladie tout en bénéficiant de la subrogation, ce qui coûterait 1M€ par an à l’entreprise. Autant de laxisme de la direction est assez surprenant. A la CGT, le respect des règles on ne demande que ça, mais toutes les règles, en particulier celles des accords collectifs car trop souvent c’est l’employeur qui ne les respecte pas. La direction avait déjà annoncé un plan d’économie sur la masse salariale de 100M€ sur 4 ans via des suppressions de postes et une renégociation de certaines dispositions de notre accord collectif. La chasse aux économies est donc plus que jamais d’actualité et la direction souhaite partager avec les syndicats un diagnostic sur l’accord collectif. Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Pour la DRH, il s’agit de comparer les dispositions de l’accord collectif avec la norme de la branche (très en deçà de nos accords FTV), mais aussi avec d’autres médias publics ou privés. Ce diagnostic est-il déjà fait ? Et par qui ? Pour la CGT c’est clairement une ligne rouge à ne pas franchir. Une discussion est évidemment toujours possible pour faire évoluer notre accord, mais ce sera donnant-donnant, certainement pas pour supprimer des acquis conventionnels. Quelle incidence auront les orientations stratégiques sur l’emploi ? Aucune réponse, la direction ne dit rien, ne s’engage à rien, ou plutôt dissimule ses véritables objectifs. Pourtant l’accord GPEPP prévoit un point de présentation des objectifs emploi. Vous avez dit respect des règles ? Le document d’information-consultation produit par la direction contient beaucoup de copiés-collés de compte rendu de commission du CSEC, d’accord ou de projet d’accord. Est-ce la traduction de l’absence de vision de la direction sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences ? Que les productions des élus et le fruit négociations soit une source est intéressant mais où est la véritable vision stratégique ? L’épais brouillard de la réforme de l’Audiovisuel Public n’aide pas, mais exposer ses idées pourrait avoir du sens dans le contexte actuel, pour au moins animer le débat. La peur de s’exposer sans doute dans un contexte périlleux ... Le document présenté aux élus comporte également quelques pépites : « Les salariés aspirent à plus d’autonomie et de liberté mais aussi d’engagement. Documentée il y a près de 10 ans par le sociologue Henri Vacquin, la question de la culture managériale à France Télévisions demeure un enjeu pour l’entreprise. » Ah bon ? Mais qu’à fait la direction toutes ces années ? A ce stade, les orientations stratégiques de l’entreprise à 3 ans, voire réduite à 7 mois, restent très nébuleuses, la direction n’assumant pas les conséquences de ses projets. La direction a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions ou souhaite-t-elle les faire payer aux salariés ? Les élus ont désigné le cabinet d’expertise 3E Consultants pour les assister sur ce dossier et faire toute la lumière sur les conséquences de la stratégie de la direction en lien avec le budget 2024 et les perspectives budgétaire jusque 2028.
En apparence, tout va bien, les comptes 2023 de France Télévisions sont bénéficiaires. En réalité, il n’en est rien, il s’agit d’un artifice comptable lié au changement des règles d’amortissement des programmes de fiction. L’entreprise est structurellement déficitaire, du fait de financements publics insuffisants. Le déficit d’exploitation réel est de 20 M€, l’entreprise a consommé de la trésorerie et s’est financièrement appauvrie. En 2023, la hausse des concours publics de 50 M€ n’a pas suffi à couvrir les 30 M€ de la taxe sur les salaires que FTV doit payer depuis le changement de mode de financement, plus les 60 à 80 M€ de surcoûts de la masse salariale et des achats hors programmes liés à l’inflation. En outre, pour la 1ère fois, la publicité n’a pas été au rendez-vous car le marché publicitaire a reculé en France. Le chiffre d’affaires publicitaire est en recul de 11 M€ malgré la progression de la pub numérique qui représente désormais 10% des recettes publicitaires du groupe. L’entreprise a en outre dû financer des objectifs d’antenne non prévus comme l’Eurovision Junior, la visite du pape à Marseille, des compétitions de foot féminin ou la couverture de l’actualité en Ukraine et au Proche-Orient. La grève contre les éditions Ici dans le réseau régional a généré des économies qui ont amorti en partie ces dépassements. En 2023, le niveau global des effectifs est de 8.825 ETP, en économie de 75 ETP par rapport à ce qui avait été budgété, et de 126 ETP par rapport à l’année précédente. Le taux de précarité s’est accru pour atteindre 14,6% des effectifs. Depuis 2012, France Télévisions a supprimé 1.665 ETP, soit 15% de ses effectifs. La situation sera beaucoup plus tendue en 2024 et l’avenir du financement de l’audiovisuel public au-delà du 31 décembre est à date toujours aussi incertain. Voir l’avis des élus sur les comptes 📎 Le compte rendu de la commission économique du CSEC est à lire ici 📎 La direction persiste et signe. Malgré les alertes de la CGT, malgré un rapport accablant du cabinet Acante qui a travaillé sur le sujet pour les élus, malgré les troubles psychosociaux déjà existants chez certains salariés des équipes légères, la direction avance comme un rouleau compresseur. Certaines directions construisent, d’autres détruisent. Le 1er juillet, c’est clap de fin pour les équipes légères du Siège. Pourtant à ce jour, aucun des 7 salariés concernés n’a reçu de proposition concrète. 13 mois après l’annonce de cette fermeture, c’est toujours le flou, la direction évoquant seulement des « vis ma vie ». Concernant les équipes du réseau régional, le projet de pool proposé par la CGT a été dévoyé par la direction, rendant la proposition très insatisfaisante, voire non opérationnelle. Et là aussi la direction persiste à ne pas respecter ses engagements. Sur les 4 équipes complètes actées (12 postes) dans le protocole de sortie de grève de novembre 2022, seulement 8 techniciens seront transférés. On est loin du compte. La CGT a déposé un préavis de grève pour la journée du 25 avril pour faire respecter l’accord de sortie de grève de novembre 2022 ! Respect des règles, encore… La direction s’engage à publier 2 postes d’OPV à Rennes courant 2024, et un poste d’OPS à Marseille en 2025. Comment la croire, alors qu’elle s’assied allègrement sur sa propre signature ? Tout au long de la phase de travail du projet, la direction n’aura pas dévié de son objectif : sortir les équipes légères de la Fabrique, laissant le soin au Réseau régional de réussir là où elle a consciencieusement échoué, et en plus en ne transférant pas tout le budget afférent. Elle chercherait à planter l’activité qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. On fabrique de moins en moins à la Fabrique, y compris à la Post production. La réorganisation de cette direction est un échec cuisant, une casse sociale sans précédent pour de nombreux personnels. L’activité des tournages légers peut parfaitement être maintenue voire développée compte tenu du nombre de documentaires engagés tous les ans par FTV (plus de 700). « Le modèle économique des documentaires a changé », répond la direction. Une rengaine répétée en boucle, mais sans pour autant donner le moindre chiffre et sans que personne ne sache d'où cela vient. La CGT exige que les 7 postes de techniciens du Siège qui vont passer par perte et profit soit verser au projet de pool pour le renforcer. Et que dire des personnels travaillent en support de ces équipes ? Planificateurs d’activité et de ressources, chargés de production, cadres à la production, assistante achats, responsable des productions, coordinateurs techniques, tous sont impactés et aucun d’entre eux ne sait ce que la direction a prévu pour compenser la baisse voire la suppression de leur activité. Dans leur résolution, les élus du CSE Central s’opposent au déploiement du projet en l’état et demandent sa remise à plat globale intégrant des éléments clairs du plan de charge 2025 lorsque l’organisation de l’Audiovisuel Public et son financement pluriannuel seront clarifiés. Lire l’avis ici 📎
Une activité en vidéo fixe soutenue, plusieurs nouvelles émissions internalisées, un dépassement des prévisions en vidéo mobile notamment grâce au Modul’air (régie flight). Maintien de l’activité fiction. Pour la vidéographie le plan de charge prévisionnel a été réalisé. Ça c’est pour les « bonnes nouvelles », si on ne regarde pas la baisse continue sur plusieurs années et si on n’espère pas de croissance de ces activités. On remarque sans surprise une baisse de l’activité pour les équipes légères et la post-production. La direction se veut rassurante, nous n’y croyons pas une seconde.
