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Imaginez. Vous ouvrez votre boîte aux lettres. Un courrier en recommandé avec accusé de réception. Vous l’ouvrez. Ça vient de France télévisions, votre employeur. Vous êtes convoqué pour un entretien préalable à un éventuel licenciement. Dans une semaine. Imaginez ce qui va se passer dans cette tête. « Qu’est-ce que j’ai fait » ? Rien de précisé dans la lettre. Vous avez bien une petite idée, mais tout reste flou. Les dernières semaines au bureau. C’est arrivé si vite. Une période de tension extrême. Des échanges aigres doux avec votre chef. Des gestes brusques. Des messages envoyés qui n’auraient pas dû sortir de votre téléphone. Ce besoin de sortir, brusquement, pour prendre l’air, pour ne pas étouffer, malgré le JT qui approche. Malgré le sous-effectif et la surcharge de travail qui retombe sur les autres. Tout cela tourne en boucle dans votre tête mais vous ne savez pas ce que l’on vous reproche exactement. Votre conjoint est lui aussi dans un état de sidération. Il vous demande : « Mais comment est-ce possible de convoquer quelqu’un pour le virer sans lui donner le motif » ? Vous ne savez quoi répondre. La première nuit est un cauchemar. La deuxième, la troisième aussi, et ainsi de suite. Impossible de fermer l’œil. Le chômage à plus de cinquante-cinq ans, c’est 75 % de risques de ne pas retrouver un emploi, disent les statistiques. Il va falloir continuer à rembourser l’emprunt immobilier, payer les études des enfants, essayer de tenir jusqu’à la retraite pour ne pas finir dans la misère. Votre médecin vous a arrêté car vous êtes incapable de remettre les pieds au travail. Comment pourriez-vous croiser le regard de cette N+1 qui est certainement derrière cette convocation ? Les jours se traînent avec l’aide de tranquillisants jusqu’à la date du rendez-vous. Vous arrivez dans un état second dans la pièce où se trouvent déjà vos accusateurs. On vous lit le motif de l’entretien. Vous essayez de vous défendre. Mais vous n’avez pas pu vous préparer ou accumuler des preuves en votre faveur puisque vous ne saviez pas de quoi on vous accuse. L’asymétrie d’information. Le savoir, c’est le pouvoir, vous vous dites en vous mordant les lèvres. « Ce n’est pas normal » ! lancez-vous à ce DRH qui égrène, le visage impassible, les griefs qui vous sont reprochés. « Oui, mais c’est la loi », rétorque-t-il d’une voix égale. Oui, mais la loi est mal faite, encore une fois en faveur des patrons. C’est ce que vous pensez pendant que le délégué du personnel, à côté de vous, essaie de prendre votre défense. Alors que vous le laissez parler, vous passez en revue toute votre carrière. La fermeture de votre service et son transfert vers une filiale. Votre attachement à votre entreprise, et surtout à votre contrat de travail. Votre reclassement dans un emploi équivalent en termes de qualification mais incomparablement moins riche que le métier que vous avez connu auparavant. On a bien tenté de vous faire évoluer vers les nouveaux process, les nouveaux outils, mais vous ne trouvez pas que le produit se soit amélioré. Au contraire, il a baissé en qualité. « Le son est pourri ! », vous entendez souvent chez vos collègues. Des journalistes vous disent : « On n’a plus le temps de faire de l’investigation. On passe notre temps à répondre aux commandes des éditions ». Vous vous souvenez de votre ancien bureau et de vos collègues, que vous avez côtoyés pendant des années. Et puis on vous a déménagé. Une fois, deux fois, trois fois. Jusqu’à vous retrouver dans un grand espace avec de belles plantes, une belle moquette anti-bruit, mais vous n’avez plus de bureau à vous. D’ailleurs, une partie du temps, depuis le covid, vous le passez chez vous, tellement vos relations avec votre chef sont devenues exécrables. Au moins là, vous avez encore des repères. A France télévisions, tout bouge tout le temps. Les murs, les meubles, les chefs, les services. On dirait que c’est une technique de management, pour éviter que vous vous sentiez à votre aise. « C’était comme ça aussi à France télécom ... », vous a soufflé un jour un délégué syndical. Vous avez tenu bon. Vous avez voulu être force de proposition, mais vous vous êtes rendu compte que ce n’était pas ce qu’on vous demandait. Ce qu’on attendait de vous, c’était d’être un simple exécutant, mais en restant vous-même, et toujours motivé, positif et souriant. Mais comment rester soi-même quand on vous a dépossédé de votre métier, de votre savoir-faire, de votre expérience, puisque ce métier, c’était vous-même ? « Vous avez tenu des propos insultants envers votre N+1 », dit soudain le DRH. Ça oui, vous vous en souvenez, quand vous vous êtes emporté parce que le nouveau logiciel vous empêchait de bien faire votre métier. Mais vous n’avez pas compris que ce logiciel, c’est lui qui redessinait votre métier et que vous étiez entré dans une logique de rationalisation du travail qui n’était pas pensée par les travailleurs eux-mêmes mais par des ingénieurs informatiques, qui vous prenaient pour un cobaye, dont les actions et réactions étaient analysées pour améliorer l’outil, mais pas vos conditions de travail. Le taylorisme 2.0 ! Un jour, on vous a annoncé une grande réorganisation de votre service. Ça portait un beau nom. Presque biblique ! Ils allaient commencer par repenser l’architecture des locaux, et ensuite ils vous présenteraient la suite du projet. Mais les syndicats se sont rendu compte que le projet en question allait conduire à une refonte totale des métiers et forcément à une diminution du personnel. Une fois la phase architecturale passée devant les élus, ce serait trop tard. Impossible de revenir en arrière. Toujours cette asymétrie d’information ! La direction avance masquée mais il suffit de voir les projets architecturaux pour deviner ce qu’elle nous prépare. Le projet Campus ? C’est un bâtiment du siège limité à l’information et la gestion des antennes, et toute la production transférée à la filiale. Le projet Tempo ? Sous couvert de régionalisation de France 3, vous voyez bien maintenant que le véritable objectif était de séparer les régions du siège et de préparer la fusion avec France bleu. Mais comme le savoir, c’est le pouvoir, pas question de tenir informé les salariés. L’entreprise, pourtant, elle vous appartient autant qu’à la direction. C’est vous qui l’avez fait fonctionner et lui avez donné une bonne partie de votre vie. Vous ne la reconnaissez plus et elle ne vous reconnaît plus. D’ailleurs beaucoup de vos collègues sont maintenant des prestataires extérieurs. Alors vous vous retrouvez dans ce bureau, face à ce DRH qui vous menace de licenciement. Vous, ici, c’est toi, c’est moi, c’est nous, c’est tout le personnel de cette entreprise, y compris ce DRH en habits de procureur, qui du jour au lendemain peut se retrouver dans la situation de ce salarié. La multiplication de ce genre de parcours individuels conduit inévitablement à la multiplication des entretiens disciplinaires en vue d’un licenciement. C’est mécanique. C’est mathématique ! Aujourd’hui, les syndicats doivent faire face à une avalanche de convocations. C’est un plan social qui ne dit pas son nom. Ya basta ! Ça suffit !
Paris, 26 mars 2025
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Compte-rendu CSE Siège19 et 20 février 2025 |
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Les mots sont forts « les plannings et les demandes de congé sont utilisés comme un moyen de rétorsion », c’est dire si ce problème est crucial pour les équipes du CDE ! Ce n’est pas la première fois que la gestion des plannings est présentée comme étant le nœud du conflit qui oppose la direction et les salariés, sans que pour autant une issue satisfaisante pour tous n’ait été trouvée. Depuis le projet de réorganisation du CDE lancé en 2018 :
Bref, les salariés se sont adaptés : pour preuve, la réussite de la multidiffusion des épreuves des Jeux Olympiques… Tout cela dans un service en manque d’effectifs ! Si la direction reconnaît la compétence et l’efficacité des équipes, elle reste inflexible sur la gestion des plannings et justifie cette position par la volonté de mettre en place des règles d’équité dans ce collectif qui est constitué de salariés issus de CDE différents. Les salariés n’ont pas la même perception : ils font part de leurs difficultés à poser leurs congés et leurs jours de récupération, leurs demandes dans Monkiosque étant tout simplement annulées… Ils estiment que la planification ne prend pas en compte la charge de travail et les impératifs de la diffusion antenne, que c’est la simple application d’une règle inadaptée à leurs contraintes professionnelles et personnelles. Les élus quant à eux, dénoncent des dysfonctionnements récurrents et le non-respect des règles de l’accord collectif. Pointée du doigt également l’inaction de la direction qui n’a pas mis en place la médiation préconisée par le cabinet ACCA (psychologues du travail) en juillet dernier. Elle interroge : Y a-t-il une réelle volonté de sortir du conflit ? Les élus ont demandé à pouvoir disposer de l’intégralité du rapport établi par les psychologues du travail. Ils n’en ont eu qu’un aperçu qui évoque bien la nécessité de mettre en place cette médiation. Également évoqués, l’absence de vacations dédiées pour suivre les formations nécessaires à la maîtrise des nouveaux outils et des nouveaux process, la nécessité de mettre en place le week-end et la nuit un support logistique renforcé et le besoin de poursuivre la collaboration avec les prestataires extérieurs. La situation des salariés, le développement des tensions dans un service auparavant apaisé, inquiètent les élus. Ils demandent à la direction de mettre rapidement en place la médiation et insistent sur la nécessité de trouver un accord sur la gestion du planning car ils ne comprennent pas pourquoi l‘organisation du travail mise en place provoque autant de situations de mal-être. Ils alertent la direction sur cette dérive managériale qui n’est pas éloignée d’une forme de harcèlement managérial. Les élus ont voté une résolution à l’unanimité (lire la résolution ici). 21 VOTANTS : 21 POUR
Autre service en souffrance, IV3 ! La réorganisation qui a fait suite au déploiement du projet « TEMPO » devenu « ICI », un projet en constante évolution remet en question non seulement le fonctionnement de cette entité mais aussi ses missions, que logiciel Open media vient bousculer. Les tensions sont partout et particulièrement exacerbées au sein du service des coordinatrices où là encore la planification et l’organisation du travail sont en question. Consciente de la nécessité d’intervenir, la direction a élaboré un plan d’action visant à améliorer la qualité du management :
Point phare de ce plan d’action, le recours à un intervenant extérieur pour mener à bien une médiation. C’est conjointement avec la direction que les élus ont désigné le cabinet INTERSTYS et ont défini le process de médiation. Les élus ont salué « une volonté d’essayer d’avancer ! » affirmée par la direction.