Le taux d’occupation des plateaux du Siège est très bien optimisé selon la direction. Les plateaux de Vendargues ont augmenté leur activité. Concernant les plateaux du réseau régional, la présentation des éléments n’est pas satisfaisante. Beaucoup d’indicateurs manquants (superficie, capacité d’accueil, taux d’occupation…). Les élus ont demandé au responsable de revoir sa copie.
Après le suicide de 2 collègues Martiniquais, l’ambiance est pesante dans la station. La directrice du Pôle Outre-mer leur a rendu hommage, ainsi qu’à Cédric Wakahugnème, décédé brutalement en Nouvelle-Calédonie - ses camarades CGT saluent son engagement et apportent tout leur soutien à ses proches. Les élus du CSE de Martinique La 1ère et la direction régionale ont décidé de confier à un cabinet externe la réalisation d’une enquête pour RPS.
Ce point est lié au précédent, car une enquête similaire avait été menée à Guyane la 1ère et l’idée était de savoir si les préconisations faites par le Cabinet étaient appliquées, et si elles avaient porté leurs fruits. Les membres de la Commission indiquent que cet état de mal être chez certains salariés se retrouve dans d’autres stations telles que Mayotte par exemple, et invitent la Direction à ne pas attendre que les situations se dégradent pour apporter les bons outils managériaux, et les moyens humains nécessaires à la réalisation de nos missions. Pour qu’il y ait une relation de confiance entre la Direction et les salariés, il est primordial que les engagements pris, soient tenus.
Les projections faites par le Pôle Outre-mer en matière d’encadrement ne sont pas encore abouties, créant des tensions dans la planification des rédacteurs en chef et des responsables d’édition. Les membres de la Commission avaient pourtant alerté dès le départ sur la gestion des effectifs et les difficultés à trouver les bons profils d’encadrants. Par ailleurs, la notion du traitement « chaud-froid » semble ne pas être bien comprise des mêmes encadrants qui ont du mal à s’adapter à cette nouvelle culture média.
Créée en début d’année, elle est dirigée par Emmanuel Tourpe, ancien de la RTBF. Au contraire de la Direction de l’information qui décide de ce que l’on va montrer au public, la Direction des Médias s’occupe, elle, de décider à qui on adresse nos contenus, avec quel format, dans quelle temporalité et avec quelle écriture. L’idée est de rendre plus impactant ce qui est produit, de donner une meilleure visibilité à nos productions tout en étant au service des stations.
Cette année les Jeux Nationaux du Sport d’Entreprise se sont déroulés du 8 au 12 mai 2024 en Martinique. 2.500 salariés-athlètes (80 de FTV), 25 disciplines. L’organisation a été assurée par le CSE de Martinique La 1ère. Une belle opportunité de développer un esprit de cohésion entre collègues de tous horizons.
La direction du Pôle Outre-mer organise ce Festival du 30 mai au 2 juin pour aller à la rencontre du public, pour montrer au monde en quoi les Outremers sont porteurs de valeurs. Ça se passera à La Friche de La Belle de Mai, l’ex-site de tournage de Plus Belle La Vie… Compte rendu complet à lire ici 📎
Juridiquement, l'aspect cyber est un facteur aggravant du harcèlement. Le but du cyberharcèlement du journaliste est de faire taire, il y a donc un enjeu de santé au travail et de liberté de la presse. FTV a mis en œuvre plusieurs moyens de protection et d'actions : algorithmes de modération, groupe de travail, guide pratique en ligne sur Monespace et régulièrement mis à jour (Monespace -> Mon entreprise -> Information -> Déontologie et textes de référence -> Guide FTV cyberharcèlement (maj mars 2024), formation à l’UFTV, procédure du tiers de confiance, process de signalement, accompagnement par l'entreprise du salarié qui porte plainte (comme en cas d’agression sur le terrain). Les élus ont proposé des mesures complémentaires.
Bien que seulement 6% de l’effectif de l’entreprise ait fait appel aux services d’ACCA, ils font figure de « sentinelles » et de « signaux faibles » auxquels la direction doit porter la plus grande attention. La raison 1ère des sollicitations des salariés concerne les relations de travail dégradées (40%), puis les exigences émotionnelles (12%) et les conflits de valeur (10%). ACCA a fait les mêmes remontées que les élus à la direction : les projets Campus, réforme de l’info en Outre-mer, Tempo et OpenMedia sont délétères. Qu’en tire la direction comme enseignements ? Ce sont des projets impactant, il est donc normal qu’il y ait des impacts. Cette position assumée va non seulement à l’encontre du programme de formation imposé aux managers (sensibilisation aux signaux faibles) mais aussi, et c’est encore plus grave, à l’encontre du rôle légal de l’employeur de protection de la santé des salariés. Les élus CGT n’entendent pas en rester là et continueront de se battre pour faire rempart.
Sans étonnement, la nouvelle procédure de la direction, restée sourde aux alertes des élus, tombe dans tous les écueils pointés par les professionnels éclairés du sujet. Il en était de même pour l’ancienne procédure. A croire qu’on ne peut jamais progresser en matière d’accompagnement des situations difficiles. Les élus CGT alertent les victimes de harcèlement. Lorsque vous voulez vous signaler, il existe d’autres moyens légaux que la procédure interne unilatérale de la direction. Les élus peuvent diligenter une enquête conjointe élus-direction ou la victime présumée saisir le/la référent.e harcèlement de son CSE qui après étude du dossier pourra proposer aux élus du CSE de désigner un expert indépendant agréé par le ministère du Travail. Non seulement ces 2 options ont le mérite de traiter les raisons organisationnelles du harcèlement (ce que ne fait pas la procédure de la direction), mais en plus elles sont plus protectrices pour les victimes. Lire le compte rendu complet de la CSSCT-C 📎 Depuis l’adoption du règlement intérieur (RI) de FTV en 2017, des lois imposant des modifications des RI des entreprises ont été adoptées. Une mise à jour est donc nécessaire. Pour ce qui est du règlement intérieur, s’agissant du point Santé Sécurité certains termes jugés obsolètes seront remplacés : « Hygiène » par « Santé » et « Équipement de Sécurité » par « Équipement de protection individuelle ». Le terme « vapotage » a été rajouté pour remplacer « l’interdiction totale de fumer ». Ces modifications ont pour objet de se mettre en conformité avec les dernières évolutions règlementaires issues de la Loi Santé du 2 août 2021 qui prévoit également de détailler les différentes visites médicales offertes aux salariés (de mi-carrière et post-expositions ou post-professionnelles). L’article L.4624-2-2 du code du travail prévoit également le renouvellement des visites de suivi individuel renforcé pour certaines populations. Quant à la loi du 21 mars 2022, elle impose d’intégrer les propos ou comportements à connotation sexiste ainsi que le harcèlement par plusieurs personnes à la définition du harcèlement sexuel. L’article 1.1 de la loi n°2021-1109 du 24 août 2021 impose à la fonction publique un principe de neutralité à intégrer au RI. Cela a occasionné beaucoup de questionnements de la part des élus car nous ne sommes pas un entreprise comme les autres du fait de l’intervention envers les publics. Les différentes interprétations d’un concept aussi large et flou pourraient impacter la liberté d’expression. La partie éthique et conformité sera augmentée de 2 articles pour être en conformité avec la loi mais aussi pour faire le lien avec le code de conduite anti-corruption, le code de conformité aux droits de la concurrence et toutes les procédures internes applicables aux achats. Un article concernera les lanceurs d’alerte. La charte informatique en vigueur date de 2017. Depuis, les usages ont évolué : mobilité, télétravail, outils collaboratifs (OneDrive, Office 365). La cybersécurité aussi a évolué pour répondre à l’utilisation d’appareils personnels en milieu professionnel. D’où ce projet de mise à jour. Prochaine étape : les 13 CSE/CE/CCEOS de France Télévisions seront informés et consultés sur ces propositions de modifications. Puis, le CSE central rendra son avis en octobre pour une entrée en vigueur en suivant. Les élus pourront s’appuyer sur l’analyse juridique qu’ils ont commandé à un cabinet d’avocats indépendants. Paris, le 14 mai 2024
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Déclaration CSA-CGT Accord UCC et conditions d'emploi
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La CSA-CGT tient à dénoncer avec force la non-application de l’accord relatif à la mise en œuvre des unités de compétences complémentaires (UCC). Aujourd’hui, plusieurs salariés — notamment des media managers, des agents de l’habillage, des infographistes et d’autres fonctions — sont planifiés sur des compétences complémentaires sans être rémunérés en conséquence. Pourtant, cet accord prévoit un cadre clair : formation préalable, validation par un jury, puis seulement mise en œuvre opérationnelle. Dans les faits, cet accord est bafoué. Des salariés sont régulièrement positionnés sur ces missions sans formation ni validation. C’est inacceptable. Pire encore, certains agents ne perçoivent pas la rémunération liée aux UCC depuis plus d’un an. Il s’agit d’un non-respect manifeste des engagements pris par la direction. La CSA-CGT le rappelle clairement : un accord signé engage. Il doit être appliqué. Nous exigeons son respect immédiat. Par ailleurs, nous dénonçons également le traitement réservé aux chargés de réalisation en CDD depuis plusieurs mois. Alors qu’il était d’usage de recourir à des contrats relevant du régime des intermittents du spectacle, la direction impose désormais des CDD au régime général et donc ne permettant pas de rentrer dans le cadre des annexes 8 et 10 du régime des intermittents du spectacle. Cette pratique est en contradiction avec les usages du groupe France Télévisions, auquel appartient Martinique La 1ère, où ces métiers relèvent normalement de l’intermittence. Plus grave encore, il apparaît que des contrats d’intermittents sont annoncés oralement, puis disparaissent au moment de la formalisation écrite. Ces méthodes sont inacceptables. La CSA-CGT dénonce des pratiques qui bafouent la parole donnée, remettent en cause l’éthique des relations professionnelles et traduisent une forme de maltraitance sociale.