La présidente de la commission Sherlock a présenté le compte rendu de cette première commission, une commission créée par les élus du CSE pour suivre le déploiement de ce nouveau logiciel qui a demandé aux équipes impactées (environ 1000 personnes) de revoir leur manière de travailler, une adaptation qui s’est fait dans la douleur, qui a généré stress, surcroît de travail, couacs à répétition (1317 tickets créées depuis la mise en place de l’outil !). Certes des correctifs ont été apportés, notamment l’augmentation de la police des icônes mais les mises à jour entraînent des perturbations, tout particulièrement celle du 4 février dernier, qui a impacté le service de la préparation de la diffusion du CDE, un service hautement sensible ! Les salariés de ce service « point d’entrée et de sortie », dont la mission est la bonne diffusion des programmes à l’antenne se sont retrouvés désarmés, parfois paniqués devant un outil dont ils ne maîtrisent pas le fonctionnement avec d’importants impacts potentiels sur la diffusion. Le directeur du projet, s’est engagé à se rendre dans le service concerné pour accompagner les salariés et mettre en œuvre les solutions demandées. D’autres services sont toujours impactés, notamment le sous-titrage ce qui rend l’activité de certains salariés chronophage et transforme leur métier en opérateur de saisie. A cela s’ajoute, la redistribution de certaines tâches opérée par ce nouveau logiciel avec des conséquences non négligeables : la fiction s’est ainsi retrouvée à réaliser des tâches autrefois attribuées à la production… Aujourd’hui, tout n’est pas réglé, la direction reconnaît des dysfonctionnements, des besoins de formation complémentaires, des bugs qui pour certains, ne pourront pas être réglés avant une année supplémentaire. Ce logiciel n’étant pas « clefs en mains » mais plutôt « acheté sur étagère », il faut l’adapter et ce sont les salariés qui en font les frais. Certains se disent toutefois satisfaits de l’outil ce qui montre que l’impact n’a pas été le même partout. Le travail en commission a permis de demander des écrans plus grands pour les salariés en télétravail afin d’améliorer leurs conditions de travail. Les membres de la commission ont souligné le caractère constructif des échanges avec l’équipe support.
Les élus ont demandé une présentation actualisée du plan de charge de FTR et ils ont bien fait car celle-ci a évolué et accuse une baisse d’activité de 875 jours ! La direction reconnaît que cela correspond à une baisse de 4 ETP. Pour les élus c’est plutôt 5 ETP en moins, il manque ainsi à l’appel :
Tout cela ressemble à un plan social déguisé, car ce collectif a perdu 10% de ses effectifs depuis 2024. Une baisse qui n’est pas sans conséquences sur les conditions de travail. La direction rétorque que les doubles vacations sont en lien avec le développement d’Open Media qui a mobilisé le personnel et a tendu le planning, la situation est exceptionnelle. Les élus pointent la baisse de la qualité et l’absence de projet clair pour FTR.
C’est une opération qui s’est avérée très compliquée à mettre en œuvre. En cause, le cadre sécuritaire lié à la présence du président de la République et des chefs d'État étrangers et le pilotage de l’événement par l’Élysée. A cela se sont ajoutées des conditions météo qui, bien qu’annoncées en amont, n’ont été prises en compte par le comité de pilotage que très tardivement. Résultat ? Les équipes ont dû dans un premier temps, installer à l’extérieur de la cathédrale régie et câbles et définir le conducteur ad hoc, puis en dernière minute se replier dans la cathédrale et revoir le déroulement de la cérémonie avec les différents acteurs pilotant l’événement : visite officielle, salut aux contributeurs de la reconstruction par le Président de la République mais aussi le concert de Pharrell Williams et ses 30 choristes…. Et puis, cerise sur le gâteau, plusieurs techniciens se sont vu refuser l’accès à la zone le samedi, jour de la réouverture… « récusés par l’Élysée ! ». Une opération de criblage menée par la police. La direction a été obligée de trouver des techniciens en urgence pour les remplacer au pied levé … Une pratique qui a surpris les élus qui ont demandé des comptes à la direction. Celle-ci a expliqué avoir transmis les informations concernant les personnes amenées à travailler sur l’opération bien en amont, ce qui n’a pas empêché les services de sécurité de l’État de décider en dernière minute de remettre en question la participation de certains salariés. A souligner, l’implication et le professionnalisme des équipes de la Fabrique et notamment des techniciens travaillant sur les cars UM1 et UM2 qui ont su faire face et permettre à la cérémonie d’être remarquablement couverte tout cela dans la bonne humeur. En revanche, impossible pour les salariés d’être dans les clous de la demande de dérogation horaire : Tous les « techniciens son » ont fait plus de 13 heures avec un maximum de 68 heures sur la semaine. Les élus tiennent à rappeler que ce n’est pas parce que l’on travaille pour l’État que le code du travail ne doit pas être respecté ! Un comble !
79 800 000 euros récoltés mais l’édition a été réalisée en novembre et le score actuel n’est pas le score définitif : les résultats de la semaine qui a suivi l’émission ne sont pas encore comptabilisés. Pour permettre la couverture de l’événement, la direction a fait une demande de dérogation horaire limitée à 60 heures hebdomadaires. Ce seuil a été dépassé d’une demi-heure par le régisseur du plateau général, ce dépassement est en lien avec les opérations de démontage qui ont été plus compliquées que prévu. A noter également un dépassement pour le car de Strasbourg de 30 minutes en lien avec une autre émission donc non imputable au téléthon. Les élus ont alerté la direction sur l’absence de repos hebdomadaire pour 25 salariés du plateau principal (ces salariés ont en effet travaillé dans la nuit du samedi au dimanche), ce qui n’est pas légal. Les élus tiennent à féliciter les équipes pour leur investissement dans cette opération qui est une des fiertés de l’audiovisuel public.
Le budget du CSE est calculé sur le nombre d’ETP et lorsque les ETP diminuent, le budget diminue lui aussi. En 2025, la subvention est en baisse d’environ 20 000 €, mais grâce aux réserves accumulées pendant le confinement, cette baisse va être largement compensée. Pour autant, la gestion du budget a dû être revue à la suite de l’arrêt de la Cour de cassation, publié en avril 2024, qui donne à tous les salariés, permanents ou non, accès aux ASC (activités sociales et culturelles) dès le premier jour de leur contrat. Afin d’anticiper les conséquences de l’augmentation du nombre de bénéficiaires sur le budget, les membres du bureau du CSE ont décidé de revoir à la baisse les subventions cinéma, parcs d’attraction et spectacles. C’est en effet le budget « billetterie » qui a le plus augmenté en 2024 + de 50%, il a été décidé de le canaliser : désormais les places des parcs, les spectacles, les places de cinéma seront subventionnées à hauteur de 40 %. L’an dernier la subvention pouvait atteindre 60% sur certaines activités. Cette décision a permis de maintenir l’ensemble des prestations proposées par le CSE, des prestations qui restent très intéressantes eu égard à ce que proposent d’autres CSE. Ce budget a fait l’objet d’un vote : 22 VOTANTS : 16 POUR – 6 ABSTENTIONS
Le point vie du CSE a été l’occasion pour Hélène GRAFTIAUX et Cyril MULON de rejoindre la commission de déploiement de l’outil, dit Sherlock. Ils ont tous les 2 étés désignés à l’unanimité.
19 et 20 mars 2025
Paris, le 24 février 2025
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Compte-rendu CSE Siège8 et 9 janvier 2025 |
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Entre le malaise à la rédaction nationale mis en lumière dans une tribune qui a donné la parole à 25 journalistes en souffrance… Et l’annonce brutale du gel de la collaboration des JRI de la rédaction nationale aux tournages de la rédaction des sports… La tension était palpable, la colère réelle, les incompréhensions nombreuses et les inquiétudes profondes. Ce que les élus constatent c’est la détérioration du dialogue social ! La direction prend des décisions sans les consulter, sans respecter les droits qui sont les leurs, instaurant un bras de fer permanent en lieu et place d’un réel dialogue social. Les élus appellent au respect des prérogatives des instances et à un changement de méthode car ils ne se laisseront pas dépouiller de leurs attributions sans réagir et si pour cela ils doivent multiplier les actions en justice et les demandes de CSE extraordinaires, ils n’hésiteront pas. C’est dans ce climat que le CSE des 8 et 9 janvier a débuté.
Le 20H nouvelle formule, a été mis en place dès la rentrée de septembre et la direction n’est toujours pas en capacité de fournir aux élus, un document d’information précisant les changements occasionnés par ce nouveau format, sur l’organisation du travail, la charge de travail et les conditions de travail des salariés. Quant au bilan, il est totalement absent des débats. Ce qui choque également les élus, c’est non seulement l’absence de transparence mais c’est aussi l’évolution de la ligne éditoriale des antennes. Particulièrement choquante l’ouverture du 20H, mardi 7 janvier sur la mort de Jean-Marie Le Pen, plutôt que sur les commémorations des 10 ans des attentats de Charlie Hebdo. Le directeur de l’information se défend : « Nous avons fait 6 heures d’antenne sur Charlie Hebdo dans la journée ! Qui peut dire aujourd’hui qu’il existe une chaîne qui fasse autant sur un tel évènement ? » Pour les élus, le 20H reste le 20H ! Le 20H est LE RENDEZ-VOUS DE L’INFORMATION DU SOIR et ce n’est pas à négliger ! C’est ensuite la détérioration du dialogue entre la direction de l’information et les élus qui est mis en avant :
La chaîne d’information du service public s’était inscrite dans une volonté de se différencier des autres chaînes d’information. La nouvelle grille mise en place au mois de septembre semble sérieusement remettre en question cet engagement. Elle propose l’essentiel de l’actualité en début de chaque heure. Ensuite chaque tranche développe deux à trois thèmes en deux heures, avec peu de sujets et de nombreux invités. Le choix est désormais de laisser la place à de la séquence, des datas (entendez par là des Hubs) et de l’interactivité. « Rallonger le temps d’écoute fidélise », nous dit-on ! Mais cette nouvelle organisation n’est pas sans impact sur les salariés dont les fonctions évoluent :
Du côté des équipes techniques, le constat n’est guère plus encourageant :
Et ce n’est pas tout, cette nouvelle organisation s’accompagne d’une diminution des ETP : -7 ETP entre janvier et octobre 2024 ! A France Info canal 27, on craint aussi pour les CDD qui risquent de voir leurs piges diminuer. Pour les salariés, dont certains ont intégré France Info sur une promesse éditoriale ambitieuse et originale dès sa création en 2016, la succession répétitive d’émissions de débat, souvent redondantes, interroge le sens de leur travail. Quelle est la logique de s’aligner sur les autres chaînes d’info ? Quelle est la plus-value éditoriale du service public ? La direction se défend. « Le projet de la chaîne a changé… Oui les contraintes économiques sont importantes ». Tout cela a été mis en place sans concertation, sans information préalable des élus, car la direction estime qu’il s’agit là de changements à la marge, lorsque l’on change à ce point l’orientation éditoriale d’une chaine comment peut-on prétendre cela ? Les élus demandent qu’un point de suivi soit à nouveau à l’ordre du jour du CSE Siège du mois de mars.
Durant plusieurs mois, la direction et des représentants des OS (principalement CGT et SNJ) ont collaboré avec le cabinet « Empreinte Humaine » pour analyser les conditions de travail des salariés de la direction de l’information et définir les actions à mener pour les améliorer. 2 questionnaires, 6 groupes de travail ont ainsi permis d’aboutir à un plan d’actions détaillé en séance. Il vise à :
Si les élus saluent la démarche et le travail réalisé, ils constatent que la DSQVT n’a pas été associée à cette démarche ou du moins trop peu. Quant aux formations proposées aux managers, ils estiment qu’il serait opportun de les déployer avant même de les nommer. Ils regrettent de ne pas avoir pu étudier le rapport dans son intégralité. Ils souhaitent donc que les actions concrètes qui seront déployées pour atteindre les objectifs fixés par le plan d’action leur soient précisées. La synthèse présentée aux élus ne comporte que des objectifs vagues dont la plupart pourraient s’appliquer à n’importe quel service.
Le directeur de l’Information est venu rappeler aux élus que la couverture des élections américaines s’inscrit dans une tradition. Et cette année était particulièrement importante au vu du possible retour de D.Trump. Quant à l’organisation, elle a été préparée un an à l’avance dans un contexte budgétaire différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. La direction précise que la facture a été 20% plus élevée qu’en 2020 et qu’elle a permis de fournir 25 heures de direct versus 4 heures en 2020. Par ailleurs, elle a été assumée pour moitié par « C dans l’air ». A titre de comparaison, la couverture des élections américaines a coûté moins cher qu’un 14 juillet et correspond au coût du « 6 juin ». La direction ajoute que les délocalisations n’apportent pas d’audience : « il s’agit simplement de crédibiliser le travail des journalistes qui ne sont pas toujours dans leur salon ». Les élus rappellent qu’ils ne critiquent pas la couverture de l’événement, ils posent simplement la question de savoir si on devait y aller si nombreux. En période de restriction budgétaire, il leur semble important de définir clairement où sont mis les moyens : si dépenses supplémentaires il y a, elles doivent se voir à l’antenne. La direction ajoute qu’en 2025, un certain nombre de « spéciales » se feront depuis le plateau de France Info, ceci, afin de répondre aux impératifs budgétaires.
Depuis la fin des JO, les salariés de France Info numérique sont à la diète et s’interrogent sur leur avenir. Pour la direction il n’y a pas de réduction de moyens simplement un réajustement : 2025 marque le retour aux effectifs de 2023. Quant à la ligne éditoriale, elle évolue : il ne s’agit pas d’être présent sur tous les événements mais seulement sur les événements majeurs et de se concentrer sur les « à côté » des compétitions sportives que nous ne couvrons pas. La direction voit là une manière de faire la différence tout en respectant les contraintes budgétaires imposées. L’offre s’articule autour de 3 piliers :
Une offre concentrée autour des grands événements et ça fonctionne : le public est bien présent, les audiences sont en hausse. En dehors des grands événements, la direction a choisi de privilégier les contenus originaux pour amener de la plus-value à l’offre globale de franceinfo.fr. Place aux enquêtes, aux reportages, aux portraits, etc…
L’idée est de capitaliser sur l’interactivité développée lors de la diffusion des JO et de rentabiliser les droits sportifs en diffusant sur la plateforme les compétitions sur des créneaux plus larges que ne le permet l’offre linéaire.
Les comptes de FTV Sports ont vu leurs audiences augmenter de manière spectaculaire ces derniers mois ! Il est donc essentiel de capitaliser et de continuer à proposer des contenus impactant, de rester créatifs, pour traiter de l’actualité sportive tout en sachant rebondir sur l’actualité du jour. La direction l’affirme, l’équipe s’est étoffée : « En 2025, malgré les contraintes liées à la situation économique de FTV, on a pu préserver les effectifs recrutés » soit 17 journalistes permanents. Croisons les doigts !
Le 19 octobre 2023, les élus du CSE Siège ont voté à l’unanimité le principe d’une enquête conjointe sur les bureaux des régions, enquête à laquelle Aurélie SCHILLER pour la CGT et Anne GUILLÉ-EPÉE pour le SNJ ont participé. Cette enquête a donné lieu à un plan d’action visant à améliorer la situation des salariés des bureaux en région. Il contient un certain nombre de mesures concrètes relatives :
La direction a commencé à le mettre en œuvre mais de manière partielle. Elle a concentré ses efforts sur la fourniture du matériel réclamé par les correspondants, en l’occurrence des ALPHA 7 (boitiers de tournage légers) : leur arrivée est imminente et c’est une bonne chose. Mais certaines préconisations cruciales (une 3ème équipe à Marseille, une 2ème équipe à Poitiers, un 4ème adjoint au service à Paris) n’ont toujours pas été mises en œuvre. Et ce, malgré l’urgence mise en avant dans le rapport d’expertise ! La direction explique que tout cela est en cours mais que le recrutement du 4ème adjoint est plus complexe que prévu au vu des contraintes imposées par la fonction. Elle précise qu’il n’y aura pas de 2ème équipe à Poitiers : les contraintes budgétaires ne le permettent pas. Inacceptable pour les élus ! Pour autant, comment expliquer que de simples actions administratives impliquant la création de notes de service, n’aient toujours pas été mises en place ? De plus la direction ne donne toujours pas d’explication à son refus d’ouvrir les candidatures au réseau France 3, à Marseille notamment. Si la direction n’a pas les moyens, elle doit admettre qu’elle ne peut pas solliciter autant les bureaux. Cette enquête conjointe a créé des attentes. Les élus demandent à la direction de prendre la mesure de l’urgence et d’accélérer les choses pour faire avancer ce dossier sur lequel ils souhaitent un point d’étape au mois d’avril.
Le 31 octobre dernier, les élus ont été consulté pour donner leur avis sur la phase 1 du projet de renouvellement des systèmes de fabrication du Siège, projet dit « Genesys ». Au vu du dossier, de l’importance du projet, de ses potentiels impacts sur l’emploi et des conditions de travail des salariés exerçant leur activité au sein des régies et sur les plateaux, trop peu d’informations ont été transmises aux élus. Les élus ont donc voté une expertise afin de bénéficier du regard de spécialistes sur ce projet. Le rapport présenté en CSE par les experts du cabinet 3E Acante est sans appel. Le projet est immature : trop peu d’informations déterminantes sur les conditions de travail ne sont pas explicitées, les élus se retrouvent dans l’incapacité de se prononcer sur ce projet. Voici leur déclaration : « Les élus tiennent à préciser qu’ils ne sont ni pour ni contre ce projet mais que l’expertise le dit très clairement : ils n’ont pas les informations nécessaires pour se prononcer sur cette proposition. Ils l’avaient compris dès le mois d’octobre, c’est la raison pour laquelle ils ont demandé des informations complémentaires et au vu des documents transmis ils ont saisi le juge pour demander la suspension du projet en attendant la transmission des documents indispensables à un rendu d’avis. Ils sont donc dans l’attente de la décision du juge et de la transmission de documents d’information complémentaires. Ils déclarent qu’ils ne se prononceront pas sans avoir été informés plus précisément des impacts du projet ». De son côté, la direction n’est pas de cet avis. Elle estime avoir répondu aux questions et interprète l’incapacité des élus à se prononcer comme un rendu d’avis négatif. C’est désormais le juge qui tranchera : l’audience se déroulera le 21 janvier prochain au tribunal judiciaire de Paris.
Malgré une subvention de 2 527 671€ versée au Groupe Action Logement en 2023, les élus observent une diminution constante des attributions de logements sociaux aux salariés de France Télévisions. En 2023, seuls 25 salariés ont pu être logés dans le parc social. La raison ? Les salariés de FTV ne sont pas prioritaires pour une grande majorité d'entre eux, car ils sont considérés comme "privilégiés" ou gagnant "trop", par rapport aux plus précaires. Ils ne peuvent donc pas avoir accès qu’aux logements intermédiaires proposés par Action logement. Les élus s’interrogent sur les pistes que la direction envisage de proposer. Le logement est le 1er poste budgétaire des salariés, c’est un élément essentiel de la qualité de vie au travail, il leur semble donc nécessaire de proposer des alternatives. De leur côté, les membres de la commission aimeraient pouvoir agir pour accompagner les salariés dans la recherche de leur logement. Ils souhaitent être associés aux réflexions menées par la direction. Les élus ont voté une résolution (lire ici la résolution) 23 VOTANTS - 23 POUR
Vendredi 14 février, les moyens techniques de la fabrique france.tv auront en charge la captation et la retransmission de la cérémonie de clôture des Victoires de la Musique Variétés en direct de la Seine Musicale. Pour couvrir cette opération, France Télévisions va mobiliser ses équipes dès le 11 février avec l’installation du car UM1 à la Seine Musicale (Boulogne- Billancourt). Le début des répétitions est prévu dès le lendemain. Pour la réalisation de cette opération, la direction formule aux élus une demande de dérogation horaire jusqu’à 60 heures pour la semaine du 7 au 15 février. Au vu des plannings prévisionnels présentés (pas de dépassement au-delà de 55H par semaine, respect des temps de repos), les élus prennent acte et demandent un réalisé dès que possible. Les élus ont voté une résolution (lire ici la résolution) 23 VOTANTS - 23 POUR
Les élus tiennent à remercier la direction pour l’honnêteté du rendu des réalisés ainsi que la présence de notes explicatives sur ces impondérables. Conscients que des aléas peuvent survenir, ils notent cependant quelques impairs dans certaines planifications (vacation supérieure à 13h, temps de Repos Hebdomadaire inférieur à 35h, temps entre deux vacations, inférieur à 9h) : elles ne respectent pas les textes de l’accord collectif ! Les élus invitent donc la direction à réfléchir à des solutions pour éviter ces écarts.
Plusieurs résolutions ont été votées en séance. IV3 Dans leur résolution votée le 3 décembre 2024, les élus ont préconisé l’intervention d’un médiateur pour trouver une solution à la situation conflictuelle qui existe au sein du service des coordinatrices. Pour rencontrer la direction, choisir le cabinet en charge de la médiation, définir le contour de celle-ci et suivre son déroulement, ils désignent :
Les élus ont voté une résolution (lire ici la résolution) 18 VOTANTS - 18 POUR
Demande d’un CSE Extraordinaire à la suite de l’annonce de la direction de l’information de ne plus détacher de JRI de la rédaction nationale sur les tournages de la direction des Sports. En ouverture de CSE, les élus ont exprimé leur incompréhension à la suite à l’annonce brutale faite au service des JRI de la rédaction nationale en début de semaine. C’est d’abord la fin de la collaboration des JRI avec le service des sports qui est annoncée, puis le gel de leur activité. Un coup de massue pour les JRI ! « Rien n’est encore acté. Le débat n’est pas clos », se défend le directeur de l’information. Cette décision est en réflexion. Il y a un gel de l’activité jusqu’au dialogue. A travers cette décision, les élus pointent du doigt la volonté affichée de la direction de faire baisser les ETP pour 2025 compte tenu de la situation économique de FTV et des objectifs fixés par la tutelle. Aucune de ces 2 décisions n’est satisfaisante mais surtout, elle ne peut être prise sans une consultation préalable des élus. Ils ont unanimement voté la tenue d’un CSE extraordinaire. Les élus ont voté une résolution (lire ici la résolution) 20 VOTANTS - 20 POUR
Demande d’un CSE Extraordinaire pour risque grave concernant la santé des salariés de la rédaction nationale Dans un texte intitulé « La rédaction témoigne » datant du 22 novembre, la SDJ de France 3 Rédaction Nationale a pu recueillir les témoignages de 25 journalistes et JRI faisant état d'un dysfonctionnement à la rédaction nationale : souffrance au travail, disqualification, discrimination professionnelle, perte de sens, dépossession de leur savoir-faire… pour une partie des journalistes dont l’activité est limitée à des tâches subalternes, alors même qu’ils ont fait leurs preuves ! A ce jour, aucune mesure n’a été prise pour traiter cette situation que les élus ne peuvent ignorer. A l’unanimité, ils ont voté une demande de CSE extraordinaire sur ce sujet. Les élus ont voté une résolution (lire ici la résolution) 22 VOTANTS - 22 POUR
Paris, le 14 janvier 2025
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Décembre, c’est la saison des illuminations de Noël, des repas en famille, des cadeaux sous le sapin et… des bêtisiers à la télévision. Bafouillages, lapsus, fiascos, chutes, défaillances, ratés… compilés pour amuser les téléspectateurs ! Mais il y a des cafouillages moins drôles que d’autres et c’est ceux-ci que la CGT a fait le choix de vous présenter.