Fort-de-France, 24 mars 2026
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Compte rendu du CSE Réunion la 1ère du 18 décembre 2025
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Point 1 - Adoption des PV
Le PV du CSE ordinaire du 25 septembre 2025 a été adopté avec 5 voix pour et 3 abstentions. Point 2 – Réclamations Individuelles et Collectives
Voir les réponses écrites de la direction ici 📎
Point 3 – Vie de l’établissement
Un audit est actuellement mené au sein de la station suite à la dégradation des conditions de travail, notamment au sein des rédactions. Un questionnaire a été envoyé à l’ensemble des salariés et des entretiens individuels sont menés jusqu’au 30 décembre 2025 avec la psychologue en charge des entretiens. La confidentialité de ces entretiens est garantie. Il faut que plusieurs personnes partagent un avis sur un problème récurrent pour que celui-ci soit mentionné dans le rapport. CGT : avez-vous assez d’entretiens pour mener à bien votre audit ? En général, il faut entre 15 et 20 entretiens pour obtenir une image globale de la situation. Actuellement, 36 entretiens ont été menés et 12 sont à venir. CGT : quelle est la différence entre le questionnaire et l’entretien ? Le questionnaire est plus quantitatif. Il permet de compiler les données en pourcentage. L’entretien donne plus de profondeur au questionnaire. Madame V. souhaite prolonger les entretiens jusqu’au 16 janvier 2026. Une restitution de l’audit sera présentée au CSE de mars. CGT : est-ce que la commission SSCT sera associée à cet audit ? Direction : cela n’est pas prévu. La présidente de la commission SSCT est invitée au Copil. Elle aura les éléments lors de ces réunions. CGT : ce rapport risque d’amplifier la perte de confiance des salariés. Les problèmes sont déjà identifiés depuis longtemps. Il ne faut pas faire des réunions pour faire des réunions. Direction : On fait cette démarche pour encourager la confiance. Pour dire que la direction ne reste pas sourde aux problèmes. Ce ne sera pas fait à la légère. L’échec n’est pas à l’ordre du jour. Il faut anticiper les urgences. CGT : un autre comité se réunit régulièrement (enquête paritaire) suite au droit d’alerte lancé sur la situation de deux rédactrices en chef. L’un des membres de ce comité va bientôt s’absenter pour un certain laps de temps. Ce membre va-t-il être remplacé ? Direction : l’enquête aura pris fin avant le départ de ce membre. CGT : les deux RC ont-elles été auditionnées ? Direction : ce sont des décisions qui se prennent au sein du comité. Je ne sais pas si les RC ont été auditionnées ou non.
3 sessions de formation seront proposées aux journalistes sur les municipales. Deux sessions de 12 journalistes chacune sur 24h pour comprendre les municipales avec un formateur de l’UFTV et un politologue. Et 1 session avec 6 journalistes sur les duplex. Direction : tous les médias sont concernés par ces formations. Des profils ont déjà été identifiés pour les 3 sessions. On a tenu compte des gens qui ont déjà eu des formations en ce sens. CGT : quid des non-permanents pour ces formations ? Sont-ils positionnés sur les municipales ? Direction : Ils ne sont pas associés à ces formations. Il n’y aura pas de CDD en 2026 sur les municipales. La demande a été faite aux managers de faire appel seulement aux salariés permanents. L’enveloppe 2026 pour l’appel aux CDD est fine. Elle sera donc utilisée au cas par cas. CGT : Qu’en est-il des droits d’auteurs ? Le problème est loin d’être résolu. Direction : la démarche se poursuit. La Réunion n’est pas la seule station d’outre-mer à être concernée. Ce sont des membres du service production qui poursuivent la tâche. Un projet sera présenté au prochain CSE. CGT : il faut mettre les moyens pour résorber ce retard. Des artistes attendent d’être payés. Direction : pour le numérique c’est Paris qui s’en occupe. Il y a 3 ans de retard, on ne peut pas tout rattraper en 4 mois. On recherche du personnel en production pour le faire progressivement. En 2026, il y aura des nouveaux logiciels pour aider (Sherlock). CGT : Quid de la saisine sur les métiers artistiques ? Direction : une date est cherchée en janvier pour une réunion. CGT : pourquoi le TDS est élaboré depuis Mayotte ? Pourquoi ne pas avoir pris en local pour faire le TDS ? La direction souhaite-t-elle mutualiser les moyens de la planification avec Mayotte ? Et que voulait dire le DCI dans le mail envoyé aux journalistes avec le TDS ? Direction : une partie de la réponse est dans les RIC. Il n’y aura pas de mutualisation dans l’océan Indien. Pour ce qui est du courrier, il y a eu des menaces de mise en arrêt maladie car les salariés n’étaient pas d’accord avec l’arbitrage effectué. Certains ont mis ces menaces à exécution. D’autres sont partis en vacances alors que les congés avaient été refusés. Ce n’est pas professionnel. Les salariés jouent et trichent avec le système. On n’hésite pas à épingler la direction quand quelque chose ne va pas, désormais on va mettre les journalistes face à leurs responsabilités. Il y a de la défiance. CGT : une stagiaire s’est retrouvée à faire 6 éléments en une journée. Comment est-ce possible ? Un stagiaire n’est ni un CDD, ni un CDI. Direction : cette stagiaire est dynamique et volontaire. Pour autant, on ne doit pas en abuser. Le rédacteur en chef en charge a été recadré. CGT : l’intérim d’E.A à la direction des antennes se termine le 31 décembre. Va-t-il rempiler l’année prochaine ? EA : non je ne poursuivrais pas ma mission. Je reste délégué au numérique. La direction est actuellement en quête de profils.