Avec quelques semaines d’avance, parcourons ensemble l’année 2024 et regardons tout ce qui n’a pas fonctionné. Morceaux choisis :
L’année a mal commencé. L’arrivée de Sherlock et son cortège d’énigmes à déjouer. Le média en ligne « NOWU », destiné à parler aux jeunes d’écologie a disparu avant même d’exister. La raison ? Privilégier les moyens pour les JO. De l’or 18 carats en 4K plutôt que de l’air pur. Quelques mois plus tard, l’émission « Vert de rage » passera à la trappe. Et la planète dans tout ça ? Et bien elle attendra.
La direction de l’information prend une décision surprenante. Pour ne pas interférer dans les élections européennes du mois de juin, ordre est donné aux magazines de ne plus diffuser de portraits de personnalités politiques. Occasion rêvée de laisser sur l’étagère des portraits du Secrétaire de l’Élysée et de notre ministre de la Culture. Une coïncidence certainement…
A FTV, c’est la saison de ce que l’on appelle dans les rédactions les marronniers, et le marronnier de FTV ce sont les NAO. Mais les augmentations de salaires à France Télévisions poussent aussi lentement qu’un arbre. En mars, la sanction tombe. Inutile d’ouvrir le champagne, vous resterez à l’eau gazeuse. Avec 1,4% pour 2024, après 2,16% pour 2023 et 1,20% pour 2022. Soit 10% de perte de pouvoir d’achat en 3 ans ! Voilà la dure réalité pour les salariés de FTV !
L’info consultation sur les équipes légères arrive à son terme. La direction n’a cédé sur rien : Fin juin, le service du Siège sera fermé. En novembre, c’est Rennes qui prendra les rênes d’un pool au régime sec. 12 salariés pour tourner les documentaires du groupe France Télévisions. Un cauchemar ! Casser les métiers, détruire les collectifs, pour aller engraisser le privé, c’est le projet depuis des années, ce n’est qu’une étape de plus. A qui le tour l’année prochaine ?
« En mai, fais ce qu’il te plaît… » Fais surtout ce qu’il plaît à la tutelle et au gouvernement. Notre très chic ministre de la Culture, entre 2 apéros canins, nous annonce une « Fusion ». Concrètement, réunir Radio France et FTV, soit recréer l’ORTF, le tout emballé avec toute la ribambelle de novlangue et de formules piochées dans le « Petit McKinsey », le dictionnaire des décideurs : mutualisations, synergie, regroupement, renforcement, etc. Dans les faits, tout le monde fait tout, avec moins de personnel et si possible pour moins cher.
Les élections Européennes provoquent un séisme dans le pays. Vexé d’avoir perdu le scrutin européen, le Président de la République décide en privé, sans que rien ne l’y oblige, une dissolution. Quelle belle idée ! Juste au moment où le parti d’extrême droite est au plus haut et à six semaines de notre rendez-vous du siècle avec le reste du monde, les Jeux Olympiques de Paris. En quelques heures, exit la fusion, c’est le spectre de notre privatisation qui se met à planer au-dessus de nos têtes. Le RN se voyant déjà aux affaires n’a qu’un seul projet : faire table rase de ce repaire de gauchistes qui ruinent la France !
Le pays respire. Une fois de plus l’électeur à fait « barrage », voilà 20 ans que la classe politique lui repasse le même film, et ça marche toujours, jusqu’au jour où… Mais si les JO sont sauvés, la démocratie est en miette, le président refuse de nommer un premier ministre issu de la coalition arrivée en tête. Le 26 juillet, sous un déluge de pluie, les Jeux sont lancés. Deux semaines de rêve et de trêve olympique.
On a le droit d’être fier, un quasi sans faute pour FTV, mais en coulisse, les salariés sont exténués et pour beaucoup, cette réussite est due à 20% de prévision et 80% d’adaptation. De plus, la note est salée, si la régie pub a fait le plein, entre les droits de retransmissions et les coups de l’opération, c’est 50 millions de perte pour France Télévisions. Vous êtes inquiets ? Pas notre présidente, qui déclare sans rire, « que les chaînes du service public n’ont pas vocation à être rentables… » On est ravi de l’apprendre ! Et on est tellement riches qu’en septembre Emmanuel Macron prolonge le plaisir en nous réclamant 5 millions de plus pour organiser une petite fête sur les Champs Élysées avec ses nouveaux copains, les athlètes médaillés. A Franceinfo TV, toujours pas plus de budget ! Mais la valse des directeurs, elle, est bien d’actualité ! Un Nième est donc nommé ! Le huitième en 8 ans ! La chaîne a du mal à s’installer… les salariés doivent sans cesse s’adapter ! Exit les pas de côtés et les reportages télé… pas plus de moyens pour travailler… mais du talk cette année (bien loin des promesses initiales de qualités éditoriales), avec un seul objectif : ne pas rester à la traîne dans la course à l’audimat !
« FTV ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue, lorsque la bise fut venue... » Qui aurait pu prédire ? Les comptes sont dans le rouge, et la rigueur budgétaire qui s’annonce fait craindre le pire. La CGT déclenche un droit d’alerte économique. Autre surprise de cet automne, c’est le grand remplacement de France 3 par la marque « ICI » pour les programmes régionaux. Avec l’âge moyen du téléspectateur qui ne cesse d’augmenter, c’est risqué de changer les habitudes. Et pour retrouver la bonne touche de la télécommande avec une chaîne sans numéro. Bonne chance !
Comme les feuilles des arbres, les chiffres sont tombés et les économies budgétaires pour 2025 sont connues : ce sera 170 millions de moins. « Si on avait su, on ne serait pas parti à New York ! » a déclaré le directeur de l’information questionné sur la pertinence d’avoir délocalisé entre 40 et 60 salariés vers la Big Apple pour couvrir les élections américaines. Soi-disant que ça aurait coûté très cher en heures de nuit de le faire depuis Paris, et puis il était trop tard pour annuler. On rêve !
Pour terminer en apothéose, le malaise profond de la rédaction nationale fusionnée, issue de France 2 et France 3. Les témoignages sont accablants, les journalistes désabusés, maltraités, discriminés placardisés ; révélation d’une rédaction à deux vitesses : d’un côté, les « petites mains » dédiées aux micro-trottoirs, de l’autres les journalistes compatibles 20H, magazines et éditions spéciales. Ambiance ! De quoi sera fait le bêtisier 2025 ? Avec le projet Genesys et la rumeur de la disparition de deux cars de la vidéo mobile, on peut déjà commencer à le rédiger…
Paris, le 4 décembre 2024
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Ah ! Les Shadocks… ces petites créatures multicolores qui défrayaient la chronique du temps où la télévision publique était novatrice, ont disparu de nos petits écrans en noir et blanc 819 lignes, depuis un demi-siècle. Pourtant leur esprit reste et leurs célèbres slogans semblent encore hanter les cerveaux de nos dirigeants et résonnent étrangement d’actualité. Prenons le projet Génesis par exemple. C’est le flou artistique total ! On nous présente les plans, la direction souhaite commencer les travaux, mais elle ne nous dit pas ce qu’elle va mettre dedans. Les salariés seront ici, ou là, ou peut-être même chez eux, mais il faut être prêt pour 2026. C’est urgent, on a les JO d'hiver et les élections municipales qui arrivent ! Les Shadoks avaient une formule pour ça : « Quand on ne sait pas où l’on va, il faut y aller le plus vite possible ! » Eh bien, la direction semble l’avoir magnifiquement adopté. Autre pensée complexe de nos amis pompeux : « En essayant continuellement, on finit par réussir, donc plus ça rate, plus on a de chance que ça marche » On croirait que cette maxime a été écrite sur mesure pour décrire la nouvelle ligne éditoriale de franceinfo. Voilà des mois que les salariés et les élus s’inquiètent, qu’ils alertent, et puis d’un seul coup, c’est le drame, entre les otages et les plages de Gaza, on commence à se poser des questions, on se rapproche de plus en plus de CNews, la référence en matière de débat caricatural. Dans l’affolement, on vire, on suspend, on met à pied, on met en retrait. Jusqu’à la double validation ! La solution ! Nous sommes sauvés ! Le projet Sherlock, quant à lui, a une sonorité très Shadokienne. En 1970, l’informatique en était à ses balbutiements, et ces petites créatures s’en amusaient. « Les ordinateurs, plus on s'en sert moins, moins ça a de chance de mal marcher », déclaraient-elles malicieusement. 50 ans plus tard, c’est exactement le déroulé de ce projet : bugs sur bugs. On essuie les plâtres, on bricole, traduction en langage technocrate : ça beta teste ! Mais le plus bel aphorisme Shadok, celui qui surpasse tous les autres est le suivant : « Pour qu’il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes ». On en viendrait presque à se demander si cette devise n’est pas inscrite sur les murs à l’étage de la présidence de France Télévisions tellement elle est appliquée avec opiniâtreté. Observons attentivement ce qu’il se passe depuis des années. Tous ceux qui fabriquent prennent des coups sur la tête. Sur le terrain, ils sont toujours trop nombreux, de 3 ils sont passés à 2 pour finir tout seul avec la quasi-obligation d’avoir une double voire triple compétence. Ensuite on a commencé à externaliser les productions vers France TV Studio, Télématin, Thalassa, les Émissions religieuses, puis est venu le tour des équipes légères à leur tour démantelées, en 2025, ce sera au tour de la vidéo mobile de se faire ponctionner 2 cars. Entre-temps, le CDE n’en peut plus de dysfonctionner, avec au passage cette logique Shadok derrière laquelle la direction semble s’abriter : Et il n’y a pas besoin de prédire l’avenir pour comprendre que les prochains à trinquer seront les techniciens des régies du siège. Genesys va les envoyer remplir les rangs des décrétés inutiles des « toujours trop chers » des « pas assez souples ». Bref, tout salarié qui contribue à produire, fabriquer ou diffuser une image et un son, le cœur de métier de notre entreprise, l’artisan du produit final, se voit depuis des années fragilisé, attaqué, paupérisé. Dans le même temps, les services des études, des achats, les bêtas analystes, des H en tous genres, RRH, RH, DRH, foisonnent, les élites, énarques, centraliens, se reproduisent, les conseillers de programmes pullulent, les mêmes qui rediffusent le Corniaud tous les 6 mois depuis l’invention des Shadocks… On a vraiment l’impression que pour qu’il y ait le moins de mécontents possible, il faut que les efforts budgétaires reposent toujours sur les mêmes épaules. Pendant ce temps-là, Bangumi, Médiawan, Together Media pour ne citer que les principaux, pompent, pompent le budget du service public toujours en baisse, année après année. Même au sommet de l'État, on applique cette méthode. Encore un projet de loi dans les tuyaux pour réformer l’audiovisuel public. A chaque mandat présidentiel, on y a droit. Visiblement la France n’a qu’un seul problème : son audiovisuel public. Et pour couronner le tout, on rêve de recréer l’ORTF… qui, au passage, a vu naître les Shadoks ! La boucle est bouclée ! Mais ne vous inquiétez pas, nous pouvons toujours compter sur cette dernière pépite Shadokienne pour nous rassurer : « Le passé ne sera jamais pire que l’avenir. »
Paris, le 18 février 2025
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Vous vous en souvenez ? C’était en 1998… La rédaction de France 2 avait eu la folle idée d’accueillir la caméra du réalisateur William Karel. La chaîne lui avait donné carte blanche pour filmer la fabrication de nos éditions de 13h et 20h, lui offrant ainsi l’opportunité d’être le premier spectateur de notre tambouille interne. Une liberté totale qui n’avait pas survécu plus de 24h ! Dès le lendemain, le réalisateur avait trouvé porte close. La liberté, ok … Mais à condition de ne pas s’en servir... 12 mois de tractations plus tard, il avait de nouveau enclenché le « rec », un présentateur et une équipe toute neuve l’avaient de nouveau autorisé à nous étudier. Mais là encore, la chaîne a grincé des dents. Sa faute ? Avoir été le témoin des tensions qui régnaient déjà à l’époque au sein de la rédaction. C’est très exactement à 8 minutes 45 secondes du documentaire que le drame éclate. Une jeune journaliste qui fera par la suite une belle carrière dans notre entreprise, détient un scoop sur le génocide rwandais, mais cette information devra attendre le lendemain faute de place. Un rapide coup d’œil sur le conducteur lui prouve que la hiérarchie de l’information n’est plus qu’un vague souvenir à France 2, « les vins primeurs » sont au programme… En colère, elle lâche cette phrase prémonitoire : « Si nous ne diffusons pas l’information quand nous l’avons, il ne faut pas s’étonner qu’un jour l’information soit ailleurs ! ». Une remarque qui signe l’opposition de 2 clans.
Un quart de siècle plus tard, il faut admettre que c’est le camp de l’audience qui a gagné. Un rapide visionnage de nos éditions le démontre. Sur le fond, nos journaux s’articulent principalement autour de 3 grands thèmes :
Il faut du « local » du « concernant » ce sont les mots d’ordres. Mêmes nos magazines n’échappent pas à ce traitement et que dire de France Info qui pourrait se rebaptiser « France Débat ». Sur la forme, c’est le micro-trottoir qui est roi ou le direct au milieu de nulle part avec à chaque fois des phrases cultes comme : « c’était un monsieur très gentil, qui aurait pu imaginer qu’il fasse une telle chose ? » à propos d’un fait divers sordide, où « comme vous le voyez derrière moi », dans une gare ou un aéroport pour illustrer les départs en vacances. Dans les deux cas, pas de quoi remporter le prix Albert Londres ! Alors que l’information a toujours été notre force, elle est devenue aujourd’hui bien insipide. En 1998, internet en était encore pré pubère, 25 ans plus tard, il faut avouer qu’elle avait vu juste cette journaliste, effectivement aujourd’hui l’information est ailleurs ! Les gens vont s’informer sur les réseaux sociaux, vers les magazines numériques. Avec notre ligne éditoriale en dents de scie imposée par la hiérarchie, qui oscille entre Météo France ou une télé locale, nous avons au final fait fuir beaucoup de monde. Les électeurs de droite nous trouvent trop à gauche, et les électeurs de gauche, trop à droite. Combien de journalistes s’y retrouvent ? Sans oublier qu’en plus, nous nous affichons comme donneurs de leçons, il faut combattre les « Fakes News » ! Noble mission, mais encore faudrait-il que l’on soit irréprochable. Récemment, le 12 décembre dernier un sujet du 13h de France 2, la découverte d’un détenu dans une prison syrienne n’était qu’une vaste mise en scène de nos confrères de CNN et nous avons plongé direct ! Et que dire de cette séquence, certes dans une émission de divertissement de fin de soirée, où une ancienne Première Ministre déclare qu’en cas de censure, dès le lendemain, notre carte Vitale ne fonctionnera plus et que les retraites ne seront plus versées, ceci devant deux présentateurs qui acquiescent sans la contredire. Voilà ce qui arrive lorsque nous mélangeons politique et divertissement ! Depuis des années, à chaque fois que des sujets de société clivants apparaissent sur le devant de la scène, à chaque période de crise, le système pyramidal, la toute-puissance des responsables des éditions, imposent une ligne pro-gouvernementale au détriment d’un véritable pluralisme, pourtant dans notre cahier des charges. Tous ceux qui osent faire un pas de côté sont excommuniés, des invités blacklistés, des journalistes écartés. En ce moment même, à propos de l’ascenseur émotionnel que nous procure la politique française qu’entend-on principalement répété en boucle par nos éditorialistes ? « Il faut de la stabilité » oubliant au passage de préciser que la démocratie porte en ses germes l’instabilité, ce qu’un élu a fait un autre peut le défaire, et que rien n’est plus stable qu’un régime totalitaire. Lorsque des journalistes sont écartés d’une campagne électorale pour soupçons de mauvaise couleur politique, lorsque des rédacteurs, des JRI sont agressés sur le terrain, lorsque nos véhicules sont aujourd’hui anonymisés, que nous ne pouvons même plus arborer fièrement nos couleurs, lorsque bon nombre de journalistes sont en souffrance ne trouvant plus de sens dans leurs missions parce que les sujets sont « in fine » réalisés par les rédacteurs en chef dans le seul but de servir la doxa du moment, lorsque les « burn out » pleuvent, que l’arrêt de travail ne devient que la seule planche de salut, les élus du CSE ne peuvent rester sans réagir. Et rappelons-nous fièrement, comme l’arbore un journal satirique paraissant tous les mercredis : « La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas »
Paris, Le 8 janvier 2025
« Le journal commence à 20 heures », réalisation William Karel https://youtu.be/gREBaOpUR5s?si=IJa9CPJo5I0YF4JJ
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Lors du CSE du 11 juillet 2024, les élus du CSE ont voté le recours à une expertise pour « l’équipe Support diffusion » de l’unité MEDIA FACTORY. Cette expertise a été votée dans un contexte de crise accentuée par la réorganisation du service qui a :
Tout cela dans une période de tensions liées à un sous-effectif chronique, à des insuffisances de formation des personnels rendant difficile l’autonomie des ARS qui sollicitent de fait l’ingénierie lorsqu’ils sont en difficulté, tout comme le font les exploitants et les chefs de chaîne. Cette situation explosive a entraîné :
Le rapport d’expertise présenté par le cabinet CEDAET confirme cet état de fait et précise que le point de cristallisation est le planning et ses multiples ajustements. D’un côté, la direction estime que cette prérogative lui revient de droit et que sa mission est d’établir un planning qui soumet chacun aux mêmes contraintes et aux mêmes impératifs. De l’autre, les salariés, qui estiment que l’équité n’est pas dans le fait de donner à chacun la même chose mais réside dans le fait de considérer la situation de chacun, dans le contexte très particuliers du travail en horaires décalés.
Ces 2 visions s’opposent depuis maintenant près de 3 ans et à chaque CSE le constat est le même, la direction campe sur ses positions et ne veut pas changer de dogme. Pourtant d’autres options sont possibles : A Malakoff, les salariés sont pleinement associés à la construction du planning dans le respect de l’accord collectif et l’atmosphère de travail s’en ressent. Finalement la direction a semblé marquer un signe d’ouverture, en acceptant un point d’échange sur le planning. Pour les experts, une réunion d’équipe ne sera pas suffisante pour désamorcer une situation ancrée dans la durée. Les élus ont demandé de manière unanime à la direction de revoir sa position, de respecter les accords d’entreprise qui prévoient des mesures spécifiques pour ces services ayant des contraintes horaires particulières. Ils ont appelé au bon sens et au respect des préconisations de l’expertise, de la DARES et de l’INRS en matière de gestion des plannings pour les équipes travaillant en horaires décalés. Les élus ont également rappelé qu’une gestion des plannings donnant plus d’autonomie aux salariés, sur le modèle de celle mise en œuvre dans l’établissement de Malakoff était non seulement possible mais qu’elle était satisfaisante pour les bénéficiaires. Toutes ces recommandations ont été inscrites dans une résolution qui prévoit un suivi en commission Media Factory et en CSE. Elle est votée à l’unanimité 24 votants - 24 Pour (lire ici la résolution)
Ce n’est pas la première fois que les élus demandent un point d’informations FTR en CSE car la situation de cette entité, qui bien qu’installée dans un quartier de Lyon, à Vaise dépend du Siège, inquiète. Depuis sa création en 1996, FTR (France Toutes Régions) s’appuie sur les images des chaînes locales du Réseau pour produire des contenus dédiés aux éditions d’information, mais également des programmes destinés aux antennes de proximité et aux éditions du groupe. Jusqu’à il y a peu, tout allait bien :
La direction indique que les missions de FTR ont depuis évolué et que l’objectif aujourd’hui est la fabrication de programmes régionaux axés sur l’information de proximité, qu’un programme national « Régions d’ICI » est sur les rails et qu’il est diffusé au national. Tout cela ne suffit pas à rassurer les salariés, que la remise en question permanente de leurs missions inquiète. Si la direction a bien présenté un plan de charge pour 2025, elle a également indiqué que des discussions sont en cours sur la pérennité du JT incarné du week-end ; Bref, le sentiment qui domine est celui d’une absence de réel projet, d’une gestion au coup par coup qui ne laisse rien présager de bon. A cela s’ajoute des évolutions sur le télétravail, 3 journalistes ont vu leur avenant Télétravail dénoncé, le numérique n’étant plus d’actualité, ils seront désormais en présentiel. Certes quelques vacations « télétravaillables » existent encore mais les modalités selon lesquelles elles seront distribuées ne sont pas définies : le télétravail pour les journalistes serait-il à la seule main du manager ? La direction reconnaît que les dispositions sur le télétravail occasionnel manquent de clarté, les prochaines négociations sur l’accord télétravail devraient préciser les règles applicables, la CGT y veillera. Les élus ont demandé un nouveau point FTR au début de l’année prochaine.
Les élus ont eu à étudier le projet de règlement intérieur de France Télévisions et la charte informatique qui lui est annexée, des documents importants et complexes dont il faut peser tous les mots. Leurs remarques portent sur :
Sur tous ces points les élus se sont attachés à interroger les intentions de la direction et à relever les atteintes aux libertés individuelles Ils ont regretté l’absence d’engagement officiel de l’entreprise en faveur de la protection des salariés de l’entreprise victimes d'attaques sur les réseaux sociaux en raison de leur image et de leur activité professionnelle. Ils considèrent que cela relève de la mission de sécurité de l’employeur. Sur la charte informatique, les élus ont insisté sur la nécessité de respecter :
Ils ont également demandé que soient listés les logiciels et outils validés par le service informatique de France Télévisions. Ils ont rendu un avis voté à l’unanimité demandant que les points relevés soient pris en compte, avant présentation en CSEC (lire ici la résolution).
La direction est venue présenter le réalisé de l’opération « Critérium du Dauphiné » qui s’est déroulée du 1er au 9 juin 2024, opération pour laquelle elle avait formulé une demande de dérogation horaire au-dessus de 48h et jusqu’à 60h.
Les élus font remarquer que les règles de repos n’ont pas toujours été respectées, notamment pour les RH de 24h parfois amputés par des heures travaillées : 7 vacations sont dans ce cas. Autre point soulevé, les temps de transfert des salariés au forfait jour qui ne sont jamais pris en compte : ils peuvent représenter 2h à 3h par jour. Les élus demandent à la direction de regarder de près ce problème et d’y apporter une réponse lors d’une prochaine instance.