Point 4 – Ressources Humaines
A Réunion La 1ère, il y a 113 hommes en 2024 et 67 femmes. Le taux de féminisation chez les cadres augmente et passe de 34.1% en 2023 à 35.1% en 2024. Fin 2024, l’âge moyen était de 54.3 ans pour les hommes et 51.3 pour les femmes. La tranche d’âge la plus représentée est celle des 55/59 ans. L’entreprise ne rajeunit pas. En ce qui concerne l’absentéisme, les femmes sont particulièrement concernées. En 2024, il y a eu un total de 1 231 jours d’arrêts maladie chez les hommes contre 2 768 jours chez les femmes. La commission note un fort taux d’absentéisme chez les femmes journalistes. A âge et ancienneté équivalent, on doit normalement toucher le même salaire. En 2025, la commission constate que l’écart est moins important qu’avant mais il faut que le travail continue. Il existe encore des disparités dans les métiers. Dans le domaine artistique, par exemple, l’écart est de 3.3%. CGT : Est-ce possible d’atteindre 0% ? Direction : il y a eu des mesures pour le groupe 4 par exemple avec un écart à 2.7% en 2023 qui atteint 0.2% en 2024 en faveur des femmes. On continue les mesures. Ça prendra le temps que ça prendra. CGT : pourquoi les métiers artistiques CDI n’ont eu aucune mesure en 2024 ? Direction : les métiers artistiques ont eu une revalorisation en 2022 et en 2023.
Voir le compte-rendu de la Commission Professionnelle Homme / Femme ici 📎 Point 5 – SSCT
Concernant la pose d’une caméra de surveillance dans les locaux de Saint-Pierre pour assurer la sécurité des salariés qui peuvent se retrouver seuls le soir ou les weekends, cette dernière sera installée au cours du 1er trimestre 2026. Le système sera relié, via IP, au poste de gardiennage du site nord. Concernant la caméra de surveillance de la cafétéria, à la suite d’une intrusion, elle a été posée et est effective. Elle donne sur le portail arrière et sur les barrières côté rue. Elle est reliée, via IP, au poste de gardiennage du site nord. Un disjoncteur du plateau JT était surchargé car utilisé pour toutes les lumières. Il a été remplacé par 3 disjoncteurs distincts. Dans le DUERP, il est mentionné que des bouchons d’oreilles (type Quiès) et des réducteurs de bruit sont mis à disposition des salariés ou peuvent être fabriqués par un professionnel (remboursement sur facture). La commission préconise une communication interne pour que les salariés puissent savoir que ces dispositifs sont disponibles. Pour ce qui est de la mise à disposition des EPI aux salariés, la commission préconise une piqûre de rappel alors que la saison cyclonique est lancée. Elle invite les managers à effectuer un recensement des besoins pour que les commandes puissent être passées. La commission se joint à l’APS dans une demande de mise en place d’un exercice « alerte intrusion », à l’image d’une alerte incendie, au sein de l’entreprise. A l’approche des élections municipales, il faut rappeler que ce type de situation s’est déjà présenté à Réunion La 1ère dans le cadre d’un scrutin similaire. La commission préconise également la visite des locaux du Sud, en compagnie d’un des deux APS et du chef de centre suite aux travaux qui vont se dérouler dans les prochaines semaines.
Ce rapport annuel fait état du bilan de la situation générale de la santé, de la sécurité et des conditions de travail dans l’entreprise et des actions menées en 2024. Parmi les faits marquants, on note une diminution des accidents de travail et trajets déclarés. Ils étaient au nombre de 14 en 2023, contre 9 en 2024. Le nombre d’accidents avec arrêts est équivalent : 5 en 2024 (5 en 2023). Concernant les maladies professionnelles, aucunes déclarées en 2024 (idem en 2023). Il n’y a pas eu d’enregistrements de situations de danger grave et imminent au registre. 2024 est marquée par l’entrée en vigueur de la réforme de l’info. Ce qui a modifié l’organisation.
Point 6 : Les antennes
En télé, on enregistre 13.4% de part d’audience contre 16.5 au premier trimestre. Il y a une tendance à la baisse du dernier trimestre constatée sur plusieurs vagues de sondage. Antenne Réunion a 29.9% de part d’audience en décembre. Le combo M6 + TF1 + Canal + engrange un peu plus de 19% de part d’audience. Ces chaines privées constituent une vraie concurrence pour Réunion La 1ère. En ce qui concerne le 12h30 (semaine), Réunion La 1ère atteint 29.5%, tendance à la hausse, et Antenne Réunion 53.5%, tendance à la baisse. Pour le 19h (semaine), Réunion La 1ère est à 23.7%, tendance à la hausse, et Antenne Réunion 45.3%, tendance à la baisse. En ce qui concerne Gran Matin en télé, les deux chaines sont au coude à coude avec 29% environ. Même si on note une progression sur Réunion La 1ère par rapport à la vague de juin. Le weekend en télé connait une forte baisse, notamment sur le journal de 19h qui passe de 33.3% à 20.2%. Pour ce qui est des programmes en weekend, le sport ne marche pas. Il y a une forte chute d’audience lors de la diffusion d’évènements sportifs le dimanche. Les séries américaines ne fonctionnent pas non plus. En semaine, les télé novelas ne fonctionnent pas et Archipels perd des points le mercredi soir. CGT : que faudrait-il faire pour redresser la barre ? Est-ce que les productions locales sont porteuses elles ? Direction : de moins en moins de gens regardent la télé. On peut considérer alors qu’on est stable. Les productions locales sont porteuses en termes d’audience notamment Claudio dans la Kaz.
En radio, Réunion La 1ère fait 10.1% de parts d’audience, derrière ExO FM (11.3%) et Freedom (33.5%). Antenne Réunion Radio est à 5.6%. Une forte progression depuis janvier et le changement de nom entre RTL Radio et Antenne Réunion Radio. Gran Matin radio est devant la matinale d’Antenne Réunion. Les rendez-vous d’information (12h, 12h30, 18h et 19h) progressent.
Sur le numérique, on connait une hausse de 7% sur un an. Les réseaux sociaux bénéficient d’une hausse de 7% sur Facebook, +22% sur Instagram et +15% sur Youtube. CGT : Archipels perd des points, on garde ou pas l’émission ? Direction : on va attendre plusieurs vagues de sondage pour prendre une décision. Archipel va devoir se pencher sur le choix de ses sujets.
Il y aura deux périodes en radio. Du 22 au 04 janvier et du 05 janvier au 18. Les animateurs proposeront des émissions dédiées aux vacances. Des jeux et chroniques en ce sens seront proposés. On note le retour de Jacky Revel sur la grille. Les journaux radio auront une durée de 10 mn de 6h à 18h. CGT : Est-ce qu’il y aura une économie de grille ? Direction : c’est la grille de vacances habituelle qui est proposée avec 3 animateurs en semaine et une programmation musicale le samedi après-midi de 15h à 18h30. Un recours aux animateurs non-permanents sera fait sur le début de l’année. CGT : 10 à 15 ETP non-permanents tout confondu en 2025. Ça n’apparaitra plus dans les coûts de grille ? Direction : non. Il ne s’agit pas de dire qu’on va arrêter les collaborations mais de savoir comment on va les poursuivre.
A la rentrée en radio, parmi les faits notables, il y aura à 8h, à compter du lundi 9 février, un débat de 90 minutes du 1er tour des Municipales. Chaque commune sera concernée. Ces débats seront diffusés ensuite en Cross Média avant le JT de 19h. Les débats du second tour se feront en télé. CGT : quid de l’animateur R. G. et de son émission ? Va-t-il perdre ses cachets ? Direction : il y aura des discussions avec lui. CGT : à la rentrée il y aura-t-il des émissions supprimées ? Direction : Il n’y aura pas de suppressions mais des discussions en cours. Au prochain CSE de janvier, nous donnerons plus de précisions sur le cout de grille de la rentrée 2026.
Point 7 : Le Plan de continuité
Un process est proposé dans le cadre du plan de continuité. D’abord une insertion locale gérée par le service Outre-mer, puis on passe par la radio filmée pour la continuité. Ensuite on charge le diffuseur de secours et on lance les programmes sélectionnés au préalable. Cela peut prendre 15mn ou 2h. Pour le moment, Réunion La 1ère dispose d’une profondeur de 24h. CGT : ce n’est pas un plan de continuité. On n’en a pas à Réunion La 1ère. C’est un PRA, c’est du comblement. On ne peut pas diffuser les écrans publicitaires dans cette configuration. Ce n’est pas un plan de continuité qui veut que les spectateurs aient un programme miroir de ce qu’ils voient d’habitude, pas des rediffusions. Direction : on doit mettre en place un PCA effectif. C’est en cours de discussion au niveau central CGT : ce sujet sera discuté en commission Outre-mer et au CSEC.