Le CSEC a voté une expertise pour risque grave impliquant le CSE Siège et le CI-ORTF dont le rapport a été présenté aux élus du Siège. Ce que cette expertise a révélé, c’est la difficulté pour des salariés tout juste élus, de se transformer du jour au lendemain, en véritable chef d’entreprise à la tête de PME comme le sont d’une certaine manière le CI-ORTF et le CSE du Siège. Car les fonctions qu’occupent les « Secrétaires » de ces instances ne sont pas simplement politiques. Elles supposent des compétences
Les experts ont insisté sur la nécessité d’accompagner la prise de fonction des élus assumant ses mandats et fait plusieurs recommandations comme :
Selon les experts, La direction a elle aussi un rôle à jouer dans l’accompagnement des élus qui prennent ces mandats et les responsabilités qui vont avec :
Ce second rôle est délicat car la direction n’a pas vocation à se mêler de la vie des instances et l’exercice doit consister à trouver le juste équilibre. Cette expertise ayant profondément déstabilisé les salariés du CSE Siège, une restitution du rapport leur sera faite. Cela leur permettra de constater qu’ils ne sont aucunement mis en cause.
Olivier le CLANCHE (FO) a démissionné le 24 octobre 2024 de sa fonction de rapporteur de la CSSCT. La raison ? La charge de travail associée à son mandat de trésorier du CSE, difficilement compatible avec celle de rapporteur de la CSSCT.
Paris, Le 26 novembre 2024
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Compte rendu du CSE Siège05 février 2025 |
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Pour couvrir cette compétition, la direction demande une dérogation du temps de travail hebdomadaire à 60 heures. Au vu des plannings proposés, les élus ont pris acte. Ils demandent qu'un réalisé leur soit rendu dès que possible (lire l'avis ici). 20 VOTANTS – 20 POUR
Il y a d’abord eu l’annonce brutale du gel de la collaboration des JRI de la rédaction nationale aux tournages de la rédaction des sports. Puis l’annonce de la suspension de cette décision lors du CSE du 8 janvier 2025. C'est pourquoi, les élus ont demandé la tenue d'un CSE extraordinaire afin que soit clarifié le devenir de l'activité « tournage sport » à laquelle les JRI sont très attachés. De son côté, la direction indique que les restrictions budgétaires imposent des arbitrages. Les élus souhaitent que ceux-ci soient débattus et non pas annoncés brutalement sans préalable, avec pour conséquences l'incompréhension et le sentiment pour les salariés concernés, de ne pas être autre chose qu'un simple ETP (équivalent temps plein). Les élus rappellent que derrière les ETP, il y a des êtres humains qui se sont investis et qu'il est important d'y faire attention. La direction de l'information prétend aujourd'hui qu'elle n'a jamais rien annoncé ! Elle affirme que jusqu'à la réunion qui a eu lieu le 9 janvier, il a été décidé que les tournages en cours seraient maintenus et que les autres seraient gelés. Après la réunion il a été convenu une poursuite des tournages avec 550 jours, soit un peu moins que l'an dernier, avec une clause de revoyure en juin. Il n'empêche que cela, jusqu'à la réunion du 9 janvier, a créé un traumatisme incertitude chez les JRI et une perte de confiance qui sera difficilement récupérable. « L'idée est de ne pas empêcher l'activité et d'être économe ! » nous dit le directeur de l'information. La direction précise toutefois que la collaboration avec le numérique va s'amoindrir : dans ce secteur, le désengagement des sports c'est 25 à 40% de l'activité. Les élus rappellent les efforts faits par les JRI pour réduire les coûts :
En 2024, 5 postes ont été gelés, 3 postes vont être dégelés avec un recrutement en mars et un autre pour l'été. En revanche, 2 postes ne seront pas reconduits au budget 2025. Les élus attirent l'attention sur l'état de santé du service des JRI , un état de santé inquiétant au dire du médecin du travail. Elle fait état d'une augmentation de la souffrance dans toutes les rédactions, dont le service JRI. Ils pointent l'externalisation qui se substitue à l'activité des salariés de France Télévisions alors que le rôle des prestataires est de n'intervenir qu'en cas de surcroit d'activité. Où sont les économies ? Partenaire privilégié de cette externalisation, France Télévisions Studio, qui ne fait pas appel aux moyens internes. Les élus l'assurent : l'optimisation est possible et les salariés ont la capacité de faire des propositions. Il serait temps que la direction l'entende et entame avec leurs représentants un véritable dialogue social.
Le problème n'est pas nouveau, il a éclaté au grand jour le 22 novembre 2024, lorsque la Société des journalistes de France 3 Rédaction Nationale a publié 24 témoignages, suivis de 13 autres le 5 février, de journalistes (JRI et/ou rédacteurs) de la rédaction nationale faisant état d'un mal-être profond en lien avec des inégalités d'accès aux tâches et statuts les plus valorisés dans le métier tels que :
Tout ceci au mépris des expériences accumulées par ces professionnels pratiquant le journalisme souvent depuis des décennies. Ceux-ci affirment que les sujets qu'ils proposent sont de moins en moins retenus, qu'ils ne participent plus à la confection des sujets mais apportent juste une contribution limitée à un petit tournage ou à un « micro-trottoir », dont les modalités sont dictées d'en haut, pendant que les sujets sont « assemblés » ailleurs. Il en découle un sentiment de déclassement et de disqualification, de perte de sens et d'intérêt pour le travail et des conflits de valeurs , puisqu'il devient de plus en plus dur d'avoir l'impression de pouvoir effectuer un travail de qualité. Si la situation n'est pas nouvelle, elle s'est considérablement aggravée avec la disparition du « Soir3 » puis des éditions nationales de France 3. Tous les journalistes de l'ex-service étranger de France 3, soit n'ont plus accès au reportage international, soit sont partis dégoutés. Il y a des baronnies à la direction de l'info qui font ressortir les journalistes qui font partie du sérail et marginalisent les autres. Et la DRH ne prend pas suffisamment en compte ces situations ou bien laisse faire. A tel point qu'une alerte santé a été lancée par la CGT et le SNJ sans qu'aucune mesure n'ait été prise : la direction estime qu'il s'agit là de situations individuelles et minimise les signaux faibles annonciateurs de RPS et autres problèmes de santé. Pas question pour elle de remettre en question le management ou encore l'organisation du travail. Pour les élus cette position n'est pas compatible avec l'obligation de sécurité qui pèse sur l'employeur ni avec les principes généraux de prévention qui en découlent. Pour eux la situation mérite une analyse poussée qui permette de comprendre comment l'organisation du travail au sein de la rédaction nationale a pu conduire à ces situations qui génèrent de la crainte, du mal-être et du désintérêt pour un métier autrefois passion ? Ils décident le recours à un expert dont la mission sera de déterminer les causes des risques psycho-sociaux mis en évidence mais aussi de déterminer les changements nécessaires pour que l'organisation du travail et le management permettent de rétablir un traitement équitable et non discriminant entre tous les salariés de la rédaction nationale (lire la résolution ici). 19 VOTANTS - 19 POUR
Paris, le 11 février 2025
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Comment en est-on arrivé là ? IV3 c’est le service qui assure la coordination entre les éditions régionales et l’information nationale. Un service très fortement impacté par le déploiement du projet TEMPO qui a entraîné une réorganisation du travail et qui a particulièrement touché l’activité des coordinatrices. Avant la mise en place de TEMPO devenu « Ici », le service était déjà en souffrance avec des tensions palpables entre les coordinatrices travaillant sur 5 jours et celles sur 4 jours. Avec la mise en œuvre de ce projet et l’arrivée d’un nouveau chef de service, la situation s’est considérablement aggravée, comme s’il s’agissait là de la réorganisation de trop, une réorganisation réalisée sans concertation, qui a cristallisé les tensions avec pour conséquence la stigmatisation et la dévalorisation du travail des coordinatrices travaillant sur 4 jours et dans la foulée, des arrêts maladie, un profond sentiment d’injustice et de mal-être. Alertés, les élus ont émis une alerte Danger grave et Imminant (DGI). C’était le 24/11/2023. La direction l’a contestée toutefois, la DSQVT et la médecine du travail ont été sollicitées et à leur tour, elles ont alerté. Pourtant, elles n’ont pas été entendues ou tout du moins que très partiellement, et c’est le déni de la direction qui a conduit les élus à voter une expertise. Cette situation n’est pas nouvelle : les réformes s’enchaînent sans que les salariés n’y soient associés, sans que ne soit évalués les risques que celles-ci génèrent, sans réel accompagnement des managers qui n’ont en tête que l’objectif qui leur a été donné. Les élus la dénoncent projet après projet car les conséquences sur la santé des salariés sont avérées. Aujourd’hui, il y a urgence à rétablir le dialogue et à trouver des solutions partagées quant à l’organisation du travail car si la situation n’est pas traitée, cela va dégénérer et entraîner des risques aggravés, ce que la direction reconnaît. La tension est telle au sein du collectif que seul un intervenant extérieur peut permettre de rétablir un dialogue indispensable à la recherche de solutions partagées sur l’organisation du travail. La direction propose une démarche collective, impliquant les représentants du personnel. 23 Votants - 23 Pour (lire ici la résolution)
Cela fait un an que la nouvelle organisation est en place au CDE. Les élus, régulièrement alertés par les salariés qui ont subi ces changements dans la douleur, ont demandé un bilan avec la direction mais aussi :
Mais en instance, seule la direction était présente. Devant l’impossibilité à pouvoir échanger avec l’ensemble des interlocuteurs, et notamment avec le cabinet ACCA (psychologues du travail), les élus ont demandé le report de ce point. Ils réclament un débat éclairé avec toutes les parties concernées car le mal-être des salariés du CDE est réel : il doit donner lieu à la mise en œuvre de mesures destinées à protéger les salariés. Les élus réclament à la direction de traiter le point au premier trimestre 2025, avec cette fois, tous les interlocuteurs requis. Ils ont mis au vote une résolution : 23 votants – 23 pour (lire ici la résolution)
C’est suffisamment rare, pour être souligné, le niveau des ETP au global est en hausse de 193 ETP moyen par rapport à la situation du 30 septembre 2023. Principaux gagnants de cette hausse :
Pour l’information, la hausse est en trompe l’œil : elle résulte d’un jeu de vases communicants, les effectifs de Télématin auparavant rattachés aux programmes, soit 25 personnes physiques ont été transférées à la direction de l’information. L’effectif permanent est composé de 50,29 % de femmes, un chiffre en légère baisse par rapport à 2023 (50,5 %). Pas facile de recruter des femmes dans les métiers techniques de l’audiovisuel ! Les membres de la commission demandent à la direction de poursuivre ses actions de sensibilisation dans les écoles et souhaitent que celle-ci aille plus loin. La Fondation pourrait être mise à contribution, en créant un prix récompensant, les femmes qui choisissent les filières techniques et technologiques. Le contenu des programmes et des fictions peut lui aussi aider à faire évoluer les mentalités. En observant les motifs de détachement, les membres de la commission ont constaté une fois de plus avec une certaine amertume, que le remplacement des élus n’apparaissait pas. Ce non-remplacement n’est pas sans conséquences pour les services et les collègues de travail. Les membres de la commission soulignent en revanche l’attention portée au remplacement des congés maternité et des congés paternité. Ils relèvent également que les détachements pour mission sont bien remplacés, c’est un bon signe, car le fait de partir en mission permet de découvrir un autre métier et facilite ainsi les reconversions. Le solde arrivée/départ est en 2024 positif (+ 40). Les membres de la commission notent l’augmentation du nombre de licenciements et plus particulièrement de licenciements pour inaptitude. Cela dit la difficulté pour un certain nombre de salariés, de pouvoir poursuivre leur activité jusqu’à l’âge du départ à la retraite et l’impossibilité de la direction à les y aider. Enfin, les membres de la commission relèvent l’augmentation des heures supplémentaires et complémentaires. Elles sont en lien direct avec les évènements de l’été : les élections, les Jeux olympiques et les Paralympiques. Ces heures, les salariés choisissent majoritairement de se les faire payer plutôt que de les récupérer. Cela les interpelle, s’agit-il d’un choix ou d’une nécessité ? Au global, si l’année 2024 a permis aux salariés de France Télévisions de respirer, les inquiétudes quant à l’emploi sont réelles sur ce qui les attend en 2025, le contexte politique inquiète.
Au mois de mai 2024, les quatre tours aéroréfrigérantes installées dans le bâtiment du Siège de France Télévisions ont été renforcées par deux autres tours plus puissantes. Lors des travaux des tests ont permis de détecter la présence de légionnelle. Dans le même temps, la direction a été informée de l’existence d’un cluster de légionellose avéré dans le 15e arrondissement. La ventilation des nouvelles Tours aéroréfrigérantes a été stoppée, une désinfection de l’ensemble des tours a été réalisée, et l’accès aux terrasses a été interdit. La régie 2 a la charge de 2 caméras automatiques installées sur la terrasse qui sont utilisées pour Télématin. La CSSCT a demandé que soient fournis au chef de régie, à ses deux adjoints ainsi qu’aux 2 chargés de production référents les équipements de sécurité nécessaires (masques FFP3) pour leurs interventions. Aucun cas de légionellose n’a été déclaré à MFTV. La préfecture a précisé que la souche ne venait pas de France Télévisions.
Les recommandations de la CSSCT ont été entendues, la qualité de l’air dans les parkings de MFTV s’améliore ! Les taux de benzène relevés autour de l’ascenseur A5 sont en baisse. Sur l’ensemble du parking, une ventilation avec activation manuelle a lieu le matin entre 9h30 et 10h00 et une autre, automatique, le soir de 17h59 à 18h35 avec de bons résultats. Les contrôles continuent et les prochains tests auront lieu en début d’année.
Le bâtiment MFTV est un ERP, établissement recevant du public, et à ce titre il est soumis à une visite triennale de la commission sécurité de la préfecture de police. L’objet de la visite est la sécurité incendie. A l’issue de cette visite, la commission de sécurité a émis un avis favorable. Prochainement, la direction devrait recevoir de la part de la préfecture de police, un compte-rendu que les membres de la CSSCT souhaitent pouvoir consulter.
Dans tout le bâtiment, c’est la chasse aux souris et au niveau 0 (régies et plateaux, cuisines du RIE) les cafards ont élu domicile. La direction indique que la lutte contre ces nuisibles est permanente. Concernant le RIE, en juillet dernier, les trous par lesquels passaient les rongeurs ont été bouchés. Une opération de dératisation est organisée 3 fois / semaine. Un ménage complet est effectué tous les 15 jours. Toutes les semaines, une opération de gazage des cafards est réalisée dans les cuisines (niveau 0) et tous les meubles sont traités et les faux plafonds démontés. La CSSCT demande qu’une communication soit faite à l’ensemble des salariés du Siège pour les informer des actions déjà menées et de celles à venir. Par ailleurs, le niveau 0 étant infesté de cafards, la CSSCT demande à la direction de traiter cette zone en urgence.
Les emménagements dans le bâtiment ont commencé et vont se poursuivre tout le mois de décembre. Chaque pièce est équipée d’un boîtier permettant de piloter les stores, la lumière, la température. Mais dans certaines pièces, des écrans de télé muraux ont été placés devant ces boîtiers. Les membres de la CSSCT demandent qu’ils soient déplacés. Ils recommandent un accompagnement à la prise en main des boîtiers. Ils remarquent que de nombreux stores, abîmés, n’assurent plus leur fonction. Un casier fixe et personnel est prévu pour chaque salarié. Le nombre de casiers est de 10 % supérieur au nombre de salariés. Le point d’alerte des membres de la CSSCT est la présence de trous dans les dalles du sol, des trous souvent situés au milieu de la pièce, d’où sortent des câbles réseaux et des nourrices électriques. Ces câbles doivent être déplacés et les trous comblés ou les dalles changées.
Le budget accordé à l’université, est en baisse de 8 % au global, de 13 % pour le Siège. 63 % du budget alloué au Siège, est consacrée aux actions transverses, autrement dit aux actions communes à plusieurs périmètres. Celles qui disposent du plus gros budget sont :
Cela concerne les formations en lien direct avec le déploiement du projet des Genesys, celles liées aux nouveaux habillages (MHP), le déploiement de nouveaux outils tels que Board et SIRH paye et plus généralement la data, l’intelligence artificielle ou encore la sécurité informatique.
Avec au programme des formations, en lien direct avec le management, d’autres plus spécifiquement adaptées aux enjeux RH et à la conduite du changement. Viennent ensuite les formations autour du développement d’une culture numérique, les enjeux sociétaux, les métiers … À côté des formations transverses, on trouve des formations propres à chaque périmètre :
Quant à l’offre de formation digitale, elle est renforcée avec un module sur les achats responsables, un autre sur l’inclusion, et enfin un dernier pour permettre aux nouveaux collaborateurs, de découvrir l’histoire et l’environnement de France Télévisions ainsi que ses métiers. Conclusion : Le projet de plan de développement des compétences présenté confirme la volonté de l’entreprise, de se tourner vers les nouvelles technologies et le numérique. Si cette évolution est inévitable, elle inquiète et pose la question de la préservation des emplois, une question au cœur des préoccupations des élus et des membres de la commission.
Les élus ont pu étudier les réalisés des JO et JOP PARIS 2024. Ils ont tenu à saluer le travail effectué par les équipes qui ont permis un rendu antenne exceptionnel. Mais à quel prix ? En regardant de plus près les plannings, les élus ont pu constater des amplitudes de travail trop grandes, des temps de repos non respectés (notamment pour les journalistes de la rédaction nationale). Dans plusieurs cas de figure, la demande de dérogation à 60 heures hebdomadaires maximum a été dépassée (jusqu’à 89h hebdomadaires relevées pour un salarié ! D’autres dépassent allègrement les 70h hebdomadaires). Le temps du repos hebdomadaire (24 heures de repos + 9 heures consécutives) n’a, lui non plus, pas toujours été respecté. Certains salariés ont même effectué des semaines de 7 jours/7. C’est illégal et inadmissible ! Les élus précisent que s’ils accordent une dérogation à l’organisation du temps de travail c’est parce qu’ils pensent que le dispositif mis en place par la direction est suffisamment dimensionné pour éviter les dépassements. Cela n’a pas été le cas ! « On ne vous donne pas l’autorisation d’aller jusqu’à 60 heures pour que vous en fassiez faire 90 !». Les élus promettent de rester vigilants lors de futurs évènements et n’excluent pas de rejeter les prochaines demandes de dérogation horaires.
Les dépassements horaires sont moins nombreux et moins importants que pour les JO. Mais, des salariés ont travaillé plus de 60 heures par semaine, allant jusqu’à plus de 70 heures de travail par semaine. C’est trop ! Les temps de repos sont eux, extrêmement courts. Les élus tiennent à rappeler que ces dépassements ne sont pas sans conséquences pour les salariés : ils peuvent engendrer accidents de travail, burn-out, fatigue. C’est au manager de protéger ses équipes face à ce type de planning au risque de voir sa responsabilité engagée. Ils demandent à la direction d’anticiper les imprévus et de mettre les moyens permettant de garantir la santé des salariés.
Linda BELHAOUES (UNSA) rejoint la commission des ASC en remplacement de Thierry ROUSSEAU (UNSA) Hélène GRAFTIAUX (CGC) rejoint la commission restauration Benoît SALVI (FO) devient membre de la Commission Campus en remplacement de Christophe BENS Noura ABED (CGC) est désignée suppléante de l’instance de proximité IMG
Paris, le 10 décembre 2024
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Compte-rendu CSE Siège30 et 31 octobre 2024 |
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Un hommage a été rendu à Andrew Christophe qui est décédé à l’âge de 41 ans. Élu UNSA au CSE et représentant de Proximité dans le secteur de l’Information, il avait entre autres mené un combat pour améliorer les conditions de travail des chargés d'édition à France Info C27. Ses collègues, notamment celles et ceux avec lesquels il avait travaillé au CSE, les élus et les membres de la direction après lecture de textes ont observé une minute de silence.
Les PV des dernières séances (sauf septembre) ont été approuvés à l’unanimité moins une voix, après quelques demandes de corrections mineures.
La direction a présenté le dossier de ce salarié dont la dernière demande de congé sans solde a été refusée. Son licenciement est demandé par la direction. Les élus ont déploré la situation dans son service, la D2S qui cumule les problèmes. Les anciens du service sont quasiment tous partis. D’autres solutions auraient dû être trouvées. Ce salarié avait lancé de nombreuses alertes. Les élus ont voté contre son licenciement.
Déjà 1732 salariés au siège sont en quartiers d’équipes. Les premiers baromètres de satisfaction ne sont pas bons. Malgré tout, ils vont continuer à être pratiqués. La direction nous assure que les résultats seront meilleurs dans les mois à venir. Les élus regrettent que, dans ce baromètre, l’on ne puisse pas avoir le retour spécifique des travailleurs en situation de Handicap (TH). La direction explique que le respect du secret médical rend pour l’instant impossible la récupération de telles données. Dans son dernier rapport d’activités, la médecine du travail rappelle les problématiques propres au partage des postes et demande à être associée à tous les projets immobiliers. Les élus ont rappelé encore une fois que le code du travail (article L4121-2 alinéa 4) stipule que c’est le travail, le poste de travail, qui doivent être adaptés à l’homme (et non l’inverse). Arrivée précipitée de Malakoff au siège: La décision de précipiter l’arrivée des salariés de Malakoff au siège bouleverse les plans de l’équipe en charge du projet, mais affecte aussi de façon importante les salariés à MFTV. Par ailleurs, toute l’équipe du JT météo climat doit déménager: l’actuel plateau F et la zone environnante au 2e étage vont être réaménagés pour accueillir la régie de Malakoff et les studios initialement prévus au 4e étage. Cette décision a des conséquences sur l’homogénéité de l’implantation des équipes de Malakoff qui devait se faire initialement en totalité au 4e étage.
Les élus soulignent pour une fois la transparence des horaires réalisés fournis par la direction. Cette pratique devrait se produire plus fréquemment. Les élus ont rappelé que la direction se doit d’assurer aux salariés le temps de repos nécessaire (légal) entre deux vacations. Les horaires réalisés ne doivent pas dépasser la durée de la dérogation. Pour ce faire, les élus doivent avoir les documents qui leur permettent de vérifier que la durée hebdomadaire moyenne sur 12 semaines ne soit pas au delà de 44h.