Saint Denis, le 30 décembre 2025
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Compte rendu du CSE Mayotte la 1ère du 27 novembre 2025
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1.Forfait mobilité durable et prise en charge des transports
Les élus ont interrogé la direction sur le cumul barge + vélo : la direction remonte ce point pour clarification nationale
2.Accompagnement QVCT – Bilan 2024
La direction a présenté aux élus le bilan Qualité de Vie et des Conditions de Travail depuis la mise en œuvre de la feuille de route 2024-2026. 2.1 Accompagnements réalisés
2.2 Psychologue du travail
2.3 Assistante sociale
2.4 Formations managers Plusieurs formations réalisées :
Tous les managers ont désormais été formés.
2.5 Outils et process
2.6 Points soulevés par les élus
La direction prévoit des projets d’ateliers de cohésion (à définir selon disponibilité des services).
3. Diagnostic égalité femmes-hommes 2024
La direction rappelle que l’objectif national fixé était 30 % de féminisation.
On constate qu’il y a rarement des femmes qui postulent dans les postes techniques localement. Il y a donc une nécessité de sensibiliser davantage de jeunes filles aux métiers audiovisuels notamment lors des stages d’observation.
4.Recrutements & Entretiens
Une question RIC du SNJ a été transmise au CSE au sujet du respect de l’article 6 de la Convention Collective des Journalistes
5. Carte de presse – Situation des journalistes
Rappel de la règle : Au bout de 3 mois, la carte de presse doit être obtenue ou demandée. Sans demande de carte, les contrats ne peuvent plus être générés (blocage fiche financière). La direction indique qu’une communication sera faite et un recensement sera fait auprès des journalistes.
6. Vie d’entreprise
6.1 Animateurs radio
Le CSE s’interroge si le manque de vivier n’est pas aussi lié à l’ambiance du territoire causé par l’insécurité. Il y a surtout des difficultés à avoir des remplaçants pour les tranches de 4h00 et de 20h00. La direction réfléchie sur des solutions possibles en accord avec les textes.
6.2 Projet de scène au patio Un dossier de financement européen va être déposé pour installer une scène au patio de la station. L’objectif est de disposer d’un espace professionnel pour productions internes et évènements publics. Mamoudzou, le 12 décembre 2025
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Compte rendu du CSE Mayotte la 1ère du 6 novembre 2025
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Règlement intérieur du CSE – report
À la demande de la direction l’approbation du règlement intérieur du CSE est reporté à la prochaine séance.
Cellule d’organisation d’activités
Rappel du projet : une cellule dédiée à l’organisation d’activités de la station rattachée directement au Directeur Régional (actuellement au Chef de Centre).
Les élus pointent un sous-dimensionnement (deux personnes prévues) et risque de surcharge ; comparaison faite avec d’autres stations plus dotées. Un avis défavorable en l’état est émis avec une demande de moyens humains supplémentaires. La direction compte quand même mettre le projet en place comme prévu mais s’engage à faire un bilan à 3 mois après mise en œuvre.
Titre-restaurant / carte déjeuner
Le dossier n’a toujours pas avancée. La direction justifie cela par les divers changements d’intérim de DRH à Paris et prévoit au retour du DRH titulaire (début 2026) pour relancer le dossier. Le CSE compte se mettre en contact avec les autres stations d’Outre-Mer pour connaître leurs situations et les solutions utilisées.
Parc matériel de tournage / rédaction & support
Le Chef de Centre nous a donné un historique des dotations et renouvellements depuis 2019 (caméras, LiveU, kits UTS iPhone, micros, batteries, casques, cartes, etc.). Constats : traçabilité partielle, pertes/usure non consolidées.Décisions/axes :
Plan de Continuité et de Reprise d’Activité (PCA / PRA) – Saison cyclonique
La direction est revenue sur le cyclone Chido de décembre 2024, qui a mis en évidence plusieurs faiblesses (coupures, inondations, communication difficile). Un nouveau plan PCA/PRA a donc été présenté afin d’assurer la continuité d’antenne et la sécurité du personnel lors des prochaines alertes. Principes retenus :
Un travail est aussi en reflexion pour créer un espace cuisine fonctionnel et envisager une solution de restauration interne. Les élus ont mis un point d’honneur sur le volontariat des salariés et suggèrent qu’ils devraient être encouragés par des primes.Le CSE s’inquiète par rapport à la sécurisation du site qui se retrouve encore avec des fuites d’eau lors des récentes pluies qui ont endommagé une partie de la nouvelle console radio.La direction se veut rassurante par rapport aux travaux en cours.
Bilan social 2024
Les échanges ont principalement porté sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes au sein de la station.
Absentéisme
Les taux élevés d’absentéisme remarqués sont surtout dû aux long arrêts maladie (> 30 jours jusqu’à 136 jours) qui impacte fortement la station au regard de son effectif. Les 55–64 ans concentrent davantage d’absences longues. Des échanges sur l’accompagnement vers la retraite et sur la nécessité d’adapter certaines situations de travail ont été abordés.
Vie d’entreprise
Externalisation des productions
L’inquiétude de l’externalisation de certaines productions a été évoqué, en particulier les “Radio Village” qui ont pour habitude d’être tourné par nos équipes techniques.
La direction s’est expliquée selon ces différents points :
Motifs économiques : Il n’y a pas assez d’ETP et de cash production pour chaque sortie. Des opérations seront toujours faites par des boîtes de prod ; d’autres par la station, selon les moyens mais notre priorité reste les JTs. Les grilles annuelles sont bâties avec un plan de charge qui distingue ce qui est fait en interne ( 6 « sorties car » par an) et ce qui est externalisé. Ce n’est pas figé : des arbitrages sont possibles à l’année selon les opportunités et contraintes. Principe d’arbitrage : internaliser au maximum les opérations jugées les plus « prestigieuses » (ex :14 Juillet, finales de coupe de France) ; et confier à l’externe les autres productions. Cela répond aussi au cahier des charges du service public : soutenir l’écosystème des boîtes locales. Le Radio Village récent n’était pas prévu au plan de charge : demande tardive (≈ 2 semaines avant) par la commune de Koungou. Les ressources internes étaient déjà fléchées sur d’autres opérations ; l’externalisation a aussi évité de multiplier les week-ends pour les équipes.
Formation – Console radio
Besoin réaffirmé de formation/remise à niveau sur la console radio pour les personnels concernés. La direction s’engage à programmer la formation pour 2026 mais aucune date précise n’a été communiqué.
Mamoudzou, le 24 novembre 2025
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Déclaration du Comité Social et Économique de Mayotte la 1ère
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Objet : Réaction au rapport de la Cour des comptes sur France Télévisions
Le Comité Social et Économique de Mayotte La 1ère, réuni en séance ordinaire le 25 septembre 2025, tient à réagir au rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025, relatif à la situation financière et organisationnelle de France Télévisions. Si ce rapport établit un certain nombre de constats sur la trajectoire du groupe au niveau national, il passe totalement sous silence les réalités locales et ultramarines, en particulier la situation de Mayotte La 1ère, premier média public de proximité du territoire, qui exerce ses missions dans des conditions uniques en France. Nous déplorons que ce rapport applique à l'ensemble du réseau France Télévisions des critiques généralisées, sans tenir compte:
Par ailleurs, nous alertons sur des conditions de travail de plus en plus dégradées :
Le CSE de Mayotte La 1ère formule les demandes suivantes:
Le CSE de Mayotte La 1ère rejette toute approche purement comptable de la question du service public audiovisuel dans les outre-mer, et notamment à Mayotte. Nous appelons à un dialogue responsable, fondé sur la réalité des territoires, la dignité des personnels et la valeur essentielle de l'information de proximité, dans une République qui se veut une et indivisible.