Le projet GENESYS c’est le regroupement des 4 régies de fabrication du siège et leur passage du mode numérique au mode informatique (Internet Protocole, IP 2110). Le terme GENESYS veut dire génération et système, nous explique la direction. C’est une révolution technologique qui permet de s’affranchir de la contrainte du câble : jusqu’à présent, à chaque régie correspondait un ou deux plateaux, avec des configurations figées, ou en tout cas difficilement modulables; avec GENESYS, plus de contrainte de ce type : les régies sont dissociées des plateaux, le pilotage se fait à distance en passant par un cloud extérieur. La direction veut aller vite, très vite. D’ici le premier trimestre 2026, regroupement des régies 1 et 2, dans un « HUB INFORMATION » où s’intègre également la régie France Info qui descend du niveau 3 au niveau 0. L’idée c’est de traiter toute la production liée à l’info dans un même lieu. Dans ce premier temps, on ne touche pas aux régies 3 et 4, dédiées à la production des programmes. En revanche, le pilotage de la production et de l’information de Paris Île de France se fera depuis un car régie installé dans la cour décors. Pourquoi vouloir aller aussi si vite ? La direction a soumis au CSE en mars 2023 l’ébauche de l’idée générale du projet, puis elle a convoqué les salariés impactés à un séminaire d’échanges en février 2024, et choisi en juin un intégrateur, société experte dans ce genre de bascule technologique pour les télévisions. La direction explique qu’il faut accélérer car elle souhaite être prête pour deux évènements majeurs de 2026, les JO d’hiver et les municipales…elle ne perd pas de vue que l’élection présidentielle est juste après, en 2027. Pour gagner du temps, la direction veut dès cet automne lancer les appels d’offre et les demandes d’autorisation auprès de la préfecture. Objectif : démarrer les travaux en début d’année prochaîne. C’est pourquoi, explique-t-elle, l’info consultation et le recueil d’avis des élus du CSE est divisé en deux phases. La première est « liée aux travaux ». En effet, pour mener à bien GENESYS, il faut entreprendre un réaménagement complet de l’espace des régies, des loges invités et maquillage, les espaces d’attente et de repos du niveau 0 et des étages. Les travaux à mettre en œuvre sont importants et il faut parallèlement assurer la continuité de l’antenne, un savant glissement de l’activité et de l’organisation doit être imaginé. Devant des documents qui ne s’intéressent qu’au plan d’action des travaux, force est de constater, disent les élus, qu’il manque toute une partie : les documents d’une phase 2 dont ils aimeraient bien connaître le contenu avant de signer un blanc seing sur cette première phase. Les élus notent qu’au delà de la révolution technologique, GENESYS induit un changement profond de l’organisation du travail et sous-tend forcément une évolution des métiers. Pour résumer, la direction, à ce stade, n’est pas en mesure de présenter aux élus l’impact humain de son projet : Quel impact sur l’emploi ? Quels métiers sont voués à évoluer ? A disparaître ? Quid du plan de formation mis en place? Quel est le plan de prévention des RPS ?, etc. Les élus ont voté une résolution sur cette proposition de phase 1, qui souligne le caractère insuffisant et partiel des documents d’info-consultation présentés par la direction, et mandate le cabinet d’expert indépendant Acanthe 3E pour mettre à jour tous les tenants et les aboutissants du projet. Par ailleurs, ils demandent à la direction de fournir les documents manquants sur le volet humain et la phase 2, sous peine d’action en justice. 21 Votants, 20 votes pour, 0 votes contre, 1 abstention La direction maintien son phasage et donne rendez-vous pour un avis sur le sujet au CSE de janvier 2025.
Selon le cabinet de psychologues ACCA, le projet de l’ancien gouvernement sur l’Audiovisuel public, bien qu’il ne soit plus d’actualité, a quand même eu un impact très fort sur tous les salariés, inquiets pour leur avenir. Concernant le télétravail, une forte limitation a été imposée à la direction de l’information, pour des raisons de réactivité des métiers techniques et des journalistes. La question du Flex Office imposé pourrait être un frein au travail en présentiel dans l’entreprise. Par ailleurs, les relations non-télétravailleurs / télétravailleurs sont compliquées.
Légionellose sur les toits de FTV Le problème de la légionellose par les “tours de refroidissement” des toits de FTV Siège semble être contenu et être une problématique passée. Les accès aux toits terrasses ont été fermés par sécurité, avec passage obligatoire au PC sécurité pour y accéder et utilisation de masques FFP3.
La Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) a été surprise par les chiffres de certains DUERP, celui sur le CDE notamment, qui ne semble pas remonter les difficultés et les différents problèmes de ce secteur, pourtant plusieurs fois évoqués en CSE. Le niveau de priorité semble sous-évalué pour les élus. Les écarts comparés de niveaux de risques sont parfois surprenants, par exemple, là où 5 salariés sur 5 sont en alerte santé au CDE, le NRR (Niveau de Risque Résiduel) présente un chiffre de 10,5 et une “priorité 2”. Dans le secteur de la communication/marketing, le travail sur écran en posture statique présente un NRR à 16 avec une “priorité 2”. Les élus ont insisté auprès de la direction sur plusieurs points essentiels :
L’étude transversale sur plusieurs années met en évidence que bon nombre de problématiques relevées dans les DUER ne sont pas résolues, ou n’évoluent pas (par exemple : logiciels inadéquats (logiciel Planif) et trop nombreux au service planification, problème général du logiciel Concur, etc.). Les élus estiment que certains risques comme ”les risques liés aux transports” devraient, en plus des cas particuliers de chaque secteur, être traités également de manière globale, cela permettrait sans doute d’avoir des résultats moins disparates. Les élus demandent que dans les prochains DUER, une réflexion soit faite au sujet des risques professionnels liés à d’éventuelles discriminations systémiques. Mise à jour des DUER Ils doivent être mis à jour par l’employeur au minimum 1 fois par an. Mais aussi à chaque modification importante des conditions de travail, de technologies et lors de l’apparition de nouveaux risques (accidents de travail, Risques Psycho-Sociaux). La direction précise que tout le monde, n’importe quel salarié peut demander une mise à jour du document unique, en s'adressant à son APS ou à son manager par exemple. 21 Votants : 21 votes pour
La nouvelle ligne éditoriale, annoncée par la direction a des conséquences sur l’organisation de la chaîne. C’est pourquoi les élus du CSE ont souhaité un point d’information. Les changements éditoriaux sont ici traités sous l’angle des retentissements en termes d’organisation car la direction dénie aux organisations syndicales la légitimité pour débattre de ces questions. Les directions successives n’ont pas arrêté de changer d’orientations en huit ans. Ces changements ne sont pas propices à la stabilisation des équipes et la chaîne peine à trouver son public. Pour la direction de l’information, France Info s’inscrit dans un environnement médiatique, on ne pouvait pas faire comme si les autres chaînes info n’existaient pas. France Info se caractérise comme un élément essentiel du débat démocratique et a un rôle à jouer pour lutter contre la désinformation de certains. Il fallait faire évoluer la chaîne car elle ne tenait pas ses promesses de chaîne d’info continue. Il a été décidé d’être plus proche de l’actualité. La direction a fait des enquêtes de satisfaction et elle a décidé qu’il fallait favoriser une durée d’écoute plus importante. France Info devient donc une chaîne de débats, plusieurs éditions de JT sont supprimées. Moins de JT, cela signifie moins de sujets faits par les deskeurs, réduits le plus souvent à faire des éléments ou à couper des bouts d’interviews pour les débats, et donc un appauvrissement éditorial. La direction conteste qu’il y ait un appauvrissement éditorial. Selon Laurent Delpech, le nouveau directeur depuis le 2 septembre, il y aura toujours des sujets entiers dans les talks et les deskeurs peuvent toujours faire des propositions. Par ailleurs, pour les élections américaines, il y a six équipes sur le terrain. Ce n’était jamais arrivé auparavant. Sur les effectifs, on est passé de 115 ETP au début à 140 ETP aujourd’hui. Cependant, la suppression des modules a eu un impact sur les salariés, notamment ceux de FTR. Selon la direction de l’information, les modules froids n’étaient plus adaptés à une antenne réactive. On ne pouvait pas mettre à l’antenne un module froid quand toutes les autres chaînes parlaient d’un évènement. Cela ne correspondait plus à la ligne éditoriale. Malgré cela, l’activité de FTR est censée rester intacte selon la direction. Les élus soulignent qu’auparavant FTR faisait des modules d’actualité donc la rédaction peut y revenir. Cette nouvelle ligne éditoriale se traduit également selon certains salariés par un encadrement plus vertical de la rédaction et un rétrécissement des propositions des journalistes. La direction, elle, reconnaît qu’il existe une verticalité et c’est normal, mais aussi une horizontalité. Les conférences de rédaction sont ouvertes à tous, tout le monde est convié et les bonnes idées sont bonnes à prendre de tout le monde. Sur le plan éditorial, la transformation en une chaîne de débats conduit à la multiplication des « toutologues » à l’antenne, c’est-à-dire des gens qui parlent de tous les sujets, même de l’international, sans compétences particulières. Comment sont-ils rémunérés ? La direction répond qu’il y a trois catégories, la majorité ne sont pas rémunérés. Il y a les chroniqueurs de FTVS qui sont rémunérés, et enfin les experts maison, qui sont rémunérés à la pige. Selon la direction, le périmètre des experts reste le même. Sur le plan éditorial sur lequel nous insistons malgré tout, la gauche était plutôt absente de l’antenne lors de la séquence nomination du nouveau gouvernement. La direction s’en remet à l’équilibre du temps d’antenne calculé par l’ARCOM. Elle considère qu’il faut se serrer les coudes face aux menaces qui pèsent sur l’avenir de la chaîne, venant de ceux qui pourraient un jour devenir notre tutelle. Concernant l’emploi, les élus constatent qu’il y a 2/3 de CDI, 1/3 de CDD. On est bien au-dessus de la moyenne de l’entreprise. La direction explique cela par la complexité particulière à une chaîne info. Il y a beaucoup de turnover. Elle reconnaît que l’on externalise une partie de la production à FTVS. Une tranche entière en effet, celle du 18/20, est produite intégralement par FTVStudio. Selon la direction, le recours à FTVStudio n’est pas nouveau ; c’est déjà le cas de Télématin et il est préférable que ce soit une entreprise du groupe qu’une boîte privée. La direction se justifie par le fait qu’elle est contrainte par le nombre d’ETP. Les contrats FTVS ne sont pas comptés dans les ETP de France Info. Enfin, la question des chargés d’édition est revenue sur la table. Les négociations ont achoppé sur le fait que la direction proposait d’augmenter le temps de travail en échange de la carte de presse. Aujourd’hui, les chargés d’édition ne tiennent déjà pas le rythme avec 35h et on leur proposait 39h ! Le directeur de l’information reconnaît que c’est un métier dur, que la quête de sens est une vraie question, et que passer son temps à couper des sujets n’est pas drôle. Il espère que l’IA fera ce travail à leur place. Il souhaite reprendre les négociations pour aboutir à un accord pour que les chargés d’édition aient une carte de presse. Selon lui, il faut les aider à ce qu’ils aient une perspective d’avenir. Selon la DRH, un accord était trouvé avec certaines OS. La proposition de la direction structurait les vacations pour limiter le temps d’antenne. Le choix était entre la semaine de 5 jours à 39h ou bien 197 jours annuels, leur permettant d’avoir 39 semaines de 4 jours. Mais cette proposition supposait un temps de présence plus important pour un salaire moindre. Les salariés n’en voulaient pas. La DRH propose de se retrouver avec les OS pour qu’on en rediscute ensemble.
Les élus prennent acte du recueil d’avis et demandent à obtenir un réalisé dès que possible. 19 votants : 1 abstention, 18 votes pour
Election d’un représentant de proximité titulaire en remplacement de Monsieur Gilles LECOMTE, au sein de l’instance de proximité Gestion d’entreprise, Immobilier, Moyens Généraux.
20 et 21 novembre 2024
Paris, Le 15 novembre 2024
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