Fait aux Hauts Valons, le 25 septembre 2025
Pour le CSE de Mayotte La 1ère
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Levée du préavis de grève sur les conditions de travail des salariés contribuant aux éditions ICI
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Quand la direction perd toute crédibilité Le 10 mars 2026, la CGT a déposé un préavis de grève relatif aux conditions de travail des salariés contribuant aux éditons ICI. La forte mobilisation unitaire du service des TEVA, fortement impacté négativement par une évolution de l’organisation de ses activités liées aux éditions ICI depuis 2024 a permis de remettre sur la table une attente légitime pour de nombreux personnels, non prise en compte à ce jour. Malgré une argumentation sans faille de la part de la CGT pour démontrer la faisabilité d’un passage d’une organisation de travail à 35h sur 4 jour, sans conséquences financières pour l’entreprise, la direction régionale est restée sourde à notre demande. Les conséquences regrettables qui ont pu se manifester sur l’antenne d’Alsace durant cette grève sont uniquement dû à l’attitude déloyale allant jusqu’au chantage de la direction régionale. Cet épisode va laisser beaucoup de frustration et de colère pour les personnels concernés qui ne comprennent toujours pas pourquoi cette dernière les entraine vers des conditions de travail dégradées qui pourraient se transformer à court ou moyen terme en Risques Psychosociaux. La CGT tient encore à remercier tous les salariés, et ils sont nombreux, qui ont apporté leur soutien à cette action et les assure de sa présence inconditionnelle à leurs côtés pour les prochains combats à mener. Nicolas Libes DS CGT Antenne Alsace
Strasbourg, le 27 mars 2026
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Audit Qualité de vie au Travail à Réunion. 1 - Le chantier est immense !
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Lors de la réunion du CSE du 26 mars, la psychologue du travail du cabinet ACCA, a fait la restitution de l’audit sur la démarche d’amélioration de la Santé et la Qualité de Vie au Travail.
Ce qu’il faut retenir : CONSTAT Le collectif à Réunion.1 tient dans un climat de pression durable. Les fragilités se concentrent davantage sur le cadre organisationnel que sur le sens au travail : il y a des pressions mais on est dans la sur-adaptation permanente. La régulation tend à devenir individuelle plutôt que collective. Le système produit et s’adapte mais avec une mobilisation constante des ressources individuelles. Face à ce climat de pression, l’engagement professionnel des salariés reste un facteur de protection majeur : on compense pour ne pas craquer. Ça tient mais jusqu’à quand ? La motivation compense partiellement la pression.
LES 3 MÉCANISMES QUI ENTRETIENNENT LES TENSIONS Selon l’audit, il y a des mécanismes qui entretiennent la tension : la production est assurée, les pics sont absorbés, l’image est préservée à l’extérieur, mais à l’inverse, la fatigue s’installe, la vigilance est permanente et l’usure silencieuse.
LES 4 PLANS D’ACTIONS PROPOSÉS
CONCLUSION L’audit conclut en soulignant que le collectif à Réunion.1 reste fortement attaché à son métier, à la qualité et au sens du travail mais que les ressources organisationnelles ne sont pas stables (prévision, équité, soutien, régulation). Pour la CGT, le chantier est immense. Le calendrier de restitution des plans d’actions nous semble ambitieux. Le CSSCT devra également disposer de moyens pour travailler. La CGT demande que chaque décision du COPIL soit examinée par le CSSCT avant toute mise en application. Les élus du CSE et les Organisations Syndicales devront également être informés de l’avancée des travaux. Saint-Denis, 30 mars 2026
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L'humiliation en place publique : La méthode du nouveau rédacteur en chef de Nantes
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Ce jeudi soir-là, les salariés de France 3 Pays de la Loire avaient pris sur leur temps de repos pour assister à la première réunion du nouveau rédacteur en chef par intérim, le quatrième en un an. Ce qu'ils retiendront de ce premier rendez-vous, ce n'est pas le dispositif pour les municipales, ni les grands axes sur lesquels il souhaite que la rédaction travaille, mais l'humiliation publique subie par un collègue journaliste. Alors que les échanges se concentraient sur les micros-trottoirs pour les élections municipales, le rédacteur en chef interpelle un journaliste qui essaye de quitter discrètement la salle (il est déjà 21h40). Il lui demande d'attendre, il a un « truc » à lui donner. Interloqué, le journaliste reste et tombe des nues quelques minutes plus tard. Le rédacteur en chef se lève et lui tend une chemise blanche en lui disant : « Je voulais solennellement t'offrir cette chemise blanche ». « Je n'aime pas ton pull vert ». Il fait référence à une chronique JT en studio diffusée deux jours plus tôt où le journaliste arborait un pull vert fin sous sa veste. La scène a fait rire la directrice régionale, et une personne de l'encadrement de renchérir, « tu peux la colorer en vert si c'est du coton ». Ces propos sont loin de faire rire la personne visée qui quitte alors les lieux en abandonnant le cadeau de son supérieur. Ses collègues présents dans la salle et à distance, sont tous choqués par cette humiliation publique. Non, ce n'est pas drôle et ce geste est totalement inapproprié. Si un rédacteur en chef a le droit de vouloir discuter tenue vestimentaire avec un salarié, cela doit se faire en tête à tête et aucunement devant l'ensemble de la rédaction. Les salariés, journalistes comme techniciens, attendent depuis des mois un capitaine pour donner le cap. Ils ont été bien déçus. D'autant que d'autres gestes et propos inadaptés avaient déjà été relevés sur deux salariées depuis le début de sa mission en novembre. Aujourd'hui, plus personne ne peut se cacher derrière un humour douteux datant d'un autre temps. Nous syndicats SNJ, CGT, FO et SUD manifestons notre réprobation face à cette attitude et relayons le malaise des salariés, qui se sont retrouvés pris en otage de cette humiliation publique. Nous renouvelons notre soutien au collègue injustement pris à partie. Quelques jours plus tard, le rédacteur en chef par intérim s’est justifié maladroitement en conférence de rédaction. Il aurait été incompris, c'était une allusion à « mouiller la chemise ». Des explications qui ont peu convaincu. Aujourd'hui, c'est un sentiment de défiance qui traverse la rédaction, toujours en émoi. Nous attendons de la direction régionale qu’elle prenne toutes les dispositions pour que ces comportements inacceptables cessent. Il n'est pas question de minimiser ces problèmes, comme on met la poussière sous le tapis. La directrice pourrait également présenter ses excuses pour avoir ri du journaliste humilié. Les élus et délégués syndicaux accompagneront le salarié concerné dans toutes les démarches qu'il souhaiterait entreprendre. Au vu de la teneur des faits, de leurs conséquences pour nos collègues et de leur répétition, à trois reprises, en seulement deux mois et demi, les élus et délégués syndicaux émettent une grande réserve quant à l’éventuelle prolongation de la mission du rédacteur en chef par intérim. En cas de faute ou de dérapage, les salariés, eux, n'ont souvent pas de deuxième chance. Nantes, le 2 février 2026
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Communiqué SNJ CGT et SNRT CGT - Pour un audiovisuel public fort
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Pour un audiovisuel public fort,financé et protégé |
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Les sénateurs examinent ce 23 octobre une proposition de loi LR portant sur le financement de l'audiovisuel public, après son adoption par la commission des finances et avant sa transmission à l'Assemblée nationale. Le texte vise à prolonger le mécanisme actuel de financement par une fraction de la TVA, provisoirement mis en place lorsqu'a été votée, en 2022, la disparition de la contribution à l'audiovisuel public (ex-redevance). La fin de ce système étant, à l'origine, prévue pour le 31 décembre 2024, il y a donc urgence pour l'audiovisuel public. Dans ces conditions, le SNJ-CGT et le SNRT-CGT Audiovisuel peuvent admettre son prolongement, mais uniquement de façon provisoire. La CGT n’oublie pas que la TVA est l’impôt le plus injuste et porte plus lourdement sur les populations les plus fragiles socialement. Elle demande la mise en place d’un autre système, plus protecteur et plus juste socialement. La budgétisation de l'audiovisuel public ne saurait, non plus, être la solution, à cause du manque de stabilité et de visibilité qu'elle entraînerait, ainsi que le risque accru d'ingérence de l'exécutif dans les programmes et les contenus d'information, ce qui altérerait la confiance du public. Pour le long terme, le SNJ-CGT et le SNRT-CGT Audiovisuel revendiquent, dans un argumentaire transmis aux parlementaires, la création d'un « fonds de garantie de l'information indépendante, du savoir et de la création ». Ce dernier serait alimenté par une contribution universelle, affectée au financement des médias publics, dont le montant serait progressif en fonction des revenus de chacun, afin de garantir aux citoyens l'accès à la création et à une information fiable à la télévision, à la radio, sur les plateformes et les réseaux sociaux. La sénatrice Sylvie Robert a déposé une proposition de loi prévoyant un système de financement similaire à notre revendication. Le SNJ-CGT et le SNRT-CGT Audiovisuel insistent sur le rôle fondamental de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, France Média Monde, Arte et l'INA) et sur la nécessité d'un financement – pérenne, indexé sur l'inflation – et de moyens à la hauteur de ses missions. Ainsi, il se doit de remplir des fonctions essentielles d'éducation et d'information indépendante et fiable, face, notamment, aux défis de la désinformation et de la concentration des médias. C’est tout l'écosystème de la production audiovisuelle et du cinéma qui dépend du bon financement de l’audiovisuel public. Pour les mêmes raisons d'indépendance et de pluralisme de l'information dans les différentes composantes de l'audiovisuel public, nous rejetons toute velléité de ressortir des cartons la loi de fusion-holding, dont l'examen a été mis entre parenthèses par la dissolution de l'Assemblée nationale. Le SNJ-CGT et le SNRT-CGT Audiovisuel demandent également que l'audiovisuel public soit protégé par la Constitution. Une garantie d'autant plus nécessaire à l'heure où l'extrême droite souhaite sa privatisation, c'est-à-dire sa disparition. Nous ne voulons plus entendre parler, non plus, des plans d'économies et autres « synergies » qui sévissent depuis plus de dix ans et ont fortement abîmé l'audiovisuel public : suppressions massives de postes, disparition des éditions nationales sur France 3, conditions de travail indignes pour les correspondants à l'étranger, recours massif à la sous-traitance, multidiffusions au détriment des créations originales… C’est bien d’un audiovisuel public, fort, financé et protégé dont ont besoin les citoyens et que le SNJ-CGT et le SNRT-CGT Audiovisuel défendront sans relâche.
Paris, le 23 octobre 2024
SNJ-CGT 263, Rue de Paris – Case 570 – 93514 MONTREUIL CEDEX Tél. : 01.55.82.87.41– www.snjcgt.fr – c ontact@ s njcgt.fr
SNRT-CGT Audiovisuel France Télévisions – Pièce V2839 – 7 esplanade Henri de France 75907 PARIS Cedex 15 Tél. 01.56.22.87.41 / 06.80.13.40.82 – w ww.snrt-cgt-audiovisuel.org
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Rachida Dati - Démissions !
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Rachida Dati défraie la chronique pour ses propos provocants, ses agressions verbales ou les affaires qui éclatent au tribunal ou dans la presse. Elle est partout sauf à l’endroit où nous attendons une ministre de la Culture. Mise en examen depuis 2021 pour "corruption" et "trafic d’influence", accusée d’avoir fait du lobbying au Parlement européen pour Renault-Nissan contre 900 000 € d’honoraires. Accusée par le quotidien Libération d'avoir réalisé une déclaration de patrimoine erronée à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique en omettant 420 000 € de bijoux. Accusée également de corruption par l’émission d'investigation Complément d’enquête, pour des faits de même nature que l’affaire Renault-Nissan à hauteur de 299 000 € de 2010 à 2011 pour GDF Suez (devenu Engie) sans les déclarer au Parlement Européen. Menaçante à l’égard de Patrick Cohen dans l’émission "C à vous" lorsque ce journaliste professionnel évoque ces nouvelles accusations de corruption. Méprisante à l’égard des artistes qui ont pris la parole aux Molières pour dénoncer les coupes budgétaires dont sont coupables le gouvernement avec le soutien de Madame Dati et qui asphyxient le service public du spectacle vivant. Multipliant les mensonges pour justifier la réforme de l’audiovisuel public et nier l’existence des coupes budgétaires dans tout le secteur culturel, que l’ensemble de nos organisations syndicales dénoncent depuis des mois. Depuis des mois, nous interpellons la ministre sur les effets catastrophiques des coupes budgétaires pour nos professions du spectacle. Nulle autre action de sa part qu'un déni méprisant. Rachida Dati n'apporte aucune réponse contre l'assèchement des collectivités locales et les coupes budgétaires qui massacrent le secteur culturel. Elle n'a pas plus de réponse pour préserver le budget de son ministère qui fond à vue d'œil. Depuis des mois, nous dénonçons les effets délétères de sa réforme de holding qui va fragiliser l’audiovisuel public alors même que l’extrême droite poursuit son ascension avec le soutien de milliardaires tels que Bolloré et Stérin. Dati n’en a que faire. Elle veut une réforme qui porte son nom coûte que coûte même si c’est avec les voix du Rassemblement National. Seul son intérêt personnel et le soutien au secteur privé comptent. Elle s'est encore illustrée récemment en faisant le choix d'exclure les organisations syndicales représentatives des artistes d'une concertation laissant le champ libre aux représentants de la Tech. Les conditions de cette concertation n'ont pour but que de brader nos droits. C'est inacceptable ! La crise est là dans nos secteurs et résulte très largement des choix politiques de ce gouvernement, et de sa volonté de casser les services publics et de favoriser une partie du secteur privé. Elle touche l’intégralité de nos professions, le spectacle vivant, l’audiovisuel public, mais aussi, la production audiovisuelle, cinématographique, le film d’animation, les arts visuels et l'enseignement artistique. Nos professions sont en attente de réponses urgentes. Le gouvernement et le Président de la République, ne peuvent ignorer plus longtemps le comportement de Madame Dati ni les lourds griefs susceptibles de qualification pénale qui pèsent sur sa personne. La fonction de ministre de la Culture est entachée. Nous voulons un⸱e ministre au rendez-vous des enjeux qui traversent nos professions. Nous voulons un⸱e ministre respectueuse. Nous voulons un·e ministre au-dessus de tout soupçon de collusion avec le secteur privé.
Rachida Dati doit partir.
Paris, le 24 juin 2025
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COMPTE RENDU CGT CSE CENTRAL Des 10-11 février 2026
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Un nouveau DRH en observation
1er CSE Central pour le tout nouveau DRH de France Télévisions, Olivier Guigner, qui a même été amené à présider l’instance dès le 1er jour en l’absence de Delphine Ernotte. Il s’est dit « honoré d’intégrer France Télévisions, un groupe singulier », affirmant : « Je crois aux valeurs du service public ». Olivier Guigner se présente comme « quelqu’un qui a des valeurs », pour qui « l’honnêteté intellectuelle est quelque chose d’important », tout comme « le débat, l’écoute, les idées » : « je crois à l’intelligence collective pour avancer ». Nous jugerons. Il a retracé brièvement son parcours, « construit sur des sujets de conduite de changement ». Il a répété à plusieurs reprises qu’un de ses « marqueurs » était de « travailler sur l’expérience collaborateur », sur la « performance de la fonction RH, facilitatrice, au service des collaborateurs ». Vaste sujet. Il a auparavant travaillé sur des accords de gestion de l’emploi « offensifs » ou « défensifs », affirmant la nécessité de préserver « l’employabilité de nos collaborateurs ; qu’ils puissent avoir un emploi sur un marché qui se tend ». De son côté, la CGT lui a souhaité la bienvenue à sa manière : voir le liminaire. Olivier Guigner a répondu en confiant qu’il avait eu un parcours de sportif de haut-niveau : « je sais maintenir le cap, même en zone de turbulences. Si je suis venu ici, c’est que j’avais bien compris l’enjeu et le défi ».
Revue de personnel à la filière RH : retour d’expérience
La direction des ressources humaines souhaite déployer des revues de personnel dans les différents secteurs de l’entreprise. Elle a commencé par tenter l’expérience au sein de la filière RH. Selon la direction, la revue de personnel est un outil utilisé dans d’autres entreprises pour faire un état des lieux des compétences ou des difficultés au sein des collectifs. Cela sert, nous dit-on, à « enrichir les parcours professionnels » et à « sécuriser les organisations ». Cette revue est censée identifier les postes à compétences critiques (celles dont on ne peut se passer), les personnes à potentiel d’évolution (débutants ou confirmés) et les personnes en difficulté. Dans son retour d’expérience, la DRH se borne à dire que l’expérience a été très enrichissante, s’est faite dans la bienveillance, dans l’écoute et dans la collégialité. En revanche, aucun chiffre, aucune statistique permettant de dresser une forme de cartographie de filière, et ce, malgré les engagements pris au printemps dernier. A l’oral, pressée par les élus, Béatrice Le Fouest, la directrice des parcours professionnels, évoque environ 10 personnes à compétences critiques sur une filière RH de 300 salariés. Et « 5-6 personnes en difficulté ». À France Télévisions, le nom même de la revue de personnel est entaché du souvenir de la fameuse affaire du fichage de 2014-2015, de triste mémoire, qui a valu à France Télévisions d’être condamnée à de multiples reprises, jusqu’en Cassation. Les élus CGT ont rappelé que vu la situation de notre entreprise, un tel exercice était une source d’inquiétude énorme pour les salariés, qui redoutent que ce soit un outil de mise au ban et de licenciement de ceux qui ne seraient pas jugés assez productifs.
Formation professionnelle
Le plan de formation prévoit un budget de 6,7 M€, en baisse de 600 000 euros par rapport à 2025. Dans le plan, la moitié du budget est consacrée à l’adaptation aux outils. La direction de l’UFTV déplore qu’il soit plus compliqué de mobiliser les managers et les salariés sur des formations plus cœur de métier, qui sont moins considérées dans l’urgence du quotidien. La direction dit travailler sur l’amélioration des retours faits aux salariés sur leurs demandes de formation. D’après le directeur de l’Université France Télévisions, des retours sont déjà faits aux managers par le service formation, mais apparemment, derrière, ça ne suit pas. Un nouvel outil de gestion de la formation est en cours de déploiement sur MonKiosque, il permettra d’envoyer aux salariés des retours systématiques et argumentés sur les refus ou acceptations de formations. Le nouvel outil permet déjà d’accéder au catalogue ou à son historique de formation. Dans une entreprise en constante transformation comme la nôtre, on ne compte qu’une vingtaine de reconversions par an. La direction l’explique par le fait que cela nécessite un accompagnement « ultra-individuel ». En faire plus nécessiterait d’avoir plus de prospective ; on sait que ce n’est pas le fort de France Télévisions… Selon la direction de l’UFTV, il y a un fort taux de réussite sur les reconversions mais le principal frein est la non-mobilité géographique. Les orientations et le plan prévisionnel de développement des compétences, sont les 1ères étapes de la politique sociale de l’entreprise. Les élus ont confié à leur expert le soin d’analyser ce plan et de les éclairer. Voir le compte-rendu de la commission emploi-formation.
Bilan social
En ce début d’année 2026, les élus étaient consultés sur le bilan social… 2024. On est totalement hors des clous, puisque les élus auraient dû être consultés au plus tard au mois de mai 2025. Dans leur avis argumenté, les élus du CSEC ont principalement insisté sur la nécessité de revenir au calendrier légal, afin que les préconisations des élus soient au plus près de la réalité de l’entreprise. Voir l’avis des élus sur le bilan social.
Bilan logement
Aujourd’hui, la politique du 1% logement est défavorable aux grandes entreprises comme la nôtre. Toutes les entreprises doivent cotiser à un seul et unique organisme : Action Logement, dans une logique de solidarité nationale. Malheureusement, derrière, les salariés de France Télévisions ne sont que rarement considérés comme prioritaires, face à des salariés aux revenus inférieurs. Il y a eu 25 attributions de logements en 2024. Partant de ce principe, les salariés de France Télévisions s’auto-censurent et le service logement interne reçoit peu de demandes. Il y en a actuellement 190, mais toutes ne sont pas actives. Certaines servent juste à se mettre dans la file d’attente pour faire grimper ses points priorité. Karine Poulard qui en a la responsabilité incite au contraire à déposer des dossiers, sinon c’est contre-productif. Des actions de communication ont commencé à se mettre en place au Siège ou dans les réseaux. Les élus du CSEC ont pris acte de cette politique.
Politique de prévention des risques professionnels
Même si les choses ont progressé (on partait de tellement loin), la politique de prévention des risques professionnels de France Télévisions reste largement inefficace et l’entreprise fait mine de répondre à ses obligations légales sans logique et sans cohérence. Dans leur avis, les élus ont fait un grand nombre de propositions, notamment pour revoir largement l’articulation entre les documents de la prévention, afin d’asseoir un politique efficace, en mesure de porter ses fruits. Voir l’avis du CSEC sur les Papripact et les rapports annuels santé, sécurité et conditions de travail (SSCT).
Avis global des élus sur la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi
Voir l’avis global des élus sur la politique sociale de France Télévisions pour l’année 2025.
Genesys : une révolution au sein des régies du Siège
La direction a lancé l’information/consultation du CSEC sur le projet Genesys qui vise à transformer les conditions de production et de fabrication dans les régies du Siège de France Télévisions. Il s’agit avant tout d’un projet de productivité et d’économies. Il vise à supprimer 36,5 ETP de techniciens d’ici à 2030, en faisant passer le nombre de salariés en régie de 19 à seulement 8. Pour ce faire, il table sur le non-remplacement des départs en retraite dans différents métiers, et cela dès cette année. Cette évolution s’accompagnera d’une transformation des métiers. Deuxième intention du projet : disposer d’outils techniques plus flexibles. Actuellement chaque régie est liée à un plateau. L’idée à terme est de disposer d’un hub technique permettant de relier des « salles d’exploitation » (on ne dit plus régie dans le nouveau monde) à n’importe quel plateau, grâce notamment à la technologie IP 2110 et les serveurs dans le cloud. Cette technologie généralise la remote prod (ou prod télécommandée). Il y aurait 3 salles d’exploitation, chacune avec sa spécialité : une salle JT info / magazines d’info, une salle chaine d’info en continu (Franceinfo) et une salle d’exploitation modulable pour les habillages d’antenne et autre. Entre ces salles, un certain nombre d’équipements et de fonctionnalités seront mutualisés (cockpit vision/prise de vue, cockpit lumière, cockpit supervision…). Le projet doit s’accompagner d’une restructuration immobilière du niveau zéro, afin de regrouper les loges des invités et de maquillage. Plus de 300 salariés sont concernés par ce projet : 209 CDI et une centaine d’intermittents (117 ont travaillé dans les régies en 2025). A ce stade, le projet ne détaille aucune étude d’impact et le plan d’accompagnement des salariés impactés est inexistant. En outre, le projet prévoit de transférer au sein des moyens du Siège de la Fabrique, les 19 salariés du studio virtuel du Pôle Outre-mer. Soi-disant, le collectif de techniciens sera préservé, il sera planifié prioritairement sur les programmes ultramarins et gnagnagna. De belles promesses, qui ont été faites en son temps aux techniciens de France 3 Paris Ile de France au moment du transfert de Vanves au Siège. On a vu le résultat… Les élus du CSEC ont désigné le cabinet Syndex pour expertiser ce projet et analyser notamment ses impacts sur l’emploi et les conditions de travail. Voir la désignation d’expert.
Paris, le 16 février 2026
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Une fois de plus, un gouvernement qui, plutôt que de s’occuper du dérèglement climatique, des 9 millions de français sous le seuil de pauvreté, de l’évasionfiscale ou des néo nazis qui défilent dans les rues de la capitale, ne trouve pas d’autre urgence que de s’attaquer à reformer une énième fois l’audiovisuel public. Comme si c’était la priorité des priorités, la préoccupation principale des Français.












































